Hervé KEMPF quitte LE MONDE
Hervé KEMPF quitte LE MONDE après y avoir tenu la rubrique écologie avec talent et rigueur depuis des années; et c'est encore un signe de la mauvaise santé de notre presse nationale.
Accueil > Libertés > Adieu Le Monde, vive Reporterre
Ce 2 septembre, quinze ans et un jour après y être entré, je quitte Le Monde : en ce lundi, le dernier lien juridique entre ce journal et moi est défait, par le « solde de tout compte ».
Que je quitte volontairement un titre prestigieux étonnera peut-être. Mais certes moins que la raison qui m’y pousse : la censure mise en œuvre par sa direction, qui m’a empêché de poursuivre dans ce journal enquêtes et reportages sur le dossier de Notre Dame des Landes.
Au terme de l’histoire que je vais ici retracer, il ne me restait qu’une issue, si je voulais conserver la liberté sans laquelle le journalisme n’a pas de sens : abandonner le confort d’un salaire assuré et de moyens de travail avant que soit étouffée la dernière marge d’expression qui me restait, la chronique Ecologie.
Abandonner le journal fondé par Hubert Beuve-Méry et vendu en 2010 est une libération. Je me lance dans l’aventure du site Reporterre, parce que plus que jamais, une information indépendante est nécessaire pour rendre compte du phénomène le plus crucial de l’époque, la crise écologique.
On trouvera ci-après le récit des événements ouverts le 5 novembre 2012 et qui ont conduit à cette décision. Les lecteurs qui en
auront le temps trouveront dans C’était un autre monde une présentation de mon travail antérieur dans
ce journal qui éclairera le contexte de cette affaire.
La suite est ici.
Syrie
Ce qui est ahurissant avec la 5eme république, c'est sa capacité à phagocyter le minoritaire d'hier. Partout en Europe, et aux États Unis il est impensable de faire la guerre sans en référer au parlement. Le ps le réclamait à cors et à cris quand Sarkozy s' est lancé en Lybie... Mais Hollande voulait aller bombarder la Syrie sans débat. Alors que les français sont très majoritairement contre. Et comme le souligne bien Bayrou les consequences sont incalculables. L'engrenage est sans fin de l'Iran au Liban, de la Russie à tous les pays chiites.
L'inénarrable Valls appelle la droite à respecter la constitution, Montebourg a oublié sa 6eme république, on marche sur la tête. Et le peuple a le sentiment que le gouvernement se moque de lui. Sentiment terrible qui renforce le F Haine. On ne fait pas la guerre sans le soutien de son peuple. Quel français veut mourir pour la Syrie aujourd'hui ?
Vu de loin, la France semble totalement "à part", dirigée par une élite politique qui se croit encore au bon temps des colonies où on envoyait la troupe faire régner l'ordre chez les sauvages. Des opérations de maintien de l'ordre disait on. Mais de quel ordre aujourd'hui, celui des islamistes maitres en Lybie, demain en Syrie se livrant au massacre de la minorité alaouite ?
Hassad est un dictateur sanglant, il sera remplacé par une dictature islamiste chiite ou sunnite, qu'irions nous faire dans cette galère ?
Non à l'Europe allemande
Le livre d'Ulrich BECK "Non à l'europe allemande" est précieux. En FRANCE, les souverainistes de tous poils tiennent le haut du pavé. De droite, d'extrême droite comme de gauche, ils nous assènent jour après jour des contre-vérités qui leur ont permis de gagner le referendum de 2005. Les pro européens sont en berne.
Qu'il s'agisse des centristes comme des écologistes, le "bilan" de l'Union européenne est médiocre et n'est assimilé qu'à l'humiliation des Grecs dans le dossier de la dette.
On se plaignait de l'alliance "MERKOZY" dénoncée par Dany COHN-BENDIT. On est passé d'après BECK au MERKAVIELISME; c'est à dire la domination incontestable par Mme MERCKEL de toute la politique européenne dans une logique où le cynisme est la règle et la victoire aux prochaines élections allemandes le but unique.
"A l'horizon national, la chancelière calme les allemandes qui craignent pour leurs retraites (...) en pratiquant grâce à une austérité toute protestante la politique du non correctement dosé, et en adoptant le rôle de donneuse de leçons auprès de ses partenaires européens. Dans le même temps en politique extérieure, elle assume sa "responsabilité européenne" en incluant les pays de la zone euro dans une politique du moindre mal. Elle les séduit avec ce positionnement : plutôt un euro allemand que pas d'euro du tout.
Sous cet angle, Angela MERCKEL se montre aussi bonne élève de MACHIAVEL qui se demande dans LE PRINCE s'il est préférable d'être aimé ou d'être craint : "On répond qu'on voudrait être l'un et l'autre, quand on doit manquer de l'un des deux, il est beaucoup plus sûr d'être craint qu'aimé quand on doit manquer de l'un des deux."
Angela MERCKEL utilise ce principe de façon un peu sélective. On doit la craindre à l'étranger mais on doit l'aimer en Allemagne. Peut-être justement parce qu'elle apprend aux autres pays ce que craindre veut dire. Un néolibéralisme brutal vis-à-vis de l'extérieur, un consensus teinté de social-démocratie à l'intérieur, telle est la recette que MERKIAVEL utilise pour conforter sa position dominante et celle de l'Europe allemande".
Et pourtant face à la finance totalement mondialisée, la seule solution crédible est celle d'une Europe suffisamment unifiée sur le plan économique et politique pour avoir la masse critique suffisante pour créer un lieu de régulation du capitalisme financier. Au lieu de cela, les politiques européens endorment leurs opinions publiques avec des déclarations nationales démagogiques. Tout va bien en effet, j'ai lu que MONTEBOURG avait commandé 400 brassières ARMOR LUX pour sa Fête de la Rose. Indiscutablement au bon niveau, ce mec !
Mais il faudrait aussi développer la théorie de BECK sur la "société du risque", qu'il définit comme marqué par deux caractéristiques communes : les événements que nous vivons étaient d'une part inimaginables avant qu'ils ne surviennent .et d'autre part, ce sont dans leur forme et dans leurs conséquences des phénomènes globaux. "Il s'agit d'événements mondiaux au sens littéral du terme qui nous font faire l'expérience des connexions de plus en plus étroites entre tous les espaces de vie et d'action et qui ne peuvent plus être compris à l'aide des outils et des catégories de pensé et d'action nationaux."
Disponible à la Bibliothèque.
Jardins en ville : ça pousse !
Les "jardins en ville" sont devenus réalité. Courgettes, tomates, fleurs et autres plantes aromatiques commencent à sortir de terre sur les 65 parcelles mises à la disposition des jardiniers amateurs par la Ville d'Annecy (à proximité de la Visitation, rue de la Solidarité, chemin des Fins et en contrebas du château).
La suite ici
Tsunami à Fukushima
Cette vidéo amateur de 25 minutes montre l'arrivée du TSUNAMI dans une ville de la Préfecture de FUKUSHIMA.
La sidération des habitants est patente : ils ne comprennnet pas la gravité de ce qui arrive. Leur calme met mal à l'aise et les images de l'arrivée du tsunami à partir de la 3° minute sont impressionnantes. Dire qu'il y avait au milieu de cataclysme 4 tranches nucléaires.
On comprend mieux la "chance" qu'a eue la planète que le coeur des réacteurs ne fondent pas.
La qualité de vie des territoires alpins
L'objectif est que les participants de la conférence puissent ramener dans leurs communes des idées nouvelles
pour leur travail quotidien. Les actes de la conférence regroupent les interventions, les projets présentés et les résultats des ateliers. Les participants mais aussi les autres membres qui
n'ont pu être présents pourront ainsi puiser dans un large réservoir d'idées et s'en servir dans leur travail. Une version imprimée sera envoyée dans les prochains jours à tous les participants
de la conférence. La publication est également disponible en ligne sur le site du Réseau : www.alliancealpes.org/fr
Pendant la conférence annuelle, les participants ont aussi discuté les visions et les objectifs du Réseau de
communes. Ces débats ont abouti à la rédaction d'une Charte dotée d'un nouveau graphisme. La nouvelle Charte peut être consultée sur : www.alliancealpes.org/fr
Transwonderland, retour au Nigeria
Vous souvenez vous de ces militants écologistes nigérians pendus en 1995 par un général despote pour avoir dénoncé la pollution par SHELL dans le delta du NIGER ? Ken SARO-WIWA était le leader de ce mouvement de défense de la minorité ethnique des OGONI dans un pays immense, composé de centaines d'ethnies, qu'est le NIGERIA. "TRANSWONDERLAND" est le récit du retour au pays d'une des filles de Ken SARO-WOWA, qu'il avait mis à l'abri avec son épouse en ANGLETERRE : L'oeil neuf de Noo SARO-WIWA, nigériane déracinée, sur son pays d'origine où son père est enore très connu. Entre fascination pour l'instinct de (sur)vie dans un pays miné par la corruption, la violence, et les milliardaires de la manne pétrolifère, incapable de générer un mouvement politique contre la corruption car tous trouvent normal qu'un élu récupère un maximum de pognon pour sa ville et donc d'abord pour lui et sa famille... Même la musique de Fela KUTI, décédé du SIDA en 1997, ne suffit pas à donner à ce retour un goût autre qu'amer. L'impression que la destinée de ces pays est de s'enfoncer de plus en plus... Et comme seule "alternative" les sectes musulmanes du NORD avides de sang (Boko Aram), et dont Noo ne parle pas du tout alors que le livre date de 2012. Par contre, elle détaille l'incroyable engouement religieux du Sud qu'elle connaît mieux pour la religien chrétienne et les églises pentecotistes totalement déjantées, mais invraisemblablement fréquentées et crues sur parole pour trouver du travail ou guérir sa belle-soeur... Fatalisme et religiosité crédule, le bon modèle pour le maintien de la corruption...
Ce livre est à la Bibliothèque.
VALLS vs TAUBIRA
Je ne sais pas qui a fait fuiter la lettre de VALLS à HOLLANDE pour se plaindre de ses désaccords sur la politique pénale que souhaiterait mettre en oeuvre Mme TAUBIRA. Mais ce qui est sûr, c'est que le fait de ne pas lui en avoir transmis une copie est un exemple de goujaterie absolue. Politiquement c'est une dérive continue qui voudrait que ce soit le Ministre de l'Intérieur qui dicte sa loi aux Juges, et non le Garde des Sceaux. Dérive continue sous SARKOZY que VALLS poursuit sans être remis à sa place par AYRAULT...
A propos de la politique pénale, voici ce que disait la future membre du Conseil constitutionnel, Nicole MAESTRACHI, présidente de la Cour d'appel de ROUEN dans MEDIAPART qui réédite son entretien de février 2013.
Entre 2002 et 2012, la politique pénale s’est considérablement durcie. Entre 2002 et 2011, le nombre de personnes écrouées est passé d’environ 48 000 à environ 74 000. Cette politique a-t-elle conduit à une baisse de la récidive ?
Si on regarde les chiffres sur dix ans, on s’aperçoit que le nombre de procédures qui parviennent au parquet n’a pas bougé. Le chiffre est stable. Néanmoins, le nombre de détenus a considérablement augmenté. Cela s’explique par une augmentation des courtes peines mises à exécution et par une augmentation de la durée des peines. Celle-ci résulte en partie de la mise en place des peines plancher (voir la dernière étude du ministère de la justice à ce sujet).
On a accru la répression contre les récidivistes parce qu’on est parti d’un présupposé qui était que plus de sévérité entraîne moins de récidive. Nos lois pénales ont été fondées sur ce présupposé alors qu’aucune étude scientifique ne permet de corroborer cette idée. Aucune étude n’établit de lien entre la sévérité des peines et la prévention de la récidive.
Il y a un certain nombre d’idées reçues sur la récidive qu’il faut combattre : par exemple, contrairement à ce qu’on imagine, le taux de récidive pour les peines criminelles est extrêmement faible : il est de l’ordre de 0,5 %. L’essentiel de la récidive concerne les infractions contre les biens.
La prison est-elle devenue la solution privilégiée au détriment de toutes les autres ?
La hausse de la population pénale s’accompagne d’une augmentation parallèle des peines alternatives. Les peines alternatives ne se sont pas substituées aux peines d’emprisonnement mais souvent au classement sans suite. Tous les acteurs judiciaires entendus nous ont indiqué que l’objectif quantitatif de gestion de flux de plus en plus important avait entraîné une perte de sens. En conséquence, on a du mal à privilégier les affaires qui mériteraient une prise en charge plus importante.
On a cependant du mal à imaginer qu’en étant plus laxiste, on va obtenir moins de récidive.
Il s’agit de penser la peine autrement qu’en termes de plus ou moins de sévérité. On peut penser la peine en terme de contenu. Il faut que la peine soit considérée comme juste aussi bien par l’auteur de l’infraction que par la victime et l’opinion publique. Et il faut qu’elle ait un contenu qui permette aux personnes de se réinsérer, de changer, d’amorcer une sortie de la délinquance. Cela ne dépend pas de plus ou moins de sévérité mais de la qualité de la prise en charge, du suivi judiciaire qui sera mis en place. (...).
La fonte de la banquise, bombe économique...
Si au niveau environnemental, la fonte définitive de la banquise du grand Nord constituera un bouleversement exceptionnel conduisant à la disparition de nombre d’espèces endémiques, cet événement est le plus souvent vu comme une bonne nouvelle par les Etats, les industriels de l’énergie et autres économistes. L’Arctique est en effet supposé abriter d’abondantes ressources énergétiques fossiles (respectivement 30 % et 13 % des stocks planétaires de gaz et de pétrole). La disparition de sa banquise faciliterait ainsi grandement l’accès à ces gisements, tout en ouvrant de nouvelles routes maritimes promesses d’échanges économiques encore plus intenses entre l’Asie et l’Amérique du Nord.
Néanmoins, une étude publiée par la revue Nature, le 24 juillet dernier, pourrait fortement tempérer cet enthousiasme. Réalisée par une équipe de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) et d’Erasmus University Rotterdam (Pays-Bas), l’étude met en avant une « bombe économique à retardement » en chiffrant le coût et les dommages des conséquences liées à la disparition de la banquise Arctique à quelque 60 000 milliards de dollars (1), l’équivalent du PIB mondial de 2012 …
En se réchauffant, le grand Nord va libérer les énormes quantités de méthane (environ 50 milliards de tonnes) qu’il séquestre dans ses sols et glaces. Or, le méthane est un gaz au pouvoir de réchauffement vingt fois supérieur au CO2 … Bien que déjà en cours, le pôle Nord se réchauffe à un rythme deux fois supérieur à la moyenne mondiale, ce phénomène n’est pas véritablement pris en compte par les projections du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (le GIEC). Pourtant, l’accumulation de méthane dans l’atmosphère va conduire inexorablement à une accélération du phénomène d’effet de serre, donc de la hausse moyenne des températures planétaires, accélérant d’autant le changement climatique en cours. Selon l’étude, le fameux seuil d’élévation moyenne des températures de 2 °C pourrait être franchi beaucoup plus tôt que prévu, avec une fourchette oscillant entre les années 2035 et 2050.
Une période qui verra l’humanité faire face à des événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents et violents (sécheresse, inondation, cyclone, etc.), avec des coûts d’adaptations exponentiels pour des gagnants et perdants du nouveau paysage qui ne seront pas forcément les mêmes qu’actuellement. En conséquence, les chercheurs estiment que « Il est temps que les changements qui se produisent au pôle Nord entrent dans les discussions économiques au niveau mondial. Ni le Fonds monétaire international, ni le Forum économique mondial n’ont intégré la menace que cela représente pour l’économie mondiale ».
1- Ces 60 000 milliards de dollars ont été obtenus par les scientifiques en actualisant le modèle d’évaluation des coûts économiques du changement climatique, élaboré pour le rapport de Nick Stern à destination du gouvernement britannique, en 2006.
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