SOCATRI, la loi du silence chez AREVA
Alors que les informations les plus récentes sur FUKUSHIMA démontrent le mensonge de TEPCO sur l'importance de la catastrophe nucléaire dès le début de la catastrophe, attendez vous à ce que le procés en appel de la fuite de liquide radioactif du TRICASTIN en juillet 2008 vous apporte la preuve qu'AREVA sait aussi masquer la réalité.
Alors qu'elle était en présence d'une fuite incontrôlée d'effluents contenant des radionucléides, AREVA a mis plusieurs heures à signaler la fuite radioactive aux autorités de tutelle.
L'incident n'a été classé qu'au niveau 1 sur l'échelle des accidents nucléaires.
Mais rien ne permettait, au moment des faits, d'être assuré de leur faible incidence autorisait le retard de l'information et donc de la prise de mesures de sûreté pour les populations environnantes.
D'autant que la Loi Transparence et sûreté nucléaire ne crée aucune différence selon l'importance de l'accident.
Après des heures d'atermoiement, AREVA a fini par alerter le Préfet coordonnateur...
En première instance, AREVA a été condamnée pour le défaut de signalement dans un délai raisonnable.
Mais relaxée sur la pollution des milieux naturels.
Nous verrons après l'audience de vendredi 17 juin au cours de laquelle j'assiste la Criirad, si la Cour d'appel de Nîmes maintient cette position.
ARRET sur IMAGE
Je vous ai déjà parlé d’ARRET sur IMAGE, la télévision sur INTERNET créée par Daniel SCHNEIDERMAN, journaliste spécialisé sur les médias, qui tient une chronique dans LIBERATION.
ARRET sur IMAGE se concentre dans des émissions de plus d’une heure à revenir sur la manière dont les médias traitent l’actualité.
Totalement indépendante, ne vivant que de ses abonnés, cette télévision à la carte est un moyen de prendre le temps d’un débat contradictoire avec des intervenants de qualité.
Ca ne coûte pas cher, tentez l’expérience !
Réseau Environnement Santé
« L’organisme d’aucun parent ne doit être contaminé par un perturbateur endocrinien ».
Proposition ambitieuse, irréaliste même?
C’est pourtant celle qui figure dans le projet de loi déposé par le sénateur américain John Kerry, ancien candidat démocrate aux élections présidentielles, devant le sénat américain en décembre 2009 .
Cette proposition a commencé à devenir réalité en France depuis le 3 mai, date du vote par les députés de la loi présentée par le député Nouveau Centre Yvan Lachaud.
L’exposé des motifs de cette loi fait d’ailleurs référence explicitement au projet de loi Kerry. Venant après leur vote d’interdiction du bisphénol A dans les biberons, les députés posent de nouveau un acte politique fort.
Le message est clair : il y a suffisamment de données scientifiques pour considérer que les perturbateurs endocriniens représentent un problème majeur de santé publique et il est temps d’agir pour éliminer de notre environnement ces facteurs de risque qui contribuent à l’épidémie de maladies chroniques.
Pour en savoir plus :
http://reseau-environnement-sante.freseau-environnement-sante.fr
FUKUSHIMA, la Criirad a enquêté
Depuis des semaines, je vous invite à adhérer à la CRIIRAD pour assure son indépendance et lui donner les moyens de mener son si nécessaire travail d'enquête indépendante.
Faites le maintenant s'il vous plaît.
Voici le dernier message reçu.
Chers amis adhérents,
Depuis le retour du Japon de Bruno et de Christian, notre laboratoire se concentre sur l’analyse des échantillons de sol et de végétaux qu’ils ont ramenés des zones contaminées. Nous devrions commencer à diffuser des informations à partir de mardi prochain (le week-end sera studieux).
Avant de passer au volet japonais de l’impact de Fukushima Daiichi (et à bien d’autres dossiers en attente !), nous voulions toutefois clôturer le volet français. C’est chose faite (ou presque) avec l’envoi que nous avons effectué hier au Premier ministre, François Fillon (envoi réitéré ce jour au président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, André-Claude Lacoste).
Ce courrier a deux objectifs : présenter la synthèse des graves dysfonctionnements que nous avons relevés dans la gestion des retombées radioactives sur la France, tant au niveau du dispositif de contrôle qu’au niveau du dispositif d’information ; obtenir des garanties pour l’avenir.
Cette fois, la population française a eu de la
chance : les niveaux d’exposition étaient très faibles. Les problèmes que nous avons relevés ont donc eu des conséquences très limitées. Demain ce ne sera peut-être pas le cas. Si la
contamination nécessite la mise en œuvre de mesures de protection, il faut disposer d’évaluations fiables et être informés au plus vite. La CRIIRAD jouera son rôle mais elle
ne peut pas se substituer à l’expert de l’Etat (ou alors il faudrait qu’elle dispose de son budget !). Nous devons donc obtenir des engagements clairs des autorités. Nos demandes ne sont
pas exhaustives mais elles constituent un socle minimum. Nous maintiendrons la pression jusqu’à obtenir des résultats, et le plus vite possible car personne ne sait ni où, ni quand se produira
le prochain accident.
Vous pouvez accéder aux 3 documents en cliquant sur le lien suivant :
- Lettre adressée le 9 juin 2011 au premier ministre (le courrier au président de l’ASN est identique) – 3 pages
- Constat d’anomalies et demande de garanties sur le plan de surveillance – 5 pages
- Constat
d’anomalies et demande de garanties en matière d’information – 4 pages
L'équipe CRIIRAD
Mont Joly, manifestation pour la sauvegarde
Le collectif du Mont-Joly qui rassemble plusieurs associations locales s'est formé récemment pour s'opposer au projet de liaison des domaines skiables de Saint-Gervais et des Contamines par les crêtes du Mont-Joly.
Nous ne sommes ni des écolos ringards , encore moins des ayatollahs de l'environnement, nous sommes simplement des montagnards amoureux de notre patrimoine naturel et soucieux de le transmettre aux générations futures.
Le projet actuel de liaison, élaboré dans l'opacité la plus totale et sans aucune concertation avec les citoyens, dans l'esprit du plan neige des années 70 , nous paraît totalement archaïque , aberrant au niveau environnemental et de la sécurité, onéreux et sans intérêt économique prouvé.
Le collectif demande l'abandon de tout projet de liaison par les crêtes et au grand minimum une évaluation correcte dans le cadre d'une UTN. Il nous paraît bien préférable d'améliorer le système de navettes entre les deux stations qui ne sont distantes que de quelques kilomètres et d'utiliser les fonds à la modernisation des remontées mécaniques obsolètes.
Afin d'alerter les citoyens, une manifestation est programmée le 18 juin prochain:
Rendez-vous à 10 heures devant la mairie des Contamines où nous resterons une petite heure puis à l'esplanade Marie Paradis à Saint-Gervais (à côté du parking souterrain et de l'espace Mont-Blanc) à partir de 11h30.
Association pour la Sauvegarde du Massif du Mont-Joly
Groupement d'Intérêt Cynégétique du Mont-Joly
Association des Amis de Saint-Gervais
CAF de Chedde-Passy
Association des Usagers et Propriétaires de la Montagne
Mouvement Ecologique de la haute vallée de l'Arve
Dominique Méridol (éleveur)
Pascal Payot (alpagiste et naturaliste)
Lombricompostage, la preuve par le questionnaire
Lorsque j'avais proposé de tenter une expérimentation de lombricompostage en commission environnement de la C2A, mes collègues m'avaient amicalement charrié jusqu'à ce que j'amène mon propre lombricomposteur en Mairie de CRAN GEVRIER et leur montre "l'objet".
Convaincue ou pour m'être agréable, la commission a lancé cette expérience, et un sondage auprès des utilisateurs vient d'être réalisé qui illustre le succés de cette opération.
Le Degré de satisfaction relatif à l’utilisation du lombricomposteur :
43% très satisfait
47% plutôt satisfait
8% plutôt insatisfait
2% insatisfait
90% des utilisateurs sont donc très ou plutôt satisfaits de leur lombricomposteur.
Le degré de satisfaction relatif au service apporté par la C2A pour « l’opération lombricompostage » est également maximal : merci au service et aux
ambassadeurs du tri :
46% très satisfait
51% plutôt satisfait
3% plutôt insatisfait
97% des personnes ayant répondu au questionnaire sont satisfaits du service apporté par la C2A.
55% des foyers accepteraient de devenir référent « C2A » sur cette opération.
Voici quelques uns des commentaires les plus fréquents :
■ Une bonne initiative de la C2A d’avoir proposé cette opération,
■ Une demande de création d’un forum afin d’avoir un échange constant entre
acteurs de cette opération,
■ La possibilité de pouvoir acquérir un lombricomposteur carré ou rectangulaire, afin
de pouvoir le stocker plus facilement,
■ Que soit fourni un bac récupérateur de jus avec le lombricomposteur,
■ Un geste éducatif pour les enfants,
■ Une baisse du volume de la poubelle d’ordures ménagères et une diminution des
odeurs émanant de celle-ci,
■ Demande un apport important « de cartons »,
■ Nécessité de persévérer,
■ Une modification positive de nos comportements au moment des achats,
Pour avoir tous les résultats, voici le lien :
http://www.agglo-annecy.fr/temp/Rapport%20enquete%20lombricompostage%202011%20commission%20Env..pdf
Il reste maintenant à élargir cette expérimentation en convainquant toujours plus d'habitants de s'adonner au
lombricompostage.
RSA, l'insupportable schyzophrénie de l'UMP
L'UMP n'a jamais digéré d'avoir dû voter le revenu de solidarité active.
Elle avait tout fait pour empêcher le revenu minimum d'insertion de Michel ROCARD.
Elle aurait fait capoter le RSA si SARKOZY n'avait pas pêché Martin HIRSCH pour monter ce dossier dans la période antédiluvienne du racolage de quelques transfuges de la gauche.
Maintenant que HIRSCH est parti en crachant dans la soupe avec son livre sur les conflits d'intérêts qui visait notamment le requin COPE, l'UMP et COPE lui renvoient l'ascenseur en cartonnant le RSA.
Le problème serait anecdotique si il ne concernait la frange de nos concitoyens qui est la plus fragile.
Il se trouve que j'ai participé à une étude sur les chantiers d'insertion, ces associations magnifiques qui tentent avec des bouts de ficelles, des salaires misérables pour le personnel encadrant, des difficultés sans nom pour monter les projets...de remettre le pied à l'étrier à des gens qui bénéficient du RSA.
Il se trouve que j'ai rencontré à cette occasion plusieurs dizaines d'allocataires du RSA qui vous racontent des histoires qui peuvent nous arriver à tous demain.
Et en particulier ces femmes d'une cinquantaine d'années qui ont arrêté de travailler pour élever leurs enfants et que leur mari quitte à l'aube de la cinquantaine. Aucune expérience professionnelle, un âge "certain", souvent une dépression de se retrouver seule, avec la charge d'une maison trop grande ou le désespoir de l'avoir vendue pour payer le divorce... Et la bouée de sauvetage du RSA et du Chantier d'insertion : l'impression d'être utile, de pouvoir enfin faire un projet, d'être accompagnée...
Ces chantiers d'insertion sont menacés chaque jour davantage par la politique gouvernementale et la suppression du nombre de postes en insertion. Rappelez vous l'appel au secours de BAZAR SANS FRONTIERE il y a peu.
Et bien alors qu'ils empêchent les chantiers d'insertion de fonctionner, renvoyant les allocataires du RSA à leur désespoir, les mêmes UMP veulent exiger d'eux quelques heures de travail par semaine !
Mais soyez donc cohérents : le moyen de les aider existe : ce sont les chantiers d'insertion.
Alors multiplions ces emplois pour leur remettre le pied à l'étrier ! Cessez d'asphyxier les chantiers d'insertion !
Et arrêtez de proposer des mesures irréalisables : qui accueillera ces allocataires pour quelques heures ? qui les encadrera ? pour quoi faire ? avec quel matériel ? quel statut en cas d'accident du travail ? quelle perspective d'emploi durable ? Quelle commune emploiera de telles personnes en dehors de tout cadre sérieux ?
Autant, si l'on prend l'exemple d'ANNECY, le chantier d'insertion conduit avec AGIRE 74 se traduit par des résultats probants tant pour l'insertion que pour la Ville, autant la proposition copéiste est une mesure de stigmatisation sociale comme si les allocataires volaient leur RSA aux autres français.
Tactique classique : accabler plus petit que soit pour faire oublier les privilèges des plus riches.
Heureusement le feuilleton BETTENCOURT recommence : on va pouvoir parler de centaines de millions d'euros au lieu de quelques centaines d'euros mensuels, le prix d'un RSA.
MM. Copé, Baroin, Wauquier, vous me faites vomir.
Lac, sonorisation interdite et désinfection des ballasts
Quand il sera temps de faire un bilan de mon action de maire-adjoint et de vice président du SILA, je pourrai dire que j'ai consacré beaucoup de temps à construire un climat de concertation des acteurs de la vie du lac qui permette à chacun et à tous de faire entendre son point de vue et de confronter sa position avec celle des autres.
Cet après-midi, un travail constructif s'est poursuivi sur la question de la motorisation des bateaux sur le lac.
ANNECY LE VIEUX a présenté la réalisation de ses 8 boucles pour des bateaux électriques, ainsi que le projet privé concernant un gros bateau qui sera loué par un particulier.
Dans les deux cas, le courant électrique délivré est en 220 volts, donc peu couteux à installer et à utiliser.
L'idée a été émise d'une aide publique à l'équipement en moteurs électriques sur le modèle de ce que certaines collectivités ont réalisé pour lancer l'équipement en vélos électriques comme CHAMBERY qui a offert 250 euros pour l'achat d'un vélo électrique.
L'utilisation de l'électricité photovoltaïque apparaît peu pertinente compte tenu de la faible consommation d'énergie par les bateaux, de surcroît en heures creuses pour la recharge des batteries.
En revanche, elle peut être un appoint utile pour éviter la panne en équipant les bateaux eux-mêmes (cf. YVOIRE).
Aprés validation politique, nous allons pouvoir certainement entrer dans une phase de mise en oeuvre pour 2012 par les communes volontaires.
Puis, le même groupe de travail a évoqué la question de la réglementation du wake surf de manière active, non sans éclats de voix, mais en aboutissant à un mode de discussion qui permette d'aller vers une limitation des gênes pour les autres usagers.
Le 29 juin, à SEVRIER, ne vous étonnez pas si vous voyez quelques kayaks, barques de pêche, et wake surfers sur le même espace lacustre : nous allons sur site pour mesurer les effets induits par l'activité, apprécier les distances à respecter,etc.
Et l'idée de ne plus permettre un accès au lac de manière totalement libre pour nos visiteurs temporaires, sans être informé des consignes de sécurité, du règlement de navigation et des règles de savoir vivre sur le lac fait son chemin. Ce sont ces usagers qui créent le plus de troubles sur le lac puisqu'ils estiment ne pas avoir à rendre de comptes à quiconque.
Un contrôle d'accès permettant de leur rappeler la réglementation, leur demandant un engagement à la respecter et leur offrant un service tel que la désinfection de leurs coques et de leurs ballasts serait une garantie de sécurité tant sur le plan des accidents que de l'environnement.
Le réglement 2011 intégre deux nouveaux progrès environnementaux : l'interdiction de la sonorisation sur les bateaux de wake surf et l'obligation de désinfection des ballasts pour les bateaux venant de l'extérieur.
Cette mesure de prophylaxie préventive, réclamée notamment par les pêcheurs, va nécessiter que le lac s'équipe d'un
lieu pour procéder à cette désinfection en récupérant les eaux de ruissellement et en les traitant efficacement. C'est à ce prix que nous allons avancer vers la prise en compte des nouveaux
risques que génère le changement climatique.
EELV, l'unité forcée, selon Alain LIPIETZ
La presse n'a parlé que de la petite phrase de Nicolas HULOT sur BORLOO.
Alain LIPIETZ sur son blog raconte le Congrès de LA ROCHELLE de l'intérieur.
"Samedi, second tour du Congrès de Europe Ecologie - Les Verts à La Rochelle. Théoriquement, il n’y a plus aucun suspens : la motion
« Maintenant » regroupant la quasi-totalité des cadres du mouvement a obtenu la semaine dernière
50% + 17 voix.
Cela dit : les délégués élus en région gardent leur liberté de vote (et comme on va le voir ils vont s’en servir). Par ailleurs, ce qui est un très bon résultat pour un premier tour serait très mauvais pour un second tour : une majorité aussi rikiki ne se serait jamais vue chez les Verts. Toute la question est donc : fusion ou pas fusion ?
Dés le vendredi après-midi, les tractations commencent, tandis que les délégués de motion sont réunis dans des salles différentes de l’immense bâtiment qui fut le marché aux poissons de La Rochelle, L’Encan. Les représentants de la motion "Construire" (lancée par Dany Cohn-Bendit et José Bové, qui ne sont pas là) ont été mis au piquet, à 300 mètres des autres et de l’entrée, dans une salle totalement noire éclairée par des projecteurs.
Très vite, la motion « Envie » fait savoir qu’elle participera à une fusion de toutes les motions, sinon on en reste là. Ce qui est décisif : la motion « Maintenant » est obligée d’accepter la fusion. Ce qui signifie d’une part qu’il va être possible d’obtenir "un bon texte", et que d’autre part les 15 postes du bureau exécutif seront répartis à la proportionnelle. Ce qui donne : 8 Maintenant, 4 Construire et 3 Envie.
Les rédacteurs vont palabrer toute la nuit et ramener un texte en effet plutot satisfaisant, notamment sur l’accélération de la mise en place de la coopérative et sur la plus grande facilité de vote, avec « expérimentation » du vote par Internet. Ce détail peut sembler ridicule mais, comme nous le font remarquer les nouveaux adhérents venus du PS, les structures de vote en assemblée générale régionale issues des Verts-années-90 leur apparaissent surréalistes. Soit on vote physiquement, et alors on fait comme au parti socialiste où l’on vote localement, soit (ce qui est plus moderne) on vote électroniquement après des débats publics organisés localement ou sur le Web. Et il est curieux que les écologistes, qui rabâchent l’exigence de minimiser le bilan carbone, en soient encore à déplacer leurs troupes à travers tout le territoire pour déposer un bulletin dans l’urne.
Le plus difficile est évidemment la question de la composition du Bureau exécutif.
Dans les nouveaux règlements archi-compliqués d’Europe Ecologie Les Verts, chaque motion produit à l’avance la liste ordonnée de ses candidats au bureau exécutif !! (Chez les Verts il y avait beaucoup plus de souplesse). Pour « Construire », Dany est tête de liste. Il a annoncé qu’il renonçait à participer au bureau exécutif, alors qu’avec un meilleur score, il demandait : les élections, pour tenter d’arracher un groupe de 60 députés. Les suivants sont : Marie Bové, pour qui nous demandons la responsabilité des liaisons entre le parti et la coopérative, Jean Desessard, pour qui nous demandons la trésorerie (il est de plus en plus acquis, même à droite, que l’opposition assure la présidence de la commission des finances des assemblées et il paraît légitime, pour couper court à toutes les suspicions, qu’il en soit de même au bureau exécutif), puis Laurence Vichnievsky et Nadir Saïfi.
Dés la première nuit de négociation, « Maintenant » pose son veto contre Marie Bové, et déclare se réserver "les postes régaliens". Nous ignorons ce que signifie « régalien » dans un parti politique, mais manifestement cela doit vouloir dire qu’ils se considèrent comme : eux, l’Etat, et nous, les administrés. Nous leur rétorquons que de toute façon les 3 premiers de notre liste seraient au bureau exécutif s’il n’y avait pas de fusion, et la participation de Marie Bové n’est pas négociable.
Retour de volée le lendemain midi : cette fois, « Maintenant » met un veto sur la participation du 4ème de liste, Nadir Saïfi.
Prétexte : il a participé au Grenelle de l’environnement, il représentait Écologie sans
frontière
, association qu’ils considèrent proche de Borloo.
Cette fois, l’assemblée des mandataires de « Construire » était abasourdie. Le prétexte de « Maintenant » est ridicule -
tout l’effort de Dany et José Bové à Europe Ecologie a porté justement vers un mouvement écologiste fort et allié à la gauche, rassemblant tous les militants de sensibilité écologiste, du
centre à l’extrême gauche. Marie Bové comme Nadir Saïfi, y compris dans leur nom de famille (Nadir est le frère de Tokia Saïfi
, qui fut secrétaire d’état au développement durable de Chirac sous Raffarin), incarnent cet arc d’origines. Et
surtout, Nadir serait probablement le seul représentant de la diversité des origines du peuple français au bureau exécutif d’un parti qui fait proclamation de soutenir et d’exprimer cette
diversité !
Personnellement, et je ne suis pas le seul, je pense que dans ces conditions la fusion n’est plus possible. Laurence Vichnievsky (au nom pas non plus très céfran) propose : « Je me retire et comme ça tu fais partie des 3 premiers dont la présence est obligatoire. » C’est alors que Nadir demande la parole : « Je suis écoeuré par cet ostracisme, mais votre soutien m’a réchauffé le coeur et pour moi, rien que cela, c’est un bon congrès. Le plus important aujourd’hui c’est que les écologistes apparaissent unis face aux échéances de 2012. Il faut la fusion, donc j’accepte de me retirer. » On décide, dans l’intérêt général de l’écologie, d’accepter le diktat de « Maintenant » et c’est le suivant, Nicolas Dubourg, qui sera notre 4ème représentant.
Nous apprenons en sortant que Elvan Uca, 3e de liste de « Envie » et d’origine turque, a lui aussi été récusé… au nom de la parité hommes/femmes.
Dans l’immense hall de l’Encan, tout en longueur, le débat, pas si formel que ça on va le voir, peut commencer devant les quelque 500 délégués. La moitié fidèle de « Maintenant » s’est massée devant, les autres à l’arrière. Pascal Durand, numéro 2 de la liste « Maintenant » et directeur de campagne de Nicolas Hulot, vient présenter la motion unifiée et enflamme toute la salle. Commence ensuite la litanie des interventions des motions. Dés le début, Marie Bové puis Françoise Lamartine (pour « Envie ») se font siffler, pour avoir simplement affirmé qu’en acceptant cette fusion elles ne « remettaient pas les clés du mouvement à une reine. » Inquiétant. Pour la motion « Maintenant », seule Dominique Voynet parvient à transmettre un souffle certain.
J’interviens alors pour dire : "ma joie, ma peine et mon ambition".
Ma joie : jamais dans l’histoire des Verts une motion n’avait rassemblé la totalité des courants. C’est le résultat de notre maturité, mais surtout de l’urgence (la crise du libéral productivisme, la dernière "fenêtre de tir" sur le changement climatique, Fukushima et la nécessité de sortir vite du nucléaire).
Ma tristesse, ou plutôt ma honte : l’oukase posé contre Nadir Saïfi va faire disparaître le seul représentant de la diversité de notre peuple au bureau exécutif, sous le prétexte de ses "origines droitières".
Or - et c’est là, l’ambition - ce que nous voulons, c’est que l’écologie politique soit la nouvelle force dominante du camp progressiste de notre pays. Cela veut dire que des millions de personnes, qui n’avaient pas voté ou qui avaient voté Sarkozy en 2007, vont devoir voter progressiste en 2012, et j’espère que la plus grande partie de ces ex-abstentionnismes et « ex-droitiers » n’ira pas voter Front National, et qu’elle votera pour Europe Ecologie !
La salle s’est figée quand j’ai dit ma honte. Visiblement, la plupart des délégués de « Maintenant » n’étaient pas au courant. Puis une salve d’applaudissements éclate dans la salle : je distingue les petites tâches de couleur de leurs visages...
Naturellement, puisque nous sommes chez les écologistes, la motion censée réunir la totalité des courants n’obtient que 90% ! Mais il reste à élire 1/5 du bureau fédéral, le « parlement du parti » (soit 30 personnes), tous les autres ayant été élus en région. Ce « cinquième national » vise à représenter des militants qui ne sont pas spécifiquement liés à une région, mais plutôt à une thématique. Normalement les calculs nous donnent 7 élus. Surprise : nous en aurons 8 !
Deux douzaines de délégués ont voté pour nous au lieu de voter pour leur propre courant. Nous discutons avec les délégués : ce sont les antillais-e-s et les délégué-e-s d’origine familiale maghrébine, turque, ou sud-américaine qui ont voté pour nous, quelle que soit la motion qui les avait délégués. Hélas : le bureau exécutif quant à lui restera blanc comme un rêve de Laurent Blanc, et le Conseil fédéral sera à peine plus coloré.
Cécile Duflot monte enfin triomphante à la tribune, follement acclamée par toute la première moitié de la salle. Séparée par une allée transversale, l’autre moitié restera pendant tout son discours assise bras croisés, observant impavide ce déchaînement. C’est dommage : par ses ostracismes, Cécile a manqué une occasion magnifique d’unifier le mouvement derrière elle. Le lendemain, Philippe Meirieu, qui lui aussi a signé « Maintenant », est élu à l’unanimité et sous un tonnerre d’applaudissements président du conseil fédéral. Lui a su, par son comportement tout au long du congrès, incarner l’unité nécessaire d’Europe Écologie. C’est notamment lui (qui) a proposé puis présidé la commission qui a fait justice des calomnies répandues dans la presse contre les soi-disant malhonnêtetés de Dany Cohn-Bendit.
Mais déjà le mouvement a basculé dans le débat suivant : les primaires pour les présidentielles, qui occuperont tout le mois de juin.
Ca ne commence pas très bien : Nicolas Hulot déclare à la presse qu’il avait envisagé de former un ticket avec Borloo (ce qui n’est pas plus grave que d’être le frère de Tokia Saïfi ou d’avoir inspiré le Grenelle...). Mais, beaucoup plus ennuyeux : « Ce n’est pas possible actuellement, mais il reste encore 11 mois de campagne »... Et cela marque clairement les limites de Nicolas Hulot. Il est devenu anti-nucléaire grâce à Fukushima, et il faut lui en savoir gré, car il y a plus de joie sur la terre pour l’ouvrier de la 11e heure que pour ceux qui furent dès le début à la défendre. Quel nouveau coup d’éclat de Borloo (après l’autorisation des forages de gaz de schiste) convaincra Nicolas que, même dans 11 mois, il ne pourra pas faire de ticket avec Borloo ?
Non, je ne pense pas que la candidature Hulot serait une catastrophe, de toute façon une présidence verte de la République, ce n’est pas pour maintenant. Nous nous battons pour un score à 2 chiffres et cela, c’est possible. Et selon moi, ce sera possible avec Eva Joly. Car elle représente à la fois l’ouverture et la précocité, la sincérité de l’engagement à Europe Écologie. Et surtout elle incarne, à l’échelle internationale et jusque dans les institutions, la lutte contre la finance et sa corruption, qui détruisent la planète. Et c’est bien l’enjeu symbolique de la prochaine élection présidentielle.
Bon, en attendant , je pars pour une semaine de conférences écologistes au Paraguay."
Primaire de l'écologie
Maintenant que le débat entre les lignes politiques proposées par Dany COHN BENDIT et Cécile DUFLOT a été tranché par 6.000 adhérents, soit une infime partie de l'électorat d'EUROPE ECOLOGIE aux européennes et aux régionales, le second affrontement commence entre Eva JOLY et Nicolas HULOT.
Si vous êtes électeur écologiste et que vous voulez faire entendre votre choix entre ces deux candidats à la candidature dans un cadre politique élargi, vous pouvez participer à cette désignation en versant 10 euros, ce qui vous donnera le droit de vote pour les départager.
Il n'y a pas de validation de l'adhésion : chacun pourra voter dès l'instant où il aura payé ses 10
euros.
Pour vous inscrire, allez sur :
http://primairedelecologie.fr/tout-savoir-sur-la-primaire-de-lecologie/
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