Les Verts, vers une maturité politique ?
Repris de MEDIAPART, cet entretien avec Cécile DUFLOT, secrétaire nationale des VERTS, avec Stéphane Alliès
Ce week-end, les Verts vont entériner lors de leur conseil national interrégional (Cnir) leur volonté de faire liste commune avec José Bové et des militants associatifs (Greenpeace, FondationN icolas-Hulot…), en vue des élections européennes. Cécile Duflot, secrétaire générale du parti écologiste, fait également le point sur les rapports entre les Verts et le parti socialiste, ainsi que sur le prochain congrès de son mouvement (en décembre), où elle brigue un
nouveau mandat.
À la dernière présidentielle, tout le monde a préempté l'écologie dans
ses programmes. L'écologie politique a-t-elle alors un sens?
Depuis le pacte écologique de Nicolas Hulot, tout le monde s'estattribué la thématique de l'environnement. Le tout était de savoir si tout le monde était vraiment devenu écolo, y compris les adversaires d'hier. Aujourd'hui, alors qu'un accord général s'est fait autour du diagnostic de la crise écologique, certains voudraient faire croire qu'on n'a plus besoin de l'écologie politique. Mais sur les réponses à cette crise, ce sont bien les écologistes politiques qui les portent, car ils sont encore les seuls à avoir un discours de rupture.
Vous êtes critique vis-à-vis du Grenelle de l'environnement. Mais
remettez-vous en cause les mesures qui en sont issues ou seulement
leur application?
Il y a un vrai point positif, c'est d'avoir réuni tout le monde autour de la table et d'avoir fait prendre conscience à tous les acteurs, patrons comme syndicats, de l'urgence de la crise. Mais la traduction concrète des discussions, ce sont surtout des reniements. Sur les OGM,mais aussi sur la question du fret ou des transports. Les conclusions pouvaient déjà paraître édulcorées à certains. Depuis qu'elles ont été passées à la moulinette des lobbies et des administrations, il y a une déprime post-Grenelle...
Etes-vous optimiste pour le devenir de l'écologie politique?
Nous entrons dans le troisième temps de l'écologie politique. Après le temps de la dénonciation et celui de la prise de la responsabilité, vient celui de la prise de conscience d'un profond changement. Le vrai résultat du Grenelle pour nous a été de se dire: «N'ayons plus peur d'aller jusqu'au bout de nos propositions. Ne soyons pas seulement ambitieux, mais aussi réalistes.» La dynamique que nous construisons pour les élections européennes vient également de ce constat-là, partagé par les responsables d'association: désormais, il faut que les réponses politiques soient à la hauteur. Non plus des petites adaptations à la réalité mais des réformes en profondeur.
Avec une liste axée sur l'environnementalisme pour les prochaines
européennes, les Verts reviennent-ils au «ni droite, ni gauche»?
Aujourd'hui, tout le monde, Nicolas Hulot compris, a conscience que la question environnementale n'est pas dissociable de la question sociale. L'écologie politique est une pensée différente, en rupture avec le libéralisme mais aussi avec le productivisme. Les solutions écologistes sont en dehors des vieilles grilles de lecture politiques.
Elles sont incompatibles avec le libéralisme de droite et aussi le libéralisme de gauche, qui ressemble souvent à celui de droite. Mais les écologistes ne peuvent passer d'alliances qu'à gauche car ils sont en accord avec l'héritage de la gauche, en termes d'égalité des droits et de justice sociale. L'écologie politique, c'est la régulation et la prévision à long terme.
Que peuvent apporter les associatifs aux Verts en matière politique?
Il y a une logique de partage. Les Verts ont un engagement qu'on ne peut leur contester. Mais l'engagement associatif est tout aussi important. Cette rencontre de deux manières de faire de la politique doit permettre de faire sens pour convaincre de la nécessité d'une radicalité écologique au niveau européen.
Cette dynamique peut-elle se prolonger après le scrutin européen?
Il faut avancer pas à pas et déjà réussir à mettre la question écologique au centre du débat électoral. Ensuite, est-ce que cela prendra une autre dimension, je l'espère. Mais c'est en n'ayant pas de préjugés sur l'issue de ce mouvement qu'on le construira de la meilleure manière possible, dans le respect des uns et des autres.
Comment exister politiquement au Parlement européen, face à la
cogestion des deux principaux groupes (Parti socialiste européen et
Parti populaire européen)?
Tout d'abord, il faut prendre conscience de ce qu'est le Parlement européen, le seul espace politique supra-national. C'est quand même dommage de voir comment en France il est considéré comme une maison de retraite par les autres partis. Le groupe Vert a une autonomie d'action certaine et une capacité de travail souvent bien plus forte.
Etant donné les champs d'intervention de l'Assemblée (environnement, pêche, agriculture), les eurodéputés Verts sont les plus concernés et se sont imposés au fil des ans comme une réelle force de proposition.
A nous maintenant de faire entendre une autre voix, fidèle à nos engagements anciens, comme le fédéralisme par exemple, dans la campagne européenne.
Est-il possible de s'autonomiser des socialistes au niveau européen,
tout en restant leur partenaire au niveau français?
Ce qui nous intéresse, c'est comment faire changer en profondeur notre modèle de développement. Cette question, elle se pose d'abord à nos partenaires. Même si François Hollande a eu un discours intéressant à notre université d'été, la route est encore longue sur nombre de questions (temps de travail, transports, agriculture, énergie). Et si
on ne prend pas le temps de discuter en détail de ce qui nous rapproche et de pointer nos désaccords, les alliances de bric et de broc réalisées à la dernière minute n'aboutiront à rien. A défaut d'accéder tout de suite au pouvoir, nous voulons peser le plus possible sur l'évolution de notre pays. Ce qui est tout à fait compatible avec notre démarche européenne.
Qu'attendez-vous de la nouvelle direction du PS qui va sortir du
congrès de Reims?
On a trop connu les divisions internes chez les Verts pour donner de quelconques leçons sur le débat démocratique au PS. Ce que j'espère, c'est que la discussion va continuer avec les socialistes, et pour cela il faut être deux. Mais ce que j'espère vraiment de leur part, c'est qu'ils tirent enfin les leçons du 21 avril et essaient de comprendre les raisons de l'abstention. Un couvercle a alors été mis sur la recherche de ses causes et il n'a pas été levé depuis.
Lors des dernières municipales, Dominique Voynet a gagné à Montreuil
contre une liste PC/PS et dans des villes comme Roubaix, Grenoble ou
Montpellier, les Verts se sont autonomisés du PS et se sont hissés
autour de 20%...
Il y a sept ans, les Verts ont fait de très bons scores. Peut-être qu'à Roubaix, Grenoble et Montpellier, les Verts gagneront dans six ans... En tout cas, dans toutes ces municipalités, la ligne est la même pour tous les candidats, ce qui n'est pas le cas du PS, qui a préféré se rallier au Modem voire à la droite. Si les Verts sont cohérents, les socialistes ont à se mettre d'accord sur leurs alliances et leur choix politique. Quand on voit les scores, on voit que les électeurs se sont bien rendu compte de ce qui se passait.
En décembre aura lieu le congrès des Verts. Va-t-on assister à de
nouveaux déchirements internes?
Les Verts ont évolué et tiré un certain nombre de leçons. Mais en même temps, nous sommes attachés au débat démocratique et n'avons pas envie de faire comme à l'UMP où on amuse la galerie, alors que les couteaux sont affûtés en coulisses. Ce qui est intéressant, c'est qu'on ne peut pas dire aujourd'hui que les Verts sont rangés dans des courants. Les personnes évoluent au gré des débats et c'est très bien ainsi.
Vous avez appelé à une synthèse des différentes sensibilités. Vous
voulez devenir le François Hollande des Verts?
Mon état d'esprit est très ouvert. L'idée est de se mettre d'accord sur une plate-forme qui dégagerait un compromis commun nous permettant de travailler sereinement, notamment pendant les prochaines européennes. J'espère que tous les militants seront dans ce même état d'esprit. Pour apaiser les choses, il faut que quelqu'un fasse le premier pas. Et c'est ce que j'ai fait. Nos nouveaux statuts permettront de toute façon d'intégrer à la direction toutes les
sensibilités.
En résumé, vous vous représentez à la tête des Verts et vous espérez
que tout le monde se retrouve derrière vous...
Je ne pense pas être géniale ni la meilleure secrétaire générale des Verts de tous les temps mais je pense qu'un message de continuité et de stabilité serait une bonne chose au moment où on essaie de réunir toutes les composantes de l'écologie politique. Cela ne signifie pas l'unanimisme forcé, il doit y avoir des débats politiques. Mais ils peuvent avoir lieu sans guéguerre intestine et petites phrases agressives.
Alain LIPIETZ à ANNECY
En prélude aux Journées associatives des samedi et dimanche avec en point d'orgue la manifestation du dimanche 21 septembre à 13 heures 30 et le concert du samedi 20 avec des groupes de musique locaux, les VERTS organisent deux débats le
vendredi 19 septembre
17 heures 30 : Les Verts et la politique agricole commune
20 heures 30 : les Verts et l'agriculture régionale
Les orateurs seront notamment :
Alain LIPIETZ, eurodéputé, et économiste
Gérard LERAS, agriculteur, président du groupe des VERTS au Conseil Régional
Tout ceci a lieu à la salle PERREARD, rue Germain PERREARD à CRAN GEVRIER. C'est la rue perpendiculaire à l'avenue des Iles, au coin de la Chambre d'agriculture, sur la gauche en retournant vers CRAN GEVRIER.
EGOLOGIE au MONT BLANC
L'ami Jean-Paul TRICHET, vice président de PRO MONTBLANC, et ancien vice président de l'ARSMB, utilise ce néologisme pour qualifier l'attitude de M. PEILLEX, le Maire de SAINT GERVAIS à propos du MONT BLANC.
C'est loin d'être le seul intérêt de cet article de LIBERATION.
L’avenir du plus haut sommet français, menacé par une surfréquentation destructrice, reste en suspens.
La mort, le 24 août, de huit alpinistes au mont Blanc a rappelé l’importance de sa fréquentation. Jean-Marc Peillex, le maire de Saint-Gervais-les-Bains (Haute-Savoie), d’où part l’une des voies d’ascension, en a profité pour relancer sa campagne de presse favorite. La surfréquentation du sommet, avec son cortège de décès et nuisances écologiques, ne «sont plus tolérables : le mont Blanc est devenu un parc d’attraction», répète-t-il. Il a une solution miracle : instaurer un permis d’ascension, idée rejetée par le milieu montagnard qui plaide pour plus d’information. La mortalité dans les montagnes françaises est stable : une centaine de morts chaque été, dont un quart de randonneurs et une dizaine d’alpinistes sur le seul mont Blanc. Dans les grands jours, plus de 300 personnes se lancent sur ses pentes : il souffre, outre son irrépressible aura de point culminant, d’un accès trop banalisé, en raison des remontées mécaniques sur ses flancs et d’une promotion locale historique.
Le maire de Saint-Gervais est, à cet égard, un parfait tartuffe : il n’a de cesse d’utiliser le mont Blanc pour sa communication, invitant à tour de bras journalistes et «pipeules», Gérard Holtz et PPDA en tête, à venir le gravir, rebaptisant sa commune «Saint-Gervais-Mont-Blanc» sur ses brochures, bataillant comme un forcené pour faire monter plus haut le train touristique de Saint-Gervais et ses 150 000 passagers annuels, au-delà de son terminus actuel à 2 400 mètres… Jean-Paul Trichet, vice-président de ProMont-Blanc, fédération franco-italo-helvétique des associations de défense du massif, grince : «C’est un adepte de l’egologie ; il fait feu de tout bois, sans reculer devant les pires contradictions. Il focalise l’intérêt des médias sur la fréquentation du sommet au détriment des vraies menaces.»
Chaînon manquant
Si le massif du Mont-Blanc est effectivement devenu un parc d’attraction, les 20 000 à 30 000 alpinistes attirés chaque année par son sommet phare ne représentent qu’une goutte d’eau parmi les quelque 5 millions de visiteurs annuels, France, Italie et Suisse confondues. L’économie locale vit du tourisme, une manne dont profite avant tout la vallée de l’Arve, c’est-à-dire Chamonix et ses voisines, mais aussi Courmayeur en Italie ou Saint-Gervais… Cet afflux de skieurs et touristes génère de sérieux soucis : trafic routier, pollution de l’air, nuisances sonores du trafic et des survols incessants du massif, pression urbanistique. On a beaucoup construit et on construit encore, à Chamonix comme à Courmayeur. La spéculation immobilière chasse habitants permanents et travailleurs saisonniers vers le bas des vallées, augmentant d’autant le trafic auto. Les résidences secondaires ont pullulé, au détriment des «lits chauds» : «Chamonix est tombé de 6 000 lits hôteliers en 1970 à 4 000 aujourd’hui ! Il faut donner un coup de frein sur les constructions individuelles et trouver des solutions pour utiliser l’existant», tranche le nouveau maire de Chamonix, Eric Fournier. Le ton est nouveau ; la crise prend, il est vrai, une ampleur préoccupante.
Plus besoin de dormir sur place pour visiter le massif. On y arrive très vite par la route. Sous le Mont-Blanc, le tunnel est l’un des principaux axes routiers européens. Etats et concessionnaires n’ont jamais lésiné sur les infrastructures routières. Après le drame de 1 999 (39 morts dans l’incendie du tunnel), on a redoublé les investissements : côté italien, l’autoroute plonge dans la montagne à 200 mètres du superbe glacier de la Brenva ; côté français, on finit d’aménager la nationale en deux fois deux voies avec échangeurs sur le dernier chaînon manquant, entre Chamonix et Les Houches. Les 1 600 camions et 3 200 voitures qui empruntent chaque jour le tunnel (1,8 million de véhicules par an, à peine moins qu’avant 1 999), frôlent de ce côté un glacier des Bossons en plein recul lié au réchauffement climatique.
«L’accès à Chamonix est devenu plus sûr, mais c’est cher payé : on a une infrastructure démesurée à l’échelle de notre vallée encaissée», souligne Isabelle Madesclaire, présidente de l’association Urbasite. En l’absence d’investissements forts dans le rail et les transports en commun (le train n’arrive pas à Courmayeur et il est sous-développé en vallée d’Arve où il serait d’un usage facile), ces axes routiers jouent le rôle d’aspirateur à voitures. Deux tiers des véhicules traversant la vallée vont ou viennent de Chamonix-ville, hors tunnel donc… Les tours opérateurs, en particulier ceux qui travaillent sur les marchés asiatiques en pleine croissance, n’hésitent plus à faire des excursions à la journée depuis l’aéroport de Genève.
Ce sont avant tout les remontées mécaniques qui les attirent. Il y en a plus de 80 sur les flancs du massif, certaines ouvertes toute l’année comme la plus célèbre, le téléphérique de l’Aiguille du Midi (500 000 passagers par an) ou le train du Montenvers vers la mer de Glace (350 000 passagers). Elles sont majoritairement exploitées par la Compagnie du Mont Blanc (CMB), créée en 2000, satellite de la Compagnie des Alpes qui détient les plus grands domaines skiables de la chaîne alpine et une bonne partie des parcs d’attraction européens. La CMB, dont la ville de Chamonix est actionnaire minoritaire, gère sa belle affaire avec dynamisme. Décriée pour sa politique tarifaire (monter à l’Aiguille du Midi coûte 38 euros, 21 euros pour la mer de Glace), la compagnie rénove à tous crins les équipements de la vallée d’Arve. Elle aménage la ville, remplace les anciennes télécabines par de nouvelles, à plus haut débit, hier à Vallorcine et aux Houches, demain aux Grands-Montets, et cet été au Brévent : la capacité de la nouvelle télécabine de Planpraz est passée de 1 300 à 3 000 personnes par heure.
Ce chantier à 11 millions d’euros est un révélateur des rapports de forces locaux : la ville de Chamonix a validé le doublement du débit de cette remontée, dont la gare de départ est en ville, sans avoir résolu les difficultés d’accès que cela va poser, ni budgété le démantèlement des cinq pylônes monumentaux, en béton brut, de l’ancienne remontée. La CMB a défriché à côté, doublant la largeur de la trouée dans la forêt au-dessus de Chamonix. François Bidaut, le patron de la CMB, a soufflé, sans rire, une solution à la municipalité : conserver un ou plusieurs de ces pylônes au titre du patrimoine et les faire décorer par des artistes. Il se défend : «Le démontage est du ressort du propriétaire. N’inversons pas les rôles : nous ne sommes que des exploitants! On ne peut pas nous reprocher de faire du business, c’est notre vocation. Les communes nous disent : "Nous voulons développer le tourisme, faites des remontées." Nous ne sommes aménageurs que pour le compte d’autrui.»
Autre exemple, la CMB a décidé de rénover la télécabine qui traverse le cœur du massif, de l’Aiguille du Midi à la pointe Helbronner, versant italien. Elle a été construite en 1957, malgré le refus de l’Etat, qui s’était ensuite incliné devant le fait accompli. La capacité de cette remontée, qui défigure une zone naturelle exceptionnelle à plus de 3 000 mètres d’altitude, va passer de 140 à 300 personnes par heure. Le maire de Chamonix concède qu’il ne s’y opposera pas : «On ne change pas d’appareil, on reste sur de tout petits volumes de passagers…» ProMont-Blanc milite pour le démantèlement : «Se séparer de cet équipement serait un signe fort de basculement vers le développement durable. Le fait de le moderniser démontre qu’on reste dans le tout aménagement», assène Jean-Paul Trichet.
La démarche est encore plus claire côté italien, où la région du Val-d’Aoste va débourser 100 millions d’euros pour remplacer le Funivie Monte Bianco, une remontée vieillotte mais prestigieuse qui mène à la Pointe Helbronner, balcon sur le Mont-Blanc et la vallée Blanche, l’une des très rares du massif à ne pas être sous le contrôle de la Compagnie des Alpes. De 100 000 passagers par an, Funivie devrait vite passer à 250 000. Le dossier est bouclé, les travaux commenceront en 2009. Avec cet équipement, Courmayeur, endormi depuis son âge d’or du milieu du siècle dernier, veut se relancer. La ville va déjà chercher des clients dans les métropoles italiennes grâce à son autoroute, mais aussi, comme Chamonix, chez les tours opérateurs, les clients russes ou asiatiques. L’heure du tourisme de masse ? Fabrizia Derriard, nouvelle maire de Courmayeur, s’en défend et assure qu’elle veut jouer l’atout touristique des deux zones Natura 2000 de la commune, dont le plan de gestion doit encore être validé et financé par l’Union européenne. La maire défend par ailleurs la pratique de l’héliski (ski avec portage par hélicoptère), florissante sur ce versant du mont Blanc et rêve d’une liaison «ski aux pieds» avec la Haute Tarentaise française… La puissance à venir des infrastructures de la vallée ne laisse donc guère d’illusions.
Déclaration d’intention
L’idée d’un parc international du Mont-Blanc, envisagée à la fin des années 80, avait été écartée par les élus haut-savoyards, valdôtains et valaisans. En 1991, a vu le jour un Espace Mont-Blanc, organe transfrontalier chargé par les Etats de concilier protection de l’environnement et développement économique. Dix-sept ans plus tard, l’échec de cette structure est patent. Les espoirs se tournent désormais vers un classement du massif au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. Ce projet initié par ProMont-Blanc semble convaincre nombre d’élus locaux, régionaux et nationaux, dont Eric Fournier, le maire de Chamonix: «Cela permettrait de donner de la cohérence aux politiques publiques, tout en les accélérant, à commencer par les transports. L’Unesco, c’est le pari de se dire qu’on parvient à aller plus vite vers le ferroviaire, vers le développement durable.» Jean-Paul Trichet renchérit : «Da ns l’histoire, ce massif a toujours su inventer, innover, mais depuis cinquante ans, il ne se passe plus rien. On peut faire de grandes choses ici. Les collectivités et les Etats en ont-ils la volonté ?»
Une candidature au patrimoine mondial implique que les Etats et territoires concernés élaborent un contrat de gestion et de protection. L’Espace Mont-Blanc juge le projet «prématuré». Les communes italiennes se sont prononcées pour ; les communes françaises pas encore. «Laissez-nous quelques mois», plaide Eric Fournier, qui a le soutien des communes de l’Arve, mais pas celui de Saint-Gervais : Jean-Marc Peillex a trouvé là une occasion de plus de se distinguer en s’opposant violemment. La région Rhône-Alpes soutient le projet mais n’y travaille pas ; l’assemblée du Val-d’Aoste reste muette. Et si l’Italie et la France ont déposé une déclaration d’intention auprès de l’Unesco, la Suisse ne l’a pas fait, tandis que le nouveau ministre de l’Environnement italien est aux abonnés absents. Nicolas Sarkozy, en campagne au pied du glacier des Bossons, avait promis que ce classement serait «un combat pour la France». Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, fanfaronnait en octobre 2007 : «J’ai convenu avec l’Italie et la Suisse de déposer un dossier commun concernant le statut du Mont-Blanc.» Le plus haut sommet d’Europe de l’ouest attend toujours un début d’éclaircie.
Yannick JADOT soutient COHN BENDIT
Dans LIBERATION de ce 3 septembre 2008
Yannick Jadot, démissionnaire de Greenpeace, rejoint Cohn-Bendit :
Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France et porte-parole de l’Alliance pour la planète, s’était imposé comme l’un des principaux négociateurs du Grenelle de l’environnement. Il annonce dans Libération pourquoi il quitte l’ONG pour rejoindre le rassemblement des écologistes mené par Daniel Cohn-Bendit aux européennes de juin 2009.
Pourquoi vous engagez dans le rassemblement des écologistes ?
Le 1er septembre j’ai quitté Greenpeace - qui a pour principe l’indépendance politique - afin de rejoindre cette initiative de rassemblement pour les européennes. Ces trois dernières années, le secteur associatif de l’environnement qui pèse un million d’adhérents, s’est fortement structuré. Il y a eu la montée de Nicolas Hulot et de son Pacte écologique et l’Alliance pour la planète qui a fédéré les associations pour peser sur les partis et les politiques publiques. Cela a débouché sur la notation des programmes des candidats à la présidentielle et permis de pousser l’environnement dans la campagne, jusqu’à la passe d’arme, inédite, entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy sur l’EPR et les OGM lors du débat télévisé de l’entre deux tours. On a lancé l’idée d’un Grenelle, et Sarkozy a dit banco : il était mal noté et c’était une façon de différer sa réponse. Le Grenelle a été un des moments clés du début du quinquennat, pas seulement une grand-messe avec Al Gore. Mais une vraie négociation démocratique entre tous les acteurs qui a permis d’aboutir à des propositions concrètes.
Vous vous adressez aux déçus du Grenelle ?
On constate un effilochement. La machine à délaver de l’administration et de la majorité UMP tourne à plein. Le vert du Grenelle a largement passé. Les ONG remplissent leur rôle de contre-pouvoir, les citoyens restent mobilisés, mais côté politique ça ne suit pas. Les partis comme le gouvernement font des discours, mais il y a un manque de constance et de courage dans la mise en œuvre. Notre ambition est de rassembler large sur l’environnement et d’incarner un mouvement qui existe implicitement dans la société. Aucun parti politique, y compris les Verts, n’en est capable.
Et quid des Verts qui décideront mi-septembre ?
Les Verts y ont leur place comme d’autres. Ils ont quelques eurodéputés sortants, mais s’ils se présentent seuls, ils n’auront quasiment pas d’élus : c’est en partie injuste mais c’est comme ça. La question n’est pas de savoir si ce rassemblement va faire des Verts un nouveau parti écologique. Notre objectif est d’aller de José Bové à Corinne Lepage en passant par Dany Cohn-Bendit, des associatifs et des personnalités. Il y a plus de proximité entre eux sur comment on se loge, on se nourrit et on se déplace en sauvegardant la planète qu’entre Emmanuelli et DSK, ou Borloo et Sarkozy.
Vous êtes donc ni à droite ni à gauche ni au centre…
Notre offre politique c’est l’écologie d’abord. Quand François Hollande va aux journées d’été des Verts, il leur dit : «Amusez-vous avec les associations, l’important est de rester dans l’union de la gauche.» Mais où est la mue écolo du PS et du PCF ? Pas à La Rochelle, où ils se sont plus consacrés à leur tambouille qu’à la pérennité de la planète. L’impératif écologique nous oblige à repenser notre modèle économique et social. Est-ce de droite ou de gauche ? Si je suis contraint de quitter Greenpeace, de sortir de mon rôle de contre-pouvoir, c’est que face à la crise écologique, l’offre politique est insatisfaisante voire indigente. A nous d’incarner cet espace qui représente largement plus de 10 % dans l’opinion.
Eco quartier : bientôt une enquête publique...
Ce travail avait déjà été entamé dans le précédent mandat par le lancement de deux études d'aménagement et d'urbanisme environnementales destinées à établir les lignes de force du projet en tenant compte des caractéristiques des sites concernés.
Les élus vont finaliser les grandes options de l'éco quartier VALLIN FIER (globalement entre l'avenue de GENEVE et le FIER) après une discussion passionnante hier soir en réunion des commissions environnement & urbanisme sur la base du rapport du cabinet d'étude.
Une modification du Plan local d'urbanisme est nécessaire pour faire entrer dans le PLU les orientations retenues pour ce secteur, qui donnera lieu à une enquête publique.
Les terrains concernés et qui sont actuellement "gelés" sur le plan de la constructibilité pourront alors être ouverts à un aménagement conforme aux exigences de l'écoquartier : consommation d'énergie limitée, limitation du nombre de voitures par logement, traitement sur place des eaux de pluie, etc.
Puis le travail d'aménagement lui-même pourra commencer qui s'inscrira dans la durée puisque la Ville n'est pas propriétaire de l'ensemble du ténement et que des moyens juridiques seront nécessaires pour rendre effectifs certains aménagements collectifs retenus (coulée verte centrale, modes doux de déplacement, etc.)
Une perspective passionnante pour le mandat qui commence.
Tunnel du FREJUS
Je découvre à l'occasion d'une rencontre avec les associations de défense de l'environnement de la SAVOIE l'incroyable histoire de la galerie de sécurité du Tunnel du FREJUS.
Le Tunnel du FREJUS a un seul tube bi directionnel.
Il faut donc construire une galerie de sécurité pour que les usagers puissent sauver leur vie en cas d'incendie en sortant de cette galerie et en trouvant secours dans une galerie pressurisée à l'abri des flammes et surout des gaz toxiques.
De là ils peuvent être évacués.
On sait que lutter contre un incendie de camion dans un tunnel est peine perdue : trop de chaleur, trop vite et des fumées incontrôlables.
Tout le monde est donc d'accord pour une galerie de sécurité qui fait en général de l'ordre de 3 mètres de diamètre.
Sauf qu'au FREJUS, sur l'initiative des italiens, la galerie de sécurité fera 8,70 mètres !
Soit plus que la galerie de circulation du tunnel du MONT BLANC qui fait 7 mètres !
Une galerie de sécurité plus grande qu'une galerie de circulation...
La plaisanterie est grosse : au prochain accident dans le tunnel du FREJUS on décidera de transformer la galerie de sécurité en galerie de circulation pour que le tunnel ne soit plus aussi dangereux puisqu'il aura deux galeries séparées unidirectionnelles...
Malgré des réactions négatives par centaines contre ce qui apparaît comme un "faux nez" évident : construire une seconde galerie de circulation en prenant prétexte d'un surdimensionnement de la galerie de sécurité, l'Etat persiste et signe. Le préfet vient de signer la déclaration d'utilité publique...en jurant ses grands dieux que jamais on ne transformerait la galerie en tube de circulation. Sauf que son successeur qui l'autorisera ne sera pas tenu par ses déclarations vertueuses.
Comme le préfet de la HAUTE SAVOIE en 2005 s'assoit sur les engagements du préfet de 1991 qui avait promis une nouvelle enquête publique sur le tunnel du MONT SION de l'autoroute A 41 si l'Etat décidait de construire un second tube, le préfet de la SAVOIE de deux mil...(indiquez ici la date de la prochaine catastrophe majeure dans un tunnel routier alpin). ne tiendra pas compte de celle du préfet de 2008. Ainsi va la perte de confiance dans la parole de l'Etat, pourtant réputé indivisible et dans la continuité de ses engagements.
On nous rabâche les oreilles avec le Grenelle Environnement et on continue de faire n'importe quoi en matière de transports routiers de marchandises. L'argent public dépensé pour cette galerie surdimensionnée fera défaut pour le financement du LYON > TURIN ferroviaire pour les marchandises.
Menace sur l'IVG
La question de l'avortement est de celle qui divise profondément la droite et la gauche.
Insidieusement, la question du statut juridique du foetus qui est un cheval de TROIE des commandos anti IVG et des associations catholiques conservatrices cornaquées par la Ministre Christine BOUTIN fait partie de ces combats pas encore gagnés par la droite.
Mais SARKOZY s'y emploie avec la possible inscription sur les régistres d'état civil d'un foetus né sans vie. On voit bien que cela pose le problème du statut juridique de l'embryon et que si l'embryon est un être humain, l'avortement est un crime...
Ce gouvernement enfonce donc un coin dans un consensus social fort dans notre pays et donne des gages à la frange ultra religieuse et conservatrice.
Je partage entièrement les craintes de Mme FLIS-TREVES dans un entretien à LIBERATION.
Muriel Flis-Trèves est psychiatre et psychanalyste attachée à l’hôpital Antoine-Béclère à Clamart (Hauts-de-Seine) dans le service du professeur René Frydman. Ce gynécologue obstétricien a été l’un des pionniers de la médecine de la reproduction en France et a permis la naissance du premier bébé-éprouvette en 1982. Muriel Flis-Trèves est notamment l’auteur de Bébé attitude (ed. Plon, 2001) et le Deuil de maternité (Calmann-Lévy, 2004).
Le décret représente-t-il pour vous une avancée ?
Auparavant, un seuil de 22 semaines d’aménorrhée [absence de règles, ndlr] était fixé pour l’inscription sur le registre d’état civil, jusqu’à ce que la Cour de cassation, en février, décide qu’un fœtus né sans vie peut être déclaré à l’état civil, quel que soit son niveau de développement. Dorénavant, aucun seuil n’est fixé par le décret. Je suis très étonnée de cette absence de précision, et surtout, inquiète des conséquences qui vont en résulter. On entretient ainsi le trouble sur le statut de l’embryon, et c’est une porte ouverte à une polémique entre les personnes qui sont contre l’avortement et celles qui sont pour. La date limite de l’IVG étant de 14 semaines d’aménorrhée, il va y avoir une réelle confusion qui risque d’apporter de l’eau au moulin des anti-IVG. A la rigueur, ce seuil aurait pu être envisagé par le décret.
Les familles que vous suivez ont-elles besoin de cette reconnaissance ?
En consultation, je reçois de nombreuses femmes, et la majorité d’entre elles ne désirent pas inscrire leur enfant mort-né sur le registre d’état civil. Elles ne sont pas dans cette demande, car nous avons mis en place un accompagnement très personnalisé et préventif. Chacun fait son deuil à sa façon, mais je constate que, lorsque ces femmes sont bien suivies et écoutées, elles ne manifestent pas forcément le besoin d’une reconnaissance légale. Même si je comprends très bien la douleur provoquée par la perte d’un fœtus, je répète qu’il ne faut pas que l’inscription soit autorisée avant la date butoir de l’IVG. Par ailleurs, le décret paru vendredi au Journal officiel entretient une confusion regrettable entre accouchement et fausse couche précoce.
Lectures...
Profiter des vacances pour lire un peu plus que d'habitude et vous conseiller quelques lectures qui m'ont plu ou ému.
Et d'abord "LES ANNEES" d'Annie ERNAUX que j'ai adoré : le contrepoint entre la vie personnelle de l'auteure et la vie sociale et politique en FRANCE depuis sa naissance jusque maintenant.
Ensuite une déception avec le libre de Philippe BAUCHAU (94 ans !) et Livre INTER 2008 avec "LE BOULEVARD PERIPHERIQUE" chez ACTES SUD. Il faut dire que j'avais peut être trop aimé "L'ENFANT BLEU" que je vous recommande. Le libraire de HAUTERIVE m'a conseillé "LE REGIMENT NOIR" qu'il considère comme le chef d'oeuvre de BAUCHAU.
Plus original, "LE CANTIQUE DE l'APOCALYPSE JOYEUSE" de Arto PAASILINNA, une fresque naturaliste en pleine apocalypse nucléaire. Frais et décalé pour se dire que le pire n'est jamais sûr.
Plus sérieux "LE TRAVAIL INTENABLE" de Laurence THERY avec les équipes syndicales de la CFDT sur l'intensification du travail. Ce livre de terrain m'a rappelé le travail que nous avions fait dans les années 80 avec l'association VILLERME pour décrire ce que nous constations dans les entreprises françaises de notre poste d'observation d'inspecteurs du travail. La CFDT illustre là de manière pertinente la réalité de l'intensification du travail liée à la réduction du temps de travail, mais aussi aux exigences de rentabilité de court terme imposées par les fonds de pension.
Pour finir, vous signaler la revue "XXI", un trimestriel vendu en librairie et qui est vraiment remarquable. La livraison de ce trimestre consacre un dossier aux Religions. A signaler l'article sur les "créationnistes" américains pour lesquels le monde a été réellement construit par Dieu en 6 jours il y a 6.000 ans, et celui sur les douze Franciscains de TOULOUSE qui forment un "cercle de silence" sur la place du CAPITOLE un mardi par mois pendant une heure pour protester contre le sort fait aux étrangers maintenus au centre de rétention de cette ville.
Bien entendu, tous ces livres s'achètent à la LIBRAIRIE IMAGINAIRE, rue de la Poste, à ANNECY.
EUROPEENNES 2009 : pour une liste unitaire des écolos
La perspective d'une liste commune des écologistes de Nicolas HULOT à José BOVE semble en bonne voie pour les EUROPEENNES de 2009.
Comme le plaide utilement Alain LIPIETZ, d'ici 2015, pour le climat c'est fichu : les carottes sont cuites avec l'effet d'inertie des tonnes de carbone déjà en train de se transformer dans l'atmosphère. La température moyenne du globe va augmenter de 2° a minima quoi qu'on fasse.
L'enjeu c'est 2050 : soit on change nos politique énergétiques d'ici 2015 d'une manière RADICALE, soit on va vers une situation totalement non maîtrisable de l'ordre d'une augmentation de 6° et alors les phénomènes d'accélération et d'accumulation des conséquences environnementales du réchauffement climatique sont imprévisibles. La population du BENGLADESH cherchera refuge en INDE, puissance nucléaire... On devine la suite.
Bien entendu on peut, comme on le fait depuis trente ans, accuser les écologistes de n'être que des CASSANDRE casse pieds et attendre de voir.
On peut aussi se dire qu'il faut changer radicalement les politiques publiques d'ici 2015 et que l'échelon européen est le plus pertinent; d'où la nécessité d'un groupe écologiste fort au PARLEMENT EUROPEEN.
Et alors une liste d'union écologiste est nécessaire sous la houlette de Dany COHN BENDIT.
Le mode de scrution ridiculement régionalisé en "grandes régions" pour favoriser les grands partis n'arrange pas les affaires des écologistes puisqu'il faut encore plus de voix que sur un scrutin national de liste pour avoir des élus.
C'est une raison tactique de plus de construire une grande liste unitaire dont les VERTS ne peuvent être que l'un des maillons tant leur image de marque est écornée par leurs déchirements internes et leur manque de lisibilité politique.
C'est à un grand rassemblement qu'il nous faut oeuvrer : l'urgence écologique l'exige.
Dany COHN BENDIT est capable de synthétiser cet espoir comme il l'a déjà fait en 2001.
J'ai gardé le souvenir vivace de notre campagne à CHAMONIX contre la réouverture du tunnel du MONT BLANC aux camions et de la réunion publique de SEVRIER où nous fûmes plusieurs centaines à l'accueillir. Jamais les VERTS ne furent plus nombreux en HAUTE SAVOIE et en FRANCE. Depuis, les errements gauchistes ont repris le dessus.
Il est temps de remettre l'écologie au centre du débat politique national pour les EUROPEENNES.
COHN BENDIT aux Europénnées !
Même chez les VERTS, le pire n'est jamais sûr.
Voici ce qu'en dit la presse.
«Qu’est-ce qu’on est cons, pourquoi on l’a pas fait plus tôt ?» a soupiré José Bové. Samedi, Dany Cohn-Bendit a réussi son pari aux journées d’été des Verts, à Toulouse : lancer la dynamique de rassemblement de «la galaxie écologiste» pour les européennes de juin 2009. «Il faut faire un rêve. Si nous montrons que nous pouvons surmonter nos sectarismes, on peut faire plus de 10 %, je vous le dis, ce sera bandant», avait lancé l’ancien leader de Mai 68, vendredi soir, à un millier de militants en surchauffe.
«Tchoc». Après deux débats publics devant des amphithéâtres bondés et de multiples rencontres dans les cafés de la ville rose, un «socle commun» a été trouvé entre les tribus écologistes. Bové, l’altermondialiste faucheur d’OGM, le voit dans «la remise en cause du modèle libéral productiviste». «L’écologie est incompatible avec le libéralisme de droite et le libéralisme de gauche», a précisé Cohn-Bendit en direction des associatifs qui prônent un rassemblement «ni de droite, ni de gauche, ni du centre, mais écolo». Et puis samedi soir, Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts, a pu conclure, sans se faire huer par ses fidèles : «Les Verts sont d’accord pour participer à ce rassemblement et ne pas dire qu’ils en sont les chefs. J’ai la quasi-certitude que notre conseil national l’approuvera mi-septembre !» «C’est la phrase-clé. On n’en espérait pas tant, ce n’était pas acquis», se félicite Jean-Paul Besset, proche de Nicolas Hulot. «C’est le moment de la cristallisation. Tchoc ! le truc a pris. Dany a servi de catalyseur,on sera la seule offre politique nouvelle.» renchérit le député François De Rugy,
La dramaturgie de ces journées était parfaitement réglée, avec apparition en deus ex machina de Nicolas Hulot. L’inventeur du Pacte écologique, qui a refusé de venir en personne, s’est fendu d’une vidéo diffusée sur écran géant. Flairant le ridicule du dispositif, Cohn-Bendit quitte la tribune et vient s’asseoir dans la salle. Qui écoute religieusement l’oracle. «Soutenir par un geste, une présence, une complicité, pourquoi pas», déclare Hulot. Avant de plaider le renforcement de l’écologie politique au niveau européen. «C’est évident qu’il y viendra d’une manière ou d’une autre», confie Cohn-Bendit.
«Banco». Gage d’un début d’aventure réussi, les anciens désaccords n’ont pas été passés sous silence. Quand Bové
l’ex-noniste dénonce une Constitution européenne élaborée par des «chefs d’Etats et des technocrates»
Les
écologistes réunis, José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Cécile Duflot et Jean-Paul Besset, samedi, lors de la clôture de l'université d'été des Verts. : AFPIls ont lancé, ce week-end, un rapprochement entre les divers mouvements écologistes. En perspective, les élections européennes de 2009.
Depuis quelques mois, Daniel Cohn-Bendit est à la manoeuvre pour fédérer la « galaxie écologiste » française dans une liste ouverte aux élections européennes de mars 2009. L'objectif : tenter de survivre à la débâcle de l'élection présidentielle de 2007. Plus d'un millier de personnes sont venues l'écouter, samedi, lors des Journées d'été des Verts. « Il faut avoir un rêve. On peut faire 10-15-20 % aux élections européennes. Nous pouvons dépasser ce qui nous a séparés », a plaidé l'eurodéputé, qui conditionne son retour dans le bain de la politique française à la réussite de ce mouvement.
En grand ordonnateur de l'écologie, le député européen est parvenu, ce week-end, à convaincre ses amis Verts que son
initiative ne serait pas une liste contre eux. Dominique Voynet, sénatrice de Seine-Saint-
Accueillir des personnalités de droite ?
La composition de la liste et son profil font encore largement débat. Ce rassemblement doit-il être anglé à gauche, comme le réclame Noël Mamère, ou garder des contours plus flous pour accueillir des personnalités de droite, comme le souhaite Jean-Paul Besset, bras droit de Nicolas Hulot ? Quelle sera la part de Verts dans ce nouveau mouvement ?
Côté figures de l'écologie, Corinne Lepage s'est dite prête pour le ralliement, mais préfère rester au MoDem. José Bové a aussi donné sa bénédiction, samedi, au projet de Cohn-Bendit. Pour le leader altermondialiste, tous les écologistes, de lui-même à Nicolas Hulot, partagent le même « socle » et veulent « remettre en cause le modèle libéral, productiviste et le système croissance ». Orphelin depuis l'échec de sa candidature à l'élection présidentielle, le militant anti-OGM a envie de sortir de son isolement.
Un problème se pose néanmoins : comment combiner l'euro-enthousiaste Daniel Cohn-Bendit et l'eurosceptique José Bové ? La réponse est éludée, l'heure est pour l'instant au rassemblement. « Oui, nous avons pu avoir des divergences, reconnaît Bové du bout des lèvres, avant d'ajouter, mais il faut aller de l'avant. »
« Les Verts sont d'accord pour participer à ce rassemblement », a conclu, samedi soir, Cécile Duflot.
L'ultime décision est fixée aux 13 et 14 septembre, journées durant lesquelles la « galaxie écologiste » sera soumise, pour la forme, au Parlement des Verts.
A Toulouse, la famille écolo se prend à rêver à une possible union pour les européen
Pressés d'abandonner leurs naturelles « tendances au groupuscule » par un Daniel Cohn-Bendit qui menaçait de « repartir en Allemagne si ça ne marche pas », les Verts avaient entamé leurs Journées d'été de Toulouse, jeudi, en estimant que le rassemblement de toute la galaxie écologiste était souhaitable.
En se quittant hier soir, après avoir écouté « les autres », ils ont entrevu que ce pari, fait sur les élections européennes de juin prochain, entrait « tout compte fait » dans le domaine du possible.
Résultat, tout au long de cette séance de clôture, c'est sur tous les modes, et à tous les temps, que l'on a décliné le terme de « compromis ». José Bové, pourtant peu familier de ce type de vocabulaire, a même parlé de « la beauté du compromis », chère à Gandhi.
C'est que, comme les 2 000 Verts réunis dans le grand amphi de l'université de sciences sociales, il venait d'entendre le message envoyé par Nicolas Hulot, l'écolo réputé le plus « difficile à accepter » par des Verts majoritairement acquis à la gauche. Un message dans lequel les mots de « nécessaire partage » et surtout « d'obligation de régulation », ont flatté l'oreille d'un public résolument acquis aux thèses antilibérales.
Certes, Nicolas Hulot précise bien, à la fin de son intervention audiovisuelle qu'« appeler à voter » n'est pas encore à son ordre du jour. Mais José Bové est contraint d'en convenir : « Nicolas se rapproche ». Ce qui n'empêche pas le prudent leader paysan de dicter ce qui, sous des couverts de précisions, ressemble bien à des conditions apportées à sa propre adhésion au « compromis ». Et ainsi d'adjoindre à la préoccupation purement écologique, celle d'une « Europe réellement démocratique », et celle aussi du social, avec une attention particulière aux « Sans papiers et aux précaires ». Un autre ajout viendra de Corse avec le propos de François Alfonsi, insistant l'attention à apporter à « la diversité culturelle ». Et il reviendra à Daniel Cohn-Bendit, de réunir toutes ces aspirations. Après avoir tenté de les faire passer au crible de deux principes : « celui de précaution et surtout celui de réalité ». Reste maintenant à passer au plus dur : les modalités du compromis. Le Conseil national des Verts se réunit dans 15 jours pour décider.
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