Notre Dame des Landes, aéroport nuisible
Dans le dossier de l'aéroport de NOTRE DAME DES LANDES, les décideurs socialistes montrent qu'ils n'ont pas pris en compte le changement climatique. Ce projet est dans les cartons depuis trente ans, disent-ils, donc on doit le faire. Alors qu'ils devraient raisonner à l'inverse : ce projet est un projet du XX° siècle; est-il encore compatible avec l'urgence climatique ? Est-il sérieux de vouloir développer le transport aérien avec ce qu'on connaît des pollutions qu'il génère ? Un ancien condisciple de François HOLLANDE à l'ENA lui écrit à propos du projet d'aéroport de Notre Dame des Landes. Les arguments de M. WARIN ne manquent pas de pertinence.
Lettre ouverte à Monsieur François Hollande, Président de la République,
De la part de Patrick Warin, ancien élève de l’ENA, Promotion Voltaire, ancien Directeur à la Caisse des Dépôts et Consignations, Professeur associé aux Universités, membre de Démocratie 2012.
Monsieur le Président, mon cher camarade, cher François,
J’ai décidé de vous adresser cette lettre, écrite ce matin du 30 octobre, alors qu’une nouvelle opération de police de grande envergure se déroule à quelques dizaines de kilomètres d’Angers mon lieu de résidence, ville et région qui vous sont également familières.
Sur le territoire prévu pour accueillir le futur aéroport de Nantes /Grand Ouest des hommes et des femmes qui ,pour l’écrasante majorité d’entre eux ont voté pour vous, doivent se confronter une nouvelle fois à un déploiement de forces de police dépêchées par un gouvernement de gauche, dirigé par l’ancien maire de Nantes .Alors que depuis des années ces femmes et ces hommes, tous non violents, tous soutenus par une solidarité locale, régionale et nationale demandent simplement à être entendus au-delà des procédures légales et formelles dont ils estiment à juste titre qu’elles ont été menées de manière tronquées, et trompeuses ,la seule réponse que votre gouvernement leur apporte est celle de l’emploi de la force .Cette attitude , Monsieur le Président , cher camarade est inacceptable .
Parmi bien d’autres je me suis engagé pour assurer votre élection, puis vous garantir une majorité solide. Dans notre circonscription du Maine et Loire tenue par la droite depuis plusieurs dizaines d’années nous avons failli à 86 voix près envoyer l’ancien ministre Marc Laffineur à une retraite bienvenue. Nous sommes fiers d’avoir mené ce combat et de nous retrouver dans cet Ouest déjà largement conquis par la gauche en terre de futures conquêtes en compagnie de nos alliés écologistes.
Cher François, la manière dont le pouvoir que vous incarnez gère le projet Notre Dame des Landes va totalement bouleverser ces positions politiques chèrement acquises car vous n’imaginez pas l’immense potentiel de sympathie, de soutien militant, de soutiens politiques à la base dont bénéficient ces personnes en lutte, alors que la technostructure du Parti socialiste et des grands élus régionaux est en train de s’isoler.
Monsieur le Président je vous l’affirme avec la conviction d’un sympathisant socialiste de longue date, de tradition enracinée auprès de mes proches, mon père Jacques Warin, qui collabora avec Pierre Mauroy au moment de l’alternance en 1981, vous êtres face à un nouveau Larzac !
Déjà au moment de votre élection je vous avais alerté discrètement, par l’intermédiaire de nos amis communs de Démocratie 2012, dont Pierre René Lemas pour éviter qu’en pleine campagne la situation ne provoque des conséquences électorales néfastes. Il me semblait avoir, avec bien d’autres qui avaient intercédé, été entendu.
Aujourd’hui il est temps que vous ne vous contentiez plus de répondre aux lettres qui vous sont adressées à ce sujet par des formules standards qui renvoient à votre ministre Monsieur Cuvillier le soin de traiter le dossier. Outre que cette attitude peu respectueuse de l’écoute citoyenne ne vous ressemble pas, vous êtes face à une situation qui exige une attitude d’homme d’Etat.
La révision du Schéma national des infrastructures de transport, l’emploi parcimonieux de la dépense publique, le souci de la transition écologique, l’application loyale de la Loi sur l’Eau, dans sa dimension universelle et a fortiori européenne, sont autant de motifs pour rouvrir le dialogue et éviter que votre quinquennat ne soit entaché par un abcès de fixation politiquement désastreux. Cela vous fait courir compte tenu de la manière utilisée aujourd’hui, des risques sérieux de dérapages, de provocations dont vous porterez seul la responsabilité face à des personnes dont la conviction s’exprime de manière pacifique, non violente, respectueuse de la loi républicaine dès lors que celle-ci s’exerce elle aussi dans le respect du dialogue citoyen.
Monsieur le Président, cher camarade, j’ai eu le privilège de vivre un parcours professionnel dont tous ceux qui furent mes supérieurs, collaborateurs, collègues, partenaires s’accordent à dire qu’il fut toujours ouvert à l’innovation, à l’adaptation au monde changeant, à la recherche de nouveaux paradigmes et à la réalité de la concurrence globalisée. Je continue en tant qu’enseignant universitaire à stimuler la créativité de mes étudiants, dans le monde entier, tout en leur transmettant mon expérience de dirigeant du service public puis d’homme d’entreprise .Je ne suis pas un nostalgique, ni un tenant de la décroissance, ni un « illuminé anti progrès ». Ces traits de caractère sont partagés par les personnes que je côtoie lors des réunions d’information sur le projet Notre Dame des Landes. En vérité, c’est nous qui incarnons la modernité et l’ouverture au 21éme siècle.
En effet, qui peut croire que les opérateurs aériens vont implanter dans le Grand Ouest des infrastructures aéroportuaires renforcées et surdimensionnées, au moment où nous atteignons le pic de l’énergie fossile, et alors que leur modèle économique est de ramener les passagers vers quelques hubs majeurs soit par des avions qui rallient Nantes à Orly, ou Charles De Gaulle, ou Francfort ou Londres, ou Amsterdam ou Madrid…. ?A partir de ces plateformes le modèle est alors de procéder au remplissage maximum de très gros porteurs économes en carburant. Sauf à souffrir d’une mégalomanie ridicule, qui peut croire qu’un Grand Ouest aujourd’hui déjà bien relié par TGV aux plates formes parisiennes en cours de modernisation a besoin d’un équipement nouveau, coûteux, détruisant plusieurs milliers d’hectares de terres agricoles, déracinant aux propre et au figuré paysages et hommes attachés à leur territoire ?
Nantes a déjà 2 aéroports qui figurent dans les codes internationaux de l’IATA, Nantes Atlantique qui croît sans que cela permette de justifier le transfert coûteux et….. la gare SNCF de Nantes qui est utilisée dans la tarification aérienne pour acheminer les passagers vers les plateformes parisiennes et retour .Nantes Atlantique va devoir de toutes façons être conservé pour les besoins logistiques de la fabrication d’Airbus sur l’usine nantaise, et la gare de Nantes me parait être une bonne solution pour les voyageurs de notre région pour leur transfert vers les hubs parisiens. Posons donc la question à Air France sur sa vision du transport aérien au 21 ème siècle et remettons nous autour d’une table pour réexaminer les prévisions de trafic utilisées pour justifier le transfert !
Monsieur le Président, cher camarade, vous qui êtes aujourd’hui soucieux que vos hautes fonctions et votre agenda ne vous coupent pas de la réalité que vivent nos concitoyens, vous, qui vous entourez des avis et opinions issus de la société civile, comme en témoigne la mission confiée à votre proche Bernard Poignant (qu’en dit on à Quimper ?), je vous conjure d’écouter ce qui se vit dans notre région auprès de personnes qui vous soutiennent , qui partagent vos valeurs, qui se mobiliseront autant qu’il le faudra et aussi longtemps qu’il le faudra pour que leurs argument soient écoutés une fois que les gaz lacrymogènes de ce matin se seront dissipés .
Cher François, le Larzac a rencontré son homme d’Etat, le magnifique film qui a retracé cette lutte rend hommage à des Français ordinaires, femmes et hommes de conviction mais aussi à l’homme d’Etat qui les a entendus.
Ceux de Notre Dame des Landes et ceux du Larzac sont de la même trempe de Français, nous serons des millions à les soutenir pour qu’on les écoute.
Monsieur le Président, cher François Hollande, nous attendons de vous que vous soyez à notre rendez vous citoyen comme l’a été François Mitterrand.
Je vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments respectueux et de mon cordial souvenir,
Patrick Warin
ENA Promotion Voltaire
Copie : Monsieur Jean Marc Ayrault, Monsieur Pierre René Lemas, Monsieur Michel Sapin, Monsieur Jean Pierre Jouyet, Monsieur Bernard Poignant, Monsieur le Préfet de la Région Pays de la Loire.
Plan de protection de l'atmosphère
La question de la pollution de l'air est devenue un enjeu central de santé publique. Le plan de protection de l'atmosphère dans la vallée de l'ARVE accouche selon l'Association pour le Respect du Site du Mont-Blanc (ARSMB) et Environn'Mont-Blanc d'une souris. Leurs arguments sont sérieux. La remise en cause du transport routier de marchandises est encore un leurre alors que les italiens poussent tant au FREJUS qu'à CHAMONIX pour doubler les tunnels routiers. Au FREJUS, la galerie de secours du tunnel a été calibrée pour permettre de faire passer les camions, ce n'est pas pour rien !
– La vitesse sera abaissée de 20 km/h pendant la période hivernale, sur autoroute uniquement. Les routes nationales, et donc la route d’accès au tunnel du Mont-Blanc, ne bénéficieront pas de cette limitation saisonnière.
– Seuls les poids lourds les plus polluants, les Euro 2, sont interdits (depuis le 1er novembre) au tunnel du Mont-Blanc. Or ils représentaient seulement 1,7% du trafic poids lourds du tunnel en 2011. Le calendrier de retrait des Euro 3 n’est pas fixé et le Préfet propose une simple « poursuite des réflexions du groupe de travail sur l’étude de mesures de régulation du trafic Euro 3 au tunnel ».
La Préfecture nous avait laissé entrevoir que des solutions ambitieuses seraient appliquées pour venir à bout des dépassements illégaux de polluants atmosphériques sur notre territoire. Toute ambition a pour l'instant été mise de côté pour aboutir à des décisions qui favorisent, une fois de plus, le secteur des transports au détriment de la santé humaine. Les associations qui se sont impliquées sans compter dans la définition de ce PPA ont le sentiment d’avoir été trompées et ignorées. La déception est grande, mais la détermination reste intacte pour continuer à faire pression pour que des mesures volontaristes soient mise en place, afin de retrouver une qualité de l’air légale dans la vallée de l’Arve et au Pays du Mont-Blanc d’ici 5 ans, tel que le préconise le PPA.
Ouf ! OBAMA, Plouf ! HOLLANDE
Ouf ! OBAMA a été réélu. Il n'aura rien fait pour empêcher les gaz de schiste aux Etats-Unis, et pas plus pour prendre en compte l'urgence climatique. Mais il vaut toujours mieux que ce soit lui plutôt que l'autre, mormon téléguidé idéologiquement par les plus extrêmistes des blancs américains, totalement opposé à toute intervention régulatrice de l'Etat dans quelque domaine que ce soit. Nous avons échappé au pire.
Plouf ! HOLLANDE qui se renie encore plus vite que MITTERRAND en 1983... BAYROU savoure amérement d'avoir eu raison trop tôt. Mais franchement, augmenter la TVA après l'avoir à ce point critiquée, il fallait oser... Les députés socialistes de la HAUTE SAVOIE n'auront pas à affronter leurs électeurs en retournant dans leurs circonscriptions; mais ailleurs, ça risque d'être croquignolet... Après l'abandon en rase campagne de la lutte contre les contrôles de police au faciès, du droit de vote des étrangers aux élections locales, l'extradition d'une militante basque qui n'a commis aucune violence, voilà la TVA augmentée... HOLLANDE a menti à ses électeurs. Mais SARKOZY nous conduisait dans les bras de l'extrême droite, pas de regrets à avoir. Nous avons ici aussi échappé au pire.
L'amiante, Martine AUBRY et moi
J'étais inspecteur du travail quand Martine AUBRY était directrice des relations du travail (DRT) au milieu des années 1980. Formé au
début des années 1980, jamais dans ma formation initiale, je n'ai entendu parler de l'amiante. C'est en arrivant chez VALEO EMBRAYAGES que j'ai découvert que l'entreprise faisait des mesurages
réguliers de l'amiante dans les ateliers, mesurages considérés par elle comme satisfaisants et cela a duré comme cela jusqu'à mon départ de l'inspection du travail. A cette époque, le médecin du
travail qui officiait à la DRT travaillait également...chez un producteur d'amiante à temps partiel. Le directeur du bureau "conditions de travail n°5" siégeait au Comité permanent amiante qui
faisait du lobbying pour l'usage "contrôlé" de l'amiante.
Je ne sais pas si Martine AUBRY savait plus de choses que les inspecteurs du travail sur la toxicité de l'amiante. Si la juge d'instruction l'a convoquée, c'est qu'elle dispose d'éléments sur ce
point.
Ce qui est sûr, c'est que le code du travail ne faisait alors aucune différence entre la poussière de craie et la poussière d'amiante. L'article R 232-12 du code du travail exigeait que les poussières et les gaz soient évacués "au fur et à mesure de leur production". Il fallut la transcription des directives européennes en droit français pour qu'enfin une place spécifique soit donnée aux produits cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques. Et dire qu'il y a des imbéciles pour répandre l'idée que l'Europe, c'est le recul social ! Jamais la FRANCE seule n'aurait mis en place une réglementation aussi sophistiquée et utile pour la protection des salariés...
Ce n'est que lorsque le scandale ne put plus être caché, notamment grâce à l'action inlassable d'un Henri PEZERAT, que l'interdiction eût lieu, trop tard, en 1997. Mon hommage à Henri est ici
Pour ce qui me concerne, je repense très souvent - depuis que j'ai participé avec la FNATH après 1992 à la mise en place de la
plainte pénale qui débouche aujourd'hui - à mes nombreuses visites de l'entreprise VALEO EMBRAYAGES, passant totalement à côté de l'enjeu essentiel de la santé des salariés...
Une fiscalité écologique trop faible et trop tardive
Les associations de protection de l'environnement, comme la Fondation Nicolas HULOT et le Réseau Action Climat ont pris position
immédiatement sur le projet de "pacte de compétitivité" du gouvernement. Voici leurs critiques qu'un citoyen conscient de l'urgence climatique ne peut que reprendre à son compte... Ce
gouvernement tourne le dos à la transition énergétique. Il n'a pas osé reprendre l'antienne du Rapport GALLOIS sur les gaz de schiste, mais pour le reste, l'encéphalogramme est désespérant plat.
On aurait pu imaginer un grand programme national sur la transition énergétique, on a l'augmentation de la TVA sur la restauration, mais pas celle des passoires énergétiques...
Communiqué de presse, 6 novembre 2012
Annonces du gouvernement sur la compétitivité
Une fiscalité écologique trop faible et trop tardive
Au lendemain de la sortie du rapport Gallois sur la compétitivité de l’industrie française, le gouvernement a annoncé la mise en place à partir de
2016 d’une "nouvelle fiscalité écologique" d'un montant "d'au moins 3 milliards d'euros". Le
Réseau Action Climat – France et la Fondation Nicolas Hulot sont consternées par le flou et la mollesse de cette annonce au regard du potentiel de
la fiscalité écologique et de l’urgence climatique.
La fiscalité écologique renvoyée aux calendes grecques
« En annonçant la mise en place d’une fiscalité écologique en 2016, le Premier Ministre renonce aux engagements pris par le gouvernement au sortir
de la Conférence environnementale et décide de remettre à plus tard une mesure phare de la transition énergétique. » s’inquiète Lorelei Limousin, chargée de la fiscalité écologique au Réseau
Action Climat- France. « Les 3 milliards d’euros de recette fiscale évoqués ce matin sont bien loin des objectifs de la feuille de route : rattraper la moyenne européenne en termes de fiscalité
écologique, ce qui équivaut à 20 milliards d’euros de prélèvements écologiques supplémentaires. »
Nos associations s’interrogent sur la nature de cette nouvelle fiscalité et s’alarment du délai de mise en œuvre, 2016 étant un horizon bien trop
lointain pour permettre la transition énergétique et endiguer la crise climatique.
Contrairement au rapport Gallois, le gouvernement ne fait aucune allusion à la taxation de l’énergie et du carbone. Or, le basculement des taxes sur
le travail vers la taxation des ressources et des externalités, tel qu’il est pratiqué dans certains pays européens (Suède, Danemark) est bénéfique pour la compétitivité et l’emploi et envoie un
signal prix efficace
pour encourager à la maitrise de la demande en énergie.
Pour ces raisons, la commission de concertation sur la fiscalité écologique doit travailler à la suppression des nombreuses niches fiscales
dommageables à l’environnement et à la mise en place immédiate d’une contribution climat-énergie au niveau national. Ces mesures incontournables permettraient de dégager respectivement 20 et 8
milliards d’euros1,
d’orienter les entreprises vers la transition énergétique et d’inciter à l’innovation et aux progrès technologiques qui sont des leviers indéniables
de compétitivité.
Hausse de la TVA sur les transports et la rénovation: le bâton dans les roues de la
transition énergétique
L'annonce du relèvement du taux de TVA (de 7% à 10%) pénalise directement le développement des transports en commun et la rénovation énergétique des
bâtiments.
Cette hausse va à l’encontre de nos objectifs de transfert modal et pénalisera grandement les usagers et les collectivités territoriales. S’agissant
des travaux de rénovation énergétique, « l’augmentation vient remettre directement en cause l'atteinte de l'objectif de 600 000 logements rénovés par an, pourtant promesse de campagne du
Président de la République » regrette Joël Vormus du CLER.
Grand absent de ce rapport Gallois, un grand plan d'efficacité énergétique est pourtant un élément essentiel pour la protection de la population
contre la hausse inéluctable des coûts de l'énergie et de compétitivité pour les entreprises françaises œuvrant dans ce domaine.
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Dépénalisation du cannabis, mariage homosexuel
L'ouverture du mariage aux couples homosexuels, et la législation sur le cannabis... A priori, deux thèmes totalement différents, mais qui, selon l'eurodéputé et vice-président du MoDem Jean-Luc Bennahmias, ont un point commun : le débat à leur sujet est totalement occulté par l'hypocrisie et la diabolisation. Pourquoi ?
Dépénalisation du cannabis, mariage homosexuel, adoption par des couples homosexuels, les sujets dits de société, dont on parle tant ces derniers jours, sont de bons prétextes pour des discours hypocrites et une diabolisation simpliste.
Hypocrisie, car les discours nient la réalité des faits : sur le cannabis, la politique uniquement répressive est un échec. Comme le répète régulièrement Daniel Vaillant – ex-ministre de l'Intérieur qu'on ne peut pas vraiment qualifier de laxiste – la prohibition ne marche pas. L'échec de la guerre à la drogue est dénoncé par les faits (augmentation de la quantité de drogue en circulation, développement des réseaux mafieux, du blanchiment et de la violence, baisse des prix et augmentation de la consommation) et par des instances internationales comme la Commission mondiale pour la politique des drogues, qui compte parmi ses membres Javier Solana, Carlos Fuentes, Paul Volcker ou encore Mario Vargas Llosa.
Dans son rapport de juin 2012 intitulé "Comment la criminalisation de l’usage de drogues aggrave la pandémie mondiale" la commission fait dix recommandations, parmi lesquelles : "Toutes les autorités compétentes, tant au niveau municipal qu’international, doivent reconnaître l’échec de la guerre menée contre les drogues afin de réduire la demande mondiale et, ce faisant, s’éloigner des mesures conventionnelles répressives qualifiées de 'succès' (arrestations, saisies et condamnations), qui n’ont aucune répercussion positive sur les communautés concernées."[1]
Les exemples de nos voisins sont parlants : pourquoi les ignorer ?
Prendre acte de l'évolution de notre société et avancer, de manière sereine et pédagogique, c'est ce que nous sommes incapables de faire. Pour ne parler que du cannabis, il faut prendre un peu de recul, et regarder au-delà de la France : certains de nos voisins européens ont avancé plus vite que nous sur la question de la pénalisation/dépénalisation/légalisation.
Ainsi, dans certains États, qui étaient d'ailleurs encore sous le joug d'une dictature il y a moins de 50 ans, le débat est plus avancé et la législation plus tolérante : en Espagne comme au Portugal et aux Pays-Bas, la consommation – limitée à la possession de petites quantités – n'est pas un délit. Aux Pays-Bas, elle est même possible dans les fameux "coffee shops".
D'autres pays ont instauré un système hybride : en Allemagne, au Danemark, en Belgique, en Autriche, en Italie, en Islande ou au Luxembourg, le cannabis est dépénalisé, mais il reste une infraction – puisque dépénalisation ne veut pas dire légalisation. De plus, certains de nos voisins autorisent la consommation à des fins thérapeutiques ; c'est le cas en Allemagne, aux Pays-Bas, en Espagne, en Belgique, en Finlande ou encore au Royaume-Uni.
Peut-on encore nier la réalité des couples homosexuels ?
Hypocrisie aussi sur le mariage homosexuel, l'adoption et la procréation médicale assistée, qui attisent de nouveau les controverses. Certes, les tabous tombent peu à peu sur la question du mariage, mais la France est là aussi en retard : le mariage existe aux Pays-Bas depuis 2001, en Belgique depuis 2003, en Espagne depuis 2005, et depuis en Suède, au Portugal ou encore en Norvège.
Premier mariage bouddhiste entre deux personnes de même sexe à Taïwan, le 11 août 2012 (S.YEH/AFP)
Alors qu'on s'apprête à évoluer sur cette question, certains maires annoncent déjà qu'ils ne célébreront pas les mariages gays, tandis que l'adoption par des couples homosexuels et la procréation médicale assistée relancent ce que j'appelle le triptyque "hypocrisie, ignorance et diabolisation" qui caractérise notre approche sur ces sujets de société.
Nier la réalité – l'existence de couples homosexuels et de milliers d'enfants qui vivent dans l'insécurité juridique (absence de statut du conjoint parent) – ne permet pas de régler les problèmes ni de faire évoluer notre société. Les débats sont encore souvent réduits à des idées reçues et à l'absence de compréhension de la diversité de la société française d'aujourd'hui, alors que l'idée centrale devrait être l'égalité des droits pour tous.
Sur l'adoption, il y a aujourd'hui suffisamment d'enquêtes et d'études pour affirmer que l'identité sexuelle n'a que peu à faire avec l'éducation des enfants. Faisons confiance à notre encadrement de l'adoption, qui me semble largement à même de gérer sur un même pied d'égalité des demandes provenant de couples hétérosexuels comme de couples homosexuels.
Mariage des homos et législation sur le cannabis : la même hypocrisie française
En France, notre approche sur le cannabis répond au même triptyque qui est fatal à tout débat serein et productif sur la question. Il y a hypocrisie car nier les situations, la réalité de terrain, permet d'en rester au statu quo sans rien régler des problèmes, ni agir sur les causes. Il y a ignorance, car beaucoup de gens ne connaissent pas la réalité du terrain, du trafic, des réseaux et des clients, des enjeux pour la santé ou du type d'addiction que provoque le cannabis.
Enfin, il y a diabolisation car il est très facile d'entrer dans le débat de manière fracassante en dénonçant tel ou tel comme le nouvel "irresponsable" de la République, en dénonçant "la gauche pétard" plutôt que d'essayer d'apaiser et d'élever le débat.
Une telle approche ne laisse aucune place à une réflexion approfondie et sans tabou. Car des idées que nous n'avons pas encore essayées, il y en existe un certain nombre, puisque la répression est la seule politique publique que nous avons testée, avec "les résultats" que nous connaissons.
Pour ma part, je considère qu'une légalisation extrêmement contrôlée et un usage thérapeutique encadré – tout en conservant bien évidemment l'interdiction pour les moins de 18 ans comme pour l'alcool et le tabac – permettraient de sortir de l'impasse dans laquelle la logique de la "guerre à la drogue" nous enferme [2].
Enfin, l'obsession qui tourne autour du cannabis en France occulte le débat plus large que nous devrions avoir sur les drogues dans leur ensemble, notamment les drogues dures, et leur impact sur la santé publique. D'où l'intérêt de la proposition du corps médical et d'associations comme Act-up et Médecins du monde de créer des salles de consommation à moindre risque – un de ces centres, au moins, est d'ailleurs déjà prêt à Paris – comme il en existe en Allemagne ou en Suisse, mais à condition qu'on réfléchisse à leur localisation.
Pour qu'elles remplissent leur rôle de réduction des risques et qu'elles soient de réels endroits sécurisés et acceptés, les salles d'injection de drogues devraient être placées à proximité des hôpitaux et autres lieux médicalisés.
Cécile Duflot en début d'été, et Vincent Peillon hier, comme d'autres – François Rebsamen par exemple – n'ont fait qu'exprimer publiquement des solutions proposées régulièrement par des instances internationales et des spécialistes en addiction comme le docteur Lowenstein ; qu'on le veuille ou non, le débat n'est pas clos.
TOUS COBAYES ?
Le débat sur les OGM mérite d'être posé au grand jour, l'excellente programmation de LA TURBINE nous invite à creuser
cette question d'actualité ce lundi 5 novembre.
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Lundi 5 Novembre à 20H30
En présence de Gérard BOINON paysan à la retraite, ancien secrétaire général de la confédération Paysanne Rhône Alpes, ancien membre du comité national et
actuellement secrétaire de Rés’OGM info
TOUS COBAYE ? (1h 55min) Réalisé par Jean-Paul Jaud. Avec Philippe Torreton
Sommes-nous tous des cobayes ? Comment se fait-il que les OGM agricoles soient dans les champs et dans les assiettes alors qu’ils n’ont été testés que pendant trois
mois sur des rats ?
Pour en savoir plus : www.laturbine.fr
GRAPHOCOLOR, facteur 4
La Ville a fait procéder en septembre à de nouvelles mesures de la pollution aux nitrates occasionnée par la société GRAPHOCOLOR. La Ville avait mis en oeuvre - après que nous ayons soulevé il y a plusieurs années la nécessité de protéger l'ISERNON de sa pollution aux hydrocarbures - un suivi des mesures de la pollution de l'ISERNON.
J'en ai déjà rendu compte à
plusieurs reprises par exemple ici :
http://www.thierry-billet.org/article-graphocolor-consignation-de-500-000-euros-82908392.html
ou là :
http://www.thierry-billet.org/article-l-isernon-pollue-48243146.html
Lors des réunions de travail avec GRAPHOCOLOR, la direction de l'entreprise s'était engagée, dans le cadre de plusieurs arrêtés préfectoraux, à modifier son mode opératoire et en diminuant l'utilisation d'acide nitrique. La Ville a voulu en avoir le coeur net et a fait réaliser des mesures de nitrates au même endroit.
La mesure a permis d'établir que la concentration de nitrates a été divisé d'un facteur 4, soit de 5.500 milligrammes à 1.229 mg par litre au niveau de GRAPHOCOLOR, 187mg par litre de l'ISERNON, 5,5 mg au niveau du THIOU.
Même si la situation n'est pas encore conforme à la réglementation, il convient de souligner l'effort de
l'entreprise et les résultats obtenus. Il faut donc de poursuivre dans cette voie.
Tétanisé
"Tétanisé", je cherchais un adjectif pour définir le gouvernement. C'est "tétanisé", incapable d'assumer un choix clair, prêt à reculer dès qu'il n'est pas sûr que cela ne créera pas de vagues, incapable d'affirmer une stratégie et de s'y tenir...
Même les 35 heures ne sont plus sûres de rien alors qu'aucun français n'est prêt à renoncer à ses RTT. Il n'y a que pour envoyer les forces de l'ordre contre les roms ou les occupants de NOTRE DAME DES LANDES que des décisions sont prises. Pour le reste, wait and see.
Même quand les décisions sont bonnes comme sur la contraception, personne ne le met en avant et n'explique cette évolution positive.
Le plus souvent, comme sur les dépassements des honoraires des médecins, on n'y comprend rien et le sentiment qui domine est que les médecins les plus croqueurs s'en tirent au mieux... Bref, tou se passe comme si le gouvernement était prêt à soumettre sa politique aux électeurs de la droite et du FN plutôt que d'affirmer ses propres valeurs. Si MITTERRAND avait appliqué cela, l'abolition de la peine de mort ne serait jamais advenue. Ni les 35 heures ou la CMU sous JOSPIN...
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