Taxe Pique Nique
Le PS estime que le projet de "taxe pique-nique" sur les assiettes et couverts jetables était une "nouvelle taxe qui va peser sur le consommateur" et "une mauvaise nouvelle" pour le pouvoir d'achat...
Désolant et grave.
Désolant parce que personne n'oblige nos concitoyens à acheter des gobelets en plastique et autres couverts pour leurs repas, ni surtout les collectivités, les entreprise et les associations pour leurs manifestations, leurs distributeurs automatiques, etc.
Cette mesure permettra de relancer la discussion sur l'utilisation de couverts lavables que l'on a abandonné pour des raisons de confort, alors que cette pratique incite au gaspillage de ressources issues du pétrole.
Grave parce que le PS, en reprenant l'antienne du pouvoir d'achat comme l'alpha & l'omega de la politique de la gauche abandonne de facto le terrain de l'écologie, alors que l'amélioration du bien être de nos concitoyens n'est pas synonyme d'amélioration du pouvoir d'achat.
Gagner plus pour gaspiller plus n'est pas une posture progressiste.
La sobriété est une vertu : vivre simplement pour que tous puissent simplement vivre, comme le disait Gandhi.
Le PS n'a pas fait sa révolution culturelle.
Maturité, maturité...
Devant le "Parlement" des Verts réunis à Paris, Daniel Cohn-Bendit a annoncé, samedi 13 septembre, qu'il est candidat à la candidature aux élections européennes de juin 2009.
Il hésitait jusqu'ici entre se présenter en France ou en Allemagne et conditionnait son accord au vote du Conseil national interrégional des Verts.
Or celui-ci a approuvé, à l'unanimité, sa proposition d'un rassemblement écologique qui irait de José Bové à des proches de Nicolas Hulot.
"Je suis candidat à une des deux têtes de listes de l'Ile-de-France. Ca peut être une femme, un homme ou un homme, une femme", a déclaré le coprésident des Verts au Parlement européen.
"Je suis Vert européen et je passerai par la procédure des Verts", a-t-il affirmé, ajoutant : "Vous voulez faire un référendum ? On fera un référendum. Vous voulez faire trois assemblées générales ? on fera trois assemblées générales. Pour moi, il n'y a aucune question".
"Je veux un oui franc et massif pour qu'on dise dans la société, "c'est incroyable, il se passe quelque chose, un événement historique dans la galaxie écologiste, ils deviennent matures et capables de s'élargir'". Si on est capable de démontrer cela dans la société, le résultat de 2009, sera mieux que le résultat de 1999", a-t-il lancé sous les applaudissements, en allusion aux 9,72 % de la liste qu'il avait alors menée en France aux européennes.
Et d'assurer : "Les Verts sont incontournables dans cette initiative".
Le texte de la délibération des VERTS est disponible à
http://lesverts.fr/article.php3?id_article=4177
Voilà qui tombe à pic après la publication d'une partie de mon entretien avec LE FAUCIGNY dans l'édition de cette semaine où je plaide pour le réalisme des VERTS, enfin !
Supprimer le ramassage des encombrants.
Il s'agit de renoncer à un mode de collecte des ordures ménagères qui génère de nombreuses nuisances (déchets non conformes, dangereux, et déposés à contretemps par rapport aux jours de collecte).
Ce mode de collecte "en vrac" ne permet pas d'assurer le recyclage des matériels collectés et dont une proportion croissante finit par traîner dans les rues de plus en plus fréquemment.
La suppression s'accompagne du rappel de la possibilité d'une collecte personnalisée au domicile de chaque habitant au coût modique de 10 € le mètre cube par un simple coup de fil à l'agglo (04 50 33 02 12) et de l'obligation légale qui pèse sur les distributeurs de reprendre leurs appareils électroménagers depuis l'instauration de l'écotaxe.
De ce point de vue, les distributeurs font payer l'écotaxe au client mais se montrent peu empressés de lui rappeler que les téléphones, ordinateurs, lave-linges, fours doivent être repris gratuitement comme l'exige la loi.
Il s'agit donc d'améliorer l'efficacité du tri sélectif, tout en assurant un meilleur cadre de vie.
ANNECY devrait suivre cet exemple dans les mois qui viennent.
Une réflexion d'ensemble sur le niveau de qualité de la collecte des ordures ménagères s'impose pour plusieurs raisons : son coût , ses nuisances et sa productivité en termes de recyclage qu'il faut encore améliorer.
Nous pratiquons actuellement une forme de "surqualité" de la collecte en bacs gris sans doute trop fréquentes dans certains quartiers qu'il n'est réellement nécessaire, alors que nous manquons de moyens pour développer des alternatives.
Et nos concitoyens sont prêts à l'entendre et à s'engager : il y avait 107 préinscrits à ANNECY pour l'opération de réduction de sa production de déchets ménagers "STOP AUX DECHETS !" et 288 pour l'agglo. Nous n'avons pu en retenir que 50 sur toute l'agglo. C'est un signe excellent. Même si les objectifs assignés par le Conseil Général à cette opération manquent cruellement d'ambition : placer un "stop pub" sur sa boite aux lettres ou utiliser des paniers ou des sacs réutilisables...
L'urgence environnementale exige plus, mais on ne peut pas demander grand chose au Conseil général en matière de gestion de déchets.
Patrick SEBASTIEN
Je connais mal Patrick SEBASTIEN. Je ne regarde pas ses émissions.
Grâce à INTERNET, je découvre une autre facette de ce personnage tonitruant.
(...)
Interview donnée à TV8.
Compensation des gaz à effet de serre
Il n'y a plus de discussions scientifiques sérieuses sur le sujet.
Par contre, la question de l'accélération du phénomène est posée avec le retrait de la glace sur l'arctique : la banquise recule BEAUCOUP PLUS VITE que les modèles ne l'imaginaient.
On n'explique pas ce recul, mais il est peut-être le signal d'un emballement du phénomène climatique.
La conférence s'est donc fixée pour objectif d'être "carbone zéro"; c'est à dire de compenser la production des gaz à effet de serre (GES) en finançant des actions concrètes de reforestation.
L'idée d'appliquer cette règle à toutes les manifestations organisées à ANNECY (exemple le festival du film d'animation) est en train de germer.
A suivre.
Les Verts, vers une maturité politique ?
Repris de MEDIAPART, cet entretien avec Cécile DUFLOT, secrétaire nationale des VERTS, avec Stéphane Alliès
Ce week-end, les Verts vont entériner lors de leur conseil national interrégional (Cnir) leur volonté de faire liste commune avec José Bové et des militants associatifs (Greenpeace, FondationN icolas-Hulot…), en vue des élections européennes. Cécile Duflot, secrétaire générale du parti écologiste, fait également le point sur les rapports entre les Verts et le parti socialiste, ainsi que sur le prochain congrès de son mouvement (en décembre), où elle brigue un
nouveau mandat.
À la dernière présidentielle, tout le monde a préempté l'écologie dans
ses programmes. L'écologie politique a-t-elle alors un sens?
Depuis le pacte écologique de Nicolas Hulot, tout le monde s'estattribué la thématique de l'environnement. Le tout était de savoir si tout le monde était vraiment devenu écolo, y compris les adversaires d'hier. Aujourd'hui, alors qu'un accord général s'est fait autour du diagnostic de la crise écologique, certains voudraient faire croire qu'on n'a plus besoin de l'écologie politique. Mais sur les réponses à cette crise, ce sont bien les écologistes politiques qui les portent, car ils sont encore les seuls à avoir un discours de rupture.
Vous êtes critique vis-à-vis du Grenelle de l'environnement. Mais
remettez-vous en cause les mesures qui en sont issues ou seulement
leur application?
Il y a un vrai point positif, c'est d'avoir réuni tout le monde autour de la table et d'avoir fait prendre conscience à tous les acteurs, patrons comme syndicats, de l'urgence de la crise. Mais la traduction concrète des discussions, ce sont surtout des reniements. Sur les OGM,mais aussi sur la question du fret ou des transports. Les conclusions pouvaient déjà paraître édulcorées à certains. Depuis qu'elles ont été passées à la moulinette des lobbies et des administrations, il y a une déprime post-Grenelle...
Etes-vous optimiste pour le devenir de l'écologie politique?
Nous entrons dans le troisième temps de l'écologie politique. Après le temps de la dénonciation et celui de la prise de la responsabilité, vient celui de la prise de conscience d'un profond changement. Le vrai résultat du Grenelle pour nous a été de se dire: «N'ayons plus peur d'aller jusqu'au bout de nos propositions. Ne soyons pas seulement ambitieux, mais aussi réalistes.» La dynamique que nous construisons pour les élections européennes vient également de ce constat-là, partagé par les responsables d'association: désormais, il faut que les réponses politiques soient à la hauteur. Non plus des petites adaptations à la réalité mais des réformes en profondeur.
Avec une liste axée sur l'environnementalisme pour les prochaines
européennes, les Verts reviennent-ils au «ni droite, ni gauche»?
Aujourd'hui, tout le monde, Nicolas Hulot compris, a conscience que la question environnementale n'est pas dissociable de la question sociale. L'écologie politique est une pensée différente, en rupture avec le libéralisme mais aussi avec le productivisme. Les solutions écologistes sont en dehors des vieilles grilles de lecture politiques.
Elles sont incompatibles avec le libéralisme de droite et aussi le libéralisme de gauche, qui ressemble souvent à celui de droite. Mais les écologistes ne peuvent passer d'alliances qu'à gauche car ils sont en accord avec l'héritage de la gauche, en termes d'égalité des droits et de justice sociale. L'écologie politique, c'est la régulation et la prévision à long terme.
Que peuvent apporter les associatifs aux Verts en matière politique?
Il y a une logique de partage. Les Verts ont un engagement qu'on ne peut leur contester. Mais l'engagement associatif est tout aussi important. Cette rencontre de deux manières de faire de la politique doit permettre de faire sens pour convaincre de la nécessité d'une radicalité écologique au niveau européen.
Cette dynamique peut-elle se prolonger après le scrutin européen?
Il faut avancer pas à pas et déjà réussir à mettre la question écologique au centre du débat électoral. Ensuite, est-ce que cela prendra une autre dimension, je l'espère. Mais c'est en n'ayant pas de préjugés sur l'issue de ce mouvement qu'on le construira de la meilleure manière possible, dans le respect des uns et des autres.
Comment exister politiquement au Parlement européen, face à la
cogestion des deux principaux groupes (Parti socialiste européen et
Parti populaire européen)?
Tout d'abord, il faut prendre conscience de ce qu'est le Parlement européen, le seul espace politique supra-national. C'est quand même dommage de voir comment en France il est considéré comme une maison de retraite par les autres partis. Le groupe Vert a une autonomie d'action certaine et une capacité de travail souvent bien plus forte.
Etant donné les champs d'intervention de l'Assemblée (environnement, pêche, agriculture), les eurodéputés Verts sont les plus concernés et se sont imposés au fil des ans comme une réelle force de proposition.
A nous maintenant de faire entendre une autre voix, fidèle à nos engagements anciens, comme le fédéralisme par exemple, dans la campagne européenne.
Est-il possible de s'autonomiser des socialistes au niveau européen,
tout en restant leur partenaire au niveau français?
Ce qui nous intéresse, c'est comment faire changer en profondeur notre modèle de développement. Cette question, elle se pose d'abord à nos partenaires. Même si François Hollande a eu un discours intéressant à notre université d'été, la route est encore longue sur nombre de questions (temps de travail, transports, agriculture, énergie). Et si
on ne prend pas le temps de discuter en détail de ce qui nous rapproche et de pointer nos désaccords, les alliances de bric et de broc réalisées à la dernière minute n'aboutiront à rien. A défaut d'accéder tout de suite au pouvoir, nous voulons peser le plus possible sur l'évolution de notre pays. Ce qui est tout à fait compatible avec notre démarche européenne.
Qu'attendez-vous de la nouvelle direction du PS qui va sortir du
congrès de Reims?
On a trop connu les divisions internes chez les Verts pour donner de quelconques leçons sur le débat démocratique au PS. Ce que j'espère, c'est que la discussion va continuer avec les socialistes, et pour cela il faut être deux. Mais ce que j'espère vraiment de leur part, c'est qu'ils tirent enfin les leçons du 21 avril et essaient de comprendre les raisons de l'abstention. Un couvercle a alors été mis sur la recherche de ses causes et il n'a pas été levé depuis.
Lors des dernières municipales, Dominique Voynet a gagné à Montreuil
contre une liste PC/PS et dans des villes comme Roubaix, Grenoble ou
Montpellier, les Verts se sont autonomisés du PS et se sont hissés
autour de 20%...
Il y a sept ans, les Verts ont fait de très bons scores. Peut-être qu'à Roubaix, Grenoble et Montpellier, les Verts gagneront dans six ans... En tout cas, dans toutes ces municipalités, la ligne est la même pour tous les candidats, ce qui n'est pas le cas du PS, qui a préféré se rallier au Modem voire à la droite. Si les Verts sont cohérents, les socialistes ont à se mettre d'accord sur leurs alliances et leur choix politique. Quand on voit les scores, on voit que les électeurs se sont bien rendu compte de ce qui se passait.
En décembre aura lieu le congrès des Verts. Va-t-on assister à de
nouveaux déchirements internes?
Les Verts ont évolué et tiré un certain nombre de leçons. Mais en même temps, nous sommes attachés au débat démocratique et n'avons pas envie de faire comme à l'UMP où on amuse la galerie, alors que les couteaux sont affûtés en coulisses. Ce qui est intéressant, c'est qu'on ne peut pas dire aujourd'hui que les Verts sont rangés dans des courants. Les personnes évoluent au gré des débats et c'est très bien ainsi.
Vous avez appelé à une synthèse des différentes sensibilités. Vous
voulez devenir le François Hollande des Verts?
Mon état d'esprit est très ouvert. L'idée est de se mettre d'accord sur une plate-forme qui dégagerait un compromis commun nous permettant de travailler sereinement, notamment pendant les prochaines européennes. J'espère que tous les militants seront dans ce même état d'esprit. Pour apaiser les choses, il faut que quelqu'un fasse le premier pas. Et c'est ce que j'ai fait. Nos nouveaux statuts permettront de toute façon d'intégrer à la direction toutes les
sensibilités.
En résumé, vous vous représentez à la tête des Verts et vous espérez
que tout le monde se retrouve derrière vous...
Je ne pense pas être géniale ni la meilleure secrétaire générale des Verts de tous les temps mais je pense qu'un message de continuité et de stabilité serait une bonne chose au moment où on essaie de réunir toutes les composantes de l'écologie politique. Cela ne signifie pas l'unanimisme forcé, il doit y avoir des débats politiques. Mais ils peuvent avoir lieu sans guéguerre intestine et petites phrases agressives.
Alain LIPIETZ à ANNECY
En prélude aux Journées associatives des samedi et dimanche avec en point d'orgue la manifestation du dimanche 21 septembre à 13 heures 30 et le concert du samedi 20 avec des groupes de musique locaux, les VERTS organisent deux débats le
vendredi 19 septembre
17 heures 30 : Les Verts et la politique agricole commune
20 heures 30 : les Verts et l'agriculture régionale
Les orateurs seront notamment :
Alain LIPIETZ, eurodéputé, et économiste
Gérard LERAS, agriculteur, président du groupe des VERTS au Conseil Régional
Tout ceci a lieu à la salle PERREARD, rue Germain PERREARD à CRAN GEVRIER. C'est la rue perpendiculaire à l'avenue des Iles, au coin de la Chambre d'agriculture, sur la gauche en retournant vers CRAN GEVRIER.
EGOLOGIE au MONT BLANC
L'ami Jean-Paul TRICHET, vice président de PRO MONTBLANC, et ancien vice président de l'ARSMB, utilise ce néologisme pour qualifier l'attitude de M. PEILLEX, le Maire de SAINT GERVAIS à propos du MONT BLANC.
C'est loin d'être le seul intérêt de cet article de LIBERATION.
L’avenir du plus haut sommet français, menacé par une surfréquentation destructrice, reste en suspens.
La mort, le 24 août, de huit alpinistes au mont Blanc a rappelé l’importance de sa fréquentation. Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie), d’où part l’une des voies d’ascension, en a profité pour relancer sa campagne de presse favorite. La surfréquentation du sommet, avec son cortège de décès et nuisances écologiques, ne «sont plus tolérables : le mont Blanc est devenu un parc d’attraction», répète-t-il. Il a une solution miracle : instaurer un permis d’ascension, idée rejetée par le milieu montagnard qui plaide pour plus d’information. La mortalité dans les montagnes françaises est stable : une centaine de morts chaque été, dont un quart de randonneurs et une dizaine d’alpinistes sur le seul mont Blanc. Dans les grands jours, plus de 300 personnes se lancent sur ses pentes : il souffre, outre son irrépressible aura de point culminant, d’un accès trop banalisé, en raison des remontées mécaniques sur ses flancs et d’une promotion locale historique.
Le maire de Saint-Gervais est, à cet égard, un parfait tartuffe : il n’a de cesse d’utiliser le mont Blanc pour sa communication, invitant à tour de bras journalistes et «pipeules», Gérard Holtz et PPDA en tête, à venir le gravir, rebaptisant sa commune «Saint-Gervais-Mont-Blanc» sur ses brochures, bataillant comme un forcené pour faire monter plus haut le train touristique de Saint-Gervais et ses 150 000 passagers annuels, au-delà de son terminus actuel à 2 400 mètres… Jean-Paul Trichet, vice-président de ProMont-Blanc, fédération franco-italo-helvétique des associations de défense du massif, grince : «C’est un adepte de l’egologie ; il fait feu de tout bois, sans reculer devant les pires contradictions. Il focalise l’intérêt des médias sur la fréquentation du sommet au détriment des vraies menaces.»
Chaînon manquant
Si le massif du Mont-Blanc est effectivement devenu un parc d’attraction, les 20 000 à 30 000 alpinistes attirés chaque année par son sommet phare ne représentent qu’une goutte d’eau parmi les quelque 5 millions de visiteurs annuels, France, Italie et Suisse confondues. L’économie locale vit du tourisme, une manne dont profite avant tout la vallée de l’Arve, c’est-à-dire Chamonix et ses voisines, mais aussi Courmayeur en Italie ou Saint-Gervais… Cet afflux de skieurs et touristes génère de sérieux soucis : trafic routier, pollution de l’air, nuisances sonores du trafic et des survols incessants du massif, pression urbanistique. On a beaucoup construit et on construit encore, à Chamonix comme à Courmayeur. La spéculation immobilière chasse habitants permanents et travailleurs saisonniers vers le bas des vallées, augmentant d’autant le trafic auto. Les résidences secondaires ont pullulé, au détriment des «lits chauds» : «Chamonix est tombé de 6 000 lits hôteliers en 1970 à 4 000 aujourd’hui ! Il faut donner un coup de frein sur les constructions individuelles et trouver des solutions pour utiliser l’existant», tranche le nouveau maire de Chamonix, Eric Fournier. Le ton est nouveau ; la crise prend, il est vrai, une ampleur préoccupante.
Plus besoin de dormir sur place pour visiter le massif. On y arrive très vite par la route. Sous le Mont-Blanc, le tunnel est l’un des principaux axes routiers européens. Etats et concessionnaires n’ont jamais lésiné sur les infrastructures routières. Après le drame de 1 999 (39 morts dans l’incendie du tunnel), on a redoublé les investissements : côté italien, l’autoroute plonge dans la montagne à 200 mètres du superbe glacier de la Brenva ; côté français, on finit d’aménager la nationale en deux fois deux voies avec échangeurs sur le dernier chaînon manquant, entre Chamonix et Les Houches. Les 1 600 camions et 3 200 voitures qui empruntent chaque jour le tunnel (1,8 million de véhicules par an, à peine moins qu’avant 1 999), frôlent de ce côté un glacier des Bossons en plein recul lié au réchauffement climatique.
«L’accès à Chamonix est devenu plus sûr, mais c’est cher payé : on a une infrastructure démesurée à l’échelle de notre vallée encaissée», souligne Isabelle Madesclaire, présidente de l’association Urbasite. En l’absence d’investissements forts dans le rail et les transports en commun (le train n’arrive pas à Courmayeur et il est sous-développé en vallée d’Arve où il serait d’un usage facile), ces axes routiers jouent le rôle d’aspirateur à voitures. Deux tiers des véhicules traversant la vallée vont ou viennent de Chamonix-ville, hors tunnel donc… Les tours opérateurs, en particulier ceux qui travaillent sur les marchés asiatiques en pleine croissance, n’hésitent plus à faire des excursions à la journée depuis l’aéroport de Genève.
Ce sont avant tout les remontées mécaniques qui les attirent. Il y en a plus de 80 sur les flancs du massif, certaines ouvertes toute l’année comme la plus célèbre, le téléphérique de l’Aiguille du Midi (500 000 passagers par an) ou le train du Montenvers vers la mer de Glace (350 000 passagers). Elles sont majoritairement exploitées par la Compagnie du Mont Blanc (CMB), créée en 2000, satellite de la Compagnie des Alpes qui détient les plus grands domaines skiables de la chaîne alpine et une bonne partie des parcs d’attraction européens. La CMB, dont la ville de Chamonix est actionnaire minoritaire, gère sa belle affaire avec dynamisme. Décriée pour sa politique tarifaire (monter à l’Aiguille du Midi coûte 38 euros, 21 euros pour la mer de Glace), la compagnie rénove à tous crins les équipements de la vallée d’Arve. Elle aménage la ville, remplace les anciennes télécabines par de nouvelles, à plus haut débit, hier à Vallorcine et aux Houches, demain aux Grands-Montets, et cet été au Brévent : la capacité de la nouvelle télécabine de Planpraz est passée de 1 300 à 3 000 personnes par heure.
Ce chantier à 11 millions d’euros est un révélateur des rapports de forces locaux : la ville de Chamonix a validé le doublement du débit de cette remontée, dont la gare de départ est en ville, sans avoir résolu les difficultés d’accès que cela va poser, ni budgété le démantèlement des cinq pylônes monumentaux, en béton brut, de l’ancienne remontée. La CMB a défriché à côté, doublant la largeur de la trouée dans la forêt au-dessus de Chamonix. François Bidaut, le patron de la CMB, a soufflé, sans rire, une solution à la municipalité : conserver un ou plusieurs de ces pylônes au titre du patrimoine et les faire décorer par des artistes. Il se défend : «Le démontage est du ressort du propriétaire. N’inversons pas les rôles : nous ne sommes que des exploitants! On ne peut pas nous reprocher de faire du business, c’est notre vocation. Les communes nous disent : "Nous voulons développer le tourisme, faites des remontées." Nous ne sommes aménageurs que pour le compte d’autrui.»
Autre exemple, la CMB a décidé de rénover la télécabine qui traverse le cœur du massif, de l’Aiguille du Midi à la pointe Helbronner, versant italien. Elle a été construite en 1957, malgré le refus de l’Etat, qui s’était ensuite incliné devant le fait accompli. La capacité de cette remontée, qui défigure une zone naturelle exceptionnelle à plus de 3 000 mètres d’altitude, va passer de 140 à 300 personnes par heure. Le maire de Chamonix concède qu’il ne s’y opposera pas : «On ne change pas d’appareil, on reste sur de tout petits volumes de passagers…» ProMont-Blanc milite pour le démantèlement : «Se séparer de cet équipement serait un signe fort de basculement vers le développement durable. Le fait de le moderniser démontre qu’on reste dans le tout aménagement», assène Jean-Paul Trichet.
La démarche est encore plus claire côté italien, où la région du Val-d’Aoste va débourser 100 millions d’euros pour remplacer le Funivie Monte Bianco, une remontée vieillotte mais prestigieuse qui mène à la Pointe Helbronner, balcon sur le Mont-Blanc et la vallée Blanche, l’une des très rares du massif à ne pas être sous le contrôle de la Compagnie des Alpes. De 100 000 passagers par an, Funivie devrait vite passer à 250 000. Le dossier est bouclé, les travaux commenceront en 2009. Avec cet équipement, Courmayeur, endormi depuis son âge d’or du milieu du siècle dernier, veut se relancer. La ville va déjà chercher des clients dans les métropoles italiennes grâce à son autoroute, mais aussi, comme Chamonix, chez les tours opérateurs, les clients russes ou asiatiques. L’heure du tourisme de masse ? Fabrizia Derriard, nouvelle maire de Courmayeur, s’en défend et assure qu’elle veut jouer l’atout touristique des deux zones Natura 2000 de la commune, dont le plan de gestion doit encore être validé et financé par l’Union européenne. La maire défend par ailleurs la pratique de l’héliski (ski avec portage par hélicoptère), florissante sur ce versant du mont Blanc et rêve d’une liaison «ski aux pieds» avec la Haute Tarentaise française… La puissance à venir des infrastructures de la vallée ne laisse donc guère d’illusions.
Déclaration d’intention
L’idée d’un parc international du Mont-Blanc, envisagée à la fin des années 80, avait été écartée par les élus haut-savoyards, valdôtains et valaisans. En 1991, a vu le jour un Espace Mont-Blanc, organe transfrontalier chargé par les Etats de concilier protection de l’environnement et développement économique. Dix-sept ans plus tard, l’échec de cette structure est patent. Les espoirs se tournent désormais vers un classement du massif au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Ce projet initié par ProMont-Blanc semble convaincre nombre d’élus locaux, régionaux et nationaux, dont Eric Fournier, le maire de Chamonix: «Cela permettrait de donner de la cohérence aux politiques publiques, tout en les accélérant, à commencer par les transports. L’Unesco, c’est le pari de se dire qu’on parvient à aller plus vite vers le ferroviaire, vers le développement durable.» Jean-Paul Trichet renchérit : «Da ns l’histoire, ce massif a toujours su inventer, innover, mais depuis cinquante ans, il ne se passe plus rien. On peut faire de grandes choses ici. Les collectivités et les Etats en ont-ils la volonté ?»
Une candidature au patrimoine mondial implique que les Etats et territoires concernés élaborent un contrat de gestion et de protection. L’Espace Mont-Blanc juge le projet «prématuré». Les communes italiennes se sont prononcées pour ; les communes françaises pas encore. «Laissez-nous quelques mois», plaide Eric Fournier, qui a le soutien des communes de l’Arve, mais pas celui de Saint-Gervais : Jean-Marc Peillex a trouvé là une occasion de plus de se distinguer en s’opposant violemment. La région Rhône-Alpes soutient le projet mais n’y travaille pas ; l’assemblée du Val-d’Aoste reste muette. Et si l’Italie et la France ont déposé une déclaration d’intention auprès de l’Unesco, la Suisse ne l’a pas fait, tandis que le nouveau ministre de l’Environnement italien est aux abonnés absents. Nicolas Sarkozy, en campagne au pied du glacier des Bossons, avait promis que ce classement serait «un combat pour la France». Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, fanfaronnait en octobre 2007 : «J’ai convenu avec l’Italie et la Suisse de déposer un dossier commun concernant le statut du Mont-Blanc.» Le plus haut sommet d’Europe de l’ouest attend toujours un début d’éclaircie.
Yannick JADOT soutient COHN BENDIT
Dans LIBERATION de ce 3 septembre 2008
Yannick Jadot, démissionnaire de Greenpeace, rejoint Cohn-Bendit :
Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France et porte-parole de l’Alliance pour la planète, s’était imposé comme l’un des principaux négociateurs du Grenelle de l’environnement. Il annonce dans Libération pourquoi il quitte l’ONG pour rejoindre le rassemblement des écologistes mené par Daniel Cohn-Bendit aux européennes de juin 2009.
Pourquoi vous engagez dans le rassemblement des écologistes ?
Le 1er septembre j’ai quitté Greenpeace - qui a pour principe l’indépendance politique - afin de rejoindre cette initiative de rassemblement pour les européennes. Ces trois dernières années, le secteur associatif de l’environnement qui pèse un million d’adhérents, s’est fortement structuré. Il y a eu la montée de Nicolas Hulot et de son Pacte écologique et l’Alliance pour la planète qui a fédéré les associations pour peser sur les partis et les politiques publiques. Cela a débouché sur la notation des programmes des candidats à la présidentielle et permis de pousser l’environnement dans la campagne, jusqu’à la passe d’arme, inédite, entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sur l’EPR et les OGM lors du débat télévisé de l’entre deux tours. On a lancé l’idée d’un Grenelle, et Sarkozy a dit banco : il était mal noté et c’était une façon de différer sa réponse. Le Grenelle a été un des moments clés du début du quinquennat, pas seulement une grand-messe avec Al Gore. Mais une vraie négociation démocratique entre tous les acteurs qui a permis d’aboutir à des propositions concrètes.
Vous vous adressez aux déçus du Grenelle ?
On constate un effilochement. La machine à délaver de l’administration et de la majorité UMP tourne à plein. Le vert du Grenelle a largement passé. Les ONG remplissent leur rôle de contre-pouvoir, les citoyens restent mobilisés, mais côté politique ça ne suit pas. Les partis comme le gouvernement font des discours, mais il y a un manque de constance et de courage dans la mise en œuvre. Notre ambition est de rassembler large sur l’environnement et d’incarner un mouvement qui existe implicitement dans la société. Aucun parti politique, y compris les Verts, n’en est capable.
Et quid des Verts qui décideront mi-septembre ?
Les Verts y ont leur place comme d’autres. Ils ont quelques eurodéputés sortants, mais s’ils se présentent seuls, ils n’auront quasiment pas d’élus : c’est en partie injuste mais c’est comme ça. La question n’est pas de savoir si ce rassemblement va faire des Verts un nouveau parti écologique. Notre objectif est d’aller de José Bové à Corinne Lepage en passant par Dany Cohn-Bendit, des associatifs et des personnalités. Il y a plus de proximité entre eux sur comment on se loge, on se nourrit et on se déplace en sauvegardant la planète qu’entre Emmanuelli et DSK, ou Borloo et Sarkozy.
Vous êtes donc ni à droite ni à gauche ni au centre…
Notre offre politique c’est l’écologie d’abord. Quand François Hollande va aux journées d’été des Verts, il leur dit : «Amusez-vous avec les associations, l’important est de rester dans l’union de la gauche.» Mais où est la mue écolo du PS et du PCF ? Pas à La Rochelle, où ils se sont plus consacrés à leur tambouille qu’à la pérennité de la planète. L’impératif écologique nous oblige à repenser notre modèle économique et social. Est-ce de droite ou de gauche ? Si je suis contraint de quitter Greenpeace, de sortir de mon rôle de contre-pouvoir, c’est que face à la crise écologique, l’offre politique est insatisfaisante voire indigente. A nous d’incarner cet espace qui représente largement plus de 10 % dans l’opinion.
Eco quartier : bientôt une enquête publique...
Ce travail avait déjà été entamé dans le précédent mandat par le lancement de deux études d'aménagement et d'urbanisme environnementales destinées à établir les lignes de force du projet en tenant compte des caractéristiques des sites concernés.
Les élus vont finaliser les grandes options de l'éco quartier VALLIN FIER (globalement entre l'avenue de GENEVE et le FIER) après une discussion passionnante hier soir en réunion des commissions environnement & urbanisme sur la base du rapport du cabinet d'étude.
Une modification du Plan local d'urbanisme est nécessaire pour faire entrer dans le PLU les orientations retenues pour ce secteur, qui donnera lieu à une enquête publique.
Les terrains concernés et qui sont actuellement "gelés" sur le plan de la constructibilité pourront alors être ouverts à un aménagement conforme aux exigences de l'écoquartier : consommation d'énergie limitée, limitation du nombre de voitures par logement, traitement sur place des eaux de pluie, etc.
Puis le travail d'aménagement lui-même pourra commencer qui s'inscrira dans la durée puisque la Ville n'est pas propriétaire de l'ensemble du ténement et que des moyens juridiques seront nécessaires pour rendre effectifs certains aménagements collectifs retenus (coulée verte centrale, modes doux de déplacement, etc.)
Une perspective passionnante pour le mandat qui commence.
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