Malgré l'arrêt de 8 réacteurs nucléaires, l'Allemagne n'a pas développé le charbon...
Contrairement aux prévisions, et même à des affirmations, de beaucoup de spécialistes de l'énergie, l'Allemagne n'a pas eu recours au charbon pour compenser l'arrêt de 8 de ses 17 réacteurs en 2011. Et n'envisage pas de le faire, selon une étude de l'Iddri, à paraître la semaine prochaine.
« La fin du nucléaire en Allemagne passe par le charbon », titrait en octobre dernier Le Monde, relayant une idée très généralement répandue. Faux ! affirme Andreas Rudinger, chercheur à l'Iddri, Institut du développement durable et des relations internationales, qui vient de plancher sur le sujet. « En volume, la production d'électricité à partir de houille et de lignite est restée quasiment stable en Allemagne l'an dernier, avec une hausse de 1,7%, selon les chiffres que vient de publier l'industrie énergétique allemande (AG-Energiebilanzen 2011) », souligne-t-il. Même si le charbon continue à se tailler la part du lion dans le mix électrique allemand en représentant 44% de l'électricité produite (50% en 2001). Quant aux autres sources d'énergies fossiles (gaz et pétrole), émettrices également de gaz à effet de serre, leur volume a même légèrement baissé en 2011, les centrales gaz produisant environ 14% du courant outre-Rhin.
60% du nucléaire arrêté a été compensé par les renouvelables
Au total, la part d'électricité d'origine fossile est passée de 57 à 58% malgré le recul du nucléaire de 22,3 à 17,6% de la production électrique.
L'Allemagne n'a pas augmenté son recours au charbon, ni au gaz, pour compenser l'arrêt de 8 de ses 17 réacteurs, décidé brutalement au printemps dernier après Fukushima. Le pays a pourtant ainsi
renoncé à 23% de son électricité nucléaire, qui représente elle-même 23% de l'électricité produite outre-Rhin. Soit, en 2011, 32 térawattheures (TWh) à remplacer.
60% de cette électricité a été fournie par des énergies renouvelables (éolien et solaire), dont la production a bondi de près de 20% en 2011, Un
tiers de cette électricité nucléaire non produite a été "fournie" par une détérioration des échanges d'électricité avec ses voisins. Ses importations ont augmenté de 18,5% tandis que ses
exportations ont reculé de 6,5%, mais au total l'Allemagne est restée exportatrice nette d'électricité. Enfin 1,9 TWh (6% de la production à compenser) n'a pas été consommé. La demande allemande
d'électricité a baissé de 0,3% en 2011.
Pas d'augmentation inévitable des centrales thermiques
Et l'Allemagne ne compte pas sur de nouvelles centrales à charbon pour pallier l'arrêt progressif de ses réacteurs d'ici 2022, ajoute Andreas
Rudinger. « En regardant de plus près les scénarios énergétiques sur lesquels est fondé l'Energiekonzept [politique énergétique adoptée par le gouvernement allemand en septembre 2010], on
s'aperçoit ainsi que les centrales fossiles actuellement en construction (pour une puissance cumulée de 10 GW) visent en premier lieu à remplacer des centrales vétustes et polluantes par des
centrales plus efficaces pour se conformer à la directive européenne sur les émissions de polluants atmosphériques et à réduire la part des centrales thermiques à charbon au profit de centrales à
gaz et à cogénération », écrit le chercheur dans une étude qui sera publiée par l'Iddri la semaine prochaine.
Et il table sur la persistance de cette situation. « Sous l'hypothèse d'une poursuite des mesures de maîtrise de la demande d'électricité et d'un
rythme de développement des énergies renouvelables similaire aux années précédentes, il semble par conséquent envisageable que l'Allemagne compense la sortie du nucléaire sans recourir davantage
aux centrales à charbon et à gaz et sans remettre en cause la réalisation des objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre », conclut-il.
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Marie-Caroline Lopez
Lionel TARDY candidat de la majorité présidentielle, mais laquelle ?
Lionel TARDY a fait distribuer son premier tract électoral.
Vous chercherez partout le logo de l'UMP sans le trouver...
Et Lionel - qui est cornaqué par l'UMP depuis avant son élection de 2007 - nous refait le coup de son apolitisme : l'important ne serait pas d'être de gauche, du centre ou de droite... En clair, il pourrait être tout cela à la fois...
N'était-il pourtant pas dans le groupe des députés UMP ces cinq dernières années ? J'avais pourtant cru que oui.
Trop drôle quand on constate que faute d'assumer son parti, il affirme faire « parti » des trente députés les plus actifs à l'assemblée nationale et des dix plus frondeurs de la majorité : il devrait plutôt en faire « partie » pour mieux respecter l'orthographe.
En tous cas, Lionel TARDY se revendiquant d'ores et déjà être le candidat de la majorité présidentielle, il n'est pas sûr de retomber sur ses pieds : le problème sera de savoir qui sera le prochain président.
Pas sûr du tout que Lionel TARDY puisse encore se présenter de la même manière après le 6 mai, il a raison de terminer ses réunions publiques de bilan le 25 avril.
Ensuite, il devra, je l'espère !, se présenter comme le candidat de la minorité présidentielle... Beaucoup moins emballant si il doit faire face à une réelle alternative législative.
"Ma plus belle rencontre en politique, c'est Cohn Bendit"
Une vidéo sympa de Jean-Luc BENNAHMIAS toujours aussi spontané et sans langue de bois... Pas étonnant qu'il s'entende bien avec Dany.
Réserves stratégiques de pétrole, une mesure électorale selon BAYROU
"Cela ne peut être qu'une solution vraiment de très court terme, de quelques jours à peine, de semaines peut-être. Cela peut être utile en période électorale", a-t-il dit sur Canal +.
"Mais sur le long terme, la vérité oblige à dire que le prix de l'essence continuera à monter parce que du pétrole, il y en a de moins en moins et qu'il est de plus en plus cher à extraire", a souligné le candidat du MoDem.
François Bayrou a également estimé que l'"adaptation" des taxes prélevées par l'Etat sur l'essence, préconisée par le candidat socialiste François Hollande, n'est aussi qu'une "solution de court terme".
"La seule chose à faire", a-t-il dit, est d'oeuvrer en direction de "l'isolation" des bâtiments et de soutenir les recherches pour mettre au point des moteurs de véhicules de faible consommation ou électriques.
"C'est sur le long terme que l'on a besoin de réfléchir pour faire face au renchérissement du prix du pétrole. Si quelqu'un croit qu'il existe une solution miracle qui fera baisser le prix de l'essence, je lui dis avec sérieux que ce n'est pas vrai", a-t-il conclu.
Verts et UMP retoquent le Schéma régional du climat
Le vice président et rapporteur vert qui a piloté pour la Région le schéma régional climat air énergie présente son rapport au nom de l'exécutif...puis annonce qu'il votera contre le rapport qu'il vient de faire... sur un dossier qu'il dirige depuis des années pour le compte de la Région.
Les débats d’assemblée obéissent à certaines règles. Dans l’assemblée régionale comme au Palais Bourbon, on assiste à des
batailles d’amendements, des effets de manches et parfois des coups de théâtre.
Vous l’avez peut-être lu dans la presse cette semaine, la Région devait aujourd’hui se prononcer sur le Schéma régional
Air Climat Energie (SRCAE). Le Vice-président Europe Ecologie-Les Verts en charge de ce rapport et qui en a conduit les travaux pendant un an l’avait dit : il le
présenterait mais voterait contre. Paradoxal.
Un Vice-président qui expose en tribune la position favorable de l’Exécutif, avant d’annoncer la minute suivante sa position
personnelle, défavorable, il y a de quoi en perdre son latin.
Mais avant d’assister à cette étrange présentation, notre assemblée a dû se prononcer sur une question préalable déposée
par le groupe EELV demandant que ce rapport ne soit pas examiné.
Saluer la procédure de concertation qui a permis l’élaboration de ce SRCAE, reconnaître l’engagement de tous, élus, services,
citoyens, et demander que ce schéma ne soit pas examiné et débattu par l’assemblée, voilà une bien curieuse conception de la démocratie, du débat, et du respect des
partenaires.
Un texte peut parfaitement ne pas nous convenir, il est toujours possible de déposer des amendements pour le modifier – ce que n’a pas souhaité faire le groupe EELV –
ou encore de voter contre.
L’assemblée a donc voté sur cette question préalable. Elle a choisi de reprendre sereinement son travail, et le débat a,
heureusement, pu avoir lieu. Chacun a pu s’exprimer, échanger, amender, voter.
Notre groupe a choisi d’approuver ce schéma, avec des réserves, certes – nous n’avons jamais prétendu que tout
était parfait – pour permettre de progresser rapidement sur les objectifs fixés.
L’affaire aurait pu s’arrêter là. Mais trop heureuse de la situation la droite régionale en a profité pour voter contre
ce Schéma pour faire « un coup ». Résultat des courses : le schéma a donc été rejeté. Les actions programmées en faveur de la réduction des émissions de gaz à
effet de serre attendront.
L’urgence à agir en matière de climat attendra donc parce que certains s’amusent dans l’hémicycle et d’autres préfèrent ne pas avancer du tout
tant qu’ils n’ont pas obtenu pleine satisfaction. Les Rhônalpins apprécieront.
L'empreinte écologique, kézaco ?
Le concept d'empreinte écologique est devenu d'usage courant.
Pour autant, de quoi s'agit-il exactement ?
Cette émission du "dessous des cartes" l'explique de manière remarquable.
"La solidarité écologique, ce lien qui nous oblige"...
«Regarder au-delà de l’horizon visible pour construire, par une convergence des luttes, aujourd’hui cloisonnées et
sectorisées, pour le bien-être humain, la justice sociale et l’enjeu écologique, un futur souhaitable pour tous»: c'est ce que proposent Emmanuel Delannoy,
directeur de l’institut Inspire, et Annabelle Jaeger, conseillère
régionale EELV déléguée à la biodiversité en Provence-Alpes-Côte d'azur.
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La solidarité écologique. Ce lien qui nous oblige, ce livre de Raphaël Mathevet (1), nous invite à dépasser les débats entre protection et gestion de la nature, esthétisme et utilitarisme, éthique antropocentrée ou écocentrée; débats qui agitent un microcosme de spécialistes, chercheurs et acteurs de terrain, sans jamais atteindre le grand public.
D’une certaine idée de la nature à l’irruption brutale du concept de biodiversité, puis à celui de «services rendus par les écosystèmes», pour avancer vers la notion d’interdépendance, revenons un moment sur cette évolution conceptuelle vers la solidarité écologique.
La nature, domaine sauvage ou patrimoine à gérer?
Dès la fin du XIXe siècle, s’opposaient ceux qui, avec John Muir, voyaient dans la nature un «domaine sauvage», à conserver en l’état, à l’abri de l’influence des hommes, et ceux qui, avec Giffort Pinchot, pensaient que l’homme devait être «l’intendant de Dieu», et gérer en bon père de famille ce «patrimoine naturel» qui lui avait été confié.
La première vision, celle d’une nature sacrée où l’Homme n’a pas sa place, n’a aucune chance de mobiliser les populations pour quelque chose dont elles seraient exclues.
La seconde vision, très utilitariste, pourrait conduire à ne voir dans le vivant que des «ressources naturelles», destinées à l’usage exclusif de l’homme. Cette vision occulte les propriétés fondamentales du vivant: les espèces évoluent, s’influencent mutuellement au sein des écosystèmes, dans une dynamique d’émergence et de rétroaction complexe.
La communauté du vivant
La situation semblait bloquée, entre ces deux points de vue, jusqu’à ce qu’en 1984, Edward O. Wilson invente un nouveau mot, «biodiversity», par contraction de «biological diversity». La biodiversité, ce «tissu vivant de la planète» au sein duquel gènes, individus, espèces et écosystèmes interagissent et coévoluent, représente bien plus qu’un glissement sémantique. Etant nous-mêmes vivants, nous sommes, humains, ainsi que nos activités, inclus dans la biodiversité, dont nous sommes à la fois le produit et un acteur déterminant. Les conséquences ne sont pas uniquement scientifiques, elles ont des répercussions d’ordre philosophique, et même «politique», au sens large.
Philosophique, car la «conservation» d’espèces ou d’écosystèmes pour ce qu’ils sont aujourd’hui devient moins essentielle que la préservation de leur diversité, de leur «fonctionnalité» et de leurs potentialités évolutives.
Politique, parce que la biodiversité est, à la différence de la nature qui était le domaine réservé d’une élite d’experts, une «chose publique», un enjeu de société devant faire l’objet d’une gouvernance multi-acteurs pour la préservation d’un bien commun dont l’humanité –et donc chacun– dépend.
Pour services rendus
Comment évaluer l’état de la biodiversité si la plupart de ses constituants nous sont encore largement inconnus? L’Evaluation des écosystèmes pour le Millénaire, étude d’envergure mondiale réalisée en 2005 sous l’égide de l’ONU, a cherché à évaluer, non ce qui constitue la biodiversité, mais ce qui en sort: les bienfaits que les populations humaines en retirent, ou les «services rendus par les écosystèmes».
Cette notion de services écosystémiques a le mérite de démontrer à quel point nous dépendons, pour notre survie, notre confort et notre bien-être, de la biodiversité. Nous bénéficions au quotidien du bon état et du bon fonctionnement des écosystèmes.
Cette interdépendance constitue une véritable «solidarité de fait»: nous sommes dans le même bateau.
Mais la solidarité écologique va au-delà encore de ce constat. De simple «solidarité de fait», elle se veut solidarité d’action, elle est un projet de territoire, un projet de société.
Un nouveau contrat social et naturel
Sa mise en œuvre suppose certains préalables. Notre mode de vie contemporain, dominé par l’artificialisation, la technologie et l’instantanéité, a pu laisser s’installer l’illusion que nous n’aurions plus besoin de la nature. Cette perte de lien entre l’humanité et sa matrice vivante, que Raphaël Mathevet appelle la déliance, nous conduit à voir le vivant comme quelque chose d’extérieur dont quelqu’un d’autre devrait s’occuper. A cette déliance doit s’opposer la reliance, qui suppose un programme d’actions éducatif, pédagogique et culturel. Il s’agit de renouer nos liens avec le vivant, de prendre conscience de notre interdépendance, de l’accepter pour préparer la nécessaire mobilisation.
Il s’agit aussi de reconnaître la pluralité des «valeurs» du vivant, et de concilier à l’impératif de gestion les valeurs éthiques, esthétiques, et existentielles du vivant, indépendamment de son éventuelle utilité pour notre espèce.
Un autre préalable est celui de la reconnaissance de la «dette écologique». Certains modèles de développement, certaines civilisations ont été plus prédatrices que d’autres. La richesse du Nord s’est aussi construite sur l’appauvrissement du Sud. La reconnaissance de cette dette écologique suppose de mettre en œuvre des mécanismes de régulation économique qui permettront à chacun de bénéficier des mêmes chances d’accéder à une vie digne.
Il s’agit là de solidarité dans le temps et l’espace. L’érosion de la biodiversité frappe d’abord les plus démunis; ceux qui retirent la grande majorité de leurs moyens de subsistance de la nature: agriculture vivrière, élevage, pêche... En prendre conscience et s’organiser pour y remédier relève d’un enjeu de justice sociale.
La solidarité écologique est ainsi un nouveau contrat, social et naturel. Elle suppose de regarder au-delà de l’horizon visible pour construire, par une convergence des luttes, aujourd’hui cloisonnées et sectorisées, pour le bien-être humain, la justice sociale et l’enjeu écologique, un futur souhaitable pour tous.
Avec la solidarité écologique, la pensée écologique a peut-être atteint, non pas sa fin (continuons à penser, ce travail-là ne sera jamais fini!), mais le début de sa maturité. Souhaitons simplement que sa mise en œuvre soit plus rapide que sa lente maturation.
(1) La solidarité écologique. Ce lien qui nous oblige, Raphaël Mathevet, éditions Acte Sud, janvier 2012
Le JAPON vit avec une seule centrale nucléaire
Berne (AP) — C'est ce lundi, selon la Fondation suisse pour l'énergie (FSE), que l'avant-dernière centrale nucléaire japonaise sera découplée du réseau. Avant l'accident de Fukushima, 54 centrales étaient en activité. Grâce à des mesures d'économie, le Japon peut quasiment se passer de centrales atomiques. Dès lors, la FSE demande au Conseil fédéral d'activer fortement les mesures d'économie d'énergie. Ces mesures devraient permettre d'économiser l'équivalent de la production des centrales nucléaires de Muhleberg et de Beznau, soit celles dont les réacteurs sont les plus anciens.
Après Fukushima, selon la FSE, et en raison de l'attitude de plus en plus négative de la population face au nucléaire, les installations ont été arrêtées les unes après les autres. Lundi 26 mars, c'est la centrale de Kashiwazaki-Kariha, dans la préfecture de Niigata, qui sera découplée du réseau. Il ne restera ainsi plus qu'une seule centrale en activité, selon la FSE, et cela sans qu'il y ait de coupures majeures.
Pour assurer l'approvisionnement, le Japon a lancé un plan d'économie devant réduire la consommation de 15 %. Beaucoup d'entreprises ont réussi à faire des économie bien plus importantes. Le grand groupe de communications Softbank a réussi en moyenne à réduire la consommation dans ses bureaux de près de 40 % La Citibank, selon la FSE, a pu réduire sa consommation de près de 20 % à son siège central de Tokyo. Les ménages ont également été priés de réduire leur consommation de 15 %.
(AP / 25.03.2012 22h16)
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