Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
thierry billet

Écologiste annécien

IMMIGRATION ET POLITIQUE DU CHIFFRE : LES AVOCATS MAINTENANT VISÉS ?

Publié le 9 Mars 2009 par Thierry BILLET in C'est personnel


Un nouvel exemple des dérives sécuritaires dans notre pays est la mise en cause récurrente des avocats dans l'exercice de leur totale liberté de parole au cours du procès.
Après le bâtonnier de LA REUNION qui avait stigmatisé le rôle de Mme DATI, voici maintenant une consoeur du Barreau de NIMES qui est inquiétée.
Heureusement les instances ordinales, et le Syndicat des Avocats de France ont réagi.
Voici le communiqué de presse du SAF.


Après les interpellations autour des permanences associatives destinées aux étrangers, après les poursuites contre les membres d’associations de soutien aux sans papiers et celles contre les passagers d’aéronefs témoins de reconduites forcées, les pouvoirs publics s’en prennent maintenant aux avocats.

C’est ainsi que notre consoeur Cynthia GALLI, Avocate au Barreau de Nîmes, fait l’objet d’une plainte disciplinaire et d’une enquête pénale à la requête du Préfet de Lyon pour avoir, dans le cadre d’une audience devant le juge des libertés et de la détention, exercé la liberté de parole indispensable à l’effectivité des droits de la défense.

 En réalité notre consoeur, commise d’office par son bâtonnier dans le cadre d’une procédure de reconduite à la frontière, avait, à juste titre, stigmatisé le comportement des services préfectoraux qui, à la suite d’une dénonciation anonyme, avaient procédé à l’arrestation à LYON d’une jeune femme d’origine algérienne et à son transfert vers le centre de rétention administratif de NIMES , ce qui la mettait dans l’incapacité d’exercer ses droits et de se faire assister par son avocat personnel.

 Le SAF réaffirme que la liberté de parole à l’audience est une condition essentielle de l’exercice des droits de la défense. Ce principe découle d’ailleurs des règles posées par l’article 41 alinéa 3 de la loi du 29 juillet 1881. Au travers de ces poursuites le SAF ne peut que constater et stigmatiser une dérive inquiétante.

Il assure Me GALLI de sa totale solidarité et se félicite de la réaction ferme des instances ordinales.

Le SAF exige l’arrêt immédiat des poursuites à défaut saura mobiliser la profession et l’opinion publique pour faire respecter les droits de la défense.

Paris, le 6 mars 2009