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thierry billet

Écologiste annécien

Cité de l'immigration

Publié le 6 Novembre 2007 par Thierry BILLET in C'est personnel

Cité de l'immigration, Porte Dorée à PARIS

Amusante ironie de l'histoire, c'est dans un bâtiment construit en honneur de la colonisation, que s'installe progressivement la Cité de l'histoire de l'immigration, inaugurée il y a quelques semaines sans la participation d'aucun membre du gouvernement.

Remarquable mise en perspective historique de la place de l'étranger dans la construction politique de la FRANCE, depuis les LUMIERES, et le symbole mondial que représenta la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen, dont nous sommes aujourd'hui les bien pâles successeurs.

Mais aussi, un rappel fort utile de l'absolue nécessité de l'immigration pour reconstruire la FRANCE au sortir de la guerre, et jusqu'au début des années 1970.

Avec le retournement de 1974, qui, en limitant l'immigration, a ouvert la porte au regroupement familial, dans la mesure où le retour au pays n'était plus susceptible de permettre de revenir en FRANCE dans des conditions équivalentes...

Merci à GISCARD d'ESTAING qui a créé ainsi artificiellement la nécessité pour les travailleurs étrangers de faire venir leur famille en FRANCE, alors que l'immigration était jusqu'alors essentiellement une immigration d'hommes seuls venus travailler pour renvoyer au pays de quoi faire vivre la famille là-bas.
Les plus jeunes ne se souviennent pas de l'inénarrable Lionel STOLERU- secrétaire d'Etat au travail manuel si ma mémoire est bonne- et de son chèque de retour qui allait régler le problème des immigrés au chômage... Il y a trente ans !

La Cité n'oublie pas le sport, de ZIDANE à MIMOUN, en passant par Raymond KOPA, le footballeur polonais qui était l'idole de mon père et la star de l'équipe de REIMS si j'ai bonne mémoire... ou encore Michel PLATINI, le rital.

Tous ces étrangers dont les français sont si fiers parce qu'ils nous font gagner des médailles; trop souvent pour fustiger leurs fils et leurs frères qui ont moins bien réussi qu'eux.

Bref, un moment intense, en ce premier dimanche de novembre, où la Cité débordait d'un public de tous âges, surtout français « de souche ».

Preuve de l'inquiétude de nos concitoyens qui sentent qu'un pays fermé est un pays qui meurt dans ses certitudes et ses habitudes, au lieu d'être le creuset sans fin d'une nation en construction constante.