Philippe MEIRIEU écrit à Bernard ACCOYER
Monsieur Bernard Accoyer
Président de l’Assemblée nationale
Monsieur le Président
Nous sommes très surpris par les articles parus ces derniers jours dans le Dauphiné Libéré ; articles qui relatent vos attaques et sommations prenant pour cible un écologiste à propos de la Loi Littoral.Vous semblez reprocher à Thierry Billet d’orchestrer une contestation citoyenne qui ne serait pas justifiée.Nous souhaitons vous rappeler M. le Président que, durant notre campagne pour les élections régionales, nous vous avons alerté contre les menaces d’amendements destinés, dans le cadre de la loi Grenelle II, à changer les modes opératoires de la Directive territoriale d’aménagement et de la loi Littoral. Thierry Billet n’est pas le seul à être inquiet des atteintes faites aux protections de l’environnement et de notre cadre de vie pour aujourd’hui et pour demain. De nombreux Hauts Savoyards s’inquiètent des manipulations qui se jouent autour de la DTA comme de la Loi Littoral, et particulièrement les 20,89 % de votants qui ont choisi Europe Ecologie aux dernières électionsLa démocratie s’accommode mal de l’abus de position dominante. Vous êtes le troisième personnage de l’Etat, et M. Billet, 12e maire adjoint de la Ville d’Annecy.
Nous vous saurions gré, M. Le Président, de rester garant de la démocratie.
Philippe Meirieu
Pour Europe Ecologie Rhône-Alpes.
Brûlage des déchets verts, c'est non !
De mes souvenirs d'enfance, je garde l'image des feux que mon père allumait de temps à autre avec les déchets de jardinage. Le bulletin n°39 hiver 2009-2010 de Rep'Air, le magazine de l'Air de l'Ain et des deux Savoie, l'organisme en charge de la mesure de la qualité de l'air dans nos départements, rappelle avec pertinence que le brûlage des déchets verts est une infraction au réglement sanitaire départemental.
C'est de surcroît une source de pollution non négligeable. Brûler 1 kilo de déchets verts à l'air libre émet autant d'Hydrocarbures aromatiques polycycliques que d'emmener ses déchets verts à la déchetterie de MOSCOU (si elle existe !). Un détour à la déchetterie la plus proche de chez vous est donc la seule solution écologique.
Rep'Air publie un tableau des émissions de poussières inférieures à 10 microns le 6 mars 2010 : la courbe grimpe de 20 microgrammes
par mètre cube d'air en moyenne sur la journée à plus de 400 microgrammes entre 8 heures 30 et 13 heures 30 suite au brûlage de déchets verts à proximité de la station de mesure
de Saint Germain du Rhône. Cet histogramme est saisissant; alors direction déchetterie obligatoire. Parlez en à vos voisins et signalez les brûlages sauvages à la mairie de votre
domicile.
Anonymat & beuverie
Internet est un outil d'une remarquable efficacité pour le meilleur et pour le pire. La puissance de frappe et la vitesse de diffusion peuvent être au service de la liberté d'expression contre les tyrannies qu'elles soient chinoise ou iranienne. Mais elles peuvent aussi permettre la diffusion de n'importe quelles bêtises sur la toxicité des ampoules à basse consommation ou sur le Traité constitutionnel europée, relayées à foison sans aucun regard critique par un simple "transférer à" démultiplié quasiment à l'infini.
Accompagné du recours quasi systématique à l'anonymat, l'outil devient particulièrement dangereux. Cet anonymat est devenu la règle sur les forums, les listes de discussion, les commentaires sur les sites... Que cache t'il ? En quoi permet il des échanges plus pertinents ? Que craignent les "anonymistes" pour se protéger de la sorte ? Ce recours à l'anonymat me trouble car il permet toutes les manipulations. Il suffit de quelques internautes qui se donnent le message pour multiplier les commentaires sans aucune possibilité de déterminer si un courant d'opinion est né. L'exemple de la masse de commentaires sur le site du DL après la décision du SILA d'envisager d'accepter les déchets de CANNES est un excellent exemple, puisque le nombre de commentaires sur internet a alimenté...la version papier du DL. Pour autant, combien de gens différents ont ils commenté réellement l'artcile sur internet ? Il suffit de changer de pseudonymes et vous créez un pseudo mouvement d'opinion. Idem sur MEDIAPART et d'une manière générale sur tous les sites journalistiques. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé sur ce blog de ne pas répondre aux commentaires anonymes.
Cela m'amène aux réseaux sociaux et à l'interdiction de la beuverie prévue sur le PAQUIER ces derniers jours. L'interdiction ne règle rien : elle empêche la survenance de la saoulographie qui semble le seul objectif de l'apéro géant; mais en cassant le thermomètre, elle n'empêche pas de mesurer l'ampleur de la maladie. Qu'est-ce qui pousse certains jeunes à envisager comme festif le fait de se saoûler le plus vite et le plus violemment possible ? Même si tou(te)s ne viennent pas pour se saoûler, la participation de tous permet aux autres de le faire, et donne à ce geste une reconnaissance de normalité. Qu'est-ce que cela dit de notre société ?
Dans le dernier numéro d'ALTERNATIVES NON VIOLENTES, Philippe MEIRIEU émet l'hypothèse que les jeunes ne se constituent plus en contestataires de l'ordre existant, opposés à l'autorité. Mais comme "à côté" de cette autorité, prêts à se livrer à d'autres autorités bien plus contraignantes ou aliénantes que celles des adultes. De sorte qu'ils ne ressentent plus le besoin ni l'envie de contester cette autorité, développant par ailleurs leurs propres règles transgressives.
Le mélange de l'anonymat et des réseaux sociaux aboutit à cette société bizarre où il ne s'est trouvé aucun jeune pour contester la
décision du Préfet d'annuler cet apéro pour des motifs juridiquement bien fragiles, ou pour venir protester sur le PAQUIER contre cette interdiction liberticide. Non, cette jeunesse n'est pas
l'héritière de Mai 68, elle est l'expression terrible d'un manque d'avenir.
L'indifférence, pire que tout.
Bilan carbone de la Ville d'ANNECY
Nous travaillons actuellement sur le bilan carbone de la Ville d'ANNECY. Il s'agit d'un bilan "patrimoine & services", c'est à dire qu'il concerne les activités de la municipalité et pas l'intégralité des émissions de gaz à effet de serre du territoire communal.
Les services municipaux émettent 17.000 tonnes de CO2, soit l'équivalent des émission annuelles d'un millier de familles. Les trois gros postes sont l'énergie pour 38% pour le chauffage des bâtiments municipaux, les déplacements domicile-travail des employés municipaux, les déplacements professionnels, et les déplacements des visiteurs des services de la mairie, pour 26%, et enfin les intrants, c'est à dire les émissions associées aux biens acquis par la collectivité notamment pour les travaux de voirie.
Des groupes de travail ont été créés dans les services municipaux pour réfléchir à
toutes les pistes possibles pour réduire nos émissions. L'objectif est clair : décarboner l'activité municipale autant que faire se peut, tout en maintenant le même niveau de qualité du service
public aux annéciens. Les travaux des groupes de travail sont maintenant synthétisés et vont être présentés aux chefs de service et à la municipalité pour prendre des
décisions.
Ferme de Quincy, incompréhension totale
La ferme de QUINCY appartient à la Ville d'ANNECY, sur le territoire de SILLINGY. Elle avait été achetée pour y installer un jour les nouvelles serres municipales. Comme il apparait aujourd'hui malvenu d'aller planter à plus de dix kilomètres les plantes dont la Ville a besoin, il a été décidé d'implanter les nouvelles serres sur la zone industrielle de VOVRAY. Ce choix étant fait, il n'y avait plus d'intéret à conserver la ferme. qui est composée d'un bâtiment assez grand et de plusieurs hectares de terrain. La décision a donc été prise de la vendre avec le terrain attenant.
Afin de maintenir la vocation agricole de ce ténement, la Ville a chargé la SAFER, l'organisme agricole qui a vocation à préempter les terrains agricoles afin de les conserver en usage agricole, de chercher des acquéreurs dans le monde agricole en lui confiant un mandat de vente.
Ce mandat remonte à de longs mois. Il est connu de tous depuis longtemps puisque le Maire de SILLINGY avait proposé dans la presse d'installer dans la ferme les Haras Nationaux qui quittaient ANNECY. Cette perspective n'ayant pas prospéré, la SAFER a continué de chercher des agriculteurs intéressés. J'ai personnellement reçu plusieurs fois des représentants des AMAP à ce propos, leur conseillant de prendre contact avec la SAFER.
Avant-hier, j'apprends par un courriel qu'une manifestation aura lieu le 30 mai à l'initiative de la Confédération paysanne et d'associations écologistes sur le site, manifestation mettant en cause la volonté spéculatrice de la Ville ! L'incompréhension est totale...La volonté de la Ville a toujours été de maintenir la vocation agricole à ce ténement. La volonté de la Ville n'a jamais été de faire de la spéculation sur ce terrain qu'elle souhaite vendre au prix normal du terrain agricole. La volonté de la Ville n'a jamais été d'obtenir du droit à construire supplémentaire sur ce terrain. Or, en lisant l'appel au pique nique du 30 mai, on a exactement l'impression que la Ville veut construire sur ces terrains et faire flamber leur prix, ce qui est une contre vérité notoire !
Je regrette vraiment et je l'ai exprimé clairement à nos amis associatifs que ce ne
soit qu'après avoir appelé à la manifestation que les associations aient demandé un rendez vous à Jean-Luc RIGAUT à propos de ce dossier...En discutant au téléphone, il apparaît que
leur critique porte en réalité sur le rôle de la SAFER en matière de foncier agricole. Pour autant, dans le texte d'appel, il n'est pas
fait état de la politique de la SAFER, mais de celle de la Ville en l'accablant de reproches infondés.
Mettre en cause la politique de la Ville avant d'avoir rencontré le Maire et sans aucun contact préalable permettant de penser que l'on allait aboutir à une telle manifestation me chagrine et n'est pas la meilleure façon d'aboutir à la meilleure solution pour le maintien d'une activité agricole sur ce terrain qui est l'objectif commun de la Ville et des associations.
Le loup n’a pas d’impact négatif sur la faune sauvage au contraire !
Contrairement aux idées reçues, la FRAPNA prouve que le loup n'a pas d'impact négatif sur la faune sauvage, bien au contraire. Voici son communiqué de presse à l'occasion du procès du braconnier professionnel en procès le 12 mai à BONNEVILLE
Voici le Communiqué de presse de la FRAPNA
Haute-Savoie
Le procès de Frank Michel aura lieu mercredi 12 mai au Tribunal de Grande Instance de Bonneville. Il est accusé d’avoir tué un loup, espèce protégée sur le territoire national, et présenté par
certains comme une victime. Nous souhaitons souligner les éléments suivants : non content d’avoir tué un loup, M. Michel l’a dépecé pour le naturaliser, il était également en possession des
restes de plusieurs espèces protégées comme le bouquetin, le héron cendré, le grèbe huppé, le casse noix moucheté, l’épervier d’Europe. Toutes ces espèces ne sont pas de redoutables prédateurs
qui déciment les troupeaux à l’estive! De plus M. Michel était en possession d’une arme prohibée. En l’occurrence, c’est bien de braconnage qu’il s’agit et M. Michel doit répondre de ses nombreux
chefs d’accusation, c’est là le travail de la justice.
Nous reconnaissons pleinement que le retour naturel du loup crée des contraintes
importantes pour les éleveurs de montagne. Par contre, les cris des chasseurs sont pour leur part injustifiables, eux qui chassent par loisir alors que l'animal tue pour vivre. Le loup est accusé
par certains chasseurs de décimer les populations d’animaux sauvages, chamois, chevreuils et autres ongulés, et de mettre ainsi en péril l’avenir de la faune sauvage. Ce sont les mêmes chasseurs,
ceux du Petit- Bornand, qui après avoir péremptoirement affirmé que le loup avait quasiment anéanti la faune sauvage, demandent une augmentation des attributions de chamois et de cerfs au plan de
chasse pour la saison 2009-2010 ! De qui se moque-t-on ?
L'expérience prouve que la présence du loup n’entraîne pas de régression des populations de faune sauvage, au contraire
- les comptages de ce printemps montrent que sur l’Unité des Gestion des Glières (entendez le massif des Glières), le nombre de chamois compté est passé de 677 en 2004 à 889 !
- dans les départements de Provence-Alpes-Côte d’Azur où le loup est présent depuis près de 15 ans (Alpes Maritimes, Hautes-Alpes), les plans de chasse des ongulés sauvages sont en constante
progression.
Il est par conséquent incroyable que des gens qui se présentent comme responsables du
monde de la chasse et comme «gestionnaires» des espèces naturelles, puissent évoquer la possibilité d'effondrement des populations-proies du fait des prédateurs, position qui est un non-sens
scientifique.
En Haute-Savoie, les tableaux de chasse des chevreuils, chamois, cerfs, totalisent 4420 animaux tués pour la saison 2007-2008, et ceci sans compter des milliers de sangliers : est-il impensable
dans ces conditions que les chasseurs qui représentent 1% de la population du département laissent une part au loup ?
Rappelons que le loup n’est pas qu’une contrainte, en reprenant sa place au sommet de la
pyramide écologique il est le garant du bon fonctionnement de l’écosystème entier.
Des exemples:
- il empêche la concentration des grands ongulés sauvages qui compromet la régénération naturelle de la forêt et les jeunes plantations,
- il élimine les individus faibles ou malades empêchant la propagation des maladies (nos troupeaux de chamois sont régulièrement décimés par la kérato-conjonctivite),
- il élimine les chiens errants … et il constitue un formidable vecteur d'image sur la qualité des milieux naturels, support d'un tourisme respectueux de la nature essentiel pour les
territoires de montagne.
Nous sommes pour notre part convaincus de la nécessité de la préservation de la
biodiversité, ainsi que de la possibilité d'une cohabitation entre le loup et l'homme.
Si les Etats européens, de toutes orientations, ont pris depuis des décennies des mesures pour protéger de nombreuses espèces animales, c'est bien que la conception du rôle de l'homme dans la
nature a changé.
DTA non opposable, loi littoral sauvée
C'est l'histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein.
Nous avons donc gagné sur la loi LITTORAL car l'amendement SADDIER-BIGNON a été voté par l'assemblée nationale et on voit mal les sénateurs tenter de coup de force à nouveau sur ce sujet après la dernière séance du conseil municipal d'ANNECY.
Nous avons perdu sur l'opposabilité de la DTA des ALPES du NORD après un débat à l'assemblée qui montre que le PS était favorable à l'inopposabilité...et que le député vert présent n'avait rien compris à l'enjeu, malgré nos contacts indirects avec lui.Quant à l'UMP, c'était pain béni pour lui.
Nous avons sous estimé le lobby des stations de ski qui veulent pouvoir étendre leurs domaines skiables, encore et toujours. LA CLUSAZ
et LE GRAND BORNAND rêvent encore d'une liaison entre leurs domaines que la DTA opposable aurait rendu définitivement impossible...
Cet aprés-midi, le commissaire enquêteur n'a pas chômé à la mairie d'ANNECY : les citoyens se sont relayés sans interruption tout l'aprés-midi.
Bernard BOSSON y a déposé un texte très complet sur le sujet des espaces proches du rivage et des coupures d'urbanisation.
J'ai personnellement insisté sur la circulaire de 2006 qui fixe la doctrine de l'Etat en matière d'espaces proches du rivage avec la fameuse idée que cet espace s'étende à perte de vue, c'est à dire selon la régle de la covisibilité, et sur l'incohérence qu'il y aurait à voter dans le GRENELLE 2 les principes des trames vertes et de ne pas spécifier dans le détail les coupures d'urbanisation sur la cartographie annexée à la DTA.
Le commissaire enquêteur était surpris de cette mobilisation annécienne, alors qu'il n'a rencontré personne dans les autres communes où il tenait une permanence... Le carton plein de pétitions qui lui a été remis par la Ville, auprès de lui, montrait la détermination de nos concitoyens... Espérons qu'elle sera entendue dans les observations du commissaire enquêteur à la fin de l'enquête publique, puis que le Préfet de Région les prendra en considération en modifiant la cartographie sur ces deux points cruciaux.
Il restera de cette loi "Grenelle 2" le sentiment que le gouvernement qui avait eu le nez politique et le courage de lancer cette
concertation nationale que JOSPIN avait toujours refusé à Dominique VOYNET, n'a pas été capable d'aller au bout de sa dynamique, après des régionales calamiteuses et un nouveau virement de bord
anti environnemental. On ne peut que le regretter.
Solutions locales pour un désordre global
A ne pas manquer, le film de Coline SERREAU repasse à LA TURBINE à CRAN GEVRIER les 14 mai à 20.30, 15 mai à 18.30, 16 mai à 16.30 et 20 mai à 20.00...
De l'avis unanime des amis qui l'ont vu, ce film est génial.
Plus d'information sur :
OGM, un amendement bienvenu
En quelques lignes, tout est dit dans cet amendement des députés verts sur les OGM à intégrer dans le GRENELLE
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