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thierry billet

Écologiste annécien

"La solidarité écologique, ce lien qui nous oblige"...

Publié le 28 Mars 2012 par Thierry BILLET

«Regarder au-delà de l’horizon visible pour construire, par une convergence des luttes, aujourd’hui cloisonnées et sectorisées, pour le bien-être humain, la justice sociale et l’enjeu écologique, un futur souhaitable pour tous»: c'est ce que proposent Emmanuel Delannoy, directeur de l’institut Inspire, et Annabelle Jaeger, conseillère régionale EELV déléguée à la biodiversité en Provence-Alpes-Côte d'azur. <--break->

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La solidarité écologique. Ce lien qui nous oblige, ce livre de Raphaël Mathevet (1), nous invite à dépasser les débats entre protection et gestion de la nature, esthétisme et utilitarisme, éthique antropocentrée ou écocentrée; débats qui agitent un microcosme de spécialistes, chercheurs et acteurs de terrain, sans jamais atteindre le grand public.

D’une certaine idée de la nature à l’irruption brutale du concept de biodiversité, puis à celui de «services rendus par les écosystèmes», pour avancer vers la notion d’interdépendance, revenons un moment sur cette évolution conceptuelle vers la solidarité écologique.


La nature, domaine sauvage ou patrimoine à gérer?

Dès la fin du XIXe siècle, s’opposaient ceux qui, avec John Muir, voyaient dans la nature un «domaine sauvage», à conserver en l’état, à l’abri de l’influence des hommes, et ceux qui, avec Giffort Pinchot, pensaient que l’homme devait être «l’intendant de Dieu», et gérer en bon père de famille ce «patrimoine naturel» qui lui avait été confié.

La première vision, celle d’une nature sacrée où l’Homme n’a pas sa place, n’a aucune chance de mobiliser les populations pour quelque chose dont elles seraient exclues.

La seconde vision, très utilitariste, pourrait conduire à ne voir dans le vivant que des «ressources naturelles», destinées à l’usage exclusif de l’homme. Cette vision occulte les propriétés fondamentales du vivant: les espèces évoluent, s’influencent mutuellement au sein des écosystèmes, dans une dynamique d’émergence et de rétroaction complexe.

La communauté du vivant

La situation semblait bloquée, entre ces deux points de vue, jusqu’à ce qu’en 1984, Edward O. Wilson invente un nouveau mot, «biodiversity», par contraction de «biological diversity». La biodiversité, ce «tissu vivant de la planète» au sein duquel gènes, individus, espèces et écosystèmes interagissent et coévoluent, représente bien plus qu’un glissement sémantique. Etant nous-mêmes vivants, nous sommes, humains, ainsi que nos activités, inclus dans la biodiversité, dont nous sommes à la fois le produit et un acteur déterminant. Les conséquences ne sont pas uniquement scientifiques, elles ont des répercussions d’ordre philosophique, et même «politique», au sens large.

Philosophique, car la «conservation» d’espèces ou d’écosystèmes pour ce qu’ils sont aujourd’hui devient moins essentielle que la préservation de leur diversité, de leur «fonctionnalité» et de leurs potentialités évolutives.

Politique, parce que la biodiversité est, à la différence de la nature qui était le domaine réservé d’une élite d’experts, une «chose publique», un enjeu de société devant faire l’objet d’une gouvernance multi-acteurs pour la préservation d’un bien commun dont l’humanité –et donc chacun– dépend.


Pour services rendus

Comment évaluer l’état de la biodiversité si la plupart de ses constituants nous sont encore largement inconnus? L’Evaluation des écosystèmes pour le Millénaire, étude d’envergure mondiale réalisée en 2005 sous l’égide de l’ONU, a cherché à évaluer, non ce qui constitue la biodiversité, mais ce qui en sort: les bienfaits que les populations humaines en retirent, ou les «services rendus par les écosystèmes»

Cette notion de services écosystémiques a le mérite de démontrer à quel point nous dépendons, pour notre survie, notre confort et notre bien-être, de la biodiversité. Nous bénéficions au quotidien du bon état et du bon fonctionnement des écosystèmes.

Cette interdépendance constitue une véritable «solidarité de fait»: nous sommes dans le même bateau.

Mais la solidarité écologique va au-delà encore de ce constat. De simple «solidarité de fait», elle se veut solidarité d’action, elle est un projet de territoire, un projet de société. 


Un nouveau contrat social et naturel

Sa mise en œuvre suppose certains préalables. Notre mode de vie contemporain, dominé par l’artificialisation, la technologie et l’instantanéité, a pu laisser s’installer l’illusion que nous n’aurions plus besoin de la nature. Cette perte de lien entre l’humanité et sa matrice vivante, que Raphaël Mathevet appelle la déliance, nous conduit à voir le vivant comme quelque chose d’extérieur dont quelqu’un d’autre devrait s’occuper. A cette déliance doit s’opposer la reliance, qui suppose un programme d’actions éducatif, pédagogique et culturel. Il s’agit de renouer nos liens avec le vivant, de prendre conscience de notre interdépendance, de l’accepter pour préparer la nécessaire mobilisation.

Il s’agit aussi de reconnaître la pluralité des «valeurs» du vivant, et de concilier à l’impératif de gestion les valeurs éthiques, esthétiques, et existentielles du vivant, indépendamment de son éventuelle utilité pour notre espèce.

Un autre préalable est celui de la reconnaissance de la «dette écologique». Certains modèles de développement, certaines civilisations ont été plus prédatrices que d’autres. La richesse du Nord s’est aussi construite sur l’appauvrissement du Sud. La reconnaissance de cette dette écologique suppose de mettre en œuvre des mécanismes de régulation économique qui permettront à chacun de bénéficier des mêmes chances d’accéder à une vie digne.

Il s’agit là de solidarité dans le temps et l’espace. L’érosion de la biodiversité frappe d’abord les plus démunis; ceux qui retirent la grande majorité de leurs moyens de subsistance de la nature: agriculture vivrière, élevage, pêche... En prendre conscience et s’organiser pour y remédier relève d’un enjeu de justice sociale.

La solidarité écologique est ainsi un nouveau contrat, social et naturel. Elle suppose de regarder au-delà de l’horizon visible pour construire, par une convergence des luttes, aujourd’hui cloisonnées et sectorisées, pour le bien-être humain, la justice sociale et l’enjeu écologique, un futur souhaitable pour tous.


Avec la solidarité écologique, la pensée écologique a peut-être atteint, non pas sa fin (continuons à penser, ce travail-là ne sera jamais fini!), mais le début de sa maturité. Souhaitons simplement que sa mise en œuvre soit plus rapide que sa lente maturation.


(1) La solidarité écologique. Ce lien qui nous oblige, Raphaël Mathevet, éditions Acte Sud, janvier 2012

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Le JAPON vit avec une seule centrale nucléaire

Publié le 27 Mars 2012 par Thierry BILLET

A méditer : Le Japon tourne maintenant avec une seule centrale nucléaire

 

Berne (AP) — C'est ce lundi, selon la Fondation suisse pour l'énergie (FSE), que l'avant-dernière centrale nucléaire japonaise sera découplée du réseau. Avant l'accident de Fukushima, 54 centrales étaient en activité. Grâce à des mesures d'économie, le Japon peut quasiment se passer de centrales atomiques. Dès lors, la FSE demande au Conseil fédéral d'activer fortement les mesures d'économie d'énergie. Ces mesures devraient permettre d'économiser l'équivalent de la production des centrales nucléaires de Muhleberg et de Beznau, soit celles dont les réacteurs sont les plus anciens.

Après Fukushima, selon la FSE, et en raison de l'attitude de plus en plus négative de la population face au nucléaire, les installations ont été arrêtées les unes après les autres. Lundi 26 mars, c'est la centrale de Kashiwazaki-Kariha, dans la préfecture de Niigata, qui sera découplée du réseau. Il ne restera ainsi plus qu'une seule centrale en activité, selon la FSE, et cela sans qu'il y ait de coupures majeures.

Pour assurer l'approvisionnement, le Japon a lancé un plan d'économie devant réduire la consommation de 15 %. Beaucoup d'entreprises ont réussi à faire des économie bien plus importantes. Le grand groupe de communications Softbank a réussi en moyenne à réduire la consommation dans ses bureaux de près de 40 % La Citibank, selon la FSE, a pu réduire sa consommation de près de 20 % à son siège central de Tokyo. Les ménages ont également été priés de réduire leur consommation de 15 %.


(AP / 25.03.2012 22h16)
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Plan climat, adoption à l'unanimité...

Publié le 27 Mars 2012 par Thierry BILLET dans Environnement

Le Plan climat énergie territorial de la Ville d'ANNECY a été approuvé hier soir à l'unanimité des votants, moins une abstention.

C'est un engagement important qu'a pris ANNECY en ratifiant l'un des premiers plans climat conforme au Grenelle de l'environnement et en déclinant de nombreuses actions concrètes, mesurables et dont certaines sont déjà bien engagées.

J'en donne les quelques exemples que j'ai présentés au Conseil municipal.

Le canal du Vassé attend EDF pour l'installation d'une dizaine de boucles permettant le rechargement de bateaux électriques.

La Ville va commander 15.000 gobelets réutilisables et recyclables qui seront prêtés aux associations pour qu'elles mettent en place une consigne sur leurs manifestations, de manière à supprimer les gobelets plastique.

La Ville va lancer une consultation technique sur la faisabilité de l'utilisation de l'eau du lac pour refroidir et/ou chauffer des bâtiments situés à proximité, sur le modèle de ce qu'a réalisé GENEVE avec le projet "GENEVE LAC NATION".

Enfin, le plan pluriannuel d'investissement devra prendre en considération les investissements dans les bâtiments municipaux qui sont les plus gaspilleurs : l'Hotel de Ville et le Parc des services techniques à VOVRAY.

Du pain sur la planche donc pour traduire ces orientations en actions concrètes... Mais la soirée passée après le Conseil avec les habitants venus participer au premier débat de la semaine du développement durable m'aura permis de constater que les annéciens sont très désireux que leur Ville soit à la hauteur de sa réputations.

Ce soir, 19 heures 30, soirée sur la suppression des pesticides avec ADABIO et le service espaces verts de la Ville qui expliquera comment la Ville a supprimé les phytosanitaires.

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BAYROU au Zénith

Publié le 26 Mars 2012 par Thierry BILLET

Un président de la République inculte, nous l'avons subi pendant cinq ans.

Ecouter François BAYROU, c'est aussi retrouver le plaisir du français comme on doit le parler lorsqu'on aspire aux plus hautes fonctions de l'Etat.

 

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Sobriété énergétique et indépendance nationale

Publié le 26 Mars 2012 par Thierry BILLET

Sobriété énergétique et indépendance nationale... Lors de la soirée électorale de Vendredi à DUINGT, animée par Bernard BOSSON et Jean-Paul AMOUDRY, je suis intervenu sur une question qui me chiffone depuis mes voyages au VORALBERG, le land autrichien capitale de la maison passive. 

 

La question de la sobriété énergétique n'est trop souvent considérée que du seul point de vue de la réduction des gaz à effet de serre (GES), voir même une coûteuse lubie des écologistes.

En réalité, l'approche politique de la rénovation thermique des bâtiments doit se comprendre comme une contribution efficace contre la détérioration de notre balance commerciale.

Tant que l'on laissera filer la consommation d'énergie fossile, on donnera aux « pétromonarchies » les clés de l'économie nationale.

L'exemple emblématique du rachat du Paris Saint Germain et d'une partie du capital de TOTAL par le QATAR devrait être pris comme un signal fort : laisser courir la rente pétrolière est un moyen remarquable d'enrichir les exportateurs de pétrole et de gaz pour qu'ils puissent racheter l'industrie française.

C'est la double bêtise écologique et économique : ne pas réduire nos émissions de GES et renforcer notre dépendance économique.

Une politique volontariste d'efficacité énergétique crée de l'emploi local, limite notre dépendance énergétique et donc favorise le « produire français ».

Arrêtons de donner aux dictatures et aux pétromonarchies qui nous vendent du pétrole et du gaz les moyens de nous faire chanter quand bon leur semblera.

 

  • L'exemple des länder autrichiens dirigés par la démocratie chrétienne (exemple remarquable du Land du Voralberg) devrait nous éclairer. Ils ont imposé depuis des années le « triple vitrage » dans les bâtiments publics. Comme aucun industriel étranger n'est capable de répondre sérieusement à cette exigence, l'industrie locale s'est créée une niche industrielle depuis laquelle elle exporte...

  • 8 millions de français sont en situation de précarité énergétique (essentiellement des gens que l'on a convaincu de se chauffer à l'électricité...) et EDF annonce une croissance de ses tarifs de l'ordre de 40% pour les prochaines années...

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La farce de la "suspension" de la campagne électorale

Publié le 25 Mars 2012 par Thierry BILLET

Une lectrice ce ce blog me signale cet article paru sur AGORAVOX. Je le soumets à votre sagacité... La "suspension" par le CSA des temps de parole des candidats et l'inconcevable "naïveté" des médias sur la possibilité de réalisation des annonces de SARKOZY montrent que la soumission au pouvoir en place est le meilleur moyen de devenir journaliste vedette.

 

"Sous le choc de la tuerie de Toulouse a commencé à « fleurir » l'idée de la suspension de la campagne électorale. Si cela pouvait paraître judicieux et juste dans l'élan de la compassion qui a suivi le massacre, avec un peu de réflexion cela n'était ni juste ni ne la justifiait et le temps passant cela devient une terrible hypocrisie. On en arrive à une espèce de surenchère dans la suspension puisque Sarkozy a annoncé qu'elle pourrait durer pour lui jusqu'à dimanche. Evidemment, on va le voir, ceci n'est qu'une mascarade.

Parmi les nombreuses raisons qui démontrent l'hypocrisie de cette suspension de campagne, la première est que ce n'est pas possible et tout le monde le sait. Tout d'abord si ces hommes politiques voulaient suspendre véritablement la campagne ils feraient une chose simple : une déclaration unique de compassion, de demande de justice, de solidarité et de là se tairaient pendant 24 heures : plus de communiqués, plus de tweets, plus de Facebook, plus aucune intervention d'aucune sorte. Le véritable black out. Mais nous assistons à une sorte d'anti-campagne qui n'est rien d'autre qu'une campagne électorale encore pire.

Le CSA lui-même s'y met, puisque les lundi et mardi ne seront pas pris en compte pour le temps de parole ce qui permet au candidat Sarkozy redevenu Président de faire à tout de bras des conférences de presse et d'envahir encore plus l'espace médiatique. La réalité crue est que la campagne se développe de plus belle sans égalité de temps de parole. Le simple fait de dire que l'on suspend la campagne, et de le répéter à foison, prouve que l'on fait campagne mais sur le thème de la suspension de campagne, un nouveau thème donc, pour se montrer à la hauteur de la dignité que nécessite l'événement.

Il y a des faits qui prouvent que c'est une autre campagne bien plus insidieuse et amorale. Sarkozy déclenche un plan vigipirate écarlate, tout à fait hors de propos car il s'agit non d'un groupe terroriste organisé et puissant, mais d'un homme seul. En utilisant le plus haut grade de ce plan, Sarkozy surjoue le Président protecteur et actif. Il démontre en fait qu'il est inapte à gouverner, incapable qu'il est d'adapter les moyens aux faits.

On voit Hollande, qui pour le coup me fait penser à ce film sur une campagne électorale où l'un des candidats convoque un journaliste pour lui apprendre qu'il va faire un don anonyme important à une association afin que tout à la fois la basse populace soit au courant du don mais qu'en plus le candidat le fait en ne voulant pas que cela se sache qui a assisté dans une école - comme le fait Sarkozy - à une minute de silence en ne disant pas dans quelle école il sera. 

Pour ajouter à la preuve que cette suspension n'est en rien une suspension, Eva Joly a proclamé, elle aussi la suspension de sa campagne mais voici ce que dit Duflot des paroles de Sarkozy qui, bien qu'ayant suspendu sa campagne, fait de la politique (Le NouvelObs) : La secrétaire nationale d'EELV, Cécile Duflot, critique sur Twitter les propos de Nicolas Sarkozy, qui a expliqué à des collégiens que la tuerie de Toulouse aurait "pu se passer" dans leur établissement, estimant "qu'on ne parle pas ainsi à des enfants".

Duflot ne suspend donc rien du tout.


Bayrou a, lui, décidé d'aller à Toulouse mais sans prendre la parole publiquement la laissant à l'ancien maire de la ville, plus indiqué pour cela, Douste Blazy. Il a participé à l'office religieux et n'a pas annulé son meeting de Grenoble, mais en a changé la nature.


Parfois on voit que Mélenchon et Bayrou se rejoignent. Voici la déclaration du candidat du FdG, pour laquelle je suis aussi d'accord bien que ce soit un autre point de vue. Le Figaro : Mélenchon va poursuivre sa campagne

« Il ne faut pas mettre notre bouillante démocratie entre parenthèses du fait d'un odieux dégénéré assassin », a-t-il ajouté. « Nous ne sommes pas à la merci d'un dégénéré, il ne fait pas la loi, il ne nous impose pas son rythme, nous le rattraperons et il paiera », a-t-il insisté. « Des dégénérés criminels ne doivent pas avoir l'illusion qu'ils puissent acquérir une espèce de notoriété de l'infâme, en ayant réussi à bloquer tout le pays en ayant assassiné des enfants ». « Cette violence, personne ne pouvait l'imaginer en France », a-t-il observé. « C'est un grand changement, il faut réfléchir et trouver les moyens de répliquer ». Ce à quoi a répondu Bayrou indirectement : «  Ce n'est pas avec une parenthèse de trois jours qu'on y mettra un terme (à l'intolérance). Je ne pense pas à ces évènements de façon électorale mais de façon nationale. Ce climat d'intolérance croissant, il faut y mettre un terme. »

Bayrou a donc décidé de maintenir son meeting à Grenoble, une sorte de symbole en ce même lieu du fameux discours du 30 juillet 2010 stigmatisant de Sarkozy où il annonçait des Français à deux vitesses devant la loi : la déchéance de la nationalité. Aujourd'hui il vient nous dire que nous sommes tous des Français de même nature. A regarder cette vidéo, on se dit que Bayrou a bien fait de parler.

 

« La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un fonctionnaire de police ou d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique. »

C'était en pleine période de la destruction des camps Roms.


Donc Bayrou ne suspend pas sa campagne, même s'il l'a modifiée par deux fois : sa présence à Toulouse et la modification de son discours à Grenoble. Les psychologues nous disent, tout le monde dit que rien n'est pire que le silence après un choc terrible. Le silence, celui qui est un hommage, ne dure qu' une minute. Une minute pour rendre hommage, mais non pour ne pas parler le reste du temps, mais non pour taire ses émotions et taire ses interrogations et taire sa soif de comprendre. Suspendre la campagne est en fait une erreur manifeste. Une erreur car cela ne rend en rien hommage aux victimes. Une erreur car cela ne permet en rien de modifier le cours des choses, ni passées, ni futures. Une erreur car elle interdit justement de parler du fait, elle l'exclut de la campagne. Bayrou a été insulté violemment par Juppé, le repris de justice, en parlant d'attitude immonde. Hollande lui, comme à son habitude, a évacué le problème. Ce n'est pas le moment d'en parler, mais en ajoutant qu'il fallait réfléchir aux causes. La chèvre et le choux. Attaquer Bayrou mais récupérer ses paroles à son profit.


Bayrou a transformé son meeting qu'il a maintenu par respect pour ceux qui avaient l'intention d'y assister, qui n'étaient en rien responsables du massacre. Bayrou a en fait aussi respecté les victimes en parlant d'elles, en voulant que la compassion et la solidarité à leur famille ne soit pas la sienne isolée mais celle de toute une salle. Il a aussi respecté le besoin des personnes présentes qu'on leur parle de cette horreur et que l'on ne l'évacue pas parce que soit disant ce n'est pas à faire - et selon quels critères s'il vous plaît ? -. Il était légitime d'en parler, il était impératif d'en parler, il était légitime qu'il pose les bonnes questions comme tous les journaux étrangers l'ont fait, sauf nos journalistes Français, de savoir si le climat délétère qu'a laissé, si ce n'est aidé à, se développer en France le pouvoir.

La suspension de la campagne est non seulement hypocrite car virtuelle (on les entend toujours), car elle n'est qu'une autre manière insidieuse de faire campagne, mais en plus elle occulte la discussion, empêche le droit légitime de parler de cette horreur et de l'analyser, et en réalité méprise les Français et ce qui peut paraître paradoxale sans l'être, est une insulte aux victimes et non un hommage confondant la minute de silence et sa nécessité, son fond, son origine, sa signification, avec une suspension de campagne qui n'a pas de sens réel si on y réfléchit un peu comme l'ont fait au moins Mélenchon et Bayrou.

 

 

Il nous reste cinq semaines pour nous débarrasser de ce pouvoir. Souvenons-nous à chaque instant de cette campagne qu'Eric Woerth a été mis deux fois en examen dont une pour recel de financement illégal de parti ce qui est une forte suspicion de l'illégalité de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 et donc l'illégalité de son élection. Trouvez aussi ici la vraie timeline de Sarkozy (journal Facebook) Faisons notre Révolution en 2012, et avant si possible. Et votez en conscience après avoir lu ce livre des méfaits du clan Sarkozy Le Sarkozyland et ses méfaits(epub) ou Le Sarkozyland et ses méfaits(issuu)

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L'empreinte "eau" d'un Français : 1.800 m3 par an

Publié le 25 Mars 2012 par Thierry BILLET dans Environnement

L'excellente lettre d'information "Univers nature" fait le point sur "l'empreinte eau" des Français.

Alors que se tient actuellement le 6ème Forum mondial de l’eau, du 12 au 17 mars à Marseille, les débats sur l’épineuse question de la disponibilité en eau potable et sa répartition à l’échelle mondiale se succèdent. En effet, bien que 70 % de la surface de la planète soit couverte par les océans, seulement 3 % de l’eau sur terre est douce, ce qui en fait une denrée rare et précieuse puisque vitale. Or, selon le WWF, 23 pays s’accaparent actuellement les deux tiers des ressources mondiales, pendant que 26 autres Etats, soit 250 millions d’habitants, sont en situation de pénurie. Précieuse, la ressource eau l’est à plus d’un titre. Notre mode de vie moderne nous a rendu encore plus dépendants d’elle, multipliant les motifs d’exploitation (besoins vitaux, habitat, alimentation, agriculture, production de biens et de services, moyens de transports etc).

Mais, comme dans de nombreux domaines, se pose désormais la question de la durabilité de l’exploitation que nous faisons de la ressource eau. Pour évaluer nos besoins, une notion a été créée : l’empreinte eau. Concrètement, l’empreinte eau d’un individu, d’une communauté ou d’une entreprise correspond au volume total d’eau douce utilisé pour produire les biens et les services consommés par l’individu ou la communauté, ou produits par l’entreprise. Une étude, financée par le WWF et réalisée par l’Université de Twente (Pays-Bas), s’est intéressée aux spécificités de l’empreinte eau de la France.

Selon celle-ci, l’eau utilisée sur le territoire français pour la production de biens et de services est de 90 milliards de m3 par an. Les cultures agricoles pèsent pour 86 % de cette empreinte eau, dont les céréales en représentent 50 %. En raison de leurs besoins en irrigation notamment pour le maïs, le Midi-Pyrénées et l’Aquitaine sont ainsi les deux régions présentant la plus forte empreinte eau bleue (consommation des eaux de surface et des eaux souterraines). Par ailleurs, si l’on tient compte de l’eau utilisée à l’étranger pour la fabrication de produits importés et consommés en France, 47 % de l’empreinte eau française est liée aux importations. Cela implique que la France dépend presque de moitié de l’étranger pour son approvisionnement en eau.

Au final, l’empreinte eau d’un consommateur français est estimée à 1 786 m3 par an, soit l’équivalent du volume intérieur de deux Boeing 747. 36 % de cette empreinte est à mettre sur le compte de la consommation de viande (via le maïs et le soja pour l’alimentation du bétail).  

Cécile Cassier

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Semaine du développement durable : c'est lundi 26 !

Publié le 24 Mars 2012 par Thierry BILLET

Tout le programme de la semaine du développement durable est sur le site internet de la Ville.

A partir de Lundi 26 mars, une foultitude d'initiatives :

http://www.annecy.fr/650-semaine-du-developpement-durable-2012.htm


A noter par exemple la soirée du CAUE dans le cadre de "Ville des Alpes 2012" :


“Ville-paysage, eau et biodiversité"
Jeudi 29 mars 2012 à 19h30
MJC de NOVEL - place Annapurna à Annecy

• L’éco quartier du Raquet à Douai : l’eau ciment de la cohésion urbaine et sociale alimente un parc horticole mettant en scène l’agriculture urbaine.
• Parc technologique de la Haute Borne à Villeneuve-d’Ascq et son quartier d’habitat : entre zone inondable et espaces verts mutualisés.
Didier Larue, architecte-paysagiste, atelier LD - urbanisme-paysage Saint-Priest.
• Le vallon du Fier : réaménagement entre le Pont de Brogny et le Pont de Tasset : trait d’union de nature pour cheminer, flâner, pédaler, s’enrichir… entre villes et rivière.
Christophe Veyrat-Parisien, architecte-paysagiste, Point de Vue Paysages, Annecy-le-Vieux.

 

• Film : Les thermes de Vals, véritable harmonie entre la nature et un bâtiment, entre des corps et, un décor d’eau et de pierre…

Architecte : Peter Zumthor Richard Copans, réalisateur - ARTE

 

Débat avec Arnaud Dutheil, directeur du CAUE et Virginie Serain, Maison de l’Architecture.

 

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Le scientifique et les pêcheurs

Publié le 23 Mars 2012 par Thierry BILLET

Quand un scientifique pédagogue rencontre des pêcheurs qui connaissent leur sujet, cela donne un moment de pur bonheur. Ce fut le cas ce mardi lors de la conférence de Martin DAUFRESNE du CEMAGREF qui a présenté son étude sur le lien entre le réchauffement climatique et la taille des poissons de manière complète sans masquer la difficulté des raisonnements scientifiques, et, au contraire en montrant comment cette complexité était au coeur de la démarche d'élaboration d'une hypothèse puis de sa validation rigoureuse pour aboutir à la confirmation que le réchauffement de l'eau a un impact négatif sur la croissance des individus.

Quand, en écho à cette présentation rigoureuse, Christian GUIRAUDON, président d'ANNECY LAC PECHE, prend la parole pour expliquer concrètement ce que les pêcheurs du lac d'ANNECY constatent tant dans leur pêche sur le lac que sur la taille des alevins élevés dans la pisciculture et qu'on y ajoute la variable de l'évolution du phytoplancton avec lequel les poissons sont nourris à la pisciculture; mais aussi toutes les observations de terrain sur la taille des brochets, la modification de l'alimentation des truites lacustres, le "nanisme" des nouvelles générations de corégones...

On se trouve en plein débat de science citoyenne.

Et quand le nouveau directeur de l'INRA de THONON LES BAINS se prête au jeu, et accepte à brûle pourpoint de donner l'éclairage de l'Institut qui assure le suivi scientifique du Lac depuis des décennies, on a le sentiment de vivre un moment rare, où les scientifiques et les acteurs de terrain partagent leurs connaissances et leurs observations pour faire naître de nouvelles hypothèses de travail, valider des protocoles de recherche...

Bref, envisager les moyens d'une meilleure connaissance des phénomènes climatiques sur le lac et donc les moyens d'une adaptation plus pertinente du Lac à l'urgence climatique.

Si "Ville des Alpes 2012" n'avait servi qu'à permettre cette rencontre, cela aurait suffi à rendre cette distinction utile à la Ville et au lac.

La salle Yvette MARTINET était pleine; elle l'a été encore plus le lendemain à propos du Plan climat de la Ville et du scénario NEGAWATT : j'y reviendrai.

 

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BAYROU, 3° personnalité la + populaire

Publié le 22 Mars 2012 par Thierry BILLET

François Bayrou a gagné 5 points de popularité en mars, ce qui lui permet de conforter sa troisième place du tableau de bord Ifop pour Paris-Match publié mardi, derrière Nicolas Hulot et Jacques Chirac, mais loin devant tous les autres candidats à la présidentielle.

M. Bayrou, qui totalise 70% de bonnes opinions, devance largement Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) qui, à la 10e place, enregistre la plus forte progression du mois: 8 points. (...)

En tête du classement, Jacques Chirac (71%, +1 point) cède la première place à Nicolas Hulot (73%, +3). Christine Lagarde (64%) et Alain Juppé (62%) gagnent 2 points, devant Bertrand Delanoë (61%, -1).

Jean-Marie Le Pen est toujours lanterne rouge avec 18% (-1).

Sondage réalisé par téléphone les 15 et 16 mars auprès d'un échantillon de 1.005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

PARIS, 20 mars 2012 (AFP) -

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