Le pont des amours en rose
Ne soyez pas aussi benêt que moi l'année dernière en découvrant le Pont des amours en rose fluo...
Sachez que c'est un des symboles de l'association d'ANNECY à la manifestation "octobre rose" contre le cancer du sein.

Première école MINERGIE P en FRANCE... à ANNECY
Nous sommes décidément trop modestes.
La réalisation de la première école certifiée "MINERGIE P", c'est à dire répondant à un cahier des charges particulièrement rigoureux permettant d'assurer que le bâtiment est bien passif d'un point de vue énergétique n'a pas eu tout l'écho qu'elle mérite.
A lire la presse, on a l'impression qu'il n'y a plus de voitures à BORDEAUX, ou que NICE est un modèle environnemental, ou que la transition énergétique est finalisée à CLERMONT FERRAND... alors qu'il n'en est rien.
Mais, à ANNECY, nous réalisons un équipement de 13 millions d'euros dans un calendrier serré, ouvert comme prévue à la rentrée de septembre 2013 et qui respecte le lourd cahier des charges de MINERGIE P... Et cela semble naturel et sans éclat particulier !
En tous cas, si vous voulez venir visiter ce bâtiment exceptionnel, vous pouvez le faire les 7 et 8 novembre 2013 à 17 heures dans le cadre des visites de bâtiments organisées par PRIORITERRE. Inscriptions sur leur site...
Plus d'informations sur l'équipement scolaire VALLIN-FIER :
http://www.annecy.fr/723-ecoquartier-vallin-fier.htm#par6712
Jardins en ville, l'inauguration
C'était ce samedi, entre deux averses, l'inauguration des jardins en ville après une première saison de culture au 66, chemin des fins nord.
Quel plaisir de voir le résultat du travail des 26 jardiniers qui ont mis en valeur ce terrain municipal en pleine ville et ont développé des cultures de toutes sortes dans une ambiance conviviale !
Ce sera le grand enseignement de cette initiative : associer écologie urbaine, convivialité et cohérence de l'action muncipale en faveur de la biodiversité sur le territoire communal.
Pour notre maire, comme pour moi, le jardin représente toute une part de notre enfance, tant il était indispensable à l'économie familiale.
Je me souviens encore du coffre de ma première voiture chargé des légumes de la semaine pour rejoindre ANTHONY et la classe préparatoire... Avec la révolution du congélateur, ce fut encore plus prégnant : rien ne se perdait plus.
Et je repense aux journées de bêchage (2 tranches de bêche, une aberration agroécologique sans doute !) mais la terre était si bonne qu'elle ne s'en plaignait pas.
En tous cas, 25 mètres carrés à ANNECY permettent de produire en abondance, haricots verts, aubergines, salades, tomates, pour le plus grand bonheur de chaque famille qui a eu la chance d'être tirée au sort.
25 nouvelles parcelles vont être ouvertes Route de Vignières cet automne, cette action n'a pas fini de faire parler d'elle...
Boucle d'eau
Je vous ai déjà entretenu de l'étude de faisabilité de la boucle d'eau qui pourraît "climatiser" des bâtiments publics et/ou industriels dans les années à venir.
Ce projet innovant et ambitieux nécessite que les "clients" s'engagent sur une durée suffisamment longue pour que les importants investissements de départ soient
amortis sur 20 ans environ.
Dans ce contexte, une réunion de travail avec NTN-SNR a eu lieu cette semaine afin de présenter dans le détail la première phase de l'étude de faisabilité aux responsables projet de l'usine d'ANNECY, de préciser la méthodologie de travail en commun qu'il est nécessaire de mettre en oeuvre et d'envisager les conditions de faisabilité à moyen terme d'un tel projet.
Ce projet nécessite en effet un partenariat de long terme avec NTN-SNR qui ne peut se décider sans études plus approfondies.
Il faut remercier l'entreprise d'accepter de s'inscrire dans cette démarche novatrice et de permettre ainsi d'envisager une suite possible favorable à cette
idée.
Plan climat de l'agglomération
Réunion de cadrage intéressante ce mercredi soir sur le plan climat de l'agglomération dans la perspective de la candidature "Territoire à énergie positive" envers la Région avec le Parc naturel régional des BAUGES et CHAMBERY Métropole, et de la labellisation "Cit'ergie" avec l'ADEME de la Ville d'ANNECY et de la C2A.
Les services présentaient aux élus leur travail transversal de réponses aux enjeux d'un plan climat énergie territorial et les débuts des fiches actions qu'ils voudraient voir mûrir d'ici la fin de l'année.
On voit bien la synergie entre ces propositions et le plan d'actions du PCET de la Ville d'ANNECY en de nombreux domaines sur lesquels la compétence relève de l'agglomération. Par exemple, le projet de maison de la mobilité qui serait un outil utile à la mise en oeuvre concrète des modes doux de transport... Ou les propositions très concrètes pour aboutir à la production de "zéro déchet" lors des manifestations organisées par la C2A...
La présentation des travaux de notre Club Climat par son président Hervé BRELOT, directeur de la recherche chez NTN-SNR, et les rapporteurs des quatre commissions, ce lundi 30 septembre au Conseil municipal d'ANNECY en introduction du Conseil a permis de montrer combien la société civile était prête à ces évolutions des comportements car les mentalités sont demandeuses désormais de tels changements.
Le principe de rapprocher le consommateur du producteur est aujourd'hui largement partagé : il convient de mettre en musique et de faire des propositions concrètes pour favoriser le maraîchage notamment. L'intérêt porté par la presse à notre initiative des "Jardins en ville" et le plaisir partagé des jardiniers rencontrés par les journalistes témoignent de la vivacité de cette approche et de sa pertinence.
Prochaine étape évoquée lors du Conseil municipal par Pierre POLES si j'ai bonne mémoire : la mise en place d'un système de "monnaie locale" que nous avons déjà
évoquée dans les travaux du Club climat.
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Nucléaire au Japon
On peut lire dans LES ECHOS, cet article concernant la relance du programme électronucléaire. L'ancien premier ministre japonais KOIZUMI déclare :
«Les gens du milieu économique disent que l’option zéro nucléaire serait irresponsable, mais ce qu’il l’est bien plus c’est de continuer sur la
voie de l’énergie atomique alors même qu’il n’existe aucun lieu de traitement des déchets»,
A faire suivre aux responsables politiques français...
Shinzo Abe, le Premier ministre japonais, se serait bien passé de ce nouvel adversaire dans sa course à la relance du parc nucléaire de l’archipel. Depuis quelques jours, Junichiro Koizumi, le toujours très influent leader de droite qui dirigea le pays de 2001 à 2006, multiplie les rencontres et interviews pour annoncer qu’il est désormais convaincu que le Japon devrait totalement renoncer au nucléaire. Membre de la même formation politique que Shinzo Abe, il vient ainsi d’appeler, lors d’une réunion à Nagoya, des cadres du parti au pouvoir et des hommes d’affaires à revoir leur théorie énergétique.
«Les gens du milieu économique disent que l’option zéro nucléaire serait irresponsable, mais ce qu’il l’est bien plus c’est de continuer sur la voie de l’énergie atomique alors même qu’il n’existe aucun lieu de traitement des déchets», a expliqué Junichiro Koizumi, avant de plaider pour un développement des énergies renouvelables.
L’ancien leader qui fut, en son temps, l’un des grands promoteurs de l’atome estime que l’argument du faible coût de l’électricité d’origine nucléaire a perdu de sa pertinence au regard des sommes faramineuses que le pays va devoir dépenser pour gérer le démantèlement de Fukushima-Daiichi. Embarrassé par ce repositionnement, le gouvernement a pour l’instant indiqué qu’il était normal que le pays ouvre un débat sur l’avenir de sa politique énergétique mais a rappelé qu’il était, lui, favorable à une relance des réacteurs, qui sont, actuellement tous à l’arrêt.
Achat du couvent des capucins
Le dernier conseil municipal a voté l'achat du couvent des capucins au bas de l'avenue de CRAN GEVRIER. Cette acquisition foncière, quelques semaines après celle des HARAS NATIONAUX est exceptionnelle pour une Ville de 50.000 habitants. Plus de 12 millions d'euros investis dans l'achat de deux ténements prestigieux en plein centre ville, quelle autre ville de la taille d'ANNECY pourrait se le permettre dans le cadre de son budget normal ?
Nous ne nous rendons sans doute pas assez compte de la chance que nous avons de vivre dans une ville dont la gestion permet de réaliser de telles opérations foncières sans se jeter dans les bras d'un promoteur, ni sans monter ces partenariats public-privé ruineux pour les collectivités; mais sans lesquels elles ne pourraient rien réaliser maintenant, léguant à leurs successeurs le paiement des remboursements faramineux à BOUYGHES et autres VINCI.
Les débats sur ce point au Conseil municipal de lundi auront été légèrement surréalistes. Plutôt que de se féliciter collectivement de la réussite de ce
projet, la discussion a pris un tour inutilement polémique sur fond de prochaines élections municipales. Les annéciens seront assez grands pour déterminer qui aura eu le plus de bonnes idées dans
le mandat qui s'achève et qui aura les meilleures pour l'avenir sans transformer les dernières réunions de conseil municipal en échange de vilains mots.
Toujours plus près des 20%...
Le bilan au 1er janvier 2012 du logement social de la Ville d'ANNECY montre que nous sommes toujours plus près de l'objectif de 20% de logements sociaux. Au 1er janvier 2011, nous étions à 19,19 % et au 1er janvier 2012 à 19,29 %. Avec les logements sociaux livrés en 2012, la Ville devrait avoir atteint ou dépassé le seuil fixé par la première loi SRU; qui était l'objectif de ce mandat.
Signe de cet effort, 42% des logements livrés en 2011 et 2012 ont été des logements sociaux, soit 292 sur 688 livrés. Comme l'Etat n'a pas encore communiqué le nombre global de logements principaux sur ANNECY en 2012, on ne peut pas encore mesuré l'impact de ces constructions sur la part gloable du logement social sur la Ville.
Cet effort n'est pas partagé dans l'agglo : seulement 25% de logements sociaux en moyenne au cours des années 2011 et 2012 en intégrant les dépassements de cette valeur à ANNECY; ce qui signifie que les autres villes ont globalement fait moins bien qu'ANNECY, soit autour de 16 % (276 logements sociaux sur 1588 logements construits hors ANNECY dans l'agglo).
L'effort continu de la Ville n'est donc toujours pas égalé.
Les besoins restent insuffisamment pris en charge si l'on considère le nombre de demandes insatisfaites dont 41 % par des personnes seules et 22% par des familles monoparentales.
ANNECY se classe enfin toujours au 11° rang des communes de l'agglo pour le revenu par foyer fiscal avec 24.321 euros annuels au 1er janvier 2011. QUINTAL tient la tête avec 35.916 euros, suivi d'ANNECY LE VIEUX à 35.742 et de de PRINGY à 35.646 euros.
Les villes socialistes sont en queue : MEYTHET avec 22.293 euros et CRAN GEVRIER avec 21.810 euros.
L'écart est considérable, de l'ordre de 50% supérieur avec les villes aux habitants en moyenne les plus riches.
Le temps joue contre nous...
Je ressens instamment, chaque jour qui passe, combien le temps joue contre la préservation de la planète... Je le ressens presque physiquement, comme celle d'un monde en train de disparaître.
Cette acuité de ma perception d'une urgence écologique se renforce chaque jour davantage que ce gouvernement ne
fait rien en matière environnementale et que les mauvaises nouvelles s'accumulent. Je vais paradoxalement aussi bien que le monde va mal, ai-je pris l'habitude de dire. Tout le monde
comprend alors ce que je veux dire.
Car l'urgence écologique relève du domaine du seul court terme pour mettre en oeuvre, réaliser maintenant. Je ne supporte plus les déclarations sur l'importance des générations futures, sur leur éducation, sur les responsabilités qu'elles auront à assumer. Ce qu'elles auront à assumer, ce sont nos propres lâchetés, nos propres bêtises : c'est à nous de les empêcher d'advenir.
L'urgence écologique est la prise en compte de l'urgence de faire pour empêcher le pire d'advenir
seulement après-demain. Elle ne nous permet plus d'attendre.
Je trouve ce texte d'Alain LIPIETZ que je vous invite à partager sur le site de la revue ETOPIA de nos amis belges d'ECOLO.
J'en tire un seul extrait :
"La radicalité d’une politique écologiste se
mesure donc non seulement à son intensité, mais également à la date à laquelle elle intervient. Mieux vaut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % dans les 10 prochaines années
que de 50 % à partir de 2030."
Et je repense alors au Groupe des VERTS à la région RHONE-ALPES qui a refusé de voter le Schéma régional Climat Air Energie de la Région pour cet unique motif de l'absence d'ambition à moyen terme ... soutenus en cela par le groupe de l'UMP trop content de faire capoter l'engagement de la politique climat de la Région...
Et si l'écologie politique était devenue l'amie mortelle de
l'écologie ?
| Le réformisme radical de l’écologie politique |
Le « réformisme radical » (comme l’« l’utopie concrète », ou toute autre formulation de ce genre) est l’une des caractéristiques les plus importantes du positionnement politique de l’écologie. Plus importante même que la question « à gauche », « ni droite, ni gauche », ou « ailleurs » !
Pour celles et ceux d’entre nous qui venons d’une expérience progressiste antérieure, comme la gauche socialiste ou communiste, ce fut probablement un choc de mesurer l’ampleur des transformations dans la vie des sociétés humaines qu’implique l’écologie politique. Bien au-delà des droits de l’homme ou de la redistribution des richesses, du pouvoir et de la propriété, l’écologie politique exige une transformation profonde de la vie matérielle, de la façon même de produire, de consommer, de partager la vie de la communauté. En ce sens, elle apparaît comme plus « radicale » (allant plus à la racine des choses) que toutes les idéologies progressistes antérieures.
Du mot « radical » à « révolutionnaire », il n’y a qu’un pas que l’on franchit facilement quand on parle de « révolution énergétique », « révolution des transports »… Mais, en français, le mot révolution est connoté non par ses buts (que l’on relègue dans les adjectifs : révolution socialiste, révolution démocratique…) mais par ses moyens, que l’on oppose à « réforme ». La révolution c’est brutal, rapide, extra-institutionnel et parfois sanglant. La réforme c’est progressif, pacifique, négocié dans un cadre institutionnel balisé : campagnes de presse, manifestations, grèves, boycott, élections, négociations contractuelles…
Les valeurs de l’écologie politique poussent clairement au choix de la réforme si, par ce mot, on s’oppose à révolution brutale. Nous affirmons que la démocratie et la non-violence sont les moyens de résoudre les conflits, nous sommes responsables des coûts collatéraux d’une révolution violente. Nous refusons l’irresponsabilité bonapartiste et léniniste « On s’avance, et puis on voit », nous ne nous défaussons pas de la responsabilité de ce qui se passera après la révolution au nom du « Nous n’avons pas voulu cela ». Nous prônons l’autonomie de chacun et non pas la dictature de quelques soi-disant éclairés.
L’écologie politique est donc un « réformisme radical » : ni réformisme d’accompagnement ni espérance du Grand Soir. C’est ce que nous rappelons en rétablissant l’intégralité de la citation de Paul Eluard : « Un autre monde est possible, mais il est dans celui-ci ». On chemine dans le réel et on le transforme.
Mais il y a une raison plus profonde : nous n’avons pas la même conception du temps que les révolutionnaires de jadis. Nous ne pensons pas que le temps « joue pour nous », mais qu’il joue contre nous. C’est ce qu’exprimait ici même notre ami Jacques Perreux, second de liste d’Europe-Ecologie et encore vice-président communiste du Val-de-Marne au 31 décembre 09. « Qu’une révolution socialiste soit retardée de 10 ans c’est, au yeux d’un marxiste, très dommage pour les exploités et les opprimés qui doivent attendre, mais ça ne change rien au contenu du passage au socialisme, et le développement des forces productives aplanit plutôt les difficultés. En devenant écologiste, je me suis rendu compte du contraire : chaque jour qui passe entraîne davantage de pollutions que nous ne rattraperons jamais et de destructions irréversibles de notre cadre de vie. » Cette remarque est très juste, elle vaut pour l’effet de serre, la dégradation de la biodiversité, l’accumulation des polluants dans l’eau et la terre… Mais n’oublions pas qu’elle valait déjà pour les exploités et les opprimés qui devaient « attendre » leur émancipation !
La radicalité d’une politique écologiste se mesure donc non seulement à son intensité, mais également à la date à laquelle elle intervient. Mieux vaut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30 % dans les 10 prochaines années que de 50 % à partir de 2030.
Je me souviens avoir discuté avec de vieux amis « révolutionnaires « (de ceux qui, au Parlement européen, avaient refusé de voter la taxe de Tobin « pour ne pas améliorer le capitalisme financier globalisé »), à propos du bilan de notre participation à la majorité plurielle 1997/2002. Ils me disaient : « Vous n’avez pas obtenu grand chose ». Au lieu d’énumérer nos résultats réels (35 heures, parité, Pacs, arrêt de Superphénix, du canal Rhin-Rhône, etc…) je leur demandai simplement : « Et vous ? ». Ils me répondirent « Nous ? Mais nous n’étions pas supposés obtenir quelque chose ». Cette position, anti-réformisme qui ne croit plus en la révolution, a aujourd’hui un nom : protestataire.
La position protestataire est absolument nécessaire dans la société. C’est elle qui pousse les réformistes radicaux à accélérer le mouvement, à ne pas s’endormir sur leurs lauriers sous prétexte qu’ils ont déjà obtenu un petit quelque chose. Elle dispose pour cela d’un grand atout : « l’utopie abstraite ». C’est-à-dire que, si rien n’est possible dans ce monde-ci, un autre monde, différent, est possible : la République (qui était si belle sous l’Empire), le socialisme (qui était si beau sous le capitalisme). Il est évident que c’est une très grande force que de pouvoir donner un nom, une icône, au monde nouveau que nous voudrions. L’utopie abstraite a été mobilisée dés le début du mouvement ouvrier du 19ème siècle, par les socialistes utopistes qui, reprenant l’apocalyptique judéo-chrétienne, parlait de « Nouvelle Jérusalem ». C’était signaler le rapport profond entre l’utopie progressiste abstraite et la religion, « opium du peuple, cri de la créature opprimée ».
Les révolutionnaires réels du 20ème siècle en sont venus à critiquer ce schéma. Ils n’avaient d’ailleurs pas conquis le pouvoir au nom de l’utopie abstraite (le socialisme), mais au nom d’objectifs bien concrets, exigences portées par la grande majorité des gens : « le pain pour l’ouvrier, la paix pour le soldat, la terre aux paysans » lors de la révolution de 1917, la lutte contre l’invasion japonaise pour Mao Zedong. Choc du réel encore plus violent après la révolution : Lénine disait, à la fin de sa vie, « Le capitalisme n’est pas un cadavre que l’on cloue dans un cercueil et que l’on jette à la mer. Il est là, il se décompose au milieu de nous, et il nous contamine. »
Une autre critique au schéma de l’utopie abstraite, c’est qu’elle n’est souvent que le renversement imaginaire du monde réel. Le mouvement ouvrier rêve sa Nouvelle Jérusalem comme un monde de dictature du prolétariat. À l’inverse, les personnes qui votent ou militent pour Europe-Ecologie ne se définissent pas nécessairement comme anti-capitalistes. Elles veulent des choses qui correspondent à l’intérêt général de l’humanité (la lutte contre le changement climatique, contre l’érosion de la biodiversité). Et c’est le mouvement même de leur lutte qui les amène à proposer des politiques qui les éloignent de la droite politique et mettent en question la liberté d’agir du capitalisme.
L’écologie politique ne peut en revanche proposer aucun idéal réalisé, aucune utopie abstraite, et c’est une faiblesse de sa capacité de mobilisation : elle a du mal à « faire rêver ». Sa force est de proposer des actions concrètes, pour la qualité de vie, visibles par tous. Pourrait-on imaginer l’équivalent de « la Nouvelle Jérusalem », pour l’écologie ? « Ce que nous voulons » ? c’est le développement soutenable, la décroissance sélective ou solidaire, la simplicité volontaire… Comme on le voit, il ne s’agit jamais d’un « idéal de résultat » mais d’un « idéal de processus » : on va dans quel sens et comment ? Nous ne sommes pas capables de dire comment sera un monde plus écologiste dans 50 ans, mais que pouvons-nous faire en 2010 pour vivre autrement. Le rêve d’une utopie abstraite est remplacé par l’exaltation, parfois idéaliste voire dandyste, d’un comportement héroïquement écologiste : décroissant, responsable… [1]
[1] Intervention à la convention francilienne d’Europe Écologie, Arcueil, 8 mai 2010.
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