LE PEN, SARKOZY & MELENCHON
A guère plus d'un an de la Présidentielle, l'envolée des sondages en faveur du FRONT NATIONAL fait peur. Ils montrent que depuis 2002, rien n'a changé. En 2007, SARKOZY a réussi à capter cet électorat en lui donnant tout à la fois respectabilité et engagements sécuritaires obsessionnels.
En 2011, après le débat calamiteux sur l'identité nationale, celui que l'UMP lance sur l'islam, risque de renforcer encore l'impact du FN. Pour régler le problème de quelques prières en pleine rue, l'UMP prend le pari d'un débat national dont il ne peut rien sortir, sinon l'expression du mal être social des français déclassés qui trouvent dans les immigrés une source de comparaison et de regrets d'un passé plus facile.
Cette question sociale est celle du déclassement et celle du délaissement.
Que le FN puisse apparaître comme une solution crédible à ces problèmes quand on voit le comportement de ses élus au Conseil Régional par exemple, laisse rêveur.
Mais leur logique électorale est terrible : sortir les sortants. "Tous dehors !" nous dit MELENCHON, le pompier pyromane, comme un écho.
Mais le populisme ne sert que l'extrême droite, il a fait semblant de l'oublier, tout à son ardeur à tailler du socialiste.
Dans ce contexte, la candidature écologiste (je parie sur la déclaration de candidature de Nicolas HULOT au lendemain des cantonales) sera particulièrement difficile.
L'hypothèse émise par José BOVE est à prendre en considération : soutenir le candidat socialiste dès le premier tour pour l'assurer d'une présence au second tour qui serait nécessairement gagnante au second.
Taxe générale sur les activités polluantes et incinération
Selon le CNIID, la Loi de Finances Rectificative (LFR) pour 2010, qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2011, marque un nouveau pas en arrière dans l’application d’une taxation incitative sur l’incinération et le stockage des déchets.
Pour l’incinération, l’augmentation de la TGAP est ralentie dès cette année, par rapport à la planification établie
en 2008 : l’application du deuxième palier de taux, prévue pour 2011, n’interviendra qu’en 2012, les députés ayant introduit un tarif palier supplémentaire pour cette année.
Les installations certifiées ISO14001 ne paieront que 5,20 €/t au lieu des 6,40 prévus
Les installations présentant une « haute » performance énergétique (≥60% pour celles mises en services avant le 31 décembre 2008 et ≥65% pour les autres) et celles dont les émissions de NOx sont inférieures à 80 mg/Nm3 ne débourseront que 4,55€ par tonne de déchets incinérée, au lieu des 5,60 prévus.
Les installations qui cumulent deux ou trois de ces caractéristiques ne verseront que la somme de 2,60 €/t au lieu de celle de 3,20 €/t.
Cette décision récompense les collectivités qui, comme le SILA, ont mis en oeuvre les mesures permettant de bénéficier de ces allègements de charge sur l'incinération.
Mais elle est aussi d'une grande perversité car elle montre comment l'Etat peut modifier à tout moment une règle sensée influer sur la politique des déchets qui a besoin d'une lisibilité à long terme. Les investissements à réaliser (entre 60 et 80 millions d'euros pour le SILA) sont débattus sur des simulations de tarifs qui intègrent les différents paliers de la TGAP.
Ce type de décisions remet en cause tous ces calculs et rend encore plus difficiles une discussion qui doit être
conduite dans le cadre de règles claires et d'engagements de long terme, notamment celles du prix de rachat de l'énergie produite par les futurs fours d'incinération. De ce point de vue, le SILA
devra avoir signé une convention sur les vingt prochaines années pour pouvoir s'engager. Nous attendons encore la confirmation de la position d'EDF dans cette perspective.
Fête du Lac, le TER aussi en fête !
Nos amis de l'ARDSL nous informent des mesures prises par la SNCF
pour la fête du Lac 2011; une bonne occasion de découvrir cette association qui oeuvre sans relâche pour les transports collectifs.
http://ardsl.over-blog.com/article-fete-du-lac-d-annecy-le-ter-sera-de-la-fete-68450150.html
Pour le match de la Coupe de FRANCE à GRENOBLE, on a aussi su mettre en place une offre sérieuse de transports ferroviaires...
http://ardsl.over-blog.com/article-les-supporteurs-de-chambery-en-gare-de-gieres-68532603.html
Qu'attend l'ETG ?
POLE EMPLOI
J'essaie de ne pas aborder sur ce blog mon activité professionnelle.
Pourtant, le métier d'avocat est un observatoire extraordinaire de la réalité sociale, surtout dans un cabinet spécialisé en droit du travail.
Prenez le cas de Monsieur X, licencié de l'immobilier en avril 2009.
Sa rémunération brute annuelle est de l'ordre de 80.000 euros.
A la suite de son licenciement (il a 59 ans) il cherche désespérément de l'emploi.
Il trouve un CDD de 4 mois en juillet 2010.
Dans son malheur, il a la chance d'être bénéficiaire de la Convention UNEDIC de 2006 applicable jusqu'aux licenciement prononcés
avant le 1er mai 2009.
Si l'on applique cette convention, il remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de retour à l'emploi jusqu'à 65 ans.
Mais comme il a travaillé en 2010 (en CDD avec 400 euros de moins que son allocation chômage dans l'espoir de retrouver un travail),
POLE EMPLOI estime que cette réinscription en 2010 le fait tomber dans la convention applicable en 2010 qui ne retient pas le bénéfice de l'ARE dans son cas... mais celle de l'allocation de
solidarité spécifique (ASS).
Soit 15 euros par jour, 430 euros par mois.
Devant le juge des référés du Tribunal administratif, POLE EMPLOI invoque le fait que la décision d'accord de l'ASS crée un droit à
M. X et qu'elle ne lui crée pas grief.
15 euros par jour, l'aumône comme décision créatrice de droits...
Chronique d'une trappe à pauvreté qui ne va pas manquer de continuer à se refermer sur une frange croissante de nos concitoyens...
Du NPA au FN...
On pouvait lire dans LE MONDE daté du 25 février un article retraçant le parcours d'un jeune délégué syndical CGT de 31 ans qui fut le second de liste du NPA aux élections régionales il y a un an; et qui est maintenant candidat FN aux élections cantonales de mars 2011.
Sa section syndicale n'y trouve majoritairement rien à redire.
Au-delà du cas particulier, cet exemple a valeur de symbole.Dans une lecture politique classique, ce type de transfert politique entre un parti trotskiste et un parti d'extrême droite est inenvisageable.
Il n'y a pas de militants anti fascistes plus ardents qu'au sein de l'extrême gauche.
Et donc que ce jeune homme trouve normal de passer de l'extrême gauche à l'extrême droite est un signe politique.
En premier lieu, il montre que pour certains jeunes ouvriers et donc pour d'autres catégories professionnelles, le clivage extrême gauche/extrême droite n'a pas de sens.
Cette personne exprime dans l'article que c'est à ses yeux maintenant Marine LE PEN qui défend le mieux les ouvriers, et auparavant il pensait que c'était le NPA. Il change donc de parti sur l'heure. Cela ne lui pose pas de problème par rapport à la doctrine raciste du FN...
Cette capacité de l'extrême droite à capter non seulement un électorat populaire, mais y compris des militants syndicalistes, est une preuve supplémentaire de la capacité de rassemblement par le FN de tous les gens qui se sentent exclus, sans que le discours raciste ne les rebutent .
La capacité de nuisance du FN est donc totale à un an de la présidentielle. Cet exemple le montre. Cela devrait être intégré dans les réflexions des écologistes pour la présidentielle, au moins autant que le "casting" entre Eva JOLY ou Nicolas HULOT. L'extrême droite sera au rendez vous et il convient d'intégrer cela dans notre stratégie électorale de premier tour.
En second lieu, cela interroge la posture politique de la seule dénonciation. Globalement, ce que nous dit cette personne, c'est que pour protester, c'est mieux au FN qu'au NPA. Et effectivement si l'action politique n'a pas d'autre perspective que de protester, alors il n'y a pas besoin d'être d'accord sur un projet : uniquement sur le fait de dénoncer. On peut rassembler un maximum de gens pour crier. C'est plus difficile de rassembler pour construire. Et en ce sens, cette défection illustre l'impasse de l'extrême gauche.
Rassembler les gens qui sont contre, les gens qui se révoltent, sans s'attacher à la construction d'une stratégie politique POSITIVE, celle d'un projet de société
réalisable, conduit à ces dérives. On l'avait déjà vu avec l'histoire de la candidate voilée aux régionales. Le Congrès du NPA qui vient de s'achever sans majorité illustre cette impasse.
Impasse que l'on avait déjà connue avec la victoire du NON au referendum sur le Traité constitutionnel européen : un rassemblement hétéroclite majoritaire sans stratégie de construction d'une
alternative. Les marchés en rigolent encore.
Référendum d’initiative populaire
Avez vous entendu parler le mois dernier du projet de loi définissant les modalités de la consultation adopté en Conseil des ministres le 22 décembre 2010 après une attente de plus de 2 années.
Ce projet de loi devrait être examiné par le Parlement lors de sa session de printemps. Voici un bel exemple de miroir aux alouettes, supposé achever la réforme des institutions engagée par notre Président survolté.
En réalité l’initiative n’est pas populaire, mais parlementaire, appuyée par un soutien populaire. Pour être déclenchée, l’initiative doit prendre la forme d’une proposition de loi, présentée au moins par 1/5ème des membres du Parlement, soit un peu moins de 200 parlementaires. Un calcul rapide nous apprend que seuls l’UMP et le PS sont en mesure de réunir un tel nombre de signatures.
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