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thierry billet

Vice président Climat Air Energie du GRAND ANNECY

PCB et pêcheurs du lac d'ANNECY

Publié le 30 Novembre 2008 par Thierry BILLET dans Politique locale


M. Christian GUIRAUDON, président des pêcheurs amateurs du lac d'ANNECY, a donné ce matin oralement les résultats des mesures de PCB dans le sang de sept pêcheurs amateurs du lac d'ANNECY.


On ne sait rien des consommations de poissons de ces personnes volontaires, ni du type de PCB recherché, ni du protocole de mesure, ni des marges d'erreurs.


Il a donc été indiqué que la concentration de PCB dans le sang de ces personnes s'étalait de 17 à 39 picogrammes.


Une rapide comparaison avec les concentrations relevées par le WWF sur les pêcheurs du RHONE permet de constater que la présence de traces de PCB dans les sédiments du lac d'ANNECY semble n'avoir aucune influence sur la santé des pêcheurs.


En effet, vous trouverez sur le site


http://www.stopauxpcb.com/


les résultats des mesures du WWF.


Le WWF a travaillé scientifiquement en isolant trois groupes :


Groupe 1 = ceux qui mangent du poisson du RHONE au moins une fois par semaine et qui vivent au bord du RHONE


Groupe 2 = ceux qui vivent au bord du RHONE mais consomment moins d'une fois par semaine du poisson du RHONE


Groupe 3 = ceux qui n'habitent pas au bord du RHONE et n'en consomment aucun poisson.


La concentration de PCB dans le sang de ces personnes est de 16,83 picogrammes en moyenne avec un étalement des résultats de 6 à 28 picogrammes.


C'est le "bruit de fond"; c'est à dire la teneur en PCB dans le sang humain que nous devons tous présenter du fait de la pollution chimique ordinaire que notre mode de développement nous a fait subir.


Les pêcheurs qui ont un taux dans le sang compris entre 6 et 28 picogrammes sont donc dans la moyenne française.


Les personnes du groupe 2 de l'échantillon du  WWF qui consomment donc un poisson au plus par semaine ont un moyenne de 28,03 picogrammes avec une dispersion de 5 picogrammes à 50 picogrammes.


Il faut constater que le résultat maximal des pêcheurs annéciens de 37 picogrammes est bien en deçà de ce seuil et très proche de celui du maximum du groupe 1, soit 28 picogrammes.


Quant au groupe 1, qui est le groupe de référence de l'enquête des pêcheurs d'ANNECY, il atteint une concentration moyenne de 69,90 picogrammes, avec une dispersion ds résultats de 17 picogrammes à 572 picogrammes. Le sous-groupe des gens qui consomment 2 fois par semaine du poisson a une moyenne de 93,13 picogrammes.


Ainsi donc en référence à ce groupe 1, le résultat le plus mauvais des pêcheurs d'ANNECY est de 2 à 3 fois moins important que celui de l'échantillon du groupe 1 du WWF. Il conviendrait de vérifier pour cette personne si d'autres sources de pollution ne sont pas à prendre en considération dans le cadre de son activité professionnelle par exemple.


Et il est dans la moyenne du bruit de fond pour la plupart des pêcheurs d'ANNECY.


On peut souhaiter que ces résultats permettent de rassurer les pêcheurs qui consomment leur pêche. Ils sont cohérents avec les niveaux d'imprégnation par les PCB du RHONE qui sont sans commune mesure avec ceux des sédiments du lac d'ANNECY, et donc des conséquences sanitaires sans commune mesure.






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12 décembre, 1ere réunion du rassemblement des écologistes

Publié le 28 Novembre 2008 par Thierry BILLET dans Politique locale


Une liste de rassemblement des écologistes
aux élections européennes de 2009 :
c’est le moment de faire face ensemble à l’urgence écologiste.

Le progrès a fait des merveilles : trois fois plus d’habitants sur la planète, vingt fois plus de richesses produites, trente fois plus d’énergie consommée... Jusqu’à l’irréparable ? Car l’exploit a un revers. Les ressources naturelles s’épuisent, les équilibres qui garantissent la vie chancellent, la crise du vivant précipite la faillite de l’humain. Notre espèce elle-même est menacée. Nous ne savons pas remplacer la nature. Mais, éblouis par la mystique progressiste, nous faisons comme si nous pouvions nous en passer. La croissance infinie des biens et des services qui fonde le développement de nos sociétés n’est pas viable à moyen terme. Ou, si l’on préfère, il est suicidaire. Elle est incompatible avec la stabilité de la biosphère et inaccessible à l’essentiel de la population mondiale. Elle ne saurait donc tenir lieu de projet de civilisation. L’humanité a atteint le bout ultime de la voie progressiste qu’elle a empruntée au début de la modernité.

Un autre âge peut s’ouvrir qui permette d’échapper à la logique du "si tu n’es pas progressiste, tu es donc réactionnaire" : des alternatives existent. Il est urgent de les penser et de les mettre en oeuvre, malgré le verrou politique que les élections européennes de juin 2009 peuvent permettre de faire sauter.

Jean-Paul Besset a été pendant 10 ans rédacteur en chef adjoint au journal Le Monde, puis a été rédacteur en chef de l’hebdomadaire Politis.

Il a été le porte parole de Nicolas HULOT et a décidé de rejoindre le rassemblement des écologistes pour les élections européennes de 2009.

Jean Paul BESSET nous fait le plaisir de venir à ANNECY le vendredi 12 décembre à 20 heures 30, salle des Clarisses à ANNECY. 

La salle des CLARISSES se trouve au bord du THIOU, sur le quai des CLARISSES, au droit de la rue de la Gare (parking SAINTE CLAIRE)

Nous vous espérons nombreux pour cette réunion de lancement du comité départemental qui animera la campagne de la liste écologiste aux Européennes conduite au plan national par Eva JOLY, José BOVE,Yannick JADOT (ancien directeur de GREENPEACE FRANCE), Michèle RIVASI (ancienne présidente de la CRIIRAD) et Dany COHN BENDIT.

Nous partirons pour cette présentation de la future campagne des européennes de son livre :

COMMENT NE PLUS ETRE PROGRESSISTE... SANS DEVENIR REACTIONNAIRE ?

aux Editions Fayard.

http://www.europeecologie.fr/users/jean-paul-besset




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Bernard ACCOYER, mauvais exemple sur le climat

Publié le 26 Novembre 2008 par Thierry BILLET dans Politique locale


Trouvé dans LES DERNIERES NOUVELLES d'ALSACE et entendu sur FRANCE INFO :

TGV + voiture

Pour présider la rencontre interparlementaire sur le climat (ça ne s'invente pas !) à Strasbourg, Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, est venu de Paris en TGV.


Rien à redire.


En revanche, sa voiture l'a suivi.


Pour qu'il puisse aller de son hôtel au centre ville jusqu'au Parlement européen. Son entourage explique que la préfecture n'a que deux voitures à mettre à disposition des visiteurs officiels et qu'il n'y en avait plus pour M. Accoyer.


Quand même, faire faire 1 000 km à une voiture (l'une des plus polluantes du parc français soit dit en passant) pour s'économiser un trajet par ailleurs couvert par une ligne de tram, est-ce bien raisonnable ?


« La prochaine fois, je viendrai avec mon vélo » a assuré Bernard Accoyer.


Chiche ?


Cela date du 25 novembre 2008. Incroyable mais vrai...

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Assainissement individuel, le SILA s'engage sur la remise en état

Publié le 24 Novembre 2008 par Thierry BILLET dans Environnement


J'avais déjà parlé dans ce blog de la question de la vérification du bon fonctionnement des fosses septiques par le SILA en souhaitant que le syndicat aille au-delà de ce simple contrôle qui se traduit par un courrier d'observation aux propriétaires.


La question est d'importance dans la mesure où un dysfonctionnement a des conséquences majeures pour la pollution des sols et des eaux de surface, même si elles sont diffuses.


Le SILA vient de décider d'aller au-delà et de se positionner en appui des propriétaires en assurant la maîtrise d'ouvrage de l'étude de remise en état; ce qui permet aux habitants d'être largement subventionnés pour déterminer les travaux à effectuer.


De surcroît, cette étude permet aux propriétaires d'être éligibles à des aides à la réalisation des travaux.


C'est donc un progrès notable vers lequel le SILA s'engage.


Reste à convaincre nos concitoyens de se préoccuper sérieusement de cette pollution due à leur assainissement individuel et à engager les investissements nécessaires.


Les maires disposent d'un pouvoir de police à leur égard, peu utilisé, et au final, peu efficace.


Le SILA va donc piloter des réunions d'informations associant les maires des communes concernées pour sensibiliser les citoyens à ces enjeux importants pour le milieu naturel.



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Un contrat de bassin pour le FIER & le Lac

Publié le 24 Novembre 2008 par Thierry BILLET dans Environnement


La récente réunion au Conseil Général sous la présidence de Christian JEANTET, sur la mis en oeuvre d'un contrat de bassin incluant à la fois le FIER et ses affluents d'une part, et le LAC et ses affluents d'autre part, a permis de valider le scénaio d'un seul contrat de bassin qui regrouperait les deux bassins versants.


Même si le LAC, contrairement au FIER est dans un excellent état, il est apparu nécessaire de prendre en considération par exemple la question des polluants organiques persistants,

mais également celle des rivières qui s'y jettent (Bornette, Ire, Saint Ruph, etc.).


Dans ce contrat unique, deux comités opérationnels travailleront en parallèle puisque les problématiques sont différentes.


Mais cette solution permet d'économiser une structure intercommunale supplémentaire tout en permettant de traiter les problèmes dans leur ensemble.


La question de l'eau, même en montagne, est une des questions du XXI° siècle.


Les demandes croissantes des collectivités qui utilisaient leur propre ressource en eau et sollicitent maintenant la C2A en vue d'obtenir un volume croissant d'eau potable en provenance du LAC en sont une illustration. Les causes en sont diverses. On sait que celle de CRUSEILLES craint les conséquences de l'A 41 sur son captage historique de la DOUA.

On enverra ensuite la facture à ADELAC, le concessionnaire de l'autoroute ? En tout état de cause, ces demandes conduisent la C2A à projeter un schéma directeur pour se positionner à la hauteur de cet enjeu nouveau.

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JO 2018, le débat municipal

Publié le 21 Novembre 2008 par Thierry BILLET dans Politique locale


Le débat du conseil municipal sur les Jeux Olympiques a été un bien mauvais débat.


Lancé par les élus socialistes qui voulaient un "referendum décisionnel"; ce qui était matériellement impossible à tenir compte tenu des délais légaux, il visait à stigmatiser le manque d'informations données par la majorité municipale aux élus de l'opposition.


Drôle de procès alors que les minorités du CM sont associées à un "comité de suivi" qui se réunit à nouveau le 28 novembre et au cours duquel tous les éléments sont mis sur la table au fur et à mesure que le comité opérationnel travaille sur le dossier de pré candidature qui sera remis au Comité national olympique (CNOSF) mi janvier 2009.


Drôle de procès quand il vient des conseillers socialistes, alors que le maire socialiste de GRENOBLE, Michel DESTOT, ne fournit AUCUN élément à sa minorité verte (25% des voix tout de même au 2° tour des municipales !) et qu'il ne les convie à aucune réunion d'information ni encore moins de concertation.


J'ai signalé que j'aurais aimé une position commune de tous les socialistes, à GRENOBLE et à ANNECY et ai proposé que toutes les villes organisent un referendum auprès de leur population. Aucune réponse des élus socialistes.


On ne pouvait en rester là : la volonté de la Ville est de créer les conditions d'une unanimité des citoyens en faveur de jeux modestes, à l'échelle de nos capacités financières et exigeantes sur le plan environnemental.


D'un point de vue écologiste, on n'est pas sûr d'avoir de la neige en 2018 = pensons des Jeux qui nous permettent d'en avoir par une réduction sans précédent de nos gaz à effet de serre.


Autrement dit, utilisons les Jeux comme un accélérateur de projets environnementaux permettant de réduire notre empreinte écologique, en particulier par des laisons ferroviaires vers GENEVE et vers AIX LES BAINS.


Un referendum bâclé dans le temps ne peut être qu'un plébiscite sans intérêt : on n'est pas POUR ou CONTRE les Jeux sans connaître leur contenu et leur impact financier, social et écologique.


ANNECY veut des jeux sobres et économes, respectant nos paysages.


C'est notre différence par rapport à GRENOBLE qui veut son contournement urbain et encore plus à NICE qui menacerait le MERCANTOUR aux ambitions de M. ESTROSI.


J'ai donc tenté de faire retirer le voeu, en reprenant une proposition de Pierre HERISSON, sur un compromis passant par un renforcement de la concertation qui se traduira le moment venu par de nombreuses réunions publiques d'information et de mobilisation des annéciens et des hauts savoyards.


Après une suspension de séance ( une première dans la vie du CM ?) les élus socialistes retiraient leur voeu...pour le réintroduire dans les secondes qui suivaient. Dommage que les élus socialistes s'exposent ainsi à la critique locale de faire le jeu de GRENOBLE pour des intérêts purement partisans...


Il nous reste encore beaucoup à travailler pour que ces Jeux soient une fête populaire, non seulement respectueuse de l'environnement, mais qu'ils soient un accélérateur des projets de réduction de gaz à effet de serre.


Des Jeux 2018 sans neige, cela nous pend au nez avec le réchauffement climatique. Construisons notre candidature pour qu'elle soit un outil de lutte contre cette perspective désormais trop crédible.




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Débat d'orientation budgétaire : débats au Conseil municipal

Publié le 21 Novembre 2008 par Thierry BILLET dans Politique locale


Le manque de temps ne m'a pas permis d'alimenter ce blog immédiatement après le conseil municipal de lundi qui comportait deux débats importants, d'abord sur le débat d'orientation budgétaire (DOB) et ensuite sur les Jeux Olympiques.


Le Dauphiné indique que le conseil a été animé notamment par Pierre HERISSON et moi... mais il ne me cite pas du tout !


Alors, cher lecteur, quelques éléments complémentaires pour comprendre ce qui se passe au conseil municipal d'ANNECY.


Le DOB, un exercice obligatoire qui n'est pas le budget de l'année mais un "tour de chauffe" pour préciser les orientations de la Ville en matière budgétaire.


On a eu droit à du "lourd".


Pierre HERISSON expliquant qu'il n'y avait pas de crise puisque l'Etat avait compensé intégralement les transferts de compétence vers les collectivités locales selon un rapport du Sénat; ce qui nous a permis de polémiquer sur la réalité de ces transferts et sur l'impossibilité pour la Ville d'augmenter son budget de 40% comme l'a fait l'Assemblée nationale selon le rapport de la Cour des comptes.


Ensuite sur les conséquences du passage à l'agglo à propos duquel nous sommes en désaccord profond avec l'UMP quant au fait qu'ANNECY aurait fait payer aux autres communes les coûts de ses équipements de centralité (Bonlieu, etc.). JL RIGAUT a détaillé une note chiffrée qui montre que ces élucubrations sont sans fondement.

(Me la demander si vous êtes intéressé par courriel à th.billet@wanadoo.fr)


Enfin sur les politiques publiques à mener.


Je pense que les collectivités territoriales doivent mener une politique keynésienne en période de crise = c'est le moment de lancer un "green new deal" pour relever enfin les défis du réchauffement climatique !

(voir le site du rassemblement des écologistes)

La prudence s'impose donc mais elle ne doit pas être synonyme de blocage complet des investissements; ce qui aggraverait la récession. Encore faut-il que ces investissements fussent cohérents avec la lutte contre les gaz à effet de serre !


Cela m'a permis de comparer la posture de Pierre HERISSON qui veut la gratuité des bus sans hausse du versement transports à celle de Philippe METRAL BOFFOD qui veut la gratuité en faisant payer les patrons grâce à la hausse du VT : le plus réaliste n'est pas celui qu'on imagine !


Pierre HERISSON, - après m'avoir reproché de parler de cela en CM alors que c'est une compétence de l'agglo, ce qui m'a permis de lui rappeler qu'il avait fait sa campagne électorale sur ce thème - nous a alors livré un "scoop" : il n'est plus opposé à une augmentation du VT pour financer les transports collectifs. Voilà qui mérite d'être souligné.









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Le Conseil de l'Europe vs DATI & HORTEFEUX

Publié le 20 Novembre 2008 par Thierry BILLET dans C'est personnel

Le Conseil de l'Europe tacle Hortefeux et Dati Thomas Hammarberg, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, a violemment critiqué les réformes mises en place par Brice Hortefeux et Rachida Dati.


Dans un rapport publié jeudi à Strasbourg, le commissaire critique la politique française consistant à fixer des objectifs chiffrés pour les expulsions d'étrangers en situation irrégulière, qui engendre, selon lui, un risque d'arbitraire et de précipitation.


« La politique de déterminer annuellement le nombre de personnes irrégulières sur le territoire à appréhender et à reconduire à la frontière semble créer une attitude de hâte, voire de déshumanisation de la part de certaines autorités en charge de la réalisation de ces objectifs », insiste-t-il.


Par ailleurs, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe met en garde la France sur plusieurs aspects de sa politique pénale, de la rétention de sûreté à une éventuelle réforme de la justice des mineurs. La loi sur la rétention de sûreté de février 2008 renferme « un risque d'arbitraire », prévient Thomas Hammarberg.


Partiellement censurée par le Conseil constitutionnel qui a refusé qu'elle soit rétroactive, elle permet de maintenir en détention, dans des centres spécialisés, les auteurs de crimes graves ayant purgé leur peine, s'ils sont déclarés dangereux par un collège d'experts.

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Fred VARGAS, une écologie de l'urgence

Publié le 17 Novembre 2008 par Thierry BILLET dans Environnement


Sur le site du RASSEMBLEMENT des ECOLOGISTES pour les EUROPEENNES,
ce texte de Fred VARGAS, la célèbre auteure de polars.
Je ne vois rien à y ajouter...

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Fred Vargas (DR) Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas

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Les écolos à moins de 2% au PS

Publié le 16 Novembre 2008 par Thierry BILLET dans C'est personnel


Les deux motions écologistes (mais pourquoi se diviser ainsi ?) déposées au vote des militants socialistes pour le Congrès de REIMS ont obtenu moins de 2% des voix des militants.

L'une d'elles  (UTOPIA) était signée par Denis DUPERTHUY, chef de file du PS au conseil municipal d'ANNECY.


Ce score ne traduit  certes pas l'influence des idées écologistes au sein du PS, heureusement...

Mais il est révélateur de l'importance relative de la question environnementale par rapport à d'autres enjeux pour les adhérents socialistes.

Si je suis très sensible à l'écologie et adhérent du PS, je devrais avoir envie de voter pour l'une de ces deux motions pour que ce courant pèse sur les alliances à venir entre les motions.

Avec moins de 2%, ces deux motions ne pèseront rien.

Les adhérents du PS ont pensé qu'il était plus important de départager les leaders des écuries concurrentes pour la présidentielle de 2012. Pas sûr que ce soit un choix bien durable.

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