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Écologiste annécien

Eco quartiers, kezako ?

Le concept d'éco quartier que nous proposons au débat municipal pour 2008 rencontre un intérêt certain chez nos interlocuteurs, mais aussi des  interrogations; c'est le propre d'une proposition novatrice, qu'il faudra sans aucun doute appliquer au site de la caserne des pompiers des ROMAINS sur lequel nous reviendrons.

Sur ce site, rappelons le, plus aucun pompier ne réside et le Conseil général a dépensé des centaines de milliers d'euros pour construire la caserne d'EPAGNY.

Voici quelques éléments d'information complémentaires.

À l'instar des expériences menées en Europe, le groupe de travail climat du Grenelle de l'environnement a préconisé un plan volontariste d'éco-quartiers, c'est-à-dire un secteur urbain conçu de façon à minimiser son impact sur l'environnement, visant généralement au moins une autonomie énergétique, et cherchant à diminuer son empreinte écologique et/ou rembourser sa dette écologique. À l'issue des négociations, tous se sont accordés pour proposer qu'au moins un quartier de ce type soit développé avant 2012 dans toutes les communes ayant des programmes de développement significatif de l'habitat.

BedZED - pour Beddington Zero Energy (fossil) Development soit Développement énergie zéro fossile en Français - est le premier îlot résidentiel à avoir été construit à grande échelle au Royaume-Uni, sur le principe d'un apport neutre en carbone. Bâti sur un ancien site houiller de 1,7 ha et lancée à l'initiative de l'architecte Bill Dunster, BedZED rassemble une variété de lieux : 82 logements, 2.500 m2 de bureaux et commerces mais aussi un espace communautaire, une salle de spectacles, des espaces verts publics et privés, un centre médico- social, un complexe sportif, une crèche, un café et un restaurant. Pour un coût supérieur de 20% à une construction traditionnelle, l'architecte Bill Dunster a appliqué tous les principes de la construction écologique : économie d'énergie, co-génération, utilisation de matériaux locaux et a intégré les aspects sociaux et les problématiques de transports dans sa réflexion : mixité sociale, commerces de proximité, auto-partage, liaisons par transports en communs, espaces verts favorisant la biodiversité. Résultat : le chauffage y est réduit de 90%, la consommation totale énergétique de 70% et le volume des déchets de 75%. Enfin, plus de la moitié des logements a été réservée à des familles à revenus modestes, selon les vœux de la Fondation Peabody - la plus importante organisation caritative de Londres dédiée à l'habitat et partenaire du projet, selon l'ARENE Ile-de-France*.

Si d'autre pays Européen sont d'ores et déjà en mesure de présenter des expériences comparables, notamment celles de Vesterbro (Copenhague), Fribourg (Allemagne), Kronsberg (Hanovre) ou Hammarby (Suède), en France en revanche, les projets commencent seulement à voir le jour.

C'est le cas à Grenoble ou les logements de l'éco-quartier De Bonne à Grenoble sont conçus dans le but d'offrir une efficacité énergétique exemplaire, en visant les niveaux de consommations en énergie finale de 50 kWh/m2/an pour le chauffage, à comparer aux 90 kWh/m2/an correspondant à la réglementation française en vigueur au moment où les objectifs ont été fixés (RT 2000) de 35 kWh/m2/an pour l'eau chaude sanitaire au lieu de 40 kWh/m2/an et de 10 kWh/m2/an pour l'électricité des parties communes. Différentes mesures sont mises en œuvre pour parvenir à ces objectifs : isolation par l'extérieur et menuiseries très performantes (à lame d'argon), développement d'approches bioclimatiques en ayant recours à des dispositifs passifs limitant les apports solaires en été et les favorisant en hiver : morphologie des passées de toiture, des balcons, serres et loggias, végétalisation des terrasses ou pergolas, mise en œuvre d'une ventilation double flux avec récupération de chaleur et enfin utilisation d'équipements économes en électricité dans les parties communes.

Plusieurs projets d'éco-quartiers sont également en cours d'élaboration dans le Nord de la France. Douai a créé la ZAC du Raquet en 2006, éco-quartier de 12.000 habitants qui sera desservi par une ligne de tram et 15km de pistes cyclables. Un canal et une trame verte et bleue permettront la gestion des eaux pluviales sur site et de maintenir et restituer les corridors écologiques.
Lille a aussi annoncé la création à partir de 2007 d'un éco-quartier. La démarche figure sur l'Agenda 21 de Lille Métropole Communauté urbaine, adopté le 10 février 2006. Cet espace de 80 hectares de haute qualité environnementale (HQE), tiendra compte des besoins en énergie, en espaces verts, en déplacements, de l'élimination des déchets, mais également de la mixité sociale.
Au sud, Narbonne est quant à elle engagée dans la construction d'un éco-quartier dans le quartier du théâtre. Celui-ci prévoit de réduire de moitié les consommations d'énergie et d'eau potable, et comptera 650 logements dont 20% de logements sociaux.

À Paris, l'EcoZac de Rungis dans le 13e arrondissement va par exemple bénéficier de cuves de récupération des eaux pluviales (6.000 m2 de toiture environ) qui seront intégrées dans les programmes de construction. L'eau servira à l'arrosage des jardins privatifs. Sous réserve de l'accord des services sanitaires de l'Etat (DDASS), elle sera également utilisée pour les sanitaires des immeubles de bureaux et des logements étudiants. Ces cuves alimenteront aussi un ouvrage réservoir existant destiné à l'arrosage du jardin public. Le volume récupéré des toitures sera de l'ordre de 4.500 m3/an.
Si cette opération de réhabilitation de 3,8 hectares, est pour l'instant le projet le plus avancé de quartier basse énergie dans la capitale, le réaménagement des 50 hectares de terrains de la zone « Batignolles-Clichy-Cardinet » (17e), lancé lors de la candidature de Paris aux JO 2012 pour accueillir le village olympique, pourrait être exemplaire en termes de performance énergétique des bâtiments. Sur ce territoire encore largement occupé par des installations ferroviaires obsolètes, la Ville de Paris a l'ambition de faire un « éco-quartier exemplaire ».
Cette ambition conduit notamment à rechercher un bilan d'émissions de CO2 nul reposant sur l'utilisation des énergies renouvelables et des économies d'énergie. Pour cela, les bâtiments devront avoir des caractéristiques permettant d'atteindre, voire dépasser de 75% les performances thermiques de la réglementation actuelle. En incluant notamment une très bonne isolation, une quasi-absence de ponts thermiques, une ventilation maîtrisée par double flux avec récupérateur à haut niveau, les premières études montrent que les besoins nets en chauffage pourraient être compris entre 18 et 28 KWh/m2, soit environ 10 à 15 fois moins que la consommation moyenne constatée dans les logements actuels. Le lancement des travaux est prévu pour fin 2007.

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