c'est personnel
Le temps des immigrés
La Ligue des droits de l'homme organise une soirée débat sur un thème fort intéressant "LE TEMPS DES IMMIGRES"
animé par François HERAN, démographe, normalien, agrégé de philosophie, qui dirige
actuellement l'Institut national d'études démographiques (INED).
Les projections démographiques annoncent que la migration sera, d'ici une génération, le principal, voire l'unique facteur de croissance de la population française.
Le brassage des populations dans notre société est un défi à relever au même titre que le vieillissement.
Mardi 22 janvier à 20 h 30, salle Eugène Verdun à BONLIEU à ANNECY
Politique de civilisation
En ce début du mois de janvier, la coutume est de nous adresser mutuellement des vœux pour une année meilleure et pleine de succès. Pour formuler les miens, je reprendrai un de ceux formulés par le Président Sarkozy lors de sa présentation des vœux aux Français. Il a exprimé le souhait, reprenant le titre d’un ouvrage publié en 1997 par le sociologue Edgar Morin[1], de développer une « politique de civilisation ». Cette expression a suscité un certain étonnement à droite et quelques railleries à gauche.
Interrogé sur ce point par le Journal La Croix, Edgar Morin déclare : « Le contexte dans lequel Nicolas Sarkozy a employé ce mot n’indique en rien pour l’instant que ce sont les orientations que je propose qui sont retenues. La politique de la civilisation, ce n’est pas simplement réaffirmer des valeurs d’égalité et de justice. Ce sont aussi des éléments concrets : l’humanisation des villes, la lutte contre la désertification des campagnes, la création des maisons de la Fraternité, le service civique obligatoire, la réduction des inégalités sociales ou la diminution de l’agriculture industrielle au profit de l’agriculture fermière. (…) Il n’y a aucune indication qu’on aille dans ce sens, de la part de Nicolas Sarkozy comme de la gauche. Les hommes politiques ne vivent que dans l’immédiat, ne réfléchissent pas au long terme. D’où le vide actuel de la pensée politique » [2].
En effet, il ne faudrait pas que la période de voeux soit celles de ce qu’on appelle des « vœux pieux », c’est-à-dire celle ou l’on affirme des grands principes en évitant de préciser comment ils s’incarnent. Au-delà des formules, peut-être convient-il d’aller voir de quoi il s’agit. En 2000, Edgar Morin publiait, dans le cadre de l’UNESCO, un ouvrage passionnant intitulé : Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur [3].
Je ne saurais trop vous conseiller, chers auditeurs, de lire cet ouvrage qui ouvre à une réflexion sur la façon d’aborder les chances et les incertitudes du monde qui vient. Je ne sais si Nicolas Sarkozy a lu ce livre. Je voudrais simplement citer une des conclusion de cet ouvrage :
« La réduction du politique au technique et à l'économique, la réduction de l’économique à la croissance, la perte des repères et des horizons, tout cela produit l’affaiblissement du civisme, la fuite et le refuge dans la vie privée, l’alternance entre apathie et révoltes violentes. Ainsi, en dépit des institutions démocratiques, la vie démocratique dépérit. (…) La régénération démocratique suppose la régénération du civisme, la régénération du civisme suppose la régénération de la solidarité et de la responsabilité » [4].
Un des slogans préférés du Président et de l’actuelle majorité, c’est de travailler plus pour gagner plus et ainsi consommer plus, redonnant ainsi du lustre au bon vieux slogan du règne de Louis-Philippe exprimé par Guizot et Thiers :
« Enrichissez-vous ».
C’est en effet une forme de civilisation.
Ce ne semble pas être celle souhaitée par Edgar Morin et qu’il dénonce dans un livre intitulé Amour, Poésie, Sagesse sous le nom de « l’hyper-prose ».
« Le déferlement de l’hyper-prose, écrit-il, c’est le déferlement d’un mode de vie monétarisé, chronométré, parcellarisé, compartimenté, atomisé, et pas seulement d’un mode de vie, mais aussi d’un mode de pensée où les experts spécialistes sont désormais compétents pour tous problèmes, et cette invasion de l’hyper-prose est liée au déferlement économico-techno-bureaucratique » [5]
Alors oui, chers auditeurs, je vous souhaite une année où vous soyez des acteurs d’une authentique politique de civilisation, celle pour qui le temps de l’homme ne s’épuise pas dans l’injonction binaire production-consommation, mais dans ce qu’Edgar Morin appelle « la régénération de la solidarité et de la responsabilité ».
[1] Edgar MORIN : Politique de civilisation. Éditions Arléa 1997.
[2] Journal La Croix 3 janvier 2008, page 9
[3] Edgar MORIN : Les sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur. Éditions du Seuil, 2000
[4] Id. Page 127
[5] Edgar MORIN : Amour, Poésie, Sagesse. Éditions du Seuil 1997 page 45
Bonjour,
Mondialisation et repli sur soi
D'un côté, une mondialisation économique qui se traduit par une libéralisation des échanges entre tous les coins de la planète, sans entrave, dans un temps de plus en plus court,...
De l'autre, une situation politique où les nationalismes triomphent, quand ce ne sont pas les communautarismes,...
Au moment où la mondialisation triomphe sur le plan économique, l'isolationnisme gagne sur le plan politique, religieux et moral.
De la BELGIQUE qui s'enfonce dans la crise institutionnelle entre Flamands et Wallons au KENYA qui s'enflamme d'un conflit ethnique majeur, la tendance est au séparatisme et au repli sur "soi".
Cette contradiction majeure me laisse perplexe : elle conforte les forces du marché à court terme et rend encore plus nain le poids des pouvoirs de régulation politiques.
En BELGIQUE, il n'y a plus que les VERTS pour fonctionner ensemble Wallons & Flamands. J'en suis, ce soir, très fier.
Marre d'avoir raison trop tôt...
Et voilà le baril de pétrole à 100 $ ...
Ce que les écologistes prévoyaient de longue date est arrivé hier.
La déplétion pétrolière annoncée en particulier dans l'excellent livre de Yves COCHET "Pétrole apocalypse" est
maintenant patente.
Tandis que les besoins en énergie des nouveaux géants l'INDE et la CHINE sont en pleine expansion.
Et malgré nos alertes depuis vingt ans, aucune politique de maîtrise de l'énergie n'a été
initiée jusqu'alors.
Marre d'avoir raison trop tôt : les écologistes ne sont ils donc bons qu'à jouer indéfiniment les CASSANDRE ?
Des voeux pour 2008...
Peut on forcer l'espoir et se dire optimiste malgré tout ?
Il n'y a pourtant qu'un moyen de vivre en humain : celle d'affirmer une volonté farouche de redresser la barre d'une humanité que des religions en folie poussent à l'affrontement et des intérêts à court terme dans les plus grands périls, mettant en cause la survie de l'humanité.
Je ne supporte pas l'idée de la disparition de l'humanité et avant elle de centaines de milliers d'espèces animales.
Alors faisons des voeux de sobriété, de durabilité et de convivialité...
Et donc de pragmatisme : il faut aux écologistes s'adresser à toute la population pour la convaincre qu'il n'est d'espoir que dans la diversité et l'accueil de l'autre; et non dans le rejet et le repli sur soi...
Un dessinateur annécien Laurent FIORESE
L'HISTOIRE :
C’est le moment de faire quelques licenciements préventifs...
Lorsque des fonds de pensions américains achètent la boîte, les actions montent grâce à une délocalisation.
Les salariés sont sur le carreau, la révolte gronde...
Annette, secrétaire mal dans sa peau, va réagir violemment contre ce système qui fait passer l’humain après le profit.
Et pour mieux connaître le travail de Laurent, allez sur son site :
www.fiorese.fr
Coups de coeur...
L'un pour le film " La Visite de la Fanfare" de Eran KOLIRIN, l'histoire improbable d'une fanfare de la police égyptienne égarée en Israël. Comme l'écrit TELERAMA, "tout repose sur un art du minimalisme qu' Eran KOLIRIN maîtrise à merveille, saisissant sans jamais insister des regards timides, des gestes inachevés, des soupirs d'embarras". Et vous mourrez de rire comme moi à la scène de leçon de séduction du trompettiste égyptien..
L'autre pour "GOMORRA, dans l'empire de la Camorra" de Roberto SAVIANO chez Gallimard, un ouvrage de témoignage remarquable sur la camorra napolitaine et ses ramifications économiques mondialisées. La critique de Michel POLAC dans Charlie Hebdo du 19 décembre est excellente. Et en effet, le chapitre sur la gestion des déchets toxiques par la Camorra est éprouvant pour un écologiste; mais le reste vaut également le détour de ce livre parfaitement documenté par un enfant du pays qui a dû maintenant s'exiler, ainsi que toute sa famille pour échapper aux représailles. Quand SAVIANO raconte les municipalités placées sous administration de l'Etat pour les sortir de l'emprise mafieuse, ou les adolescents de plus en plus jeunes utilisés comme fantassins de la guerre des clans ou comme conducteurs des camions de déchets toxiques, on reste pantois de découvrir l'imbrication du politique, de l'économique (au niveau de la planète, pas seulement de l'économie locale) et du criminel.
SAVIANO nous explique que la mafia sicilienne n'est qu'une bande d'amateurs qui n'a pas compris les règles de la mondialisation, mais la lecture du MONDE daté du 26 décembre nous apprend que ITALCIMENTI, le groupe italien de BTP a décidé de fermer les sept centrales de production de béton exploitées en SICILE afin de "marquer son refus de se soumettre ou de faire acte de complaisance vis à vis de la criminalité organisée"... Des amateurs, disait il...
Conjurer la violence
Il est vrai que sur le plan médiatique des émeutes à Villiers le Bel sont à ce point "vendeurs" et sur le plan politique une telle aubaine sécuritaire (voir le commentaire du livre de PORTELLI sur ce blog) pour que l'on ne tente pas d'expliquer.
Je cite DEJOURS :
"Au vu des enquêtes sociologiques aussi bien qu'épidémiologiques, il apparaît que les violences commises par les usagers, les clients ou les collégiens, s'observent surtout dans les zones frappées par une forte incidence du chômage et de la pauvreté. Le vandalisme des jeunes en bandes se retourne contre les objets et les biens qui symbolisent les modes de vie et de consommation des catégories sociales traditionnelles d'ouvriers et d'employés. Ces catégories sont aussi celles qui sont les plus touchées par le chômage.
Les conséquences néfastes du chômage sur la santé n'affectent pas que les salariés licenciés eux-mêmes. Le sort qui leur est fait, la spirale psychopathologique dans laquelle ils sont souvent emportés, ont sur le développement psychologique des enfants des conséquences lourdes. Le mépris social dont les parents sont les victimes ruine aux yeux des enfants tout le sens des efforts consentis par les parents pour travailler, gagner leur vie et pourvoir aux besoins de la famille. Au-delà, c'est tout l'ethos ouvrier qui s'effondre avec ses références normatives à l'endurance.
Dans la génération des enfants, nombreux sont ceux qui se retournent contre celle des parents, contre les valeurs qui étaient celles de leur milieu et prennent en horreur tout ce qui représente ou symbolise le mode de vie et l'ethos ouvrier.
Le vandalisme se concentre sur les mobylettes, les voitures, les cages d'escaliers, les ascenseurs, les pancartes d'arrêt de bus e de trains de banlieue, les affichages municipaux..."
Il est bon de comprendre comment les jeunes de banlieue peuvent en arriver à ces actes incroyables de saccage des équipements collectifs qui leur sont utiles ainsi qu'à l'ensemble des habitants de ces quartiers.
L'absence d'espoir d'une intégration sociale par le travail les conduit à développer un mode de relation au monde fondé sur d'autres modes de reconnaissance sociale et d'estime de soi que la seule répression est incapable de résoudre.
Ségolène ROYAL
Il y a quelque chose d’incongru à lire aujourd'hui le livre de Ségolène Royal, "Ma plus belle histoire, c’est vous" (Grasset). A-t-elle délibérément choisi ce titre en référence aux dix ans de la mort de la chanteuse Barbara? Voulait-elle montrer qu'elle aussi était une femme qui avait souffert?
Au-delà du titre, l’ex-candidate adepte de Barbara quelques piques et pleurs. Une force aussi. Cette façon de diriger son public d'une voix qui mélange ordres et protection (rappelons-nous Barbara ordonnant à son public d’applaudir l’auteur d’un texte qu’elle venait d’adapter en live lors de son concert au Châtelet, en 1993). Etrangement, c’est en écoutant Barbara qu’on lira le plus opportunément le livre.
La force
Mais fi de tout angélisme. Fi du fait que, in fine, ce livre ne contient pas de révélations dignes de ce nom, autres que le refus de François Bayrou d'honorer ce rendez-vous que Ségolène Royal prétend avoir reçu de lui. Ce que la candidate tente de montrer ici, c’est bien une force. Une force de femme/candidate.
Elle a "hésité longuement à parler" d'un autre François. Hollande, évidemment. Et puis elle se lance. Deux pages très intimes. Trop intimes d'ailleurs pour être écrites entièrement à la première personne.
La vie politique -"Pendant la campagne, la candidate se disait: demain c'est le bon jour, il va basculer vers moi. (...) Et ce jour n'est jamais venu."- se mêle à la vie privée -"une humiliation secrète, une douleur parfois aiguë".
L'humeur est également aux règlements de compte: "Quand François Hollande récemment a parlé de revenir, je lui ai dit que ce n'était pas une bonne idée." Mais elle ne peut clore ce chapitre, comme tous les points du livre, sans parler d'espoir, de 2012... et de sa condition de femme:
"Oui, pour gagner la prochaine fois, il faudra le soutien de tout un parti et d'un compagnon amoureux, à fond avec la candidate."
En attendant, contrairement à ce qu’elle dit ici, contrairement à ce qu’a écrit Claude Bartolone dans "Une élection imperdable" (L'Archipel), il apparaît clairement qu’elle ne pouvait pas gagner cette élection. L’appareil du PS était contre elle. DSK et Laurent Fabius étaient contre elle, ou au mieux levaient les yeux au ciel durant les meetings ("Et pourtant je ne lévite pas", ironise-t-elle). Lionel Jospin aura été lui "un procureur impitoyable".
Elle pense aussi avoir été rejetée "comme on rejette la différence: moi et mes lectures, Anselm Grün et la poésie, Jack Kerouac. Moi et mon goût des paradoxes".
Face à la machine de guerre UMP, Ségolène Royal ne pouvait pas non plus gagner:
"D’une certaine manière, Sarkozy a tout mis sur la table. J’ai incarné la nouveauté, mais il a incarné la force."
Et pourtant, elle sait faire la guerre. Et elle en a, de la force. Ce livre le montre. Ségolène Royal sait faire la guerre parce que Ségolène Royal est une mitterrandienne. C’est pourquoi, et c’est là tout le but de son ouvrage, elle sait qu’elle reviendra. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand après 1965, saura-t-elle mieux faire la guerre. Bientôt, peut-être, comme Mitterrand, parviendra-t-elle à achever l'implosion du PS pour mieux le reconstruire.
L’humour
"J’étais sorcière, tu me voulais câline." Cette simple phrase de la chanteuse défunte semble désigner la Ségolène Royal qui se lance dans les primaires socialistes en 2006. Pas d’information capitale donc, mais une analyse de l’intérieur de la campagne qui recèle quelque indication sur l’appareil d’un parti.
"Ma plus belle histoire, c’est vous" est un plat livré avec sa sauce piquante. Evénement inattendu, incroyable: Ségolène Royal a de l’humour. Un humour pincé, mais qui contient sa dose de sagesse. Une autodérision qui semble avoir généré cet ouvrage. Une sagesse qu’elle semble avoir acquise en déviant les frappes des éléphants du PS. Quand Michel Rocard vient exiger, sûr de son fait, qu’elle se désiste en sa faveur, elle amortit:
"Je me suis inventé, dans ces circonstances, un regard d’ethnologue. Je me mets en situation d’observation, comme si j’étais face à une tribu étrange, ou en voie de disparition, et donc passionnante à observer."
L'identification
"Depuis le 6 mai 2007, j'y ai souvent repensé, je me suis souvent interrogée: être une femme dans cette élection majeure, est-ce que ça a pesé?" Ségolène Royal est une femme et s'interroge tout le long de son livre-bilan. Rien n'y échappe. Aucun fait de campagne n'est éclairé à un moment ou à un autre par le prisme de la féminité. Derrière chaque coup bas, un soupçon de machisme. A tort ou à raison? La réponse est laissée à l'appréciation des (é)lecteurs.
L'ex-candidate socialiste à la présidentielle y consacre même la totalité de l'une des cinq parties de l'ouvrage. Au titre évocateur: "L'autre moitié du ciel: candidate mais femme." Encore une histoire de titre. Après celui du livre, celui qui recense les attaques sur son sexe chante également et parle de lui-même: "Etre une femme candidate, c'est pas si facile..."
Ces attaques, elle les a retenues et les retiendra longtemps. Elle ne résiste pas à les rappeler, à les donner en pâture aux lecteurs. Elle les appelle de simples "écarts de langage" pour mieux souligner leur gravité:
"Qui va garder les enfants?"
"Et pan dans le popotin, comme la mère Merkel"
La présidentielle "n'est pas un concours de beauté"...
... ou "une question de mensurations"
Elle revient sans cesse à la charge: "Je le maintiens: le fait d'être une femme, ça a compté." Ça compte en tout cas pour elle. Elle a consacré à ces femmes une part majeure de sa campagne, elle leur réserve moult développements de son livre. Aux "caissières assujetties à des horaires irréguliers et à une amplitude journalière qui excède leur temps de travail faiblement rémunéré". A toutes les "travailleuses pauvres": "Sur 8,4 millions de salariés qui n'atteignent pas le smic, 80% sont des femmes."
Aussi politiques soient-ils, les faits de campagne deviennent sexués. Quand Michel Rocard déboule dans son bureau, elle ne peut s'empêcher de penser:
"L'ancien Premier ministre aurait-il fait la même incroyable démarche face à un candidat homme?"
Quand elle se fait éconduire par le président du MoDem, elle écrit:
"Au dernier moment, François Bayrou refuse de me recevoir. Comme un amoureux qui craint la panne."
On est, nous aussi, en droit de s'interroger: quelles n'auraient pas été les réactions féministes, si un homme avait couché noir sur blanc: "Comme une amoureuse qui craint un manque de libido"?
L'objectif
"Dis, quand reviendras-tu?", chantait la dame en noir. L'ex-candidate, elle, le sait. Du moins, elle le veut. L’objectif est clair. Il n’a jamais été secret: 2012.
C’est la seconde partie du livre, très intéressante. Celle où elle sort de son personnage. Pour invoquer une véritable politique à visage féminin. Une politique où les femmes n’oublient pas les femmes (Miss Thatcher en prend alors pour son grade, elle qui les avait oubliées). Une politique à la Olympe de Gouges, à la Michelle Bachelet, à la Maria Teresa de la Vega (numéro deux du gouvernement Zapatero), à la Tarja Halonen (présidente finlandaise). Une politique où "le jour se lève encore".
Par ses vues, par son humour (citer le poète Henri Michaux pour excuser et cautionner le coup de la "bravitude"), par ses références littéraires, l’ex-candidate montre un aplomb peu vu dans la campagne.
Ce livre a quelque chose d’incongru: auto-centré et altruiste, auto-ironique et snob. On ne sait toujours pas exactement où Ségolène Royal se situe politiquement, mais on sait qu’elle veut avoir une vision du futur politique. Ce qui est sûr, quoiqu’on pense de son auteur, c’est qu’il ne s’agit pas d’un objet de luxe, qu'elle a souffert pour l'écrire, qu'elle tenait à l'écrire.
Aucune phrase ne semble mieux définir l’ex-candidate que ces paroles de... Barbara:
"Pour qui comment et pourquoi? Contre qui comment et pourquoi? S’il faut absolument qu’on soit pour quelqu’un ou quelque chose..."
Hubert Artus et Julien Martin
► "Ma plus belle histoire, c’est vous" de Ségolène Royal, Grasset, 335 pages, 19,50 euros.
MAROC, deux photos...
Voilà une photo d'une tannerie de FES.
Le ruisseau est juste quelques mètres plus bas et les tanneurs descendent dans ces espèces de bassin remplis d'ammoniac ou de teintures pour les peaux que l'on voit sécher sur les murs.
Ci-dessous une autre image des conditions de travail des employés de ce qui est présenté comme une coopérative.
Il est possible que je sois entré dans le même hammam que ce monsieur dans cet endroit étonnant où les Fassis se retrouvent pour se laver d'abord les femmes l'aprés-midi, puis les hommes de 21 heures à minuit, et où ils restent de longues heures à se laver consciencieusement, à se masser les uns les autres dans la plus grande pudeur et à se frotter au savon noir et au gant rappeux.
Pratique ancestrale puisque les logements anciens n'ont pas de salle de bain.
L'eau arrive d'une source et est chauffée à la sciure de bois et se répartit en deux bassins : eau froide et eau chaude que l'on mélange à sa guise dans deux seaux.
Images de vieux messieurs auxquels les jeunes portent leurs seaux ou qu'ils massent avec respect.
Mélange des âges et peut être des situations sociales.
Restes d'une vie citadine collective que l'on retrouve dans le four collectif du quartier où nos hôtes sont allés cuire les pâtisseries qu'ils nous destinaient...
Formes d'une vie en société fortement codifiée où les femmes ont une place établie mais fermement circonscrite à la sphère domestique et à leur entourage féminin familial ou de voisinage.
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