TRICASTIN, le procès d'AREVA du 17 juin
Bref compte-rendu de l'audience du 17 juin, le procès de la SOCATRI, filiale d'AREVA, poursuivie pour avoir rejeté dans la nature au moins 72 kilos d'uranium.
Les débats ont permis de se rendre compte de l'écart entre les discours théoriques entre la politique de sécurité développée par AREVA, en la personne d'un amiral en retraite, et la réalité du travail quotidien sur le site. Les ergonomes appellent cela le travail prescrit (celui qui est écrit dans les procédures qualité) et le travail réel (celui que les salariés mettent en oeuvre au quotidien pour que l'usine fonctionne).
Et bien l'analyse de l'accident (je tiens un arbre des causes sommaires de l'accident à votre disposition) est révélatrice d'un écart stupéfiant.
Donnons un exemple. Lorsque l'accident est enfin détecté, le directeur d'exploitation fait chercher des pelles pour déterminer si l'eau s'est infiltrée sur une grande profondeur. Ces pelles sont des pelles à neige (à TRICASTIN !) enfermée dans un bureau fermé et on va perdre une heure à trouver la clé vers 1 heure du matin, plutôt que de lancer l'alerte aux autorités, ce qui fit dire à un avocat des parties civiles que l'on cherchait en réalité à déterminer si cette fuite se verrait pour éviter de donner l'alerte.
Un autre exemple : les opérateurs interrogés disent presque tous qu'il y avait en permanence des alarmes sans objet, qu'ils avaient alerté la hiérarchie qui n'avait rien fait, et que lors de cette nuit du 7 au 8 juillet 2008, l'ordinateur qui avait signalé le débordement était daté au 12 avril 2006, ce qui les avait confirmé dans l'idée que c'était une alerte. L'un d'eux indique qu'il y avait eu, après l'accident, une alerte sur un stocker qui n'existait plus ! Imaginez la perte de vigilance qu'entraîne une telle persuasion qu'il n'y a pas de danger réel quand une alarme se déclenche !
C'est la réalité du nucléaire aujourd'hui en France. L'accident nucléaire aura lieu un jour ou un autre parce que cet écart entre les règles théoriques des entreprises et leur fonctionnement quotidien est une réalité qu'AREVA refuse de reconnaître, ouvrant la voie à la dissimulation par les travailleurs et leur hiérarchie des incidents qui surviennent pour qu'ils ne soient pas l'objet de sanctions, de reproches ou de mise à l'écart professionnelle.
Voilà qui n'a rien de rassurant.
Encore moins rassurant quand AREVA fait citer comme témoin un médecin militaire qui vient expliquer que les règles en matière de
radioprotection sont surdimensionnées et comparent les doses utilisées en radiothérapie pour tuer des cellules cancéreuses et celles qui sont acceptables pour les salariés...
Métropole transfrontalière, une bombe pour la HAUTE SAVOIE
Pendant que l'on s'amuse - non sans craindre les conséquences à moyen terme - avec l'arrivée de l'ETG à ANNECY, une véritable bombe institutionnelle a été votée à l'assemblée à l'occasion de la réforme des collectivités territoriales : la métropole transfrontalière, ou plutôt le "pôle métropolitain" transfrontalier.
On en a pas ou peu parlé dans la presse, les citoyens ne sont pas au courant. Monsieur PLATINI ne s'en est pas
ému. Bref, c'est un flop intégral. Et pourtant, c'est une vraie bombe.
Il y aura d'ici peu dans le paysage institutionnel français des "métropoles" d'une taille d'au moins 450.000 habitants (LYON, BORDEAUX, etc.) aux pouvoirs accrus et disposant d'une fiscalité propre et de la compétence économique : de quoi dépouiller les Régions et les Départements de leurs attributions les plus convoitées.
Voilà qu'on y a ajouté les "pôles métropolitains" qui seront des établissements publics constitués par accord entre des EPCI, en vue d’entreprendre des actions d’intérêt métropolitain en matière de développement économique, écologique, éducatif, de promotion de l’innovation, d’aménagement de l’espace et de développement des infrastructures et des services de transport. Le seuil de création du pôle est de 300 000 habitants ; l’un des EPCI constitutifs devant comporter au moins 150 000 habitants.
Jusque là, nous pouvions dormir sur nos deux oreilles : la HAUTE SAVOIE ne rentrait pas dans ce schéma.
Mais, un amendement du Gouvernement inspiré par MM. Etienne BLANC, député du Pays de GEX et Martial SADDIER, député de BONNEVILLE, a permis d’instaurer un dispositif dérogatoire pour les zones frontalières. On a donc taillé sur mesure au bassin genevois un seuil d'au moins 300 000 habitants, dont un EPCI de plus de 50 000 habitants.
Cette réforme des institutions voulue par M. SARKOZY qui devait clarifier le paysage institutionnel français la complique donc à souhait : on y ajoute deux strates supplémentaires: la métropole et le pôle métropolitain.
Que restera t'il de la HAUTE SAVOIE dans un tel scénario
?
Ainsi ETG pourra devenir le club de foot du pôle métropolitain du GENEVOIS,
de quoi faire rêver le haut savoyard qui se demande où on va.
EUROPE ECOLOGIE et les alliances
Les derniers scrutins électoraux en Rhône Alpes conduisent à poser la question des alliances.
Lors d'une législative partielle en ISERE, les écologistes ont décidé de ne pas appeler à voter pour la candidate socialiste qui refusait de s'engager clairement sur quelques points chers aux défenseurs de l'environnement.
Lors d'une cantonale partielle à VILLEURBANNE ce dimanche la candidate EUROPE ECOLOGIE a été battue de 11 voix par le candidat socialiste. Ils sont tous les deux membres de la majorité municipale dans cette commune. La candidate EE est 2° maire adjoint à la Mairie. La droite avait été éliminée au premier tour...
Claude COMET, conseillère déléguée au Tourisme et à la montagne dispute demain à M. PERISSIN FABERT la présidence du Comité régional
du Tourisme que M. QUEYRANNE lui avait promis en échange de sa désertion de la liste UMP en HAUTE SAVOIE...
Ainsi se dessine une carte politique où en Rhône Alpes, EE maintient ses scores des Régionales dans les élections partielles, par exemple récemment dans le canton de LA RAVOIRE, mais où loin d'être automatique, la question du désistement "républicain" en faveur du candidat de gauche le mieux placé ne donne plus lieu à une réponse univoque.
Ceux-là même qui défendent un ancrage nécessairement à gauche de l'écologie revendiquent d'être traités d'égal à égal par le PS et exigent des engagements pour se désister officiellement.
Cette nouvelle donne ouvre la voie à un changement profond de notre conception des alliances : des alliances sur des programmes et des engagements réciproques et non plus des alliances sur des théories et des belles paroles.
Pour autant, ces alliances sont nécessaires car l'écologie ne peut plus se permettre d'être en marge des prises de décisions et de ne pas participer aux exécutifs.
Se retirer sur son aventin après avoir réalisé un bon score au premier tour est stérile : il faut s'allier au second pour avoir des élus.
Mais si cela fonctionne aisément avec un scrutin majoritaire à la proportionnelle à deux tours (les régionales de 2010), cela ne fonctionnera plus avec les scrutions départementaux et régionaux que l'UMP nous prépare pour 2014 : uninominaux à deux tours. L'objectif de l'UMP est clair : liquider les centristes et les écolos. Et à ce jeu-là, l'UMP a un allié qui ne dit pas son nom mais est ravi de ce renforcement de la bipolarité.
Les écologistes auront le choix : être en tête au premier tour ou disparaître au second.
A moins qu'un partenarait équilibré du style de celui que nous avions conclu en 2002 avec le PS soit possible : c'est la seule chance
d'obtenir plus d'élus écolo et plus d'élus socialistes au Conseil général, comme nous l'avons réussi pour le régionales de cette année.
Loi littoral, le dernier coup fourré en date de ce soir
Vous vous souvenez que l'ASSEMBLEE NATIONALE avait voté un texte qui rétablissait l'intégralité de la loi LITTORAL sur les lacs à l'initiative de MM. SADDIER & BIGNON.
Nous pensions que la messe était dite et M. HERISSON avait juré ses grands dieux en conseil municipal d'ANNECY que l'affaire était entendue, et la hache de guerre enterrée : la loi littoral était rétablie dans sa version originelle; elle s'appliquait donc sur tout le territoire des communes riveraines des lacs, y compris les parties du territoire qui ne voyaient pas le lac.
Et voilà que j'apprends que la Commission mixte paritaire entre le Sénat et l'Assemblée est saisie d'un nouvel amendement sénatorial qui limiterait l'application de la loi LITTORAL à la ligne de crête. La commission se réunit DEMAIN !
Ne confondez pas cette limite de la ligne de crête avec celle que nous réclamons pour la définition des espaces proches du rivage au nom du principe de la covisibilité depuis le lac !
Il s'agit là du champ d'application de la loi LITTORAL elle-même qui s'applique sur tout le territoire communal des communes riveraines du lac. Si la loi LITTORAL ne s'applique que jusqu'à la ligne de crête, les espaces proches du rivage ne pourront pas s'appliquer jusqu'à cette limite maximale !
Pourquoi ce nouvel amendement ? A qui profiterait il immédiatement ?
A M. CECCON, entrepreneur de bâtiment de son état, carrier à titre complémentaire, récent récipiendaire de la légion d'honneur, et promeneur de touristes sur le lac.
Carrier avez vous dit... Cela ne vous rappelle rien ?
La carrière d'ANNECY LE VIEUX est exploitée par qui ?
Elle est sur le territoire d'ANNECY LE VIEUX, mais au-delà de la ligne de crête., sur la route de THONES, en face de DUINGT... Alors si cet amendement est présenté, à qui M. CECCON doit-il envoyer ses remerciements ? Qui a eu l'idée de cet amendement qui permettrait à M. CECCON de relancer l'arasement de la montagne ?
Si vous ne les avez pas encore regardées, visionnez ces vidéos parfaitement explicites et
leurs interviews de MM. ACCOYER & HERISSON :
Loi littoral, rafraichissez vous la mémoire (1)
Loi littoral, rafraichissez vous la mémoire (2)
Il ne reste plus qu'à espérer que les parlementaires ne céderont pas à cet ultime assaut de la ringardise écologique et de la vengeance politique.
Bien entendu, M. HERISSON est totalement étranger à ce nouvel amendement sénatorial.Il
n'a rien à voir avec cela, il est d'ailleurs tenu à l'écart de tout ce qui concerne les dispositions applicables au lac d'ANNECY, et il paraît qu'il était en voyage le jour où cela a été
discuté...
Bien entendu, M. ACCOYER n'a rien à voir non plus avec cela. Il s'étonne qu'il corresponde exactement à ce qu'il souhaite depuis des années publiquement à propos de sa carrière municipale. Il
considére qu'il s'agit nécessairement d'un mauvais coup de sénateurs qui cherchent à lui nuire en le désignant de facto comme le donneur d'ordres.
Tout ceci est un concours de circonstance et cet amendement a été présenté à l'insu du plein gré de nos deux compères qui ont été tenus à l'écart de cette décision par leurs vilains collègues.
Le Pays des Bisounours disait on en conseil municipal d'ANNECY lors du vote à l'unanimité de la motion proposée par la Ville.
Le bal des faux derches, serait plus approprié.
Habitat collectif dans l'éco quartier VALLIN FIER
L'éco quartier VALLIN FIER entre la rue de Genève et le boulevard du Fier au Nord, et le chemin des Fins au Sud, continue d'avancer rapidement.
Le choix de l'équipe d'architectes qui réalisera l'équipement dédié à l'enfance sera
présenté au conseil municipal du 28 juin 2010. Ce complexe scolaire sera l'équipement public phare de l'éco quartier. Il sera réalisé en habitat passif sur le plan
énergétique.
Tandis que les permis de construire sur la partie Nord, sur les terrains anciennement MAURIS, sont accordés.
Il y a place dans cet éco quartier pour une part d'habitat collectif autogéré, c'est à dire un regroupement de futurs habitants qui décident de s'inscrire dans la démarche de l'éco quartier et déposent un permis de construire commun pour leur immeuble.
La Ville est donc prête à recevoir les personnes déjà regroupées pour conduire un tel projet pour que le plan d'ensemble de l'éco quartier leur soit présenté et les aider à l'intégrer au mieux.
La "contrainte" est de réaliser de l'habitat passif sur le plan énergétique, mais je ne
pense pas que ce soit ce choix municipal qui puisse gêner les promoteurs d'une solution d'habitat coopératif.
Servitude de marchepied, l'exemple de Mme SARKOZY
Cela rappellera sans doute à certains d'entre vous une situation annécienne à propos de la servitude de marchepied chez Mme SARKOZY.
http://www.varmatin.com/article/var/cap-negre-le-public-interdit-aux-abords-du-littoral
Sans vouloir vous faire peur...
Voici pour la première semaine de juin, ce qui s'est passé en FRANCE en termes de catastrophes naturelles...et industrielles...Sans vouloir vous faire peur, bien
entendu.
Dans la région Rhône-Alpes
Intempéries en Savoie : la RD 925 emportée par le Doron
Source : Le Dauphiné Libéré, 01/06/2010
La crue de l'Isère met le département en alerte
Source : Le Dauphiné Libéré, 01/06/2010
Portes-lès-Valence (26) : Autoroute A7, on a frôlé la catastrophe : Fuite de GPL sur la station-service
Source : Le Dauphiné Libéré, 01/06/2010
Lyon 3e : Une fuite de gaz paralyse la circulation boulevard Vivier-Merle
Source : Le Progrès de Lyon, 02/06/2010
Des sources radioactives un peu partout dans la Loire
Source : Le Progrès de Lyon, 02/06/2010
Evénements remarquables en France et dans le Monde
La tempête Agatha fait 144 morts et des milliers de sinistrés en Amérique centrale
Source : Le Dauphiné Libéré, 01/06/2010
Col du Lautaret : Une coulée de boue coupe la route
Source : Le Dauphiné Libéré, 01/06/2010
Une coulée de boue relativement importante s'est déclenchée spontanément sur la commune du Monêtier-les-Bains dans le col du Lautaret (Hautes-Alpes). Pas moins de 400 mètres de boue et de pierre se sont déversés sur la route et ses abords.
Guatemala : un trou géant engloutit une maison (vidéo)
Source : TF1 News, 02/06/2010
Une fuite d'ammoniac à Angoulême
Source : Sud-Ouest.com, 31/05/2010
Une falaise menace de s'effondrer en Dordogne
Source : France 3.fr, 04/06/2010
Une tornade meurtrière balaye l'Ohio
Source : Le Monde.fr, 07/06/2010
Orage : Une coulée de boue traverse un village du Beaujolais faisant des dégâts
Source : Pompiers.fr, 06/06/2010
JO 2018, convaincre ou communiquer ?
L'annonce d'une grande manifestation festive le 23 juin au soir sur le PAQUIER pour fêter la désignation d'ANNECY comme ville candidate; désignation qui ne fait aucun doute puisque le CIO ne va pas prendre le risque de ne conserver que deux villes candidates sur les trois requérantes dont une ville coréenne à la merci d'un coup de folie du dictateur du Nord.
Pour autant le comité d'organisation a tort de considérer qu'il suffit de
communiquer et de réunir quelques centaines de gamins des collèges ou une foule contente d'un concert gratuit pour que la conviction soit là.
J'ai le sentiment que MM. GROSPIRON et MONTEIL qui dirigent la candidature, sous estiment la mobilisation citoyenne à PASSY et les interrogations d'un nombre croissant de haut-savoyards, dans et en dehors du comité anti JO.
Il ne suffit pas de dépenser l'argent public en faveur de la candidature pour faire de belles images sur le PAQUIER et lever les doutes, répondre aux interrogations légitimes et enclancher une dynamique.
Pourquoi le comité n'organise t'il pas de réunion publique pour présenter le projet, répondre aux questions, préciser les financements, affirmer ses choix environnementaux ?
Ce déficit démocratique ne se résoud pas dans la seule organisation de quelques événements médiatiques.
Il faut une réponse claire, préservant les espaces agricoles et assurant un logement
pour les haut-savoyards après les Jeux sur le village olympique de PASSY comme il faut arrêter de vouloir raccrocher aux Jeux des projets routiers qui n'y étaient pas comme le tunnel sous les
SEMNOZ.
Annecy Genève en train, la galère...
Ce reportage d'ARTE sur un voyage en train ANNECY > GENEVE et retour en bus pour se rendre compte à quel point cette galère est insupportable.
Mais d'aucuns ont préféré construire une autoroute.
http://videos.arte.tv/fr/videos/l_europe_sans_frontiere_ou_s_arrete_le_voyage_-3123204.html
Fuite d'uranium de TRICASTIN, le procès en vue
Souvenez vous, en 2008, l'usine nucléaire SOCATRI au TRICASTIN laissait échapper des effluents liquides dans le milieu naturel chargés d'uranium et autres radionucléides. Le procès aura lieu devant le tribunal correctionnel de CARPENTRAS le 17 juin 2010.L'enquête judiciaire permet de mesurer les incroyables manquements à la réglementation qui ont conduit à cet accident majeur.
En voulant transférer du liquide radioactif d'une citerne A dans une autre B, SOCATRI a vidangé en même temps une autre citerne C qui apparaissait comme "fermée" sur les appareils de surveillance du site.
Bien entendu, le volume de B était inférieur à la somme de A + C, et donc tout ceci a débordé gentiment.
Comme la zone de rétention était "en travaux" depuis des mois, et le muret de séparation construit en "Siporex" parfaitement poreux, le contenu excédentaire est parti dans un vieux réseau d'eaux pluviales oublié là.
SOCATRI ne s'est rendu compte du problème que tardivement et a encore plus tardé pour déclencher les alertes auprès des pouvoirs publics...
Cette accumulation de négligences dans un environnement prétendument parfaitement "tracé et documenté" où tout est réputé être prévu, écrit, anticipé, illustre l'incapacité humaine à maîtriser des activités aussi risquées.
J'aurai l'honneur de plaider ce dossier pour la Criirad (commission de recherche indépendante d'information sur la radioactivité) qui mène depuis TCHERNOBYL une action scientifique remarquable pour que l'information des populations soit aussi transparente que nécessaire.
Vous pouvez rejoindre la Criirad pour que le nucléaire ne soit plus une zone "réservée", voici le lien pour en savoir plus :
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