BAYROU, le respect, pas l'adhésion ?
Les orphelins de l'environnement
Les orphelins de l'environnement (par Jean-Marc Jancovici) -
L'année 2010 aura été la plus chaude que la Terre ait connue depuis que les hommes disposent de relevés thermométriques à large échelle (1860).
Une canicule inédite a alors entraîné l'arrêt des exportations russes de céréales et un doublement du prix de ces dernières en un an, ce qui a probablement joué un rôle déterminant dans le printemps arabe (les pays du Maghreb sont de gros importateurs de céréales). Plus généralement, en bon accord avec les simulations climatiques effectuées depuis des décennies, sécheresses et hausses de température ont déjà commencé à limiter les rendements agricoles pour le maïs et le blé. L'agriculture, ce n'est certes que 2 % du PIB en France. Mais, sans nourriture, il sera difficile d'avoir les 98 % restants... Côté ressources, c'est le pétrole qui nous fait souffrir. Le nombre de barils extraits du sol chaque année est quasi stable depuis 2005. Par effet d'éviction dû aux émergents et aux pays producteurs eux-mêmes (les deux consomment de plus en plus de pétrole), l'approvisionnement des importateurs historiques (dont la France) est déjà parti à la baisse, et cette tendance va s'accélérer. Ce plafonnement de l'approvisionnement mondial en or noir a provoqué la première récession planétaire depuis la Seconde Guerre mondiale, qui a elle-même créé un choc bancaire et budgétaire majeur dans les pays industriels historiques. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la contrainte pétrolière - qui va s'accroître -provoquera, en « business as usual », une ou deux récessions sévères pendant la prochaine mandature, démentant les prévisions de croissance irréalistes sur lesquelles sont bâtis les projets des principaux candidats ; 0 % de croissance au lieu de 2 %, c'est environ 20 milliards de recettes fiscales et sociales qui ne rentrent plus. Une paille ! La prise en compte au bon niveau du défi inédit posé par la contrainte énergie-climat fera donc la différence entre un monde se décomposant lentement dans la violence, et un monde qui en sortira par le haut. En 2007, ce constat - déjà connu -fut à l'origine du Pacte écologique, qui a contribué à faire de l'environnement un sujet central pendant trois années du mandat de Sarkozy. Et puis, par une étrange alchimie, le pouvoir en place a dû considérer que les problèmes planétaires évoqués ci-dessus, qui demandent à l'évidence une transition massive soutenue sur plusieurs décennies, avaient été réglés par trois ans de discussions - certes fort sympathiques -et deux lois - certes bienvenues -seulement partiellement dotées de décrets d'application qui, au surplus, ne sont parfois ni faits ni à faire. Le salut pourrait-il venir de l'opposition ? François Hollande oscille sur ce sujet entre l'amateurisme et la démagogie. Les Verts, qui prétendent être les plus légitimes sur le sujet parmi les politiques, sont dans les faits tout aussi incapables du moindre projet global cohérent, à tel point qu'ils contribuent parfois à tuer le sujet qu'ils portent. Les centristes sont inaudibles sur ce terrain, alors que Bayrou avait été le premier à signer le pacte en 2007, et les partis extrémistes sont focalisés sur des symptômes jugés insupportables de la maladie, non sur ses causes. Bref, avec le recul du temps, il semble hélas avéré que la période 2007-2009 n'a pas servi à augmenter significativement la clairvoyance de nos politiques pris dans leur ensemble, malgré quelques exceptions bienvenues. Tout cela serait logique si la société civile n'en avait cure. Mais, alors même qu'il faut déplorer un désintérêt croissant du politique, le Grenelle a créé une population significative de cadres, hauts fonctionnaires, syndicalistes, universitaires, journalistes et dirigeants associatifs, qui partagent le constat d'une nécessité de changer de modèle. Nous avons bien fait quelques erreurs de jeunesse dans ce début de parcours, comme de subventionner le photovoltaïque ou les achats de voitures pas si économes que cela. Mais, en de nombreux endroits, cet exercice inédit de la première partie du mandat a créé un choc salutaire sur l'ampleur du défi, a permis l'apparition de méthodes de gestion et de débats économiques sur les moyens, a conforté des positions et des budgets dans les organigrammes, bref a rendu le sujet environnemental sérieux et, de tout cela, il reste assurément quelque chose. Et c'est au moment où la population de « décideurs ordinaires » - publics ou privés -qui a envie d'entendre parler de la réponse au défi n'a jamais été aussi nombreuse que le monde politique démissionne. A-t-il pris peur devant ce qu'il a compris, laissant au monde civil le soin d'avoir du courage à sa place ? N'a-t-il rien compris du tout, et confondu la physique éternelle avec un effet de mode ? Alors que nous nous apprêtons à vivre une des dernières élections présidentielles avant le début de la grande contraction énergétique européenne, cette indigence est lourde de menaces
HESSEL - HULOT, le débat qui réconforte
Les VERTS ont rejeté la candidature de Nicolas HULOT à la présidentielle. C'était cohérent avec la posture d'extrême gauche qu'ils voulaient donner à leur campagne présidentielle...après avoir négocié pour les chefs de courants des postes sonnants et trébuchants de députés après avoir négocié des sénateurs.
Ecoutez ce débat entre M. Stéphane HESSEL et Nicolas HULOT, et rêvons ce qu'aurait pu être une candidature écologiste présidentielle ouverte à la société...
http://www.liberation.fr/terre/06015119-la-crise-ecologique-peut-elle-attendre
Roosevelt 2012
A peine démissionnaire de EELV, Pierre LARROUTUROU a lancé avec Michel ROCARD notamment l'appel "Roosevelt 2012".
J'en extrais juste un passage en vous invitant à signer massivement cet appel de bon sens, dénué de toute démagogie préélectorale.
Pour sortir de notre dépendance aux marchés et rééquilibrer nos comptes publics, on peut trouver aussi d’importantes marges de manœuvre au niveau national en annulant une bonne partie des baisses d’impôts octroyées aux grandes entreprises et aux citoyens les plus riches depuis 10 ans.
Le rapport du député UMP Gilles Carrez publié le 5 juillet 2010 montre que si on annulait l’ensemble des baisses d’impôts votées depuis 2000, l’Etat aurait chaque année 100 milliards de plus dans ses caisses. Si nous revenions simplement à la fiscalité qui existait en 2000 (nul ne la jugeait confiscatoire ou sovietiforme), notre déficit se transformerait en excédent !
L'Etat a perdu 100 milliards de recettes fiscales
Les Echos du 5 Juillet 2010
Malgré l'arrêt de 8 réacteurs nucléaires, l'Allemagne n'a pas développé le charbon...
Contrairement aux prévisions, et même à des affirmations, de beaucoup de spécialistes de l'énergie, l'Allemagne n'a pas eu recours au charbon pour compenser l'arrêt de 8 de ses 17 réacteurs en 2011. Et n'envisage pas de le faire, selon une étude de l'Iddri, à paraître la semaine prochaine.
« La fin du nucléaire en Allemagne passe par le charbon », titrait en octobre dernier Le Monde, relayant une idée très généralement répandue. Faux ! affirme Andreas Rudinger, chercheur à l'Iddri, Institut du développement durable et des relations internationales, qui vient de plancher sur le sujet. « En volume, la production d'électricité à partir de houille et de lignite est restée quasiment stable en Allemagne l'an dernier, avec une hausse de 1,7%, selon les chiffres que vient de publier l'industrie énergétique allemande (AG-Energiebilanzen 2011) », souligne-t-il. Même si le charbon continue à se tailler la part du lion dans le mix électrique allemand en représentant 44% de l'électricité produite (50% en 2001). Quant aux autres sources d'énergies fossiles (gaz et pétrole), émettrices également de gaz à effet de serre, leur volume a même légèrement baissé en 2011, les centrales gaz produisant environ 14% du courant outre-Rhin.
60% du nucléaire arrêté a été compensé par les renouvelables
Au total, la part d'électricité d'origine fossile est passée de 57 à 58% malgré le recul du nucléaire de 22,3 à 17,6% de la production électrique.
L'Allemagne n'a pas augmenté son recours au charbon, ni au gaz, pour compenser l'arrêt de 8 de ses 17 réacteurs, décidé brutalement au printemps dernier après Fukushima. Le pays a pourtant ainsi
renoncé à 23% de son électricité nucléaire, qui représente elle-même 23% de l'électricité produite outre-Rhin. Soit, en 2011, 32 térawattheures (TWh) à remplacer.
60% de cette électricité a été fournie par des énergies renouvelables (éolien et solaire), dont la production a bondi de près de 20% en 2011, Un
tiers de cette électricité nucléaire non produite a été "fournie" par une détérioration des échanges d'électricité avec ses voisins. Ses importations ont augmenté de 18,5% tandis que ses
exportations ont reculé de 6,5%, mais au total l'Allemagne est restée exportatrice nette d'électricité. Enfin 1,9 TWh (6% de la production à compenser) n'a pas été consommé. La demande allemande
d'électricité a baissé de 0,3% en 2011.
Pas d'augmentation inévitable des centrales thermiques
Et l'Allemagne ne compte pas sur de nouvelles centrales à charbon pour pallier l'arrêt progressif de ses réacteurs d'ici 2022, ajoute Andreas
Rudinger. « En regardant de plus près les scénarios énergétiques sur lesquels est fondé l'Energiekonzept [politique énergétique adoptée par le gouvernement allemand en septembre 2010], on
s'aperçoit ainsi que les centrales fossiles actuellement en construction (pour une puissance cumulée de 10 GW) visent en premier lieu à remplacer des centrales vétustes et polluantes par des
centrales plus efficaces pour se conformer à la directive européenne sur les émissions de polluants atmosphériques et à réduire la part des centrales thermiques à charbon au profit de centrales à
gaz et à cogénération », écrit le chercheur dans une étude qui sera publiée par l'Iddri la semaine prochaine.
Et il table sur la persistance de cette situation. « Sous l'hypothèse d'une poursuite des mesures de maîtrise de la demande d'électricité et d'un
rythme de développement des énergies renouvelables similaire aux années précédentes, il semble par conséquent envisageable que l'Allemagne compense la sortie du nucléaire sans recourir davantage
aux centrales à charbon et à gaz et sans remettre en cause la réalisation des objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre », conclut-il.
Copyright Reuters
Marie-Caroline Lopez
Lionel TARDY candidat de la majorité présidentielle, mais laquelle ?
Lionel TARDY a fait distribuer son premier tract électoral.
Vous chercherez partout le logo de l'UMP sans le trouver...
Et Lionel - qui est cornaqué par l'UMP depuis avant son élection de 2007 - nous refait le coup de son apolitisme : l'important ne serait pas d'être de gauche, du centre ou de droite... En clair, il pourrait être tout cela à la fois...
N'était-il pourtant pas dans le groupe des députés UMP ces cinq dernières années ? J'avais pourtant cru que oui.
Trop drôle quand on constate que faute d'assumer son parti, il affirme faire « parti » des trente députés les plus actifs à l'assemblée nationale et des dix plus frondeurs de la majorité : il devrait plutôt en faire « partie » pour mieux respecter l'orthographe.
En tous cas, Lionel TARDY se revendiquant d'ores et déjà être le candidat de la majorité présidentielle, il n'est pas sûr de retomber sur ses pieds : le problème sera de savoir qui sera le prochain président.
Pas sûr du tout que Lionel TARDY puisse encore se présenter de la même manière après le 6 mai, il a raison de terminer ses réunions publiques de bilan le 25 avril.
Ensuite, il devra, je l'espère !, se présenter comme le candidat de la minorité présidentielle... Beaucoup moins emballant si il doit faire face à une réelle alternative législative.
"Ma plus belle rencontre en politique, c'est Cohn Bendit"
Une vidéo sympa de Jean-Luc BENNAHMIAS toujours aussi spontané et sans langue de bois... Pas étonnant qu'il s'entende bien avec Dany.
Réserves stratégiques de pétrole, une mesure électorale selon BAYROU
"Cela ne peut être qu'une solution vraiment de très court terme, de quelques jours à peine, de semaines peut-être. Cela peut être utile en période électorale", a-t-il dit sur Canal +.
"Mais sur le long terme, la vérité oblige à dire que le prix de l'essence continuera à monter parce que du pétrole, il y en a de moins en moins et qu'il est de plus en plus cher à extraire", a souligné le candidat du MoDem.
François Bayrou a également estimé que l'"adaptation" des taxes prélevées par l'Etat sur l'essence, préconisée par le candidat socialiste François Hollande, n'est aussi qu'une "solution de court terme".
"La seule chose à faire", a-t-il dit, est d'oeuvrer en direction de "l'isolation" des bâtiments et de soutenir les recherches pour mettre au point des moteurs de véhicules de faible consommation ou électriques.
"C'est sur le long terme que l'on a besoin de réfléchir pour faire face au renchérissement du prix du pétrole. Si quelqu'un croit qu'il existe une solution miracle qui fera baisser le prix de l'essence, je lui dis avec sérieux que ce n'est pas vrai", a-t-il conclu.
Verts et UMP retoquent le Schéma régional du climat
Le vice président et rapporteur vert qui a piloté pour la Région le schéma régional climat air énergie présente son rapport au nom de l'exécutif...puis annonce qu'il votera contre le rapport qu'il vient de faire... sur un dossier qu'il dirige depuis des années pour le compte de la Région.
Les débats d’assemblée obéissent à certaines règles. Dans l’assemblée régionale comme au Palais Bourbon, on assiste à des
batailles d’amendements, des effets de manches et parfois des coups de théâtre.
Vous l’avez peut-être lu dans la presse cette semaine, la Région devait aujourd’hui se prononcer sur le Schéma régional
Air Climat Energie (SRCAE). Le Vice-président Europe Ecologie-Les Verts en charge de ce rapport et qui en a conduit les travaux pendant un an l’avait dit : il le
présenterait mais voterait contre. Paradoxal.
Un Vice-président qui expose en tribune la position favorable de l’Exécutif, avant d’annoncer la minute suivante sa position
personnelle, défavorable, il y a de quoi en perdre son latin.
Mais avant d’assister à cette étrange présentation, notre assemblée a dû se prononcer sur une question préalable déposée
par le groupe EELV demandant que ce rapport ne soit pas examiné.
Saluer la procédure de concertation qui a permis l’élaboration de ce SRCAE, reconnaître l’engagement de tous, élus, services,
citoyens, et demander que ce schéma ne soit pas examiné et débattu par l’assemblée, voilà une bien curieuse conception de la démocratie, du débat, et du respect des
partenaires.
Un texte peut parfaitement ne pas nous convenir, il est toujours possible de déposer des amendements pour le modifier – ce que n’a pas souhaité faire le groupe EELV –
ou encore de voter contre.
L’assemblée a donc voté sur cette question préalable. Elle a choisi de reprendre sereinement son travail, et le débat a,
heureusement, pu avoir lieu. Chacun a pu s’exprimer, échanger, amender, voter.
Notre groupe a choisi d’approuver ce schéma, avec des réserves, certes – nous n’avons jamais prétendu que tout
était parfait – pour permettre de progresser rapidement sur les objectifs fixés.
L’affaire aurait pu s’arrêter là. Mais trop heureuse de la situation la droite régionale en a profité pour voter contre
ce Schéma pour faire « un coup ». Résultat des courses : le schéma a donc été rejeté. Les actions programmées en faveur de la réduction des émissions de gaz à
effet de serre attendront.
L’urgence à agir en matière de climat attendra donc parce que certains s’amusent dans l’hémicycle et d’autres préfèrent ne pas avancer du tout
tant qu’ils n’ont pas obtenu pleine satisfaction. Les Rhônalpins apprécieront.
/image%2F0935223%2F20231224%2Fob_20fe5a_fa44fd04-3b83-4512-9dce-534c79192bb9-1.jpeg)