c'est personnel
Sauver la finance vaut mieux que sauver la planète ?
Pour Denis Baupin et Pascal Canfin (Les Verts)*, la crise financière a au moins la vertu de montrer qu'une mobilisation massive et qu'un aggiornamento idéologique était possible, et «constitue une opportunité historique pour inventer un nouveau mode de développement qui ne repose pas sur la maximisation du profit à court terme mais sur la recherche d'un développement soutenable pour la planète et qui maximise le bien être des êtres humains».
Une révolution d'envergure vient de se dérouler sous nos yeux au niveau planétaire. En quelques semaines, des forteresses inexpugnables sont tombées: des forteresses financières, mais aussi des forteresses idéologiques.
Dans la façon dont les Etats ont commencé à répondre à la crise financière, cinq étapes caractéristiques peuvent être identifiées :
1. Prise de conscience de la gravité de la situation et de l'urgence de la catastrophe potentielle
2. Reconnaissance que le «laisser faire», la brutalité de la main obscure du marché, ne peut que conduire à une aggravation de la crise, voire à saper les fondements même de nos sociétés
3. Mobilisation des pouvoirs publics perçus comme les seuls garants de la sortie de crise
4. Mise en place d'une coordination internationale encore insatisfaisante mais réelle, et définition de politiques publiques
5. Injection de moyens financiers massifs
Il est aujourd'hui trop tôt pour savoir si ce remède de cheval évalué aujourd'hui par le FMI à 1.500 milliards de dollars sera suffisant. Mais, pour nous écologistes, cette «révolution» constitue un précédent particulièrement intéressant. Car une crise écologique bien plus grave nous menace, qui, par bien des aspects, s'apparente dans ses mécanismes à la crise de la finance internationale et pour laquelle les mêmes étapes peuvent être dessinées.
1. Prise de conscience de la gravité de la crise : à entendre les dernières études des climatologues, l'évolution des concentrations de carbone dans l'atmosphère constatée depuis quelques années est plus grave que le pire des scénarios envisagés il y a seulement un an par le GIEC : les conséquences climatiques (cyclones, sécheresses, montée du niveau de la mer...) et humaines (famines, réfugiés climatiques...) défient tous les scénarios élaborés jusque là ; à écouter nombre de géologues, la déplétion des ressources pétrolières (et de nombre d'autres matières premières) serait engagée ou tout le moins imminente, pouvant entraîner un accroissement brutal des prix de l'énergie aux conséquences géopolitiques (guerres), économiques et sociales majeures ; quant aux experts en matière de biodiversité, ils n'hésitent pas à parler d'une 6e extinction des espèces, dont les conséquences agricoles, climatiques et sanitaires sont imprévisibles.
Il ne s'agit pas ici de faire preuve de catastrophisme, mais d'un minimum de lucidité sur le signal d'alarme lancé par la communauté scientifique. Il ne s'agit pas de faire peur, mais de faire face.
2. Comme la crise financière, la crise écologique est l'échec d'une économie tournée uniquement sur la maximisation du profit à court terme. La confiance quasi religieuse dans le libre marché et dans l'impératif irréaliste d'une croissance continue et infinie ne peut que conduire à rencontrer, à un moment ou un autre, les limites physiques de la biosphère et des ressources énergétiques. De même que le marché a créé artificiellement des bulles (Internet, immobilier, ...) qui laissent croire qu'on peut vivre au-dessus de nos moyens et qui finissent toujours par exploser, nous vivons depuis près de 30 ans dans une « bulle écologique » (l'empreinte écologique de l'humanité est devenue supérieure à notre seule planète Terre !) dont « l'explosion » potentielle menace notre avenir collectif.
Là où une économie « économe » de nos ressources, parce que basée sur des équilibres de long terme, peut organiser la préservation des ressources et leur utilisation durable, une économie basée sur le profit à court terme de quelques uns conduit au gaspillage, et par voie de conséquence à la privation du plus grand nombre.
3. Il n'est donc pas surprenant que la grande majorité des scientifiques (du GIEC aux experts énergétiques ou de la biodiversité) et des responsables politiques les plus lucides (d'Al Gore à l'ONU) en appellent à la responsabilité des pouvoirs publics seuls capables de faire passer nos sociétés et nos économies du gaspillage à la sobriété, du pillage des ressources à leur préservation, d'une économie sauvage du chacun pour soit à une économie civilisée de coopération.
4. Pour cela, comme pour la crise financière, émerge l'impératif d'une gouvernance planétaire face à la crise. D'une certaine façon, le Sommet de la Terre à Rio, le protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique en sont les précurseurs. Mais il s'agit maintenant de passer de l'expérimental au pérenne : éradiquer la pauvreté ; organiser la réduction des gaz à effet de serre en partageant équitablement les quotas d'émission entre pays ; mettre en place les dispositifs économiques pénalisant les gaspillages et favorisant les comportements vertueux ; protéger la biodiversité en donnant une valeur économique au fait de protéger les biens naturels mondiaux comme les forets tropicales ; mais aussi partager équitablement les ressources énergétiques fossiles tout en développant les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique ; et anticiper la prise en charge équitable des futurs réfugiés climatiques en proportion des responsabilités de chacun dans la crise ... Voila autant de chantiers prioritaires pour une gouvernance mondiale qui tenterait d'éviter que la crise ne se résolve par la loi du plus fort, celle qui d'Irak en Géorgie, en passant par le Darfour, conduit les superpuissances à s'accaparer militairement le contrôle des ressources énergétiques.
5. Cette mutation, elle aussi, nécessitera l'injection de moyens certes massifs, mais qui, au regard des centaines de milliards injectés en quelques semaines pour sauver le système financier, apparaissent particulièrement raisonnable. Ainsi, l'économiste Nicholas Stern a chiffré à 2% du PIB mondial d'ici 2050 les moyens nécessaires pour lutter contre le dérèglement climatique. Soit autour de 1 000 milliards de dollars sur 40 ans là où la crise financière a déjà 1.500 milliards de dollars en quelques mois !!!
Depuis la crise financière, nous savons dorénavant qu'un tel scénario est réalisable. Elle constitue une opportunité historique pour inventer un nouveau mode de développement qui ne repose pas sur la maximisation du profit à court terme mais sur la recherche d'un développement soutenable pour la planète et qui maximise le bien être des êtres humains. Ne reste qu'une question : les chefs d'Etat des pays riches sont ils capables de faire preuve de la même volonté politique pour sauver la planète que pour sauver la finance?
Denis Baupin, membre du conseil national des Verts, maire adjoint de Paris au développement durable
Pascal Canfin, responsable de la commission économie des Verts
Le Grenelle est renié, RV à Bruxelles !
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Avec le système de bonus-malus écologique mis au placard par le président de la République, ce n'est pas seulement le numéro deux du gouvernement, Jean-Louis Borloo, qui reçoit un camouflet, c'est le Grenelle de l'environnement qui est touché au coeur. Cette disposition n'était, certes, qu'une des 273 mesures arrêtées par les négociateurs du Grenelle, dont le gouvernement et les entreprises.
Mais cette amorce de fiscalité verte changeait de logique : établir un "juste prix" des produits de consommation en y intégrant enfin les contraintes écologiques. Sans être une panacée, tant son extension à tous les biens et services pose de problèmes techniques, le bonus-malus devait envoyer un signal clair : réorienter la consommation vers le moins polluant et le moins énergivore, le recyclable et le durable, inciter les industriels à changer leur offre selon des critères écologiques que le marché est incapable de fournir. Autrement dit, rendre moins cher le mieux et plus coûteux le pire.
Le résultat ne s'est pourtant pas fait attendre : encalminée dans ses archaïsmes productivistes et indifférente au bien commun, la majorité UMP, rejointe dans sa croisade démagogique par l'opposition socialiste, y a opposé le front de boeuf du refus. Manque de moyens ? La défiscalisation des agrocarburants, aberration écologique et sociale, coûtera près de 900 millions d'euros pour la seule année 2008 ! Les banques centrales occidentales ont dépensé en quelques jours plus de 400 milliards d'euros de fonds publics pour tenter de réparer les dérives du laisser-faire financier. Combien nous coûtera le laisser-faire environnemental ?
0r Nicolas Sarkozy. Il se faisait fort de montrer l'exemple lors de sa présidence européenne et promettait de placer la France à l'avant-garde du combat environnemental. Le président, son gouvernement et sa majorité restent décidément dépourvus de la consistance, de la constance, de l'ambition et du courage que requiert l'impératif écologique et social.
Bel exercice d'hypocrisie de communication aussi. On dit accepter un principe dont on refuse l'application. Le renvoi à une commission Théodule signe en réalité l'arrêt de mort de cette innovation. On nous a déjà fait le coup avec l'enterrement de la taxation de l'énergie (la contribution climat-énergie) par l'intermédiaire d'une commission d'étude... qui ne s'est jamais réunie ! Comme par hasard il s'agissait, là aussi, d'une mesure fiscale structurante, ne visant pas à accabler consommateurs et entrepreneurs mais à les conduire à une autre répartition de leurs budgets et leurs investissements. Choix radical, il est vrai.
RÉGULATION ET SOBRIÉTÉ
Cet épisode navrant déconsidère l'esprit du Grenelle de l'environnement. Il ne peut que conforter le choix que nous avons fait de porter l'impératif écologique au coeur des prochaines élections européennes en construisant avec Daniel Cohn-Bendit l'Alliance pour une Europe écologiste. Nous avons participé à la négociation du Grenelle avec le collège associatif ; nous sommes convaincus qu'il faut désormais traduire politiquement la prise de conscience et la mobilisation de nos concitoyens au bon niveau : celui de l'Europe, notre maison commune.
L'issue à la crise et la métamorphose possible de nos sociétés ne se confondent décidément pas avec les vieux partis de droite, de gauche et du centre dont la matrice puise dans une époque révolue, celle de la révolution industrielle, de l'abondance infinie des ressources et des illusions d'une croissance aveugle.
A l'inverse, les maîtres mots de la nouvelle offre politique que nous proposons sont régulation et sobriété, solidarité, équité et partage, démocratie et citoyenneté. Des mots auxquels nous nous efforcerons de redonner sens en les traduisant en actes à Bruxelles, au sein du Parlement européen, contrairement aux reniements que le gouvernement impose aux conclusions du Grenelle.
Jean-Paul Besset et Yannick Jadot sont membres du bureau exécutif de l'Alliance pour une Europe écologiste.
José Bové, pour l'union des écologistes
José BOVE était ce week-end à ANNECY.
Grâce à Simone DALEX, j'ai pu m'entretenir un moment avec lui.
Nous avons évoqué les Européennes.
José souhaite manifestement aller au bout de la démarche de rassemblement des écologistes.
Pour la grande région SUD EST, il m'a indiqué que la tête de liste serait certainement Michèle RIVASI, maire adjoint de VALENCE et conseillère générale de la DROME.
Une bonne nouvelle donc.
Après l'échec des présidentielles, il est temps de construire une offre politique attractive à la hauteur de l'enjeu environnemental.
Pour une autre politique agricole

Grâce à l'énorme travail militant fourni au plan local par les AMIS DE LA TERRE & la CONFEDERATION PAYSANNE, les deux jours organisés à l'occasion du Sommet des ministres européens de l'agriculture a été un grand succés.
Près de 1.000 personnes dans les ateliers et conférences de Samedi au Boulodrome, sans doute 3.000 manifestants cet après-midi sur la PAQUIER pour former en lettres immenses les lettres de "CHANGER LA PAC" sur fond de lac d'ANNECY.
On ne peut que se féliciter de cette réunion de militants, agriculteurs, consommateurs et écologistes autour de la revendication d'une agriculture de qualité qui respecte l'environnement et rémunère correctement le travail des paysans, au lieu de dispenser des aides aux céréaliers et de poursuivre dans la voie de l'intensification des pratiques culturales dont le dernier avatar est celui des agrocarburants, responsables de la tension sur les prix des matières premières agricoles de cette année.
Le problème c'est que le Ministre de l'agriculture en FRANCE est le secrétaire général de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) qui est dirigée par les céréaliers et autres betteraviers de moins en moins nombreux, mais de plus en plus puissants du fait de la concentration des productions.
En HAUTE SAVOIE, et le débat organisé par les VERTS avec Alain LIPIETZ ce vendredi l'a bien illustré, la FDSEA est en complet décalage avec la politique de la Fédération nationale.
Sans rentrer dans les débats très techniques des "droits à paiement unique" ou du recouplage entre les aides et la production (aujourd'hui, même si il arrête sa production l'agriculteur continue de toucher les subventions de l'Union européenne...), la FDSEA 74, comme la Confédération paysanne partagent le constat que le territoire n'est pas géré de la même manière par des petits agriculteurs que par des gros.
Nous sommes encore en HAUTE SAVOIE dans une agriculture qui ayant privilégié les productions fromagères de qualité rémunère correctement l'agriculteur et permet de maintenir une agriculture familiale efficace.
Mais les menaces sont là.
La Politique agricole commune doit intégrer le volet environnemental et celui de l'aménagement du territoire : dans ce débat européen, Michel BARNIER reprend la logique d'une agriculture productiviste tournée vers l'exportation.
Exactement l'inverse de ce que nous souhaitons.
Si les médias s'y mettent...
FRANCE INTER
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16 septembre
En France, le pôle écologiste est en train de naître.
Il se passe en ce moment chez les verts exactement l’inverse de ce qui se passe au PS et, il faut bien l’avouer, exactement l’inverse de ce qui se passe d’habitude chez les verts depuis des années, puisque dans le mouvement écologiste français, l’amateurisme politique disputait le pointillisme idéologique. Aujourd'hui, la galaxie écologiste est en train de se réunir avec les élections européennes comme horizon. Daniel Cohn-Bendit revient avec son charisme un peu foutraque mais aussi avec cette capacité à agréger des écologistes séparés depuis longtemps : l’alter mondialiste José Bové, le médiatique Nicolas Hulot, des responsables de Greenpeace et même l’austère Eva Joly qui travaille depuis plusieurs années sur les questions d’aide au développement. Ce ne serait qu’une affiche étoilée de plus s’il n’y avait pas en même temps l’amorce d’une réflexion de fond.
Ces derniers temps, beaucoup d’idées écologistes ont été reprises, notamment par le gouvernement.
Mais les responsables écologistes, les responsables d’associations, qu’ils aient participé au Grenelle de l’environnement ou qu’ils l’aient boudé, ont évolué ces derniers mois. D’abord, avant le Grenelle et avant que les principaux candidats à l’élection présidentielle ne défilent devant Nicolas Hulot pour se faire apposer une pastille verte sur le front ; les écologistes étaient considérés comme de doux rêveurs ou des gauchistes mal dégrossis. Les différents ministres verts qui se sont succédés sur le pauvre marocain rabattable de l’environnement se bagarraient avec leur maigre budget. Aujourd’hui, la cause environnementale –c’est vrai - est reconnue par tous. Le ministre de l’environnement est le seul ministre d’Etat, mais le terme "développement durable" est tellement galvaudé qu’il désigne même l’action de prendre un Vélib’ou de fermer le robinet quand on se lave les dents.
Il se trouve que devant ce qui peut apparaître comme leur victoire idéologique, les écologistes sont nombreux à penser que l’urgence environnementale n’est pas réellement prise en compte. Nicolas Hulot, qui est très silencieux en ce moment, laisse parler ses amis. Ces derniers - comme Jean-Paul Besset - se sont rapprochés des verts et de Daniel Cohn-Bendit. Nicolas Hulot rejoint ceux qui estiment que la régulation écologique se heurte au laisser-faire du marcher. Celui qui voulait convaincre les libéraux de promouvoir une croissance dite soutenable met maintenant -dit un de ses proches- : « de plus en plus en avant l’incompatibilité entre les mesures nécessaires à l’écologie et le libéralisme ».
Est-ce cette évolution marque un virage à gauche du mouvement écologiste ?
Ce serait trop simple de le qualifier ainsi. Ils constatent simplement la limite du concept de croissance soutenable. Le projet de plate forme du pôle écologiste, qui est en train de naître s’oppose à « l’organisation productiviste, libérale, consumériste portée par l’idéologie de la croissance ». Donc, la notion de croissance soutenable est caduque. Les écologistes se rapprochent des théories établies dans les années 70 par l’économiste Nicholas Georgescu-Rogen, développées aujourd’hui par Serge Latouche. L’idée c’est que la croissance, qui a longtemps permis l’enrichissement et la répartition est maintenant plus un problème qu’une solution, surtout qu’elle se heurtera bientôt à la raréfaction des matières fossiles. Alors c’est vrai que ce concept séduit plus facilement des électeurs de gauche que de droite puisqu’il implique une certaine régulation par l’Etat. Mais, en même temps, il parait incompatible avec le programme des socialistes qui se donne toujours comme but la redistribution de richesses produites dans le cadre du marché et d’une croissance maximum. Bref, nous sommes à la veille, à gauche d’un débat de fond qui n’a eu d’équivalent que celui entre communistes et sociaux démocrates après guerre.
Maturité, maturité...
Devant le "Parlement" des Verts réunis à Paris, Daniel Cohn-Bendit a annoncé, samedi 13 septembre, qu'il est candidat à la candidature aux élections européennes de juin 2009.
Il hésitait jusqu'ici entre se présenter en France ou en Allemagne et conditionnait son accord au vote du Conseil national interrégional des Verts.
Or celui-ci a approuvé, à l'unanimité, sa proposition d'un rassemblement écologique qui irait de José Bové à des proches de Nicolas Hulot.
"Je suis candidat à une des deux têtes de listes de l'Ile-de-France. Ca peut être une femme, un homme ou un homme, une femme", a déclaré le coprésident des Verts au Parlement européen.
"Je suis Vert européen et je passerai par la procédure des Verts", a-t-il affirmé, ajoutant : "Vous voulez faire un référendum ? On fera un référendum. Vous voulez faire trois assemblées générales ? on fera trois assemblées générales. Pour moi, il n'y a aucune question".
"Je veux un oui franc et massif pour qu'on dise dans la société, "c'est incroyable, il se passe quelque chose, un événement historique dans la galaxie écologiste, ils deviennent matures et capables de s'élargir'". Si on est capable de démontrer cela dans la société, le résultat de 2009, sera mieux que le résultat de 1999", a-t-il lancé sous les applaudissements, en allusion aux 9,72 % de la liste qu'il avait alors menée en France aux européennes.
Et d'assurer : "Les Verts sont incontournables dans cette initiative".
Le texte de la délibération des VERTS est disponible à
http://lesverts.fr/article.php3?id_article=4177
Voilà qui tombe à pic après la publication d'une partie de mon entretien avec LE FAUCIGNY dans l'édition de cette semaine où je plaide pour le réalisme des VERTS, enfin !
Patrick SEBASTIEN
Je connais mal Patrick SEBASTIEN. Je ne regarde pas ses émissions.
Grâce à INTERNET, je découvre une autre facette de ce personnage tonitruant.
(...)
Interview donnée à TV8.
Les Verts, vers une maturité politique ?
Repris de MEDIAPART, cet entretien avec Cécile DUFLOT, secrétaire nationale des VERTS, avec Stéphane Alliès
Ce week-end, les Verts vont entériner lors de leur conseil national interrégional (Cnir) leur volonté de faire liste commune avec José Bové et des militants associatifs (Greenpeace, FondationN icolas-Hulot…), en vue des élections européennes. Cécile Duflot, secrétaire générale du parti écologiste, fait également le point sur les rapports entre les Verts et le parti socialiste, ainsi que sur le prochain congrès de son mouvement (en décembre), où elle brigue un
nouveau mandat.
À la dernière présidentielle, tout le monde a préempté l'écologie dans
ses programmes. L'écologie politique a-t-elle alors un sens?
Depuis le pacte écologique de Nicolas Hulot, tout le monde s'estattribué la thématique de l'environnement. Le tout était de savoir si tout le monde était vraiment devenu écolo, y compris les adversaires d'hier. Aujourd'hui, alors qu'un accord général s'est fait autour du diagnostic de la crise écologique, certains voudraient faire croire qu'on n'a plus besoin de l'écologie politique. Mais sur les réponses à cette crise, ce sont bien les écologistes politiques qui les portent, car ils sont encore les seuls à avoir un discours de rupture.
Vous êtes critique vis-à-vis du Grenelle de l'environnement. Mais
remettez-vous en cause les mesures qui en sont issues ou seulement
leur application?
Il y a un vrai point positif, c'est d'avoir réuni tout le monde autour de la table et d'avoir fait prendre conscience à tous les acteurs, patrons comme syndicats, de l'urgence de la crise. Mais la traduction concrète des discussions, ce sont surtout des reniements. Sur les OGM,mais aussi sur la question du fret ou des transports. Les conclusions pouvaient déjà paraître édulcorées à certains. Depuis qu'elles ont été passées à la moulinette des lobbies et des administrations, il y a une déprime post-Grenelle...
Etes-vous optimiste pour le devenir de l'écologie politique?
Nous entrons dans le troisième temps de l'écologie politique. Après le temps de la dénonciation et celui de la prise de la responsabilité, vient celui de la prise de conscience d'un profond changement. Le vrai résultat du Grenelle pour nous a été de se dire: «N'ayons plus peur d'aller jusqu'au bout de nos propositions. Ne soyons pas seulement ambitieux, mais aussi réalistes.» La dynamique que nous construisons pour les élections européennes vient également de ce constat-là, partagé par les responsables d'association: désormais, il faut que les réponses politiques soient à la hauteur. Non plus des petites adaptations à la réalité mais des réformes en profondeur.
Avec une liste axée sur l'environnementalisme pour les prochaines
européennes, les Verts reviennent-ils au «ni droite, ni gauche»?
Aujourd'hui, tout le monde, Nicolas Hulot compris, a conscience que la question environnementale n'est pas dissociable de la question sociale. L'écologie politique est une pensée différente, en rupture avec le libéralisme mais aussi avec le productivisme. Les solutions écologistes sont en dehors des vieilles grilles de lecture politiques.
Elles sont incompatibles avec le libéralisme de droite et aussi le libéralisme de gauche, qui ressemble souvent à celui de droite. Mais les écologistes ne peuvent passer d'alliances qu'à gauche car ils sont en accord avec l'héritage de la gauche, en termes d'égalité des droits et de justice sociale. L'écologie politique, c'est la régulation et la prévision à long terme.
Que peuvent apporter les associatifs aux Verts en matière politique?
Il y a une logique de partage. Les Verts ont un engagement qu'on ne peut leur contester. Mais l'engagement associatif est tout aussi important. Cette rencontre de deux manières de faire de la politique doit permettre de faire sens pour convaincre de la nécessité d'une radicalité écologique au niveau européen.
Cette dynamique peut-elle se prolonger après le scrutin européen?
Il faut avancer pas à pas et déjà réussir à mettre la question écologique au centre du débat électoral. Ensuite, est-ce que cela prendra une autre dimension, je l'espère. Mais c'est en n'ayant pas de préjugés sur l'issue de ce mouvement qu'on le construira de la meilleure manière possible, dans le respect des uns et des autres.
Comment exister politiquement au Parlement européen, face à la
cogestion des deux principaux groupes (Parti socialiste européen et
Parti populaire européen)?
Tout d'abord, il faut prendre conscience de ce qu'est le Parlement européen, le seul espace politique supra-national. C'est quand même dommage de voir comment en France il est considéré comme une maison de retraite par les autres partis. Le groupe Vert a une autonomie d'action certaine et une capacité de travail souvent bien plus forte.
Etant donné les champs d'intervention de l'Assemblée (environnement, pêche, agriculture), les eurodéputés Verts sont les plus concernés et se sont imposés au fil des ans comme une réelle force de proposition.
A nous maintenant de faire entendre une autre voix, fidèle à nos engagements anciens, comme le fédéralisme par exemple, dans la campagne européenne.
Est-il possible de s'autonomiser des socialistes au niveau européen,
tout en restant leur partenaire au niveau français?
Ce qui nous intéresse, c'est comment faire changer en profondeur notre modèle de développement. Cette question, elle se pose d'abord à nos partenaires. Même si François Hollande a eu un discours intéressant à notre université d'été, la route est encore longue sur nombre de questions (temps de travail, transports, agriculture, énergie). Et si
on ne prend pas le temps de discuter en détail de ce qui nous rapproche et de pointer nos désaccords, les alliances de bric et de broc réalisées à la dernière minute n'aboutiront à rien. A défaut d'accéder tout de suite au pouvoir, nous voulons peser le plus possible sur l'évolution de notre pays. Ce qui est tout à fait compatible avec notre démarche européenne.
Qu'attendez-vous de la nouvelle direction du PS qui va sortir du
congrès de Reims?
On a trop connu les divisions internes chez les Verts pour donner de quelconques leçons sur le débat démocratique au PS. Ce que j'espère, c'est que la discussion va continuer avec les socialistes, et pour cela il faut être deux. Mais ce que j'espère vraiment de leur part, c'est qu'ils tirent enfin les leçons du 21 avril et essaient de comprendre les raisons de l'abstention. Un couvercle a alors été mis sur la recherche de ses causes et il n'a pas été levé depuis.
Lors des dernières municipales, Dominique Voynet a gagné à Montreuil
contre une liste PC/PS et dans des villes comme Roubaix, Grenoble ou
Montpellier, les Verts se sont autonomisés du PS et se sont hissés
autour de 20%...
Il y a sept ans, les Verts ont fait de très bons scores. Peut-être qu'à Roubaix, Grenoble et Montpellier, les Verts gagneront dans six ans... En tout cas, dans toutes ces municipalités, la ligne est la même pour tous les candidats, ce qui n'est pas le cas du PS, qui a préféré se rallier au Modem voire à la droite. Si les Verts sont cohérents, les socialistes ont à se mettre d'accord sur leurs alliances et leur choix politique. Quand on voit les scores, on voit que les électeurs se sont bien rendu compte de ce qui se passait.
En décembre aura lieu le congrès des Verts. Va-t-on assister à de
nouveaux déchirements internes?
Les Verts ont évolué et tiré un certain nombre de leçons. Mais en même temps, nous sommes attachés au débat démocratique et n'avons pas envie de faire comme à l'UMP où on amuse la galerie, alors que les couteaux sont affûtés en coulisses. Ce qui est intéressant, c'est qu'on ne peut pas dire aujourd'hui que les Verts sont rangés dans des courants. Les personnes évoluent au gré des débats et c'est très bien ainsi.
Vous avez appelé à une synthèse des différentes sensibilités. Vous
voulez devenir le François Hollande des Verts?
Mon état d'esprit est très ouvert. L'idée est de se mettre d'accord sur une plate-forme qui dégagerait un compromis commun nous permettant de travailler sereinement, notamment pendant les prochaines européennes. J'espère que tous les militants seront dans ce même état d'esprit. Pour apaiser les choses, il faut que quelqu'un fasse le premier pas. Et c'est ce que j'ai fait. Nos nouveaux statuts permettront de toute façon d'intégrer à la direction toutes les
sensibilités.
En résumé, vous vous représentez à la tête des Verts et vous espérez
que tout le monde se retrouve derrière vous...
Je ne pense pas être géniale ni la meilleure secrétaire générale des Verts de tous les temps mais je pense qu'un message de continuité et de stabilité serait une bonne chose au moment où on essaie de réunir toutes les composantes de l'écologie politique. Cela ne signifie pas l'unanimisme forcé, il doit y avoir des débats politiques. Mais ils peuvent avoir lieu sans guéguerre intestine et petites phrases agressives.
Yannick JADOT soutient COHN BENDIT
Dans LIBERATION de ce 3 septembre 2008
Yannick Jadot, démissionnaire de Greenpeace, rejoint Cohn-Bendit :
Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France et porte-parole de l’Alliance pour la planète, s’était imposé comme l’un des principaux négociateurs du Grenelle de l’environnement. Il annonce dans Libération pourquoi il quitte l’ONG pour rejoindre le rassemblement des écologistes mené par Daniel Cohn-Bendit aux européennes de juin 2009.
Pourquoi vous engagez dans le rassemblement des écologistes ?
Le 1er septembre j’ai quitté Greenpeace - qui a pour principe l’indépendance politique - afin de rejoindre cette initiative de rassemblement pour les européennes. Ces trois dernières années, le secteur associatif de l’environnement qui pèse un million d’adhérents, s’est fortement structuré. Il y a eu la montée de Nicolas Hulot et de son Pacte écologique et l’Alliance pour la planète qui a fédéré les associations pour peser sur les partis et les politiques publiques. Cela a débouché sur la notation des programmes des candidats à la présidentielle et permis de pousser l’environnement dans la campagne, jusqu’à la passe d’arme, inédite, entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sur l’EPR et les OGM lors du débat télévisé de l’entre deux tours. On a lancé l’idée d’un Grenelle, et Sarkozy a dit banco : il était mal noté et c’était une façon de différer sa réponse. Le Grenelle a été un des moments clés du début du quinquennat, pas seulement une grand-messe avec Al Gore. Mais une vraie négociation démocratique entre tous les acteurs qui a permis d’aboutir à des propositions concrètes.
Vous vous adressez aux déçus du Grenelle ?
On constate un effilochement. La machine à délaver de l’administration et de la majorité UMP tourne à plein. Le vert du Grenelle a largement passé. Les ONG remplissent leur rôle de contre-pouvoir, les citoyens restent mobilisés, mais côté politique ça ne suit pas. Les partis comme le gouvernement font des discours, mais il y a un manque de constance et de courage dans la mise en œuvre. Notre ambition est de rassembler large sur l’environnement et d’incarner un mouvement qui existe implicitement dans la société. Aucun parti politique, y compris les Verts, n’en est capable.
Et quid des Verts qui décideront mi-septembre ?
Les Verts y ont leur place comme d’autres. Ils ont quelques eurodéputés sortants, mais s’ils se présentent seuls, ils n’auront quasiment pas d’élus : c’est en partie injuste mais c’est comme ça. La question n’est pas de savoir si ce rassemblement va faire des Verts un nouveau parti écologique. Notre objectif est d’aller de José Bové à Corinne Lepage en passant par Dany Cohn-Bendit, des associatifs et des personnalités. Il y a plus de proximité entre eux sur comment on se loge, on se nourrit et on se déplace en sauvegardant la planète qu’entre Emmanuelli et DSK, ou Borloo et Sarkozy.
Vous êtes donc ni à droite ni à gauche ni au centre…
Notre offre politique c’est l’écologie d’abord. Quand François Hollande va aux journées d’été des Verts, il leur dit : «Amusez-vous avec les associations, l’important est de rester dans l’union de la gauche.» Mais où est la mue écolo du PS et du PCF ? Pas à La Rochelle, où ils se sont plus consacrés à leur tambouille qu’à la pérennité de la planète. L’impératif écologique nous oblige à repenser notre modèle économique et social. Est-ce de droite ou de gauche ? Si je suis contraint de quitter Greenpeace, de sortir de mon rôle de contre-pouvoir, c’est que face à la crise écologique, l’offre politique est insatisfaisante voire indigente. A nous d’incarner cet espace qui représente largement plus de 10 % dans l’opinion.
Menace sur l'IVG
La question de l'avortement est de celle qui divise profondément la droite et la gauche.
Insidieusement, la question du statut juridique du foetus qui est un cheval de TROIE des commandos anti IVG et des associations catholiques conservatrices cornaquées par la Ministre Christine BOUTIN fait partie de ces combats pas encore gagnés par la droite.
Mais SARKOZY s'y emploie avec la possible inscription sur les régistres d'état civil d'un foetus né sans vie. On voit bien que cela pose le problème du statut juridique de l'embryon et que si l'embryon est un être humain, l'avortement est un crime...
Ce gouvernement enfonce donc un coin dans un consensus social fort dans notre pays et donne des gages à la frange ultra religieuse et conservatrice.
Je partage entièrement les craintes de Mme FLIS-TREVES dans un entretien à LIBERATION.
Muriel Flis-Trèves est psychiatre et psychanalyste attachée à l’hôpital Antoine-Béclère à Clamart (Hauts-de-Seine) dans le service du professeur René Frydman. Ce gynécologue obstétricien a été l’un des pionniers de la médecine de la reproduction en France et a permis la naissance du premier bébé-éprouvette en 1982. Muriel Flis-Trèves est notamment l’auteur de Bébé attitude (ed. Plon, 2001) et le Deuil de maternité (Calmann-Lévy, 2004).
Le décret représente-t-il pour vous une avancée ?
Auparavant, un seuil de 22 semaines d’aménorrhée [absence de règles, ndlr] était fixé pour l’inscription sur le registre d’état civil, jusqu’à ce que la Cour de cassation, en février, décide qu’un fœtus né sans vie peut être déclaré à l’état civil, quel que soit son niveau de développement. Dorénavant, aucun seuil n’est fixé par le décret. Je suis très étonnée de cette absence de précision, et surtout, inquiète des conséquences qui vont en résulter. On entretient ainsi le trouble sur le statut de l’embryon, et c’est une porte ouverte à une polémique entre les personnes qui sont contre l’avortement et celles qui sont pour. La date limite de l’IVG étant de 14 semaines d’aménorrhée, il va y avoir une réelle confusion qui risque d’apporter de l’eau au moulin des anti-IVG. A la rigueur, ce seuil aurait pu être envisagé par le décret.
Les familles que vous suivez ont-elles besoin de cette reconnaissance ?
En consultation, je reçois de nombreuses femmes, et la majorité d’entre elles ne désirent pas inscrire leur enfant mort-né sur le registre d’état civil. Elles ne sont pas dans cette demande, car nous avons mis en place un accompagnement très personnalisé et préventif. Chacun fait son deuil à sa façon, mais je constate que, lorsque ces femmes sont bien suivies et écoutées, elles ne manifestent pas forcément le besoin d’une reconnaissance légale. Même si je comprends très bien la douleur provoquée par la perte d’un fœtus, je répète qu’il ne faut pas que l’inscription soit autorisée avant la date butoir de l’IVG. Par ailleurs, le décret paru vendredi au Journal officiel entretient une confusion regrettable entre accouchement et fausse couche précoce.
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