c'est personnel
A Strasbourg, Cohn-Bendit s’agite en coulisses
Avec le sous titre :
"Une journée avec l’eurodéputé écologiste : coups de gueule, présidentielle et primaire pour départager Nicolas Hulot et Eva Joly", MATTHIEU ECOIFFIER Envoyé spécial de LIBERATION rend compte d'une journée de Dany COHN BENDIT à STRASBOURG.
De quoi éclairer le débat qui anime EELV à propos des présidentielles (y aller ou pas ? Et si oui avec quel candidat ?) et plus généralement quel doit être son positionnement politique ?
En ayant marre d'attendre un jugement qui ne vient pas sur le point de savoir si nous avons l'autorisation d'adhérer à EELV, les quatre élus annéciens ont décidé d'adhérer.
Si les coupeurs de têtes gagnent, nous serons exclus.
Sinon nous resterons.
Mais si nous sommes virés, EELV aura trompé les électeurs d'EUROPE ECOLOGIE en RHONE ALPES et singulièrement en HAUTE SAVOIE.
EUROPE ECOLOGIE aurait alors été un feu de paille électoral que l'appareil des VERTS aura récupéré et non l'espoir collectif que les écologistes de tous poils avaient mis dans une rénovation de l'offre politique écologiste apte à nous faire entrer dans les exécutifs sur la base de programmes politiques structurés.
Certains anciens verts n'hésitent pas à regretter en réunions les scores à 5% qui donnaient moins de responsabilités...
C'est ce repli identitaire qu'il nous faut combattre à l'intérieur d'EELV... si nous y restons.
"On dit pouvoir juger un homme à ses chaussures. Mais cette règle s’applique-t-elle aux écologistes ? Mardi, Strasbourg : Daniel Cohn-Bendit arpente les couloirs du Parlement européen d’une étrange démarche chaloupée. A ses pieds, de drôles de chaussures aux semelles en forme de demi-lune. «Ça me fait faire de la gym en marchant et travailler la hanche après mon opération», confie le coprésident du groupe Verts. Sur son site, la marque assure : «L’effet positif des antichaussures MBT repose sur le principe de "l’instabilité naturelle".» La formule colle bien à la pratique politique de «Dany» comme à celle d’«Europe Ecologie» comme il dit, sans jamais ajouter «les Verts» au sigle adopté à Lyon cet automne lors de la fusion des deux formations.
A quinze mois de la présidentielle, la candidature d’Eva Joly se voit déstabilisée par l’hypothétique entrée en lice de Nicolas Hulot. Et l’ascension de Marine Le Pen fait ressurgir le spectre du 21 avril, conduisant Gaby Cohn-Bendit, son frère, à évoquer le retrait de la candidature écologiste. Dany n’en est pas là, même s’il reconnaît que «la présidentielle, c’est la merde pour nous». Pour en sortir, il propose d’organiser une primaire ouverte afin de départager Eva Joly et Nicolas Hulot.
10 h 30
La veille, les eurodéputés Verts ont demandé une réorientation des aides de l’UE vers la transition démocratique en Tunisie. En vain. «J’avais honte d’être membre de ce Parlement, incapable de trouver une résolution qui dise aux Tunisiens : "Bravo, on vous soutient", dénonce Cohn-Bendit devant la presse. Pourquoi ? Parce que le PPE [conservateurs] et le PSE [Parti socialiste européen] ont refusé. Parce que MM. Mitterrand, Chirac et Sarkozy sont les grands copains de Ben Ali», poursuit-il aux côtés de l’Allemande Rebecca Harms, la coprésidente du groupe.
Dans son bureau, un haut fonctionnaire du Conseil européen l’attend pour un bilan de la coopération avec le Parlement. «Ici, je suis comme un poisson dans l’eau», lâche Cohn-Bendit. Ce qui le fait frétiller? «Des initiatives avec certains socialistes et les libéraux pour renforcer les Etats-Unis d’Europe.» Loin de Paris et «des manigances organisationnelles» d’Europe Ecologie-les Verts (EELV). «Mon contrat avec EE est terminé. Je ne veux et ne peux plus jouer le rôle de catalyseur. Mais, je serai dedans, je peux participer à des débats et soutenir Eva [Joly].»
12 heures
Noyée parmi les 700 eurodéputés, la bande des quatorze écologistes élus en 2009 vote à main levée. Assis dans l’hémicycle par ordre alphabétique : José Bové, le leader altermondialiste à côté de Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot, Eva Joly et Yannick Jadot, ex-Greenpeace. La veille au soir, comme tous les lundis de session, ils ont dîné autour de la candidate déclarée d’EELV. «Il y avait Jadot, Besset et Dany, c’est-à-dire les directeurs de campagne de Joly, Hulot et DSK», plaisante un convive en allusion aux lauriers tressés par Cohn-Bendit au directeur du FMI. «Avec ses interventions, Dany nous fait du mal, il torpille la candidature d’Eva», se désespère un dirigeant d’EELV. L’intéressé le sait, mais n’en a cure : «Beaucoup de gens me disent : "Vas-y ! Mais si tu n’y vas pas, ferme ta gueule !"» Il dit n’avoir aucun regret. Un ami allemand l’a invité à demander la nationalité française. Il a refusé. «Ma nationalité, c’est mon vaccin contre le virus de la présidentielle. Il est si fort et violent, et te grise tellement !» A ses côtés, Jadot et Besset, qui poussent chacun leur candidat, rient jaune.
12 h 45
En sortant de l’hémicycle, il tombe sur Jean-Luc Mélenchon. «Dis donc toi, tombe la veste ! s’échauffe l’eurodéputé du Parti de gauche. J’en ai marre que vous disiez que je ne fous rien ici. Les séances que je rate, c’est pour être à des manifs», s’énerve celui que Cohn-Bendit accuse de «labourer sur les terres du FN».«Je suis un socialiste républicain et jacobin», fulmine-t-il encore, le poing en avant. «Mais, c’est vrai que tu ne fous rien !» réplique Dany, à l’abri de la haute stature de Jadot. Une élue fait diversion. Mélenchon tourne les talons.
Les trois écologistes enchaînent sur la montée du populisme. De Geert Wilders aux Pays-Bas à Marine Le Pen. Besset et Jadot jugent «prématuré» le débat sur le retrait de la candidature écologiste. «Attention aux prophéties autoréalisatrices ! Si tu entres dans la logique de front républicain, tu stigmatises Le Pen et tu la renforces», argue Jadot. Besset acquiesce : «Nous voulons une candidature écologiste pour sauver la droite et la gauche de la tentation du national-populisme.» Cohn-Bendit opine, mais prévient : «Si l’extrême droite monte trop, une partie de notre électorat tranchera à notre place» et votera pour le PS dès le premier tour. Ils tombent d’accord pour évaluer la situation «trois mois avant» le scrutin de 2012.
13 h 20
Quand on parle du loup. Au restaurant des élus, nappes blanches et larges baies vitrées, les eurodéputés Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen, visages cireux, déjeunent à la même table. Cohn-Bendit casse la croûte avec un Verts belge. Et s’adonne à son sport favori : «Marine Le Pen a besoin d’une défaite de Sarkozy pour mettre le FN au cœur de la recomposition de la droite. Car en 2017, Copé ne pourra gagner qu’avec elle.» Mais quid de la candidature écologiste ? «L’argument le plus bête, c’est : "Si tu n’es pas à la présidentielle, tu n’existes pas." Les écolos ont fait 3% avec Voynet et Bové en 2007. Avec son pacte, Hulot a eu plus d’impact. Et ce qu’on a fait aux européennes a été plus déterminant.» Il moque le «revival gauche plurielle de Voynet» dans une récente interview à Libération, le 13 janvier. «Elle ne dit à aucun moment que des ministres écolos sans groupe charnière au Parlement cela ne sert à rien !» Et dénonce les «conseils morbides» prodigués par Cécile Duflot et Dominique Voynet à la candidate Joly. «Faut qu’Eva s’impose dans un espace autonome.»
16 heures
Cohn-Bendit retrouve Joly et l’eurodéputée (EELV) Hélène Flautre à une audition d’opposants de Ben Ali, en direct de Tunis, via Skype. L’ancienne juge lui propose d’embarquer dans l’avion qu’elles doivent prendre la semaine prochaine pour la Tunisie. «Ça fait longtemps que tu n’as pas vécu de révolution», moque-t-elle.
Entre Joly et Hulot, Cohn-Bendit refuse de choisir : «Ce sont tous deux de bons candidats, atypiques. Jamais Nicolas ne sera aussi crédible qu’Eva sur l’impartialité de l’Etat et la justice sociale. Même si dans l’argumentaire écolo stricto sensu, il exprime plus de choses.» Il a eu longuement l’animateur d’Ushuaïa au téléphone. «Mon sentiment, c’est qu’Hulot ferait une campagne très "alternative écologiste". Cela te place de facto contre la droite et interroge la gauche. Si tu arrives à te positionner comme ça, c’est une grande force», juge-t-il. La popularité de Hulot le fait saliver. Moins le flou de son ancrage politique. Pour propulser le débat, l’ex-leader de Mai 68 dégaine une proposition : «Organiser une grande primaire du peuple de l’écologie entre Hulot et Joly, à l’appel d’EELV, mais aussi de France Nature Environnement, de Greenpeace, etc. Avec quatre grands débats dans quatre régions retransmis sur Internet.»
17 h 30
Cohn-Bendit s’énerve : deux ascenseurs ont été réquisitionnés pour Viktor Orbán. Le président hongrois de l’UE a rendez-vous avec lui. «See you later», lui lance Dany. Qui lui demandera en vain de renoncer à sa loi liberticide sur les médias. «Si tu écris un article pas équilibré, c’est 30 000 euros d’amende. On est dans un monde de fou !» balance-t-il. En oscillant sur ses chaussures.
Lionel Tardy, l'autre cost killer de l'éducation...
Sous ce titre, LE MONDE daté du 25 janvier 2011 publie un portrait de Lionel TARDY.
Demander la suppression d'un organisme sans connaître la qualité de sa prestation; tout un programme, celui du buldozzer.
Il affirme – c'est imparable – ne pas connaître les travaux du HCE et avoue ne jamais les avoir lus, mais il en demande la suppression...
Au moment où les suppressions de postes dans l'enseignement
saignent littéralement les rangs des enseignants et allongent ceux des élèves, M. TARDY s'attaque à la racine des problèmes...
"On savait que Luc Chatel chassait les coûts et sabrait d'un geste sûr dans les rangs enseignants. On savait moins qu'il était aidé dans sa tâche par un député de la Haute-Savoie. Un certain Lionel Tardy. Si le premier laisse aux recteurs le choix des coupes à faire sur le terrain, le second a une autre méthode. Il y va à l'aveugle. Aussi a-t-il décidé un beau matin de décembre 2009 de faire disparaître du paysage le Haut Conseil à l'éducation (HCE).
"Leurs rapports ? Personne n'en parle. On ne sait pas trop ce que font les membres de ce comité Théodule, ni combien de fois ils se réunissent par an. Cela coûte de l'argent au contribuable." Voilà comment le député explique son souhait d'en finir avec cette instance. Et ce divers droite est bien décidé à ne pas lâcher son combat contre l'instance de réflexion sur l'école.
D'ailleurs, il a deux arguments de taille qu'il rappelle volontiers : "D'une part, personne n'est venu me dire que leurs travaux étaient importants pour le système éducatif. D'autre part, des rapports sur le système éducatif, il y en a des tas." Pourtant, son voisin de bureau à l'Assemblée, Jacques Grosperrin (UMP), député du Doubs, se dit, mardi 25 janvier, prêt à lui expliquer pourquoi le HCE est une pièce maîtresse dans la politique éducative.
COMITÉ THÉODULE
"Depuis 2007, je conteste cette politique qui consiste à créer sans cesse des hauts conseils et autres comités, qui rendent des avis et des rapports", précise M. Tardy. Ce député est l'auteur de l'amendement voté en commission des lois de l'Assemblée nationale, mercredi 19 janvier, et qui n'en finit pas de faire des vaguelettes depuis. Un texte qui supprime tout bonnement l'instance mise en place en 2005 pour produire chaque année et remettre au ministre un rapport sur le système éducatif, et rendre des avis.
Et c'est une récidive. Le Haut Conseil avait déjà été supprimé par les soins du même M. Tardy une première fois en commission des lois en mars 2010, avant d'être rétabli en décembre par le Sénat. "Régulièrement, l'administration fait le ménage dans les comités. Le dernier a eu lieu en 2009, mais n'a concerné que les comités créés par décret. Or, certains, comme le HCE, sont créés par des lois, donc il faut des lois pour les supprimer", ajoute l'homme politique.
Ce "comité Théodule", comme l'appelle M. le député, ne compte pas que des professeurs Nimbus. Il a à sa tête le président de la Bibliothèque nationale de France (BNF), Bruno Racine, compte un professeur au Collège de France, Antoine Compagnon, mais aussi l'administrateur général du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), Christian Forestier, qui connaît la grande maison éducation nationale sur le bout des doigts.
Et puis au HCE, on cogite. Depuis sa création, il produit chaque année un rapport sur un maillon du système. Et jamais au hasard. En 2007, il met les pieds dans le plat avec un bilan très sévère sur l'école primaire. Une première approche critique de cette petite école à laquelle les Français, très attachés, ne trouvaient que des qualités quand elle a tout de même quelques gros défauts, pointés justement par cette instance.
Cette année, c'est au collège qu'il s'est attaqué, dans un rapport qui, là encore, ne mâche pas ses mots et prend la défense du collège unique ou du socle commun de connaissances et de compétences – ce "kit de survie" dont chaque jeune devrait disposer à la fin de sa scolarité obligatoire.
TERRAIN MINÉ
Et c'est ainsi que le vaillant député se retrouve en terrain miné. Le voilà accusé non pas d'être un "cost-killer" aveugle mais le bras armé de toute cette frange de la droite qui ne veut plus du collège unique. Ce dont il se défend avec véhémence. "Que l'on discute du bien-fondé de mon action contre les comités consultatifs, c'est tout à fait normal, mais merci de ne pas mélanger les genres en faisant de mon initiative ce qu'elle n'est pas", rétorque le politique.
Pour prouver sa bonne foi, Lionel Tardy a un argument sans appel. Il affirme – c'est imparable – ne pas connaître les travaux du HCE et avoue ne jamais les avoir lus. "L'initiative n'est pas hasardeuse, comme vous semblez le croire. Alors que vous avez une vision 'éducation', j'ai une vision 'comités consultatifs', d'où une différence d'appréciation. Je ne vise pas l'Education et je prends soin de préciser que je n'entre pas dans le débat de fond autour des questions éducatives." Dommage."
Maryline Baumard
Harcèlement moral & schyzophrénie de l'entreprise
Conseil des prud'hommes de X.
Examen d'un dossier de licenciement pour faute grave.
Mme Y est licenciée pour avoir harcelé une employée.
Elle est responsable de magasin appartenant à une chaîne, extrêmement bien notée, formatrice des autres responsables de magasins.
Elle est licenciée parce que trois salariées se plaignent de sa direction d'équipe trop stricte qu'elles assimilent à du harcèlement moral.
Les plaidoiries font apparaître que l'entreprise pousse son encadrement intermédiaire à faire des heures supplémentaires en pagaille avec interdiction de les déclarer, un paiement de primes sur les objectifs qui s'accroissent d'année en année alors que les salaires sont au SMIC, et un turn over important des équipes.
Et, tout à coup, une plainte d'une salariée à la direction générale.
La machine à licencier démarre illico : "l'entreprise ne peut tolérer des faits de harcèlement moral" et on licencie la responsable de magasin.
De la schyzophrénie à l'état pur : c'est le mode de management de ces magasins qui est pathogène.
L'encadrement intermédiaire est l'échelon sur lequel l'entreprise s'appuie pour mettre la pression sur les salariées.
Mais, au premier problème, on licencie l'agent de maîtrise pour que le système qui a conduit à cette souffrance
au travail s'en sorte bien. Ce n'est pas la faute de l'entreprise dans son mode de fonctionnement général qui est en cause, c'est la faute personnelle de Mme Y.
L'encadrement intermédiaire est le fusible qui permet de ne pas remettre en cause le système global de l'entreprise.
On verra si le conseil des prud'hommes en reste aux apparences ou sanctionne l'organisation du travail perverse mise en place par l'entreprise.
Cécile Duflot, France Inter et moi...
Surprise ce matin en écoutant France Inter, quand M. COHEN cite mon nom pour interpeller Cécile DUFLOT sur la "fermeture" d'EUROPE ECOLOGIE LES VERTS, en évoquant le fait que dés qu'une personnalité "déborde", les VERTS ne le supporteraient pas.
Reprenant le raccourci de Dany COHN BENDIT, M. COHEN me présente comme issu du Nouveau Centre, ce qui doit bien faire sourire les adhérents du Nouveau Centre.
Pour plus d'information sur l'expérience annécienne, vous pouvez vous reporter à cet article :
Artisanat et expérience municipale unique
Mais la réponse de Cécile DUFLOT est intéressante.
En substance, elle rappelle que l'écologie politique n'est pas incrustée dans le clivage droite/gauche, même si son histoire politique la renvoie à l'histoire de la gauche.
Elle s'interroge sur "c'est quoi les frontières de la gauche ?" et embraie sur les questions centrales que doivent se poser les écologistes, et cite en premier lieu comme exemple "qu'est-ce que c'est les services publics ?". Fort pertinente interrogation puisqu'à ANNECY, rien n'est sous-traité au privé.
C'est quoi les frontières de la gauche ?
ANNECY qui n'a rien sous traité au privé ?
Ou toutes ces villes socialistes ou communistes qui ont confié au privé leurs services au public
sans se poser de questions ?
Les mots pour le pire
J'emprunte le titre du dernier livre de l'ami Yves PACCALET pour son "dictionnaire énervé de l'écologie" qui vient de paraître en guise d'article pour le 1er janvier 2011.
Rien de très gai, je l'avoue, mais en même temps quel regard joyeux porter sur l'actualité de ce premier dixième anniversaire du XXI° siècle ?
Pendant que les pitres VERGES et DUMAS nous rappellent ce que furent les pires heures du mitterrandisme, l'humanité continue de courir à son déclin avec un enthousiasme qui force l'admiration.
"Je déplore le sort de l'humanité d'être, pour ainsi dire, entre d'aussi mauvaises mains que les siennes" nous rappelle Yves PACCALET, en citant Julien de la Mettrie, philosophe français du XVIII° siècle.
Seule une morale de l'action peut vaincre ce pessimisme de la raison.
Heureusement, ce point de vue, 2011 s'annonce sous les meilleurs auspices : le plan climat énergie de la Ville, la mise en oeuvre du plan d'action du bilan carbone municipal, les groupes de travail "motorisation" au SILA, le nouveau réglement de la pêche sur le lac, le projet "Ville des Alpes de l'année" à préparer pour 2012, la stratégie de prévention de la production de déchets de l'agglo, etc.
Agir, pour ne pas céder à l'aquoibonisme. A quoi bon ? si les chinois et les indiens ont tous une voiture, si les américains continuent de vivre à crédit sur le dos des ouvriers chinois, si ... et si...
Juste l'exemple du colibri, cher à Pierre RAHBI, et mon article du 2 janvier 2007
La morale et le moral du colibri
Bonne année à vous, chers lecteurs, et à tous ceux qui vous sont chers !
Et écoutons ensemble M. Stéphane HESSEL si vous le voulez bien.
Les vœux de Stéphane Hessel pour 2011 sur Mediapart
envoyé par Mediapart. - L'info internationale vidéo.
La Bourse à France Inter
La chronique "bourse" à France Inter est un pur moment de délire burlesque dont je ne me lasse pas.
Ecouter Mme Charline LEGRIS évoquer que la bourse n'a pas atteint son point d'équilibre, que quand elle baisse, c'est que les investisseurs ont empoché leurs bénéfices, que l'indice a baissé de 0,1% depuis deux heures sans savoir par rapport à quoi, ou que si il est hésitant, c'est parce que les initiés attendent la prochaine statistique de quelque obscure université américaine, est un pur moment de bonheur radiophonique.
Aucun auditeur ne peut rien y comprendre, Mme LEGRIS elle-même, si elle avait la moindre notion d'économie, ne comprendrait rien non plus à son jargonnage.
Cela n'intéresse personne, ni les boursicoteurs qui ont je l'espère d'autre tuyaux pour boursicoter, ni les non boursicoteurs qui se demandent pourquoi la radio de service public leur inflige un tel laïus plusieurs fois par jour.
Mais cela doit faire moderne d'avoir une telle information "en direct de la bourse", comme le radioguidage ou la météo...
Sauf que le radioguidage doit servir aux parisiens dans leurs embouteillages et la météo à ceux qui travaillent dehors, mais la bourse plusieurs fois par jour, ça sert à qui ?
A la poésie surréaliste d'une information économique totalement bidon, complétement déconnectée de la moindre réalité (balance des paiements, balance commerciale, etc.)... Juste le plaisir ou l'exaspération d'entendre quelques mots balancés avec aplomb pour ne pas nous avouer que ce qui se passe à la Bourse est aberrant, totalement découplé de l'économie réelle.
Juste un moyen de nous entretenir dans l'idée que les marchés ont toujours raison et que nous sommes des imbéciles à n'y rien comprendre.
Un lecteur du blog, historien avisé de l'histoire savoyarde, me soumet cette hypothèse :
Le cours de la bourse et la météo constituent les rubriques les plus anciennes de la radiodiffusion. Déjà , le général Ferrié (un savoyard) qui avait lancé les premières émissions de radiodiffusion depuis l'émetteur expérimental de la tour Eiffel en 1922, avait programmé les cours de la bourse lus par des soldats du 8e Génie transformés en animateurs radio...
Philosophie de l'écologie politique
Eva SAS signe, avec une préface de Alain LIPIETZ, une "philosophie de l'écologie politique" de 1968 à nos jours, aux éditions "Les petits matins".
L'occasion de retrouver les auteurs qui ont marqué mes 20 ans et orienté mon engagement politique : ILLICH et sa société sans école, MARCUSE, Hans JONAS et son "Principe responsabilité".
A cette époque, nous étions considérés comme de doux rêveurs; la fin des trente glorieuses n'était pas encore une évidence et Jacques CHIRAC annonçait en 1976 "la fin du tunnel" (Je me souviens encore de l'autocollant du PSU...).
Que de temps perdu alors qu'ILLICH racontait déjà comment si l'on ajoutait le temps passé pour avoir l'argent pour acheter et entretenir une voiture, on se déplaçait en réalité moins vite qu'en vélo.
Et puis JONAS, qui trente ans avant le principe de précaution, écrivait déjà :
"En matière d'affaires d'un certain ordre de gravité - celles qui comportent un potentiel apocalyptique - on doit accorder un plus grand poids au pronostic du malheur qu'au pronostic du salut."
Ou
"Jamais l'existence ou l'essence de l'homme dans son intégralité ne doivent être mis en jeu dans les paris de l'agir."
Pour finir par ce nouvel impératif catégorique :
"Agis de façon à ce que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur Terre."
En ces moments de réflexion avant la nouvelle année, voilà un bien joli sujet de méditation pour chacun d'entre nous.
Street art
J'ai été subjugué par ce reportage d'ARTE sur le "street art" dans le journal du 15 décembre.
Les images du train en fin de film sont éblouissantes.
J'espère que ce flm sortira en salle à ANNECY.
Garde à vue
Voici le communiqué de la Fédération nationale des jeunes avocats à propos de la garde à vue et de l'assistance de l'avocat dès la première heure.
Alors que la Chine vient expressément de permettre aux avocats d’assister lors de leurs interrogatoires les personnes placées en garde à vue, la Patrie des Droits de l’Homme doit dorénavant réagir et se soumettre sans délai aux obligations mises à sa charge par la Cour européenne des droits de l’Homme.
Le 19 octobre 2010, la Cour de cassation a enfin reconnu le principe selon lequel « toute personne soupçonnée d'avoir commis une infraction doit, dès le début de la garde à vue, être informée de son droit de se taire et bénéficier, sauf renonciation non équivoque, de l'assistance d'un avocat » mais a cru pouvoir différer dans le temps l’application à la France de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme.
Or, la Convention européenne des droits de l’Homme et des libertés fondamentales est d’application immédiate, conformément à la lettre de ce traité que la Cour de cassation ne saurait ni écarter, ni ignorer.
Le 14 octobre 2010, la Cour européenne des droits de l’Homme a condamné le régime de la garde à vue à la française sans envisager le moindre report dans le temps de sa jurisprudence.
En ce sens, les Jeunes avocats ont soulevé et obtenu la nullité des gardes à vue devant les tribunaux de BORDEAUX, LILLE, NANCY, COLMAR et CHARLEVILLE-MEZIERE pour violation des principes posés par la Cour européenne des droits de l’Homme (Cf. Décisions à l’adresse suivante : http://www.fnuja.com/Les-libertes-ne-peuvent-attendre_a1375.html) Déjà, à COLMAR, les avocats sont autorisés par le Parquet à être présents, aux cotés de leurs clients placés en garde à vue, lors des interrogatoires.
La FNUJA appelle à amplifier le mouvement de contestation qui s’élève en soulevant systématiquement la nullité de la garde à vue, afin que soit définitivement condamnée la culture de l’aveu au profit d’une procédure pénale équitable et contradictoire préservant l’équilibre des droits des justiciables.
La défense des libertés ne se négocie plus.
La Garde à Vue est morte !
Vive l'exercice des droits de la défense et des victimes tout au long de l’enquête.
Philippe MEIRIEU, élu à la tête d'EUROPE ECOLOGIE
Philippe MEIRIEU a été élu ce samedi à la présidence d'EELV, après le renoncement de Jean-Paul BESSET.
Je trouve sur le site de LA VIE le discours de Philippe qui pose clairement l'enjeu de la construction de ce nouveau mouvement politique.
Philippe était notre tête de liste aux Régionales, et les électeurs de la HAUTE SAVOIE lui ont fait confiance pour porter le projet d'une écologie politique réunifiée, assumant les différences de points de vue en son sein, mais persuadée que nos différences étaient moins fortes que ce qui nous réunissait. Et que l'union renforçait notre crédibilité. Cela a séduit près d'un électeur sur 4 en HAUTE SAVOIE qui ont voté pour Philippe MEIRIEU et Claude COMET.
Depuis ces élections, quelques uns ont voulu relancer la machine à exclure.
Histoire de retomber dans les errements anciens, mais aussi de s'exposer au jugement de nos électeurs que nous aurions alors trompé sur le projet politique d'EUROPE ECOLOGIE. Ils n'ont pas voté pour un "remake" des VERTS, mais pour un mouvement nouveau où les VERTS sont une composante majeure, mais qui se positionne différemment sur le plan politique.
Il appartient aux instances nationales d'EELV de trancher et de dire si les élus qui ont fait la campagne d'EUROPE ECOLOGIE en HAUTE SAVOIE sans être adhérents des VERTS ont leur place dans le nouveau mouvement.
Ce sera une décision politique lourde de sens : nos électeurs sont selon l'étude de Denis PINGAUD "un
électoral volage et un électorat stratége" (à télécharger sur le site de la fondation Jean Jaurès); ils sauront tirer les conséquences d'une décision de repli sur le périmètre frileux de la
gauche et de l'extrême gauche classiques, dans lequel ils ne se reconnaissent pas comme le montrent toutes les études d'opinion, et cela d'autant moins qu'ils sont jeunes.
L'ami Dany COHN BENDIT, qui se souvient de la campagne que nous avions faite avec lui aux européennes d'il y a dix ans, de l'énorme meeting de SEVRIER et de son déplacement enthousiasmant à CHAMONIX, suit cette histoire de près.
Attendons la décision qui sera prise par les instances nationales, je l'espère, rapidement.
Nos électeurs ont le droit de savoir si on leur a raconté une belle histoire aux européennes et aux
régionales... et si cette histoire a pris fin ou pas.
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