Marc VEYRAT, écolo gustatif
A l'occasion de la manifestation pour une autre politique agricole commune, L'ECHO des Pays de Savoie de septembre interroge Marc VEYRAT.
Ce chef réputé nous dit qu'il ne travaille plus qu'avec des produits biologiques, que le reblochon court à la catastrophe avec tout le fourrage importé d'en dehors de la zone de production de l'AOC et qu'il est temps de sortir du capitalisme financier pour s'occuper de la nature.
Ce nouveau converti à l'écologie, grand amateur de 4 x 4 et autrefois bien peu regardant sur les règles d'urbanisme, est un signe de plus du changement des attitudes par rapport à la protection de l'environnement.
Il lui reste encore à demander à ses clients japonais de compenser leurs émissions de gaz à effet de serre pour venir déjeuner dans son établissement prestigieux, mais c'est peut être une autre histoire.
A 41, dernier dinosaure haut savoyard ?
La construction de l'A 41 et son achèvement en pleine crise énergétique, financière et sociale restera pour moi un échec politique. On peut rêver qu'elle soit le dernier exemple d'une politique ringarde des transports dans notre département. Mais rien ne permet d'en être sûr.
C'est néanmoins avec une certaine délectation que l'on prend connaissance des déclarations de M. RIGO, président d'ADELAC qui annonce dans le DAUPHINE des tarifs exorbitants pour emprunter l'autoroute, l'absence de toute rentabilité & même les interrogations de ce grand bitumeur sur l'avenir du transport routier :
«On quitte le monde de l'autoroute pour le monde des services» annonce Xavier Rigo. Il souligne l'originalité du système de tarifs et les équipements de haute qualité tout au long des 19 kilomètres. «Donner un tarif au kilomètre ne signifie pas grand-chose» indique-t-il.
Et pour cause. La comparaison en plein tarif avec le tronçon Annecy-Chambéry est édifiante.
Un automobiliste paie en moyenne à peine 0,10 centime le kilomètre pour ce dernier trajet contre 0,29 centimepour la distance Villy-le-Pelloux - Saint Julien.
Presque trois fois plus !
«Construire une autoroute comporte maintenant plus de risques. Il n'y a pas la même visibilité du retour sur investissement. On sait que l'A41 Nord ne sera pas rentable dans les 10 premières années. On peut aussi se poser la question, par exemple, de la place de l'automobile dans 20 ans» explique le président de Adelac.
Cette autoroute absolument pas rentable mais que le privé (BOUYGUES et AREA) a financé, alors que ce ne sont pas des philanthropes me laisser toujours interrogatif : pourquoi ont-ils accepté de financer cette autoroute la plus chère de FRANCE au kilomètre ?
Quelle est la contrepartie que l'UMP leur a donnée pour qu'ils acceptent de perdre de l'argent aussi longtemps ?
Un jour nous le saurons peut être dans 20 ans en lisant les mémoires de Jacques CHIRAC, de Rémi CHARDON ou de Bernard ACCOYER...
Alliance dans les Alpes
L'adhésion de la Ville d'ANNECY au réseau de communes "L'alliance dans les Alpes" est un pas de plus pour une inscription de la commune dans la réflexion internationale de communes particulièrement actives en matière de prtoection de l'environnement.
Le cadre de l'intervention de ce réseau de communes est celui de la CONVENTION ALPINE, qui regroupe une série de "protocoles" ratifiés par la FRANCE dans les domaines de l'agriculture de montagne, de l'aménagement du territoire, de l'énergie ou des transports.
Cet effort de réflexion au niveau de l'ensemble de l'arc alpin de NICE jusqu'à MARIBOR en SLOVENIE est porté depuis 1952 par la commission internationale pour la protection des ALPES (CIPRA) qui s'emploie à améliorer les échanges transfrontaliers d'observations et d'expériences destinés aux acteurs et aux habitants des différents pays de l'arc alpin y compris la SUISSE, même si elle n'est pas adhérente de l'UNiON EUROPEENNE.
L'échange de "bonnes pratiques" sur l'efficacité énergétique par exemple, mais également le montage de dossiers européens sur des thème environnementaux, comme celui de la pollution des sédiments des lacs alpins, ont décidé le conseil municipal à ratifie son adhésion ce lundi.
Plus de renseignements sur : www.cipra.org
Grenelle grillé...
Plus personne ne se fait d'illusions sur les suites du GRENELLE de l'environnement.
Plus personne ne fait confiance au gouvernement ni à la majorité présidentielle pour prendre les mesures qui s'imposent.
En voici le dernier exemple sur l'énergie, grâce à un article de MEDIAPART :
Nouvelle brèche dans les promesses du Grenelle de l'environnement, et de taille: le chauffage électrique bénéficie d'un traitement de faveur dans le projet de loi adopté mardi 30 septembre par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.
Alors que, désormais, toutes les constructions neuves devront respecter un seuil de consommation d'énergie inférieur à leur niveau actuel, les bâtiments chauffés à l'électricité échapperont en partie à cette restriction.
C'est ce texte qui sera soumis au débat parlementaire à partir du 7 octobre.
En effet, le plafond maximum autorisé par la loi (50 kilowattheures par mètre carré et par an en moyenne ) sera relevé «à raison inverse des émissions de gaz à effet de serre générés par l'énergie utilisée». En clair, moins une énergie émet du carbone, plus elle aura le droit d'être consommée au-dessus de la limitation s'appliquant aux autres.
Première visée... la filière du chauffage électrique, peu productrice de gaz à effet de serre grâce au nucléaire. Pourtant, chauffer à l'électricité est très coûteux en énergie du fait de la déperdition entre énergies primaire (la source de production) et finale (qui arrive dans le radiateur du consommateur). Selon les calculs de l'association negaWatt, les pertes en énergie de la production d'électricité sont considérables: la production d'un kilowattheure électrique demande presque trois fois et demi de plus d'énergies primaires. Ce sont ainsi 2,4 kWh qui se perdraient pour chaque kilowattheure consommé, dissipés en chaleur dans l'environnement.
Ce gaspillage atteint, selon l'association, près de 1300 milliards de kWh par an, soit l'équivalent du double de l'énergie totale utilisée pour le chauffage en France. Sans oublier de lourdes factures pour les ménages. Au ministère de l'environnement, on martèle : «La meilleure consommation, c'est celle qu'on ne fait pas.» Autrement dit, priorité aux énergies les plus économes... En France, 70% des constructions neuves sont équipées de chauffage électrique, 60% de chauffage électrique à effet Joule (convecteurs, radiants, plafonds rayonnants, planchers chauffants, chaudières électriques).
Combat homérique
Lors de l'audition de Jean-Louis Borloo par les députés, le 17 septembre dernier, Patrick Ollier, président de la commission des affaires économiques, avait beaucoup insisté pour que l'objectif de basse consommation soit combiné avec celui de réduction des émissions de CO2.
Le ministre de l'environnement l'avait alors rassuré, au nom d'un argument inattendu : la protection des énergies renouvelables... «Je compte réexaminer, avec les énergéticiens français, la rédaction du décret concernant la modulation des 50 kilowattheures (...) Ce serait un comble si un tel seuil entraînait l'éviction, par exemple, de l'électricité éolienne au profit du fioul.» Député Vert, Yves Cochet a dénoncé l'adoption de l'amendement par les parlementaires : «C'est évidemment le nucléaire, dans l'esprit des auteurs de l'amendement!»
Pour Thierry Salomon, président de l'association negaWatt : «Le seuil de 50 kWh, c'était la fin du chauffage électrique. EDF, les fabricants de convecteurs, la filière électrique ont crié au scandale. Au sein du Grenelle, le combat fut homérique... Pourtant, le chauffage électrique émet aussi du CO2: les centrales nucléaires ne parviennent pas à répondre aux pics de consommation d'énergie l'hiver, la France doit donc pour répondre à cette demande continuer à s'équiper en centrales fonctionnant avec des énergies fossiles et importer du gaz, brûlé dans les centrales thermiques.»
Ironie du calendrier: le même jour que la version consolidée du projet de loi Grenelle I était votée par les parlementaires, Nathalie Kosciusko-Morizet déclarait au Monde:
«On a surtout un problème avec le chauffage électrique en France. Son développement a été une erreur (...) cela entraîne des pics de consommation d'électricité en hiver. Et cela coûte très cher aux consommateurs. C'est une folie française de vouloir transformer l'électricité en chaleur, une aberration du point de vue thermodynamique!»
Le projet de loi Grenelle I doit être débattu par les députés à partir du 7 octobre.
La première crise socio-écologique du capitalisme
| Trois questions à Alain Lipietz, député européen. |
Cette crise financière que nous traversons, de quoi est-elle faite ?
Alain : Nous sommes confrontés au même type de crise qu’en 1929 (une crise sociale d’inégalité entre riches et pauvres) mais financièrement mondialisée et doublée d’une grave crise environnementale.
La crise de 29 est née du fait que l’on travaillait avec des machines de plus en plus performantes mais que les salaires ne bougeaient pas. Le pouvoir d’achat ne suivait pas la production et les riches ne savaient plus où investir. C’est l’absence de redistribution qui conduisit à la crise. C’est pire en ce moment à l’échelle de la planète tout entière : les travailleurs asiatiques travaillent sur des machines du XXIe siècle avec des salaires du XIXème. En outre, la finance s’est mondialisée et "titrisée", on revend des reconnaissances de dettes sans savoir sur quoi elles portent. C’est comme le sang contaminé : tous les Français qui ont une assurance-vie possèdent un milliardième de la maison hypothéquée d’une mère célibataire de l’Ohio. À cette crise mondiale qui jette les plus pauvres à la rue s’ajoute la crise environnementale : des millions d’êtres humains meurent de faim car les produits alimentaires et l’énergie viennent à manquer.
Les 700 milliards de dollars vont-ils tout arranger ?
Alain : Les leçons de la crise de 29 ont été apprises. Bush ne refait pas les erreurs de Hoover avant lui. Pour racheter les dettes pourries et éviter l’effondrement général, le Trésor américain ne lève pas d’impôt, il compte sur la création monétaire. Cela peut créer de l’inflation et faire baisser le pouvoir d’achat des Américains mais ce n’est pas sûr. De toute façon ce n’est pas "la" solution, c’est le Samu qui injecte du sérum à un blessé, ça ne le guérit pas. Il faut inventer un nouveau modèle de développement. Redistribuer massivement les richesses mais pas en vendant des voitures comme l’a fait Ford dans les années 1930. Aujourd’hui, il faut fournir aux gens des appartements bien isolés, peu consommateurs d’énergie, et des transports en commun.
Qui va faire ça ?
Alain : On peut le faire au niveau local, c’est efficace. Les Plans de déplacement urbains, les subventions distribuées par les régions pour l’isolation des habitations et les capteurs solaires vont dans le bon sens. On ne va pas attendre la fin du sarkozysme pour faire quelque chose. Il y a aussi le niveau européen. J’ai été rapporteur sur les règles prudentielles appliquées aux conglomérats financiers et nous avons choisi une voie radicalement différente de celle suivie pas les Etats-Unis. L’Europe a imposé aux banques d’avoir des fonds propres importants et cela nous donne quelques garanties.
Il faut également avancer très vite sur des accords internationaux type post-Kyoto. Nous devons entamer des négociations collectives à l’échelle mondiale pour diminuer les écarts de salaires d’un pays à l’autre, harmoniser les conditions de production, limiter l’empreinte écologique des plus riches… On peut commencer par l’Europe, seul bloc politique transnational en formation.
Car il faut commencer tout de suite.
Propos recueilli par Luc Blanchard
Conservatoire du Littoral et lac d'ANNECY
En résumé, l'équivalent géographique du Comté de SAVOIE jusqu'à NICE à la fin du XIV° siècle.
Je découvre que le directeur de la section est SEUL, depuis mai 2008, dans des locaux prêtés par le conseil général de la SAVOIE à CHAMBERY. Il doit aller acheter ses timbres, envoyer son courrier, visiter les lieux d'achats possibles, et cela du LEMAN aux lacs de retenues du VERDON...
D'ici la fin de l'année il aura normalement un assistant...
C'est la première réunion de cette section grâce à l'opiniatreté de Renée POUSSARD, conseillère régionale verte de Rhone Alpes, et présidente de cette section...
Cette réunion permet de faire le point des stratégies d'acquisition, et notamment en HAUTE SAVOIE grâce à la présence des maires de PUBLIER & LUGRIN et de Jacky REY maire de SEVRIER et Christian JEANTET conseiller général de la HAUTE SAVOIE.
Sur le lac d'ANNECY, la vente d'une propriété MAZAN de MALARTIC à VEYRIER mitoyenne à la plage de VEYRIER, a été loupée par le Conservatoire et le Conseil général par manque de coordination et d'informations réciproques.
J'interviens sur le sujet pour indiquer que dans un cas comme celui-ci où la maison d'habitation est proche de la route et où l'on peut isoler la partie non construite en bord de lac, le Conservatoire pourrait revendre la partie bâtie pour diminuer le coût d'acquisition.
J'insiste sur la mise en oeuvre du critère de la reconquête d'un accès public aux bords du lac dans la stratégie d'acquisition, et non uniquement de critères écologiques.
Pour le moment, l'absence de stratégie ne permet pas de faire face efficacement à la situation lorsqu'une déclaration d'intention d'aliéner arrive sur les bureaux de l'administration.
Christian JEANTET apporte un complément intéressant en soulignant l'importance de réfléchir à l'acquisition de balcons intéressants et de corridors jusqu'au lac.
Restent quelques points intéressants à noter comme les terrains situés à SEVRIER entre l'ETRAZ et l'OASIS et entre la piste cyclable et le lac où des constructions légères existent depuis les années 1920 sur un peu plus d'un kilomètre sur des terrains qui leur ont été loués par les Domaines. Le Conservatoire va récupérer ces terrains. Ces locataires devront abandonner ces terrains du domaine public dans les années à venir... Elles sont prévenues que leurs constructions sont illégales.
Quant au Clos BERTHET, acquis par le Conservatoire depuis 26 ans à SEVRIER, il est aujourd'hui dans le plus complet abandon, et aucune solution d'utilisation ne s'est faite jour. Le bâtiment se dégrade et il est nécessaire d'adopter une stratégie de réutilisation.
Une réunion intéressante donc pour poser les problèmes : reste à disposer des moyens de conduire la réflexion pour engager une reconquête publique du lac par les opérateurs fonciers que sont le Conservatoire et le Conseil général qui perçoit la taxe départementale des espaces verts et n'a pas brillé par le passé sur son utilisation.
Une modification du PLU pour l'éco quartier
En effet ces terrains sont actuellement "gelés" au PLU, et il convient donc de permettre la réalisation de travaux qui soient en cohérence avec le schéma d'aménagement de l'éco quartier.
Le conseil municipal va donc décider de lancer l'enquête publique en vue de permettre d'avancer danc ce beau projet environnemental et social.
Environ 800 logements sont concernés dans le cadre d'une planification qui ne verra le terme des travaux que dans plusieurs années.
En effet, l'ambition de la Ville sur ces terrains est énorme et il n'est pas question d'en faire une forme de "réserve" destinée à des bourgeois bohèmes annéciens.
Ce quartier doit être la tête de pont d'un urbanisme du 21° siècle respectant les engagements de la majorité municipale en matière de mixité sociale.
Le Grenelle est renié, RV à Bruxelles !
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Avec le système de bonus-malus écologique mis au placard par le président de la République, ce n'est pas seulement le numéro deux du gouvernement, Jean-Louis Borloo, qui reçoit un camouflet, c'est le Grenelle de l'environnement qui est touché au coeur. Cette disposition n'était, certes, qu'une des 273 mesures arrêtées par les négociateurs du Grenelle, dont le gouvernement et les entreprises.
Mais cette amorce de fiscalité verte changeait de logique : établir un "juste prix" des produits de consommation en y intégrant enfin les contraintes écologiques. Sans être une panacée, tant son extension à tous les biens et services pose de problèmes techniques, le bonus-malus devait envoyer un signal clair : réorienter la consommation vers le moins polluant et le moins énergivore, le recyclable et le durable, inciter les industriels à changer leur offre selon des critères écologiques que le marché est incapable de fournir. Autrement dit, rendre moins cher le mieux et plus coûteux le pire.
Le résultat ne s'est pourtant pas fait attendre : encalminée dans ses archaïsmes productivistes et indifférente au bien commun, la majorité UMP, rejointe dans sa croisade démagogique par l'opposition socialiste, y a opposé le front de boeuf du refus. Manque de moyens ? La défiscalisation des agrocarburants, aberration écologique et sociale, coûtera près de 900 millions d'euros pour la seule année 2008 ! Les banques centrales occidentales ont dépensé en quelques jours plus de 400 milliards d'euros de fonds publics pour tenter de réparer les dérives du laisser-faire financier. Combien nous coûtera le laisser-faire environnemental ?
0r Nicolas Sarkozy. Il se faisait fort de montrer l'exemple lors de sa présidence européenne et promettait de placer la France à l'avant-garde du combat environnemental. Le président, son gouvernement et sa majorité restent décidément dépourvus de la consistance, de la constance, de l'ambition et du courage que requiert l'impératif écologique et social.
Bel exercice d'hypocrisie de communication aussi. On dit accepter un principe dont on refuse l'application. Le renvoi à une commission Théodule signe en réalité l'arrêt de mort de cette innovation. On nous a déjà fait le coup avec l'enterrement de la taxation de l'énergie (la contribution climat-énergie) par l'intermédiaire d'une commission d'étude... qui ne s'est jamais réunie ! Comme par hasard il s'agissait, là aussi, d'une mesure fiscale structurante, ne visant pas à accabler consommateurs et entrepreneurs mais à les conduire à une autre répartition de leurs budgets et leurs investissements. Choix radical, il est vrai.
RÉGULATION ET SOBRIÉTÉ
Cet épisode navrant déconsidère l'esprit du Grenelle de l'environnement. Il ne peut que conforter le choix que nous avons fait de porter l'impératif écologique au coeur des prochaines élections européennes en construisant avec Daniel Cohn-Bendit l'Alliance pour une Europe écologiste. Nous avons participé à la négociation du Grenelle avec le collège associatif ; nous sommes convaincus qu'il faut désormais traduire politiquement la prise de conscience et la mobilisation de nos concitoyens au bon niveau : celui de l'Europe, notre maison commune.
L'issue à la crise et la métamorphose possible de nos sociétés ne se confondent décidément pas avec les vieux partis de droite, de gauche et du centre dont la matrice puise dans une époque révolue, celle de la révolution industrielle, de l'abondance infinie des ressources et des illusions d'une croissance aveugle.
A l'inverse, les maîtres mots de la nouvelle offre politique que nous proposons sont régulation et sobriété, solidarité, équité et partage, démocratie et citoyenneté. Des mots auxquels nous nous efforcerons de redonner sens en les traduisant en actes à Bruxelles, au sein du Parlement européen, contrairement aux reniements que le gouvernement impose aux conclusions du Grenelle.
Jean-Paul Besset et Yannick Jadot sont membres du bureau exécutif de l'Alliance pour une Europe écologiste.
José Bové, pour l'union des écologistes
José BOVE était ce week-end à ANNECY.
Grâce à Simone DALEX, j'ai pu m'entretenir un moment avec lui.
Nous avons évoqué les Européennes.
José souhaite manifestement aller au bout de la démarche de rassemblement des écologistes.
Pour la grande région SUD EST, il m'a indiqué que la tête de liste serait certainement Michèle RIVASI, maire adjoint de VALENCE et conseillère générale de la DROME.
Une bonne nouvelle donc.
Après l'échec des présidentielles, il est temps de construire une offre politique attractive à la hauteur de l'enjeu environnemental.
Grenelle : HULOT tempête.
Nicolas Hulot, animateur télé et écologiste, est président de la Fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l’homme.
Voici son interview dans LIBERATION :
Les atermoiements du gouvernement sur la fiscalité verte sont-ils le signe de l’enterrement à venir du Grenelle de l’environnement?
La première chose à faire, c’est siffler la fin de la récré ! Cela fuse dans tous les sens, c’est du grand n’importe quoi. Un coup on nous dit «on vire le bonus-malus», un coup on nous dit «on va l’examiner». D’accord, il faut encore attendre, et regarder les choses concrètes, la loi Grenelle 2 à venir [qui doit traiter en particulier des transports, du logement, de la préservation de la biodiversité et qui devrait être transmise dans les jours qui viennent au Conseil d’Etat, ndlr], les modalités d’application et les financements qui iront avec. Mais quand même. Le Grenelle de l’environnement, ce n’est pas la panacée, mais il a ouvert une dynamique dont il faut se réjouir, une avancée qui a donné un élan. Et si, dès la première étape importante, on ne parvient pas à montrer un signe fort à la société, qui se traduise par un vote unanime à l’Assemblée nationale, c’est à désespérer.
Etes-vous surpris par la virulence des attaques contre Jean-Louis Borloo, qui souhaite étendre le bonus-malus à d’autres produits de consommation?
Je n’ai jamais imaginé que ce processus irait à son terme sereinement et que les vieux démons n’allaient pas resurgir. Il y a des gens en France qui n’ont toujours pas visualisé la contrainte majeure devant nous - la survie de la planète -, qui nous oblige à trouver des solutions. Ces mêmes personnes, systématiquement, font marche arrière à la moindre proposition, sans avancer d’alternative. Je veux bien admettre qu’il y a des choses proposées dans le Grenelle qui ne sont pas parfaites, mais on ne peut n’y opposer que des résistances, du délitement. Il faut que cela s’arrête, ça devient ridicule.
Résultat, tout débat sur la fiscalité environnementale est-il torpillé par les querelles de préau?
Mais cela fait des années que je réclame un vrai débat, en profondeur sur la fiscalité écologique, dans laquelle j’englobe la fiscalité énergétique! Avec pour point focus le déplacement de la fiscalité du travail sur la fiscalité environnementale, pour que les choses se fassent à pression fiscale égale. Les Suédois l’ont fait et cela n’a pas foutu leur économie à terre. A partir de là, il y a plusieurs pistes, plusieurs outils possibles qui permettent de réguler des flux et de susciter de la créativité industrielle pour offrir aux citoyens des choix pour s’équiper de biens de consommation moins consommateurs d’énergie. Dans ces outils, évidemment, la fiscalité incitative dissuasive peut être utile, même s’il peut y avoir des effets rebonds. Des bonus tellement incitatifs qu’ils peuvent inciter certains à acheter deux biens d’équipements plutôt qu’un seul.
En période de crise, comme celle financière et économique d’aujourd’hui, l’environnement est-il condamné à jouer le rôle de variable d’ajustement?
Cela révèle que le principal verrou sur ces questions vitales reste un verrou culturel. Il y a une inertie culturelle crasse. On se gargarise tellement du terme développement durable qu’il finit par me donner la nausée. Quand je vois ceux qui veulent faire un grand prix de F1 aux portes de Paris sous le signe du développement durable, je dis «halte au feu»! Il faut être cohérent. Je sais bien qu’il y a des résistances au sein même de l’exécutif. On n’a guère entendu Matignon : il y avait du côté du Premier ministre des réticences sur la loi OGM. Elles se reproduisent. Et je ne suis pas étonné qu’un certain nombre de députés et sénateurs, qui ont des préjugés gigantesques sur ces sujets-là, soient dans le refus et le déni. Qu’ils refusent, d’accord, mais qu’ils proposent autre chose.
L’Elysée est-il piégé par ses engagements qu’il ne peut tenir?
Pour l’heure, ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui pose problème. On pourra avoir un commentaire définitif quand on connaîtra la loi Grenelle 2. Je rappelle quand même que le candidat Sarkozy s’est engagé à doubler la fiscalité énergétique environnementale. Il y a donc de la marge. Ce qui n’est pas normal, c’est que plus de 70% de notre fiscalité porte sur le travail, alors que c’est l’énergie, les impacts environnementaux et les ressources naturelles qu’il faut réguler. Il n’y a pas besoin d’être prix Nobel d’économie pour dire qu’il y a un truc qui ne va pas dans le système. Même Jean-Pierre Raffarin, à l’époque Premier ministre, et j’avais eu du mal à le convaincre, a accepté une commission sur les financements innovants, présidée par Jean-Pierre Landeau. Plein de pistes passionnantes avaient été explorées [dont celle qui a donné lieu à la taxation sur les billets d’avion pour financer un fonds de médicaments pour les pays du Sud]. Mais tout le reste doit être dans un coffre-fort et ne sert à personne. Idem pour le livre vert sur la fiscalité environnementale de la Commission européenne. On en revient à l’époque du pauvre Serge Lepeltier [ministre de l’Ecologie et du Développement durable entre 2004 et 2005], sorti par la petite porte à l’Assemblée nationale face au tollé des députés qui ne voulaient pas entendre parler d’un malus sur les 4x4! Qu’il faille prendre son temps, regarder les effets pervers, OK. Mais là, il y a vraiment une confusion. Il faut donc siffler la fin de la récré.
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