c'est personnel
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Lire notamment l'article sur Claude ALLEGRE ou sur l'abstention aux élections...
Peut on faire un bilan de ces élections ?
Ces quelques exemples montrent combien ces élections municipales renvoient à des situations locales difficilement analysables sans prendre en compte les enjeux purement locaux.
Mais la tendance de fond ne peut être ignorée : la poussée du PS est évidente. Le désamour vis à vis de SARKOZY est patent. Pour autant le PS aurait tort de croire qu’il peut éviter son aggiornamento en vue des prochaines élections présidentielles ou législatives : rassembler les "contre" n’a jamais donné une majorité en faveur d’un projet. La gauche a gagné largement les Régionales. Et SARKOZY a gagné la présidentielle… Le referendum sur le traité constitutionnel a été perdu et aucun des partisans du NON n'a confirmé ses résultats ensuite.
L’électeur ne se sent plus d’un camp pour toute sa vie : il varie en fonction de l’élection et de l’offre politique du moment et se ravise plus vite qu’il ne s’est forgé une opinion. Ce phénomène, décrit par MENDEL dès les années 1980 (il faut (re)lire l’excellent « 60 millions d’individus sans appartenance ») s’accélère et s’amplifie. Et quand l’offre ne lui convient pas, l’électeur zappe et s’abstient sans hésiter.
Construire une majorité stable et crédible sur la durée de la mandature relève de la quadrature du cercle.
Dimanche pluvieux
Par exemple, dans lesactions que l'on peut engager sans délai : le ramassage des cartons des commerçants du centre ville pour assurer leur recyclage et ne plus les incinérer, ou tester les composteurs d'appartement (lombricompostage) auprès d'un certain nombre de foyers annéciens pour réduire le volume de déchets fermentescibles et fabriquer du compost de bonne qualité, ou bien entendu lancer rapidement le service d'automobiles partagées.
Et puis cette bataille de chiens dans le canisite en face de chez moi : bravo aux propriétaires de chiens qui font cet effort. Mais pourquoi cet engouement des français pour ces animaux de compagnie en ville ? Pourquoi nombre d'entre eux acceptent-ils de leurs chiens ce qu'ils n'acceptent pas de leurs enfants ? Crotter sur les trottoirs par exemple. Imagine t-on un chérubin faisant de même sans que ses parents ne réagissent ?
TITANIC
Champagne pour tous les spéculateurs sur l'or noir et le gaz !
Et tout à coup me vient l'image du naufrage du TITANIC : faisons la fête en attendant la catastrophe, se disent les nouveaux riches de l'EST et d'ailleurs.
Drôle de défi pour ce nouveau mandat sous le signe du développement durable à ANNECY...
Ingrid BETENCOURT
ce blog d'un jeune franco-suisse qui travaille là-bas:
http://www.ikiru.ch/tonio/
Les VERTS du monde entier se démènent pour obtenir la libération de l'ancienne candidate écologiste à la présidentielle, en prison depuis tant d'années.
Mais la dépendance des FARC vis à vis du trafic de drogue et les réglements de compte internes qui semblent se multiplier en son sein (voir LIBERATION du 11 mars) ne rendent pas optimiste.
Sarkozy et le verrou de la non rétroactivité des lois
La non rétroactivité des lois est posée par l’article 8 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 (reprise en préambule dans le Constitution de 1958) :
« La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée. »
Le Président Sarkozy, après son élection, s’est heurté, en prenant ostensiblement le peuple à témoin, à ce principe de non rétroactivité. C’était à propos d’un article de son « paquet fiscal » voté en août dernier, qui prévoyait que les emprunts contractés — même avant son élection — pour l’achat d’une résidence principale donneraient droit à une réduction d’impôt. Non, édicta le Conseil constitutionnel, une telle mesure ne saurait concerner les emprunts contractés avant le 6 mai 2007. L’avantage échappait ainsi à bien des Français, qui se trouvèrent alors fâchés avec la non rétroactivité.
Une seconde façon d’instiller un espoir en la rétroactivité est intervenue en décembre, lors du débat sur le rachat possible de jours de RTT. Le Medef, par la voix de sa présidente, Laurence Parisot, intervint dans le débat : « Ne cherchons pas à inventer un mécanisme rétroactif, incompréhensible et quasi impossible à mettre en place pour l'année qui s'achève". Les Français découvraient à nouveau quel manque à gagner représente le strict principe de la non rétroactivité...
Aujourd’hui, avec le texte sur la rétention de sûreté défendu par Rachida Dati, Nicolas Sarkozy cherche à engranger les bénéfices de cette inoculation, dans l’esprit public, qu’une loi peut produire des effets bénéfiques remontant à une date qui se situe avant celle de son émission. Le Conseil constitutionnel réitère son refus et le Président tente de le contourner en saisissant pour avis Vincent Lamanda, le premier président de la Cour de cassation, qui ne se plie pas à la manoeuvre... Cependant Nicolas Sarkozy joue de la défiance créée vis à vis de la non rétroactivité, quand il déclare au Parisien : « J’aimerais qu’on ne mette pas ce principe de la rétroactivité au service des criminels les plus dangereux. »
Notons enfin et par ailleurs que la rétroactivité, en philosophie, désigne l’effet déformant que produit, pour l’examen des faits passés, la connaissance actuelle de leur devenir. Exemple : cette promesse électorale du candidat Sarkozy (chapitre 2 intitulé « Une démocratie irréprochable ») : « Je créerai une procédure d’habeas corpus, qui garantira que personne n’est envoyé ni maintenu en prison sans qu’une juridiction collégiale statuant en audience publique ne se soit prononcée. »
Pour mieux connaître le projet :
http://www.mediapart.fr/une
Robert BADINTER & le viol de la Constitution
LE MONDE publie un entretien avec Robert BADINTER après que Nicolas Sarkozy ait demandé, vendredi 22 février, au premier président de
la Cour de cassation de lui faire des "propositions" pour que la rétention de sûreté des criminels dangereux à leur sortie de prison s'applique immédiatement.
Cette pratique absolument inédite où un président en exercice demande à des magistrats des idées pour violer la Constitution est propremnt stupéfiante. Dans quel autre pays démocratique pourrait
on procéder de la sorte ?
Le Conseil constitutionnel avait pourtant censuré une telle application, jeudi. Qu'en pensez-vous
Il est singulier de demander au plus haut magistrat de France les moyens de contourner une décision du Conseil constitutionnel, dont le respect s'impose à toutes les autorités de la République selon la Constitution elle-même. Si le président entend passer outre la décision du Conseil, une voie lui est ouverte : demander au Parlement la révision de la Constitution. Rendez-vous au Congrès !
Comment interprétez-vous la décision du Conseil constitutionnel ?
Le Conseil constitutionnel a admis la conformité à la Constitution de la rétention de sûreté. Mais, dans le même temps, tout en disant que ce n'est pas une peine, il la traite comme telle, en déclarant qu'elle ne peut être rétroactive. En pratique, le système ne sera pas applicable avant quinze ans. Et même après, sa mise en oeuvre risque d'être problématique. En plus de la censure de la rétroactivité (de la loi pénale la plus dure), le Conseil constitutionnel a fait une réserve d'interprétation importante, en imposant à la juridiction compétente de "vérifier que la personne condamnée a effectivement été en mesure de bénéficier, pendant l'exécution de sa peine, de la prise en charge et des soins adaptés au trouble de la personnalité dont elle souffre".
D'où l'alternative : soit les soins n'ont pas été donnés et le détenu ne pourra pas aller dans un centre de rétention de sûreté ; soit la prise en charge et le traitement sont intervenus - ce qui implique que la prison aura bénéficié de toutes les ressources nécessaires, changement radical par rapport à la situation actuelle - et dans ce cas, il n'y aura sans doute pas lieu de l'envoyer dans un centre de rétention de sûreté. Nous retrouvons là une situation proche de la loi sur l'ADN : le Conseil constitutionnel la valide, mais en fait elle est quasiment inapplicable. De surcroît, d'ici quinze ans, la majorité politique aura sans doute changé.
Le Conseil a donc retiré une partie du venin de la loi. Mais il a accepté le principe de la détention pour dangerosité, hors toute commission d'infraction. Qui ne voit le brouillard dans lequel on va plonger la justice ? On crée l'emprisonnement pour raisons de dangerosité, concept éminemment flou. Une personne sera enfermée, non plus pour les faits qu'elle a commis, mais pour ceux qu'elle pourrait commettre. On perd de vue l'un des fondements d'une société de liberté. On est emprisonné parce que l'on est responsable de ses actes. Nous passons d'une justice de responsabilité à une justice de sûreté. C'est un tournant très grave de notre droit. Les fondements de notre justice sont atteints. Que devient la présomption d'innocence, quand on est le présumé coupable potentiel d'un crime virtuel ?
Mais ce tournant est désormais constitutionnel.
SALOMON, Société Générale, et la crise financière
L’agence de notation Standard & Poor’s annonce désormais une dépréciation pouvant atteindre 265 milliards de dollars, presque deux fois plus ce qui était annoncé jusque là.
La financiarisation de l’économie, qui n’a plus rien à voir avec l’économie « réelle », celle des matières et services « visibles », n’a pas fini de nous éclater à la figure.
Dans ce contexte, comme l’écrit Bernard MARIS, personne ne maîtrise plus rien dans une économie parfaitement virtuelle, où l’on spécule sur des titres qui n’existent pas, dans un espèce de MONOPOLY qui ressemble à du poker sur des cours à venir, sans que cela ne corresponde à rien de concret.
Mes études d’économie sont loin, mais je me demande encore comment, au final, ces élucubrations se transforment en argent sonnant et trébuchant, permettant aux traders de s’acheter à 35 ans, leur 10° FERRARI ou leur 5° appartement à LONDRES…
En attendant, pour « courir » après de tels rendements financiers, l’économie réelle se voit imposer par les fonds de pension et autres investisseurs des rendements à deux chiffre.
C’est la vraie menace sur l’emploi, celle de la délocalisation pour atteindre de tels ratios de rentabilité : il faut produire moins cher à toutes fins pour dégager de la marge.
Les licenciements à venir chez SALOMON, mais aussi les menaces sur TEFAL ou SNR, sont les conséquences directes de ce LOTO financier…
Puisse cette crise remettre certaines pendules à l’heure.
Conduite addictive...
Ca ne s’invente pas.
Où l'on en finit par une publicité pour le TGV...
Utilisant la fameuse affaire de la caisse noire du patronat de la métallurgie comme un prétexte, Hubert BOUCHET, ancien secrétaire général des cadres du syndicat FORCE OUVRIERE impute à la main mise de cette frange du patronat sur les relations sociales françaises, une part déterminante de la responsabilité des partenaires sociaux dans l’oubli de la métamorphose du travail de l’ouvrier industriel à l’avènement du travail immatériel comme partie dominante du salariat.
Alors que le taylorisme était fondé sur des ouvriers interchangeables dont la durée du travail contrainte déterminait la mesure de l’engagement au travail, Hubert BOUCHET rappelle que « il n’en va pas de même du travail immatériel, susceptible de s’exonérer des contraintes de lieu, de temps et d’action, dont la richesse provient d’individus non interchangeables. Les préoccupations professionnelles peuvent accompagner le travailleur 24 h sur 24 et, de ce fait, diffuser dans toute sa vie, jusqu’à la pourrir. On y travaille en réseau d’individus juxtaposés, souvent plus concurrents et solitaires que solidaires, avec en épée de DAMOCLES, le risque de devenir le maillon faible. »
Il ajoute, faisant directement référence à l’explosion du nombre de suicides au ou à cause du travail « la dimension solitaire du travail se traduit par une propension de la personne souffrante à entrer dans une logique de culpabilité individuelle, et à somatiser. Faute de trouver dans des organisations autistes aux altérations qui n’affectent apparemment pas le corps, il est fait appel au médecin ou à la cellule de soutien psychologique. Dans le pire des cas, c’est le suicide, partie émergée d’un iceberg gros de la misère d’une fraction croissante du monde du travail ».
Description saisissante de ce que je retrouve chaque semaine à mon cabinet : la santé psychologique détruite de salariés investis dans leur travail mais dépassés par les exigences croissantes de leurs supérieurs, longtemps ignorants des alliances développées à leur encontre pour qu’ils deviennent le nouveau souffre douleur, incapables d’assumer un « challenge » supplémentaire après tant d’autres, désemparés d’avoir sacrifié leur vie familiale au travail, à la merci du jeune diplômé qu’on leur présente comme celui qui prendra leur place, etc.
A cette individualisation de la relation de travail, les syndicats sont aujourd'hui impuissants à offrir des médiations collectives.
Réhabiliter la valeur travail, disait notre omniprésident… Ou réhabiliter le travail comme moyen d’assumer sa dignité d’homme ?
PS : Dans le même ordre d’idée, et en écrivant cet article dans le TGV qui me ramène de PARIS, je (re)trouve cette publicité de la SNCF :
« Qui ne gare pas assez vite sa voiture, rate son TGV, rate sa réunion, rate son augmentation, rate sa carrière, rate sa vie »…
Je trouve cela consternant, Et vous ?
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