JO 2018, le débat municipal
Le débat du conseil municipal sur les Jeux Olympiques a été un bien mauvais débat.
Lancé par les élus socialistes qui voulaient un "referendum décisionnel"; ce qui était matériellement impossible à tenir compte tenu des délais légaux, il visait à stigmatiser le manque d'informations données par la majorité municipale aux élus de l'opposition.
Drôle de procès alors que les minorités du CM sont associées à un "comité de suivi" qui se réunit à nouveau le 28 novembre et au cours duquel tous les éléments sont mis sur la table au fur et à mesure que le comité opérationnel travaille sur le dossier de pré candidature qui sera remis au Comité national olympique (CNOSF) mi janvier 2009.
Drôle de procès quand il vient des conseillers socialistes, alors que le maire socialiste de GRENOBLE, Michel DESTOT, ne fournit AUCUN élément à sa minorité verte (25% des voix tout de même au 2° tour des municipales !) et qu'il ne les convie à aucune réunion d'information ni encore moins de concertation.
J'ai signalé que j'aurais aimé une position commune de tous les socialistes, à GRENOBLE et à ANNECY et ai proposé que toutes les villes organisent un referendum auprès de leur population. Aucune réponse des élus socialistes.
On ne pouvait en rester là : la volonté de la Ville est de créer les conditions d'une unanimité des citoyens en faveur de jeux modestes, à l'échelle de nos capacités financières et exigeantes sur le plan environnemental.
D'un point de vue écologiste, on n'est pas sûr d'avoir de la neige en 2018 = pensons des Jeux qui nous permettent d'en avoir par une réduction sans précédent de nos gaz à effet de serre.
Autrement dit, utilisons les Jeux comme un accélérateur de projets environnementaux permettant de réduire notre empreinte écologique, en particulier par des laisons ferroviaires vers GENEVE et vers AIX LES BAINS.
Un referendum bâclé dans le temps ne peut être qu'un plébiscite sans intérêt : on n'est pas POUR ou CONTRE les Jeux sans connaître leur contenu et leur impact financier, social et écologique.
ANNECY veut des jeux sobres et économes, respectant nos paysages.
C'est notre différence par rapport à GRENOBLE qui veut son contournement urbain et encore plus à NICE qui menacerait le MERCANTOUR aux ambitions de M. ESTROSI.
J'ai donc tenté de faire retirer le voeu, en reprenant une proposition de Pierre HERISSON, sur un compromis passant par un renforcement de la concertation qui se traduira le moment venu par de nombreuses réunions publiques d'information et de mobilisation des annéciens et des hauts savoyards.
Après une suspension de séance ( une première dans la vie du CM ?) les élus socialistes retiraient leur voeu...pour le réintroduire dans les secondes qui suivaient. Dommage que les élus socialistes s'exposent ainsi à la critique locale de faire le jeu de GRENOBLE pour des intérêts purement partisans...
Il nous reste encore beaucoup à travailler pour que ces Jeux soient une fête populaire, non seulement respectueuse de l'environnement, mais qu'ils soient un accélérateur des projets de réduction de gaz à effet de serre.
Des Jeux 2018 sans neige, cela nous pend au nez avec le réchauffement climatique.
Construisons notre candidature pour qu'elle soit un outil de lutte contre cette perspective désormais trop crédible.
Débat d'orientation budgétaire : débats au Conseil municipal
Le manque de temps ne m'a pas permis d'alimenter ce blog immédiatement après le conseil municipal de lundi qui comportait deux débats importants, d'abord sur le débat d'orientation budgétaire (DOB) et ensuite sur les Jeux Olympiques.
Le Dauphiné indique que le conseil a été animé notamment par Pierre HERISSON et moi... mais il ne me cite pas du tout !
Alors, cher lecteur, quelques éléments complémentaires pour comprendre ce qui se
passe au conseil municipal d'ANNECY.
Le DOB, un exercice obligatoire qui n'est pas le budget de l'année mais un "tour de chauffe" pour préciser les orientations de la Ville en matière budgétaire.
On a eu droit à du "lourd".
Pierre HERISSON expliquant qu'il n'y avait pas de crise puisque l'Etat avait compensé intégralement les transferts de compétence vers les collectivités locales selon un rapport du Sénat; ce qui nous a permis de polémiquer sur la réalité de ces transferts et sur l'impossibilité pour la Ville d'augmenter son budget de 40% comme l'a fait l'Assemblée nationale selon le rapport de la Cour des comptes.
Ensuite sur les conséquences du passage à l'agglo à propos duquel nous sommes en désaccord profond avec l'UMP quant au fait qu'ANNECY aurait fait payer aux autres communes les coûts de ses équipements de centralité (Bonlieu, etc.). JL RIGAUT a détaillé une note chiffrée qui montre que ces élucubrations sont sans fondement.
(Me la demander si vous êtes intéressé par courriel à th.billet@wanadoo.fr)
Enfin sur les politiques publiques à mener.
Je pense que les collectivités territoriales doivent mener une politique keynésienne en période de crise = c'est le moment de lancer un "green new deal" pour relever enfin les défis du réchauffement climatique !
(voir le site du rassemblement des écologistes)
La prudence s'impose donc mais elle ne doit pas être synonyme de blocage complet des
investissements; ce qui aggraverait la récession. Encore faut-il que ces investissements fussent cohérents avec la lutte contre les gaz à effet de serre !
Cela m'a permis de comparer la posture de Pierre HERISSON qui veut la gratuité des bus sans hausse du versement transports à celle de Philippe METRAL BOFFOD qui veut la gratuité en faisant payer les patrons grâce à la hausse du VT : le plus réaliste n'est pas celui qu'on imagine !
Pierre HERISSON, - après m'avoir reproché de parler de cela en CM alors que c'est une compétence de l'agglo, ce qui m'a permis de lui rappeler qu'il avait fait sa campagne électorale sur ce thème - nous a alors livré un "scoop" : il n'est plus opposé à une augmentation du VT pour financer les transports collectifs. Voilà qui mérite d'être souligné.
Le Conseil de l'Europe vs DATI & HORTEFEUX
Le Conseil de l'Europe tacle Hortefeux et Dati Thomas Hammarberg, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, a violemment critiqué les réformes mises en place par Brice Hortefeux et Rachida Dati.
Dans un rapport publié jeudi à Strasbourg, le commissaire critique la politique française consistant à fixer des objectifs chiffrés pour les expulsions d'étrangers en situation irrégulière, qui engendre, selon lui, un risque d'arbitraire et de précipitation.
« La politique de déterminer annuellement le nombre de personnes irrégulières sur le territoire à appréhender et à reconduire à la frontière semble créer une attitude de hâte, voire de déshumanisation de la part de certaines autorités en charge de la réalisation de ces objectifs », insiste-t-il.
Par ailleurs, le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe met en garde la France sur plusieurs aspects de sa politique pénale, de la rétention de sûreté à une éventuelle réforme de la justice des mineurs. La loi sur la rétention de sûreté de février 2008 renferme « un risque d'arbitraire », prévient Thomas Hammarberg.
Partiellement censurée par le Conseil constitutionnel qui a refusé qu'elle soit rétroactive, elle permet de maintenir en détention, dans des centres spécialisés, les auteurs de crimes graves ayant purgé leur peine, s'ils sont déclarés dangereux par un collège d'experts.
Fred VARGAS, une écologie de l'urgence
Sur le site du RASSEMBLEMENT des ECOLOGISTES pour les EUROPEENNES,
ce texte de Fred VARGAS, la célèbre auteure de polars.
Je ne vois rien à y ajouter...
Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.
Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire)
qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà
commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée,
souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis
et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le
choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine
perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre
en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile,
laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a
tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec
l’Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le
savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le
retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans
doute, mais nous danserons encore.
Fred Vargas
Les écolos à moins de 2% au PS
L'une d'elles (UTOPIA) était signée par Denis DUPERTHUY, chef de file du PS au conseil municipal d'ANNECY.
Ce score ne traduit certes pas l'influence des idées écologistes au sein du PS, heureusement...
Mais il est révélateur de l'importance relative de la question environnementale par rapport à d'autres enjeux pour les adhérents socialistes.
Si je suis très sensible à l'écologie et adhérent du PS, je devrais avoir envie de voter pour l'une de ces deux motions pour que ce courant pèse sur les alliances à venir entre les motions.
Avec moins de 2%, ces deux motions ne pèseront rien.
Les adhérents du PS ont pensé qu'il était plus important de départager les leaders des écuries concurrentes pour la présidentielle de 2012. Pas sûr que ce soit un choix bien durable.
Arrêtez de chauffer les rues !
Quand j'étais petit, mes parents et mes grands parents me répétaient sans cesse "arrête de chauffer les rues !". On ne connaissait pas le chauffage central et le poêle à charbon était peu efficace. Alors on se calfeutrait...
Maintenant, on chauffe les rues grâce aux parapluies chauffants des terrasses des cafés et des restaurants.
Les députés verts ont déposé un projet de loi pour les interdire. Qu'en est il ?
Mais, alors qu’ils n’ont cessé de se multiplier au cours des derniers mois, ces radiateurs d’extérieur pourraient prochainement disparaître des terrasses des cafés. C’est du moins l’ambition de Noël Mamère, d’Yves Cochet et de Martine Billard, trois députés Verts à l’origine d’une proposition de loi visant la suppression de ces systèmes de chauffage énergivores. Invoquant une totale contradiction avec la politique environnementale actuelle du gouvernement, les trois auteurs du texte pointent du doigt la non-conformité de ce type d’équipement avec une réglementation de plus en plus stricte relative à la consommation énergétique du bâtiment. En atteste la loi de programme du 13 juillet 2005, laquelle a considérablement renforcé les critères de performance énergétique et les caractéristiques thermiques des constructions nouvelles comme du parc immobilier ancien. Alors que l’Etat consacre une part de son budget à financer des crédits d’impôts en vue de soutenir financièrement les particuliers soucieux d’optimiser la performance énergique de leur logement, il est impensable pour les trois représentants du parti Vert que l’on envisage encore la possibilité de gaspiller inutilement de l’énergie pour « chauffer la rue ».
Sourds aux arguments d’économies énergétiques, les tenants de bars et brasseries voient en ce projet de loi la mort annoncée de leur commerce. Pour ce secteur déjà en crise, le projet de loi tombe comme un couperet. Farouchement opposé à cette initiative, le Synhorcat (Syndicat national hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs) exhorte à ne pas durcir des conditions d’exercice jugées déjà contraignantes, arguant que le chiffres d’affaires de la profession a enregistré en moyenne une chute de près de 8 % sur l’année. Parallèlement, le nombre de « défaillances d’entreprises » spécialisées dans les débits de boissons connaît une augmentation de plus de 56 % pour le 1er semestre 2008.
Convaincus du paradoxe que représente un chauffage destiné au plein air, les députés ont soumis à l’Assemblée nationale le 29 octobre dernier une proposition de loi renforçant le droit de regard du maire sur les équipements installés sur la voie publique.
En effet, la mise en place des terrasses n’est valable que si elle fait l’objet d’une autorisation publique de droit de terrasse délivrée par le maire selon les règles en vigueur sur les autorisations de voirie.
Dans l’hypothèse où le texte serait validé, « le maire ne pourrait ni octroyer, ni renouveler, pour des activités commerciales en terrasses […] un permis de stationnement sur la voie publique ou une autorisation de voirie, si cette occupation est accompagnée d’une installation de chauffage contrevenant aux normes de déperdition thermique déterminées par décret […] en équivalence avec la réglementation thermique en vigueur concernant le bâti ».
Si les difficultés que traverse le secteur sont bien réelles, l’impact que pourrait avoir la suppression des parasols chauffants sur la fréquentation des bars doit cependant être relativisé. Le fléchissement de la clientèle ne peut être intégralement mis sur le compte du confort accordé aux fumeurs alors que le contexte économique actuel, caractérisé par un pouvoir d’achat frileux, n’incite pas à multiplier les sorties et les dépenses qui leur sont associées.
Au final, le simple fait de se vêtir plus chaudement pourrait ainsi permettre d’économiser, pour chacun des gros réchauds à gaz retirés, un kg de propane brûlé et environ 3 kg de dioxyde de carbone rejetés pour une unique heure d’utilisation.
Débat sur l'énergie nucléaire
78% de l'électricité est d'origine nucléaire en FRANCE, est-ce un choix durable ?
La FRANCE est le pays le plus nucléarisé du monde : pourquoi une telle spécificité ?
Qu'apporte réellement le nucléaire face à l'urgence climatique ?
Est-ce une solution pour lutter contre les gaz à effet de serre ?
Venez comprendre la supercherie de l'argumentaire du lobby électronucléaire français,
le mardi 18 novembre à 20 heures,
Maison AUSSEDAT
7 rue de la providence à ANNECY
Débat animé par Yann FORGET
C2A : débat d'orientation budgétaire
Mais ce n'était pas l'essentiel.
Le débat a permis de préciser une offensive nette et coordonnée de l'UMP autour du thème "on dépense trop, il va falloir réduire les services rendus"... En clair, l'agglo dépense trop d'argent dans le sport...et surtout dans la culture; il faut donc réduire la voilure du service rendu à la population.
Bien sûr, on ne cite aucun domaine en particulier, mais personne ne s'y est trompé...
Le second point porte sur la gratuité des transports.
Pierre HERISSON reprenant la demande de Philippe METRAL BOFFOD (LCR) sur la gratuité dans les bus (dont j'ai déjà dit tout le mal qu'il fallait en penser d'un point de vue écologique et social), a clairement ouvert la porte d'une privatisation du service public des transports collectifs.
Mais cette gratuité des bus acquise grâce à une privatisation du service s'accompagnerait d'une stagnation du versement transports (VT) par les entreprises de l'agglomération : la quadrature du cercle autrement dit !
Comment concilier la gratuité pour les usagers, des bénéfices pour l'exploitant privé qui doit rémunérer ses actionnaires et le maintien des ressources du fait de la stagnation du VT ?
Tout simplement en réduisant la qualité du service et la taille et la régularité du réseau : on ferme les lignes non rentables, on réduit les cadences des bus et on pressure le personnel ! Bernard ACCOYER avait déjà abordé ces perspectives dans l'ancien mandat.
Car c'est cela l'objectif inavoué : la gratuité comme moyen de s'attaquer à la qualité du service public. Habile et retors...
Heureusement, la LCR est plus responsable que Pierre HERISSON : M. METRAL BOFFOD veut la gratuité des bus, mais par l'augmentation du VT payé par les patrons.
Sortir de ce débat est pourtant simple : nous devons faire MIEUX, pas MOINS.
Pour cela il faut se parler et travailler ensemble à un mode de gouvernance qui ne se contente pas de la situation actuelle de l'agglo, figée depuis sa création. Et avancer sur les projets de mutualisation qui permettront des économies d'échelle comme le souhaite Jean Luc RIGAUT.
Gilles FRANCOIS, maire d'ARGONAY, a utilement rappelé que l'alternative passait selon lui par une réflexion sur l'adéquation entre les services actuellement remplis et l'évolution des habitudes et des besoins.
Citant l'exemple des déchets, il a rappelé la réflexion engagée par la commission ENVIRONNEMENT de l'agglo : adapter le nombre de ramassages à la réduction des volumes et au développement du tri sélectif ne réduit pas la qualité du service rendu et coûte moins cher aux habitants tout en protégeant l'environnement.
Un cercle vertueux qui permet d'envisager une issue solidaire et une qualité du service public que la majorité municipale annécienne défend bec et ongles.
Réchauffement climatique: un pessimisme actif !
Le MoNDE a publié cet entretien de Claude LORIUS qui a reçu le 12 novembre le prix Blue Planet.
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C'est l'une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine de l'environnement. En 1987, avec Jean Jouzel et Dominique Raynaud, il a été le premier à exploiter la présence de CO2 dans les carottes de glaces polaires pour établir un lien expérimental entre changements climatiques et concentrations des gaz à effet de serre.
Comme Claude LORIUS, je suis dubitatif sur la capacité de l'espèce humaine à prendre assez tôt, c'est à dire MAINTENANT, les mesures qui s'imposent en matièer environnementale...
Par exemple, on trouve encore normal de chauffer les rues
pour permettre à des fumeurs qui pourraient garder leurs manteaux de s'intoxiquer en plein air et au chaud.
Pour autant, peut on se résigner et ne rien faire ?
Un peu plus de vingt ans après vos travaux publiés en 1987 dans la revue Nature, tout le monde se pose la question : est-ce réversible ?
Honnêtement, je suis très pessimiste... Sur les CFC (chlorofluorocarbures), on voit bien que l'arrêt de leur utilisation a permis de réduire le trou dans la couche d'ozone, mais en ce qui concerne la crise climatique, on sait que même si on stabilisait aujourd'hui les émissions de CO2, ce gaz à effet de serre ne disparaîtrait pas pour autant. Il est là pour un moment...
Il est difficile de dire si on a dépassé les limites, mais il est évident qu'on va subir un réchauffement : on prévoit d'ici la fin du siècle un bond climatique qui pourrait être équivalent à celui que la planète a franchi en dix mille ans pour passer de l'âge glaciaire à l'holocène ! Et je ne vois pas que l'homme ait actuellement les moyens d'inverser la tendance.
Poussant jusqu'au bout la logique d'un dérèglement du climat, certains évoquent aujourd'hui le retour d'une ère glaciaire. Est-ce envisageable ?
Dans un certain nombre de milliers d'années... Aujourd'hui, c'est totalement hors de propos ! Les périodes de réchauffement et de glaciation montrent des cycles de 100 000 ans, dus à la trajectoire de la Terre autour du Soleil en suivant une ellipse qui s'altère très légèrement, mais suffisamment pour modifier le climat sur ces très longs termes. Ce qui est nouveau, et que nous avons montré avec l'analyse des bulles d'air emprisonnées dans la glace, c'est que désormais l'homme, en multipliant les gaz à effet de serre, a accéléré un cycle de réchauffement sur un très court terme.
Rapide, irréversible... Cela ressemble tout de même à un scénario catastrophe.
Je ne crois pas que l'homme va disparaître. Les paysages vont changer, les glaciers vont fondre : la liste des impacts est impressionnante parce que, sur cette question, tout est interdépendant... Ainsi, si le permafrost - ce couvercle de glace qui recouvre les sols arctiques - fond, il va libérer du méthane qui, en retour, va accentuer l'effet de serre et aider ainsi à la fonte des glaces. Et plus la surface de celles-ci diminue, plus leur pouvoir réfléchissant disparaît, amplifiant encore le réchauffement...
C'est sûr, nous aurons des catastrophes, des cataclysmes, des guerres. Les inondations, les sécheresses, les famines s'amplifieront, mais l'homme sera toujours là. Ce que nous devons comprendre, c'est que nous entrons dans une nouvelle ère, l'anthropocène, où pour la première fois dans l'histoire de la Terre, l'homme gouverne l'environnement. Il est la première cause des menaces et modifications qui pèsent sur la planète : à lui de savoir ce qu'il veut en faire et comment il va se comporter avec elle.
Une nouvelle ère ?
L'idée n'est pas de moi, mais elle est essentielle dans la compréhension des évolutions du monde dans lequel nous vivons. C'est le Prix Nobel de chimie Paul Crutzen, qui - le premier - a associé le début de l'anthropocène à l'augmentation des concentrations en CO2 telle que l'a montrée l'analyse des glaces. Mais cet impact humain ne concerne pas seulement le climat. L'occupation des sols, l'utilisation des ressources, la gestion de nos déchets sont autant d'agressions à la planète qui relèvent de l'homme et le menacent.
Pour le réchauffement climatique, la question de l'énergie est le levier essentiel. Au XXe siècle, alors que la population était multipliée par quatre, la consommation d'énergie dont dépendent les émissions de gaz carbonique était multipliée par 40 ! Certains affirment aujourd'hui que la courbe d'augmentation de la population va se calmer. Sans doute. Mais la courbe de la consommation d'énergie, elle, n'a aucune raison de plonger !
Si l'homme est responsable, gardien de cette Terre, quels moyens a-t-il de la sauver ?
Pour le coup, ce n'est pas mon domaine de compétence... Je ne sais pas. Et c'est là que réside mon pessimisme : je ne vois pas comment on va s'en sortir. Le problème majeur est la question de l'énergie. Il faut arriver sur ce plan à une gouvernance internationale, mais ce n'est pas possible actuellement, ou en tout cas je ne vois pas comment... Regardez le Grenelle de l'environnement ! C'était un bel effort, mais au final, il n'y a pas l'argent suffisant pour mener une politique efficace à court terme... La moindre velléité de mettre une taxe sur les 4×4 rend les politiques fébriles de devenir impopulaires... et ce n'est pas en habillant Total en vert qu'on va changer quoi que ce soit.
N'existe-t-il pas de possibilité d'un nouvel ordre économique basé sur le développement durable ?
Le développement durable est une notion à laquelle je ne crois plus. On ne peut pas maîtriser le développement. Et pour être durable, il faudrait être à l'état d'équilibre, or cet équilibre n'existe pas. C'est un terme trompeur. Avant, j'étais alarmé, mais j'étais optimiste, actif, positiviste. Je pensais que les économistes, les politiques, les citoyens pouvaient changer les choses. J'étais confiant dans notre capacité à trouver une solution. Aujourd'hui, je ne le suis plus... sauf à espérer un sursaut inattendu de l'homme.
Propos recueillis par Laurent Carpentier
Ligue des droits de l'homme
J'en suis adhérent depuis plusieurs années, soutenant son combat en faveur des exclus, des étrangers rejetés et partageant ses valeurs, au premier rang desquelles celle de laïcité.
C'est à ce thème que la revue trimestrielle d'été consacre son dossier thématique, alors que les "entailles" à ce principe fondateur de la République deviennent de plus en plus fréquentes.
D'abord parce que l'intégrisme religieux monte, et pas seulement du côté des musulmans... Ces intégrismes imposent un déplacement de la norme dans notre vie sociale vers des limites inconnues il y a peu, comme ces juges qui estiment qu'une femme non vierge est une tromperie pour son mari suffisamment grave pour annuler le mariage. L'auraient ils jugé ainsi d'une femme athée ? Bien sûr que non. Il nous faut réaffirmer des principes forts et assurant l'égalité de tous devant la loi quelle que soit notre religion.
Ensuite parce que SARKOZY s'affiche de plus en plus clairement en fils aîné de l'Eglise, prêt à accepter que la constitution européenne se place dans la filiation de l'Eglise catholique, comme le demandent les polonais et d'autres qui n'ont pas sorti le crucifix des salles de classe. Cela menace le contenu de l'enseignement et les acquis d'une liberté de conscience et de culte reconnue à tous. Il n'y a pas de religion d'Etat dans un pays laïc.
Enfin parce que la question de la liberté religieuse et celle de ne pas croire en Dieu sont encore et toujours le lieu central du conflit idéologique entre les humanistes et les doctrinaires. Et il est bon de rappeler cette opposition frontale que l'on voit à l'oeuvre aux USA avec la pression mise par les "créationnistes" qui tiennent pour vérité scientifique que Dieu a créé l'univers en 6 jours et refusent l'enseignement des thèses de DARWIN.
Pour en savoir plus et rejoindre la LDH.
www.ldh-france.org
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