Développement durable du bassin annécien
Je découvre plus d'un an après sa publication un "guide méthodologique" de la Direction départementale des Territoires de la HAUTE SAVOIE intitulé "Développement durable du bassin annécien" de janvier 2010.
Ce guide prend en considération plusieurs exemples concrets comme le quartier des PAPETERIES à CRAN GEVRIER, le secteur LOVERCHY PONT NEUF à ANNECY, celui des ILETTES entre ANNECY, Annecy le Vieux et CRAN ou en zone rurale la Zone bâtie dans le secteur de la CORDICE à DOUSSARD ou la densification du centre bourg d'ENTREVERNES.
Ce travail intéressant se veut une synthèse des bonnes questions à se poser dans le cadre du développement durable du bassin annécien autour de 5 situations de référence : la reconstruction de la ville sur la ville, les franges urbaines en mutation, la création de nouveaux quartiers et hameaux, l'extension des villages et hameaux ruraux et périurbains, la densification/restructuration des coeurs de bourgs, villages et hameaux.
Ce travail à destination des élus intéressera tous les citoyens qui veulent prendre en mains leur environnement autour du lac d'ANNECY.
Site de la DDT :
www.haute-savoie.equipement-agriculture.gouv.fr
Plan climat d'ANNECY, une méthodologie
La mise en place du plan climat exige une capacité des acteurs à déterminer non seulement une liste aussi complète que possible des actions à mener. C'est le travail réalisé dans le cadre des ateliers climat.
Elle demande également une méthode qui permette de cadrer de manière pertinente les priorités à accorder à ces propositions.
Nous travaillons donc en ce moment sur cette démarche de hiérarchisation autour de trois points : l'importance des économies d'énergie réalisables, la capacité des acteurs à mettre en oeuvre cette action et enfin le caractère symbolique, entraînant que l'action revêt. Nous sommes inscrits dans cette réflexion car au-delà du caractère difficile ou impopulaire de telle ou telle action, l'efficacité doit guider nos pas.
En clair, si l'on est réellement persuadé de l'urgence écologique, alors un changement radical de nos décisions doit avoir lieu.
Prenons deux exemples.
L'abattage d'arbres anciens, forts jolis, mais piètres capteurs de carbone, peut être une politique particulièrement utile en matière environnementale. Paysage contre gaz à effet de serre, il y a là une contradiction dont il faut discuter.
La densification urbaine est une nécessité pour éviter le mitage de l'espace rural et les déplacements en
voiture permanents. Mais l'on souhaite développer également le jardinage et le maraîchage sur place. Cette contradiction apparente nous contraint à penser la densification autrement que dans les
années 1960 en préservant des espaces cultivables; mais sans renoncer à l'essentiel.
Cantonales à ANNECY LE VIEUX
Les résultats des cantonales dans les deux cantons d'ANNECY CENTRE et d'ANNECY LE VIEUX où EELV est au second tour ne renvoient pas aux mêmes
explications.
Je me suis exprimé sur ANNECY Centre.
Cantonale 1er tour, seconde analyse
Résultats des cantonales à ANNECY
Sur ANNECY LE VIEUX, les explications me semblent différentes.
En effet, le candidat socialiste, Jean-Jacques PASQUIER fait un travail de terrain remarquable à ANNECY LE VIEUX, en assumant avec beaucoup de convictions un travail de conseiller municipal d'opposition à Bernard ACCOYER dans des conditions difficiles.
Son échec électoral me semble donc lié à toute autre chose : la sociologie de ce canton où les catégories socio professionnelles les plus riches sont en grande proportion.
Cet électorat est sensible aux thèses écologistes : il veut défendre sa qualité de vie autour du lac et compte sur les écologistes pour le faire.
Le vote EELV sur ce canton est donc un vote de préservation du lac par une catégorie socio professionnelle bien déterminée dont une majeure partie ne se définit pas comme étant de gauche, bien au contraire !
Le hiatus sur le vote écologiste est ici entier : il est perçu par certains militants radicaux de l'écologie comme un soutien aux "anti JO"; alors qu'il est en réalité l'expression politique d'une population aisée qui souhaite conserver un cadre de vie agréable, et qui se préoccupe de sa santé et de l'environnement pour elle et ses enfants.
Dans ce contexte, le vote socialiste n'apparaît pas comme pertinent dans la mesure où le PS a été très absent de ces enjeux autour du lac depuis nos grandes luttes depuis 2005 sur la loi littoral.
Et surtout où cet électorat n'est pas un électorat de gauche (cela se saurait !) et qu'il alterne ses votes en fonction du
scrutin, de son enjeu et des régles électorales.
Un même résultat électoral sur deux cantons contigüs n'est pas le résultat d'une seule posture politique : il est l'expression de deux mouvements politiques différents issus de deux sociologies électorales distinctes.
La sociologie d'ANNECY Ville n'est pas celle des bords du lac où les catégories sociales supérieures ont "émigré" en quittant le coeur de ville.
C'est cette analyse qui me fait penser qu'un candidat écologiste peut battre l'UMP aux législatives dans notre département parce qu'il peut mieux rassembler une
large palette de sensibilités.
Atelier de plutonium de CADARACHE
Le Juge des référés du Conseil d’Etat a rejeté ce 18 mars le référé déposé par le Collectif antinucléaire 13 demandant la suspension du démantèlement de l’Installation nucléaire de base n°32 implantée sur le centre nucléaire du CEA de Cadarache.
Cette ordonnance appelle plusieurs remarques d’une grande actualité en pleine crise nucléaire mondiale.
L’ordonnance expose tout d’abord que le Juge des référés a entendu les parties présentes à l’audience et notamment l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
Or l’ASN n’était pas partie prenante au procès : elle n’était pas mise en cause par le Collectif antinucléaire. C’est donc à la demande de l’Etat que l’ASN est venue à l’audience cautionner la politique nucléaire en cours.
L’ASN est au titre de l’article 4 de la Loi de 2006 une « autorité administrative indépendante, (qui) participe au contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection et à l'information du public dans ces domaines. »
La présence à l’audience de l’ASN aux côtés de l’Etat, du CEA et d’AREVA, pour défendre le point de vue des exploitants, illustre que l’ASN n’a rien d’un organisme indépendant comme elle essaie d’en persuader les populations.
Ensuite, l’ordonnance considère que l’absence de crédibilité de la masse de matière fissile présente sur le site et qui a été largement sous estimée ne rend pas caduque l’étude de dangers et qu’il suffit que celle-ci ait évoqué le risque de criticité nucléaire pour que celui-ci soit suffisamment maîtrisé.
Cette utilisation de la méthode Coué dans une étude de danger concernant le démantèlement d’une usine contenant du plutonium laisse pantois alors que le CEA et AREVA sont incapables de dire aujourd’hui encore quelle quantité de plutonium se trouve sur le site.
Ainsi va la politique nucléaire en FRANCE, l'un des principaux dirigeants de l'ASN est un...conseiller d'Etat en la personne de M. SANSON.
Quand le juge qui est sensé contrôler la légalité est en même temps susceptible d'être aux commandes de l'institution qui devrait être indépendants et qui vient malgré tout assister les exploitants nucléaires... on a bouclé la chaîne d'intérêts convergents qui rend une catastrophe nucléaire possible en FRANCE par manque d'autonomie du contrôleur par rapport aux contrôlés.
Cantonale 1er tour, seconde analyse
Pour continuer la réflexion sur les résultats d'hier sur ANNECY, quelques éléments complémentaires.
Les scores de Philippe METRAL BOFFOD et de Denis DUPERTHUY me semblent explicites sur le fait que les JO n'étaient
pas l'enjeu du scrutin. Sinon, ils auraient obtenu des scores excellents. Ils ont été les animateurs de la lutte anti JO au Conseil municipal et au Comité anti olympique et ils font des scores
particulièrement médiocres sur ANNECY. Denis DUPERTHUY perd 8 points par rapport à Laurent DUPONT en 2004, et Philippe METRAL BOFFOD fait 126 voix sur 2 801 exprimés, soit 4,4% des voix à ANNECY.
Si les anti JO avaient voulu se manifester à l'occasion de cette élection, ils avaient la possibilité de le faire de manière claire : cela n'a pas eu lieu.
Il me semble évident en revanche qu'il y a eu un transfert de voix du PS sur EUROPE ECOLOGIE sur ANNECY CENTRE avec
une progression de 10 points entre 2004 et 2011 soit presque l'équivalent de la perte du PS sur ce canton (8 points).
Ce qui frappe en revanche, c'est que la HAUTE SAVOIE et ANNECY en particulier échappent à la progression globale de
la gauche, et notamment du PS. Notre département est un anachronysme politique rétif aux évolutions nationales, notamment sur des élections uninominales et rurales comme celles-ci.
Globalement, il n'y a pas de poussée écologiste très importante en HAUTE SAVOIE par rapport à 2004 à part ANNECY et ANNECY le VIEUX où le vote "utile" est devenu le vote écologiste et non le vote socialiste.
Enfin, force est de constater que la présence de quatre élus écologistes dans la majorité municipale de Jean-Luc RIGAUT n'a eu aucun effet négatif sur le score d'EELV; bien au contraire...
Les électeurs savent parfaitement faire la différence entre les scrutins.
Ils ont voté avec enthousiasme pour la liste de rassemblement centristes/écolo pour empêcher l'UMP de prendre ANNECY en 2008. C'est ce qui explique le raz de marée du premier tour des municipales.
Il reste à encore approfondir la politique environnementale de la Ville pour tenir compte de cet avertissement de
notre électorat.
A noter qu'au plan national, EELV est en-deçà des objectifs qu'avait fixés Cécile DUFLOT (entre 9 et 12%).
Résultats des cantonales à ANNECY
Les résultats du premier tour des cantonales sur ANNECY confirment l'implantation des écologistes sur le plan électoral.
François ASTORG est qualifié pour le 2° tour avec environ 20% des voix.
Le candidat du PS, Denis DUPERTHUY, réalise à peine 16% : sa posture plus à l'extrême gauche que le NPA et caricaturalement anti JO a détourné les électeurs socialistes d'une position politique radicalisée qu'ils ne reconnaissent pas comme étant celle des socialistes.
C'est la preuve que la question des JO n'était pas l'objet de ces cantonales comme le prouve le score de Philippe METRAL BOFFOD sur ANNECY Nord Ouest.
Ce désamour du PS local, la terrible catastrophe nucléaire au JAPON, et le travail de fond réalisé depuis des années sur ANNECY pour implanter une écologie responsable ont bénéficié aux candidats écologistes de manière directe.
On n'oublie pas pour autant la montée du vote FN autour de 17%. Là comme ailleurs, l'électorat UMP le plus sécuritaire s'est "lâché".
Mais la particularité annécienne saute aux yeux : le FN est bien moins fort qu'ailleurs, le PS également, et le vote écologiste est en pleine ascencion, scrutin après scrutin.
Ce que je plaide depuis des années comme devant être l'ambition des écologistes est en train de se
réaliser; celle d'occuper la place centrale qu'occupait la démocratie chrétienne dans le paysage politique haut savoyard avant les ralliements de l'UDF à l'UMP depuis une quinzaine
d'années.
Semaine du développement durable à ANNECY
Du 28 mars au 3 avril, c'est la 5° édition de la semaine du développement durable à ANNECY.
Un débat tous les soirs du lundi 28 mars au jeudi 30 mars salle Pierre LAMY à 19 heures 30. Tout y passe : les abeilles, habiter en 2040, se déplacer en 2040.
Le jeudi 31 mars à 19 heures 30 salle Pierre LAMY également, conférence de Pierre RADANNE directeur de l'agence "Facteur 4", ancien président de l'ADEME...
Ce sera une introduction aux ateliers CLIMAT ouverts aux habitants d'ANNECY mi mai 2011...
Vous pouvez vous inscrire en envoyant un courriel à Plan.climat@ville-annecy.fr
Et le Village du développement durable sur la Place François de Menthon avec une trentaine d'exposants.
Vous pouvez demander la communication du dépliant d'information en envoyant un courriel à agenda21@ville-annecy.fr
A noter enfin la sortie nature accessible notamment aux personnes malvoyantes ou mal entendantes pour découvrir
la faune et la flore locales le dimanche 3 avril à 9 heures 30 rendez vous Place de l'Hôtel de Ville.
Dimanche 20 mars 15 heures devant la Préfecture
Rassemblement ce dimanche 20 mars à 15 heures devant la Préfecture pour dire notre compassion au peuple japonais et exiger un débat (enfin !) sur la politique énergétique française. Voici l'appel lancé par 41 organisations en ce sens.
Le peuple japonais affronte actuellement une tragédie sans précédent. Une catastrophe naturelle, avec des conséquences humaines, sanitaires et économiques. Et une catastrophe nucléaire majeure.
A ce jour, trois fusions partielles de cœurs, deux incendies de combustible usé et cinq explosions d'hydrogène sont survenues dans la centrale nucléaire de Fukushima Daiichii, qui depuis le séisme et le tsunami du 11 mars dernier, relâche des quantités colossales de radioactivité dans l'air et l'environnement. Une fusion totale des cœurs, voire une explosion avec une grande quantité de rejets radioactifs, n'est pas à exclure. Malgré une communication d'informations parcellaires ou contradictoires, nous pressentons que nous sommes face à une situation d'une gravité sans précédent.
La situation au Japon est d’ores et déjà alarmante et s’aggrave d'heure en heure. Des centaines de travailleurs japonais sacrifient actuellement leur vie pour tenter d’éviter que le pire ne se produise.
Alors même que la catastrophe est en cours, des quantités massives de substances radioactives ont été libérées dans l’atmosphère et l’océan. Des taux de radioactivité plusieurs centaines de fois supérieurs à la normale sont déjà mesurés à plus de 100 km de la centrale de Fukushima. C’est une vaste région du Japon qui subit à l’heure actuelle une contamination radioactive qui pourrait se propager à tout le pays, voire au-delà.
Nous, associations, syndicats et partis politiques, exprimons toute notre solidarité au peuple japonais et en premier lieu aux travailleurs du nucléaire qui tentent d’éviter le pire au péril de leur vie.
Cette situation alarmante nous rappelle que le nucléaire est une énergie qui n'est ni propre, ni sûre, ni à même de répondre au défi majeur du changement climatique, et qu'il soumet les populations et les travailleurs à des risques insensés, d’un bout à l’autre de la filière. Plus encore lorsque les centrales sont vieillissantes : au Japon, le réacteur n°1 de Fukushima Daiichi devait être arrêté définitivement le mois dernier, mais la prolongation de son fonctionnement pendant 10 ans venait d'être décidée... Quel choix tragique !
Ce nouvel accident nucléaire majeur met à nouveau à jour les risques inhérents à toute installation nucléaire et met à mal de façon définitive et indéniable le mythe de la sûreté et de la sécurité du nucléaire.
L'impuissance dramatique de l'homme face à l'emballement des réacteurs au Japon a provoqué la remise en question immédiate du nucléaire dans plusieurs pays (Allemagne, Suisse, Inde, États-Unis...)
En France, la politique énergétique a toujours échappé au débat démocratique, et plus particulièrement le développement de la filière électronucléaire. Les décisions sont prises au plus haut niveau de l'État, sans que les citoyens ne soient jamais consultés, alors que cette question concerne pourtant l’avenir de la population tout entière.
Sera-t-il nécessaire d’attendre un nouvel accident nucléaire pour que les autorités françaises organisent enfin un réel débat sur le modèle énergétique français en toute indépendance de l’industrie nucléaire et de son lobby ?
Pour faire face à la pénurie croissante des ressources fossiles, aux risques inacceptables du nucléaire, et à la nécessité de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, les solutions alternatives existent, aujourd’hui. Elles s'appuient sur la réduction de nos consommations, par la sobriété et l'efficacité énergétique, et sur le développement des énergies renouvelables. Cette transition énergétique est inéluctable, ses modalités et sa planification nécessitent la tenue d'un grand débat démocratique et citoyen.
Le Président Sarkozy a annoncé que la France devait tirer les conséquences de l'accident japonais. Nous prenons aujourd'hui sa déclaration au mot.
NUCLÉAIRE : NOUS VOULONS AVOIR LE CHOIX !
Nous, associations, syndicats et partis politiques, adressons solennellement ces demandes communes au gouvernement français :
Nous voulons:
- L’arrêt de tous les projets électronucléaires en cours (EPR de Flamanville, ligne THT Cotentin-Maine, EPR de Penly, ITER, Bure et projets de centres de stockage des déchets nucléaires issus de la filière électronucléaire...) tant que les citoyens n'auront pas été en mesure de se prononcer démocratiquement sur notre politique énergétique et sur le recours à l'énergie nucléaire, y compris si nécessaire par un référendum
- Le renoncement à la prolongation de l’exploitation des réacteurs ayant atteint ou dépassé les 30 ans de fonctionnement
- L’arrêt complet de tous les projets portés à l'étranger par l'industrie nucléaire français
Ragots, excuses et balivernes sur internet
C'est fou comme INTERNET peut être un moyen d'information extraordinaire (Merci GOOGLE !), mais aussi la pire des entreprises de manipulation.
N'importe quoi peut être envoyé sur la toile.
Plus c'est gros, alarmiste ou démagogique, plus ça passe.
Vous avez peut être reçu cet appel à pétition pour sauver les médecines naturelles ces derniers jours.
Cela vous a paru sympatique ou utile de la signer, lisez ceci :
Vous avez peut-être été choqué par le fait que VEOLIA serait intervenu pour faire déprogrammer le documentaire sur l'EAU sur ARTE. Or c'est faux !
Alain UGUEN, le directeur de cyberacteurs s'excuse ce vendredi :
"Je me suis d'ailleurs excusé auprès de lui (M. RENEAUME directeur général adjoint de Veolia Eau) et j'en fais de même pour vous en espérant que cela ne compromettra pas la confiance que vous nous apportez en participant aux actions que nous proposons. Cela nous confirme en tous cas dans notre volonté d'avoir des partenaires qui s'engagent dans les actions que nous vous proposons et qui rendent compte des suites car nous ne pouvons être au four et au moulin"
Pour un honnête homme comme Alain UGUEN, combien de blagues diffusées sur la toile comme cette expérience du danger des ampoules basse consommation, ou ces appels à sauver la forêt amazonienne...
Tout cela me rappelle les délires contre le Traité constitutionnel européen qui nous fait tant défaut aujourd'hui où l'Europe s'avère impuissante face à la répression en LYBIE par exemple.
Bref, avant de cliquer sur "Transmettre", réfléchissez un moment et vérifiez la source du message initial. Cela évitera de s'indigner pour rien et de garder notre énergie quand l'enjeu est réel.

Le sang des Français imprégné aux pesticides
Selon les conclusions de l’étude, les niveaux d’exposition de la population française aux 11 métaux dosés sont globalement bas, et similaires à ceux observés à l’étranger. Depuis l’étude réalisée chez les adultes en 1995, la concentration en plomb dans le sang a connu une baisse de l’ordre de 60 %. La concentration de mercure dans les cheveux est, quant à elle, supérieure à celles des Allemands et des Américains, mais inférieure à celles des Espagnols. Selon l’InVS, ces écarts s’expliquent par une consommation de poisson variable d’un pays à l’autre, le poisson représentant le principal apport de mercure par l’alimentation. De fait, la consommation de poisson est deux fois moindre en Allemagne et aux États-Unis qu’en France et supérieure en Espagne.
Comparés à ceux observés en Allemagne et aux Etats-Unis, les niveaux d’imprégnation aux pesticides varient selon la famille chimique de pesticides étudiée. Ainsi, les niveaux des pesticides organochlorés, dont le DDT ou le lindane, aujourd'hui interdits pour la plupart des usages, sont jugés globalement faibles. Seule exception, une substance provenant du paradichlorobenzène, encore récemment utilisé comme antimite ou désodorisant dans les toilettes, est mesurée à des niveaux très supérieurs en France. Par ailleurs, les niveaux de PCB (1) observés dans les organismes français s’avèrent plus élevés que dans la population allemande et quatre à cinq fois plus élevés que ceux de la population américaine ou néo-zélandaise. De même, 90 % de la population est contaminée par les organophosphorés, le niveau de métabolites de ces insecticides neurotoxiques mesuré dans les urines des Français étant similaires à ceux des Allemands et supérieurs à ceux des Américains. Enfin, concernant les pesticides pyréthrinoïdes, largement utilisés en agriculture, en horticulture, en usage domestique etc., les niveaux sont plus élevés que ceux observés aux États-Unis et en Allemagne.
A la lumière de ces résultats, l’Institut a estimé que : « Les causes des écarts observés entre l’imprégnation de la population en France et à l’étranger méritent d’être élucidées », afin de déterminer si celles-ci sont dues à des apports alimentaires ou à l’usage de produits.
Fin 2012, l’InVS lancera une enquête nationale de biosurveillance en vue de suivre les évolutions par rapport aux données de cette première étude, tout en l’élargissant à une centaine de substances dosées. Seront alors intégrés des polluants émergents ou appartenant à d’autres familles chimiques, à l’instar des perturbateurs endocriniens.
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