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thierry billet
Articles récents

Plutôt nourrir...

25 Octobre 2023 , Rédigé par Thierry BILLET

Sous-titré "L'appel d'une éleveuse", le livre de Clément Osé et Noémie Calais, anciens élèves de Sciences Po qui ont "bifurqué" vers l'agriculture nourricière mérite le détour. D'abord parce qu'élever des porcs noirs dans le GERS quand on a commencé une carrière de cadre sup en ASIE n'est pas si courant. Ensuite, parce que Noémie Calais prend le risque d'exposer un point de vue décapant à la fois vis à vis de l'agriculture productiviste et vis à vis d'une nouvelle "bien pensance" qui rejette la viande sous toutes ses formes.

Noémie est une intellectuelle : les extraits de son journal sont écrits avec finesse et des mots choisis pour bien qualifier sa pensée. Mais une intellectuelle qui mène ses cochons à l'abattoir et cuisine ensuite la viande. Pour tenir les deux bouts, il faut un raisonnement politique et personnel qui tienne la route. C'est celui d'une démarche paysanne solidaire et collective, respectueuse du vivant au sein d'un système alimentaire durable ayant abandonné les énergies fossiles.  Le livre n'esquive pas les doutes, les moments de découragement, les difficultés, le mal au dos; mais quelle envie de vivre dignement d'un travail qui a du sens !

A offrir ou à s'offrir pour Noël ou pour la Toussaint.

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POUR ANNECY 2026

24 Octobre 2023 , Rédigé par Thierry BILLET

JLR et son équipe relancent les réunions à travers les communes historiques d'ANNECY; cette fois à MEYTHET le 26 octobre au Quart de cercle à 18 heures 30. Un moment d'échanges sur la vie municipale et sur les attentes des annéciens au terme des ces trois premières années de mandat des LARDORG.

Les nuages s'amoncellent en cette fin d'année sur la tête de la présidente de l'agglomération avec le rapport à venir de l'enquête indépendantes consécutive au signalement de risques psycho-sociaux qui lui sont personnellement imputés. Ségolène GUICHARD et Pierre BRUYERE qui sont les vice-présidents qui recevront ce rapport devront en tirer les conséquences politiques sur l'incapacité de Mme LARDET à gérer sereinement le Grand Annecy sans agresser les agents et sans mettre ceux-ci dans des situations professionnelles intenables. Un modèle de harcèlement managérial qu'elle a déjà mis en oeuvre chez ACCOR ? C'est la question que 52 conseillers communautaires se pose en lui ayant signifié leur inquiétude.

POUR ANNECY 2026
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Monsieur SARDA, ANGON n'est pas un village !

21 Octobre 2023 , Rédigé par Thierry BILLET

Le 18 août 2023, le Juge des référés de la cour administrative d'appel de LYON vient de donner au maire de TALLOIRES, Monsieur SARDA, une leçon de droit de l'urbanisme pour s'opposer à la construction d'un immeuble entre le hameau de ANGON et la départementale qui l'aurait densifié exagérément . On sait qu'autour du lac, "l'extension de l'urbanisation ne peut se réaliser qu'en continuité avec les agglomérations et villages existants" en vertu de l'article L 121-8 du code de l'urbanisme.

L'arrêt poursuit "bibliquement" :

"Ce hameau s'inscrit au sein d'une zone naturelle. Celle-ci se poursuit de l'autre côté de la route départementale, jusqu'au lac, et supporter deux campings ouverts au public et quelques équipements, plus particulièrement, de restauration qui y sont liés. Bien que qualifié d'historique et d'ancien village vigneron, le centre de ce hameau ne comprend que quelques constructions d'habitation resserrées autour, essentiellement d'une voie de circulation principale, ainsi, un peu à l'extérieure, un restaurant. Ces campings ne peuvent, en l'état de l'instruction et alors même qu'ils comprendraient des restaurants et quelques commerces, être qualifiés de village ou d'agglomération existants. Dans ces conditions, le hameau d'ANGON ne présente pas un nombre et une densité de constructions suffisamment significatifs pour caractériser un village ou une agglomération au sein de l'article L 121-8 du code de l'urbanisme (...)"

Merci au Préfet et à ses services d'avoir pris l'initiative d'un référé suspension dans ce dossier emblématique pour lequel l'association LAC D'ANNECY ENVIRONNEMENT a également engagé une action contentieuse au fond.

Il y a bien loin entre les déclarations du Maire de TALLOIRES, allié des LARDORG au Grand ANNECY, en faveur de l'environnement et l'octroi de tels permis de construire. 

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Le recyclage des panneaux photovoltaïques : une légende urbaine .

19 Octobre 2023 , Rédigé par Thierry BILLET

"Contrairement à une idée reçue, on peut recycler un panneau ( photovoltaïque ) à près de 99 %. On ne pousse cependant pas toujours le recyclage au maximum, parce que cela reviendrait trop cher. De ce fait, le « point mort » économique – ou seuil de rentabilité – se situe aujourd’hui aux environs de 95 % de matériaux recyclés." nous explique THE CONVERSATION. A lire ci-dessous pour en finir avec les ragots rappelés ad nauseam par les sponsors des énergies fossiles et du nucléaire...

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Rapport de la chambre régionale des comptes

18 Octobre 2023 , Rédigé par Thierry BILLET

Le dernier rapport de la chambre régionale des comptes de 2017 à 2022 est soporifique. Faute d'aller regarder le contenu des politiques menées et des niveaux de service public apportés par la Ville, le rapport édicte quelques recommandations de bon sens.

On y trouve surtout la confirmation que la fusion des 6 communes en 2017 n'a pas apporté les économies d'échelle qu'elle promettait.

Le problème c'est que le rapport n'entre pas dans les raisons de cette absence d'économies. Il suggère que le niveau de service rendu aux habitants de la commune nouvelle s'est aligné sur celui de la commune la plus avancée à la veille de la fusion. Si c'est bien le cas, cet alignement par le haut n'est pas un problème : qu'est-ce qui justifierait que tous les habitants de la même commune ne bénéficient pas de la même qualité du service public ? Or dans de nombreux domaines, le service public de l'ancienne commune d'ANNECY, grâce à l'absence de sous-traitance au privé, était une référence à la fois sur le plan scolaire, culturel et social. 

Un seul point réellement pertinent est la validation du coût des LARDORG à la Ville. Avec 202 conseillers municipaux dans les 6 anciennes communes, les indemnités d'élus 1,16 millions d'euros. Les 69 élus actuels coûtent 1,27 millions d'euros. C'est 10% de plus pour 3,4 fois moins d'élus.On comprend que malgré leur mésalliance, les LARDORG ne démissionnent pas et feront vivre jusqu'au bout un cauchemar aux annéciens.

Le passage sur les conflits d'intérêts n'apporte aucun exemple concret que la CRC aurait pu étudier , dommage que la CRC n'ait pas lu mon blog ! Pour autant, constatant l'inanité des procédures existantes,  la CRC "invite la commune (...) à renforcer son dispositif de prévention des conflits d'intérêts, en recensant de manière exhaustive l'ensemble des activités des élus, en mettant en place un véritable processus de prévention et de déport et en s'assurant que les déclarations d'intérêts des personnels concernés ont bien été fournies avant le recrutement effectif, lues et rigoureusement conservées". L'épisode LAFARIE après tant d'autres montre le désintérêt des LARDORG pour la prévention des conflits d'intérêts malgré leurs belles paroles de campagne en soutien à ANTICOR.

 

 

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Tenir bon ensemble contre la haine et la déraison

17 Octobre 2023 , Rédigé par Thierry BILLET

Vendredi 13 octobre dernier, un professeur de français du collège Gambetta à Arras, Dominique Bernard, a été assassiné et deux autres personnes blessées. Rien ne peut justifier de tels actes abominables. Nos pensées vont d’abord aux victimes, à leurs familles. Elles vont aussi à l’ensemble de la communauté éducative dont le travail quotidien est essentiel pour la cohésion de notre société et la préservation de notre démocratie.
 
Dans ce temps qui devrait être celui du recueillement et de la solidarité, le poison de la haine, de la division se répand à nouveau. Plusieurs responsables politiques et médiatiques, d’extrême-droite ou non, ont mis en cause les associations et les élu.e.s locaux mobilisé.e.s en 2014 contre l’expulsion de la famille du tueur présumé d’Arras. La Cimade refuse de faire le lien entre ce drame et la mobilisation intervenue il y a 10 ans au nom du respect des droits d’une famille. De même qu’elle refusera toujours de considérer les trajectoires des personnes prédictibles ou déterminées par des questions d’origine, de couleur de peau ou de religion.
 
La Cimade dénonce par ailleurs la multiplication des informations erronées diffusées dans le débat public, par exemple le présupposé d’un lien automatique entre personnes étrangères, délinquance et terrorisme. Plusieurs personnes impliquées dans des actes terroristes étaient françaises. En outre, des dispositions existent bien aujourd’hui pour expulser des personnes étrangères notamment en cas de comportements de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de l’Etat ou liés à des activités à caractère terroriste, qu’elles aient été condamnées pénalement ou pas.
 
Alors qu’un projet de loi sur l’immigration va être examiné prochainement par le Parlement, des voix s’élèvent déjà pour demander son durcissement. La Cimade s’opposera avec détermination aux réponses simplistes donc inappropriées, et poursuivra son combat entamé il y a plus de 80 ans pour le respect des droits et de la dignité des personnes étrangères.  Elle appelle le Gouvernement, les parlementaires, les responsables politiques et l’ensemble du corps social à tenir bon contre la déraison et la spirale de la haine. Le combat sans faille contre la radicalisation, les fanatismes et le terrorisme doit toujours, dans une démocratie comme la nôtre, s’appuyer sur le respect inconditionnel des droits fondamentaux des personnes ainsi que des conventions internationales.
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4 français sur 10 climatosceptiques

14 Octobre 2023 , Rédigé par Thierry BILLET

Alors que nous battons des records de chaleur et que le déficit des nappes phréatiques s'est aggravé avec la sécheresse de cet automne, 4 français sur 10 affirment qu'il n'existe pas de certitude sur l'origine anthropique du nouveau régime climatique... 1 sur 10 qui ne le constate pas; 2 sur 10 qui le nient...

Impressionnant non ?  J'attribue ce déni manifeste au confort que représente cette croyance par rapport à la sobriété dont nous devrions faire preuve de plus en plus pour tenter de réduire notre empreinte carbone. Nier le réchauffement climatique ou nier sa cause humaine permettent de rester dans son rail. On tombe de 20 étages mais tant qu'on ne s'est pas écrasé au sol "jusqu'ici tout va bien"...

Face à ce climatoscepticisme conforté par certains  médias et les réseaux sociaux, nous sommes bien impuissants tant il conforte des habitudes prises qu'il faudrait remettre en question et tant il sert les intérêts des productivistes.

4 français sur 10 climatosceptiques
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Y a plus d'enfants !

13 Octobre 2023 , Rédigé par Thierry BILLET

Y' a plus d'enfants ! En tous cas, le nombre des naissances en FRANCE continue de diminuer affichant 13% de moins entre 2010 et 2022, 21% de moins que celle de 1971 qui connut un pic avec 916 370 naissances. Ce constat mérite qu'on s'y arrête car la politique nataliste conduite en FRANCE depuis 1944 trouve ici ses limites.

La FRANCE était connue pour son taux de fécondité remarquable, conséquence d'une politique continue en faveur des familles permettant aux femmes de continuer de travailler malgré la maternité; à la différence de l'ALLEMAGNE qui ne s'en est préoccupée que fort tardivement en constatant sa décroissance démographique.

Le ralentissement continu que nous constatons a évidemment de nombreuses causes qu'il s'agisse des études plus longues, des progrès des méthodes contraceptives, mais ceci ne date pas d'hier et j'émets l'hypothèse que la crise climatique que nous avons créée n'est pas sans lien avec cette baisse des naissances. La décision d'enfanter au moment où l'on vous annonce dans un avenir proche et de manière certaine la montée des océans d'un mètre, des chaleurs insupportables, l'extinction de millions d'espèces animales est une décision qui fait réfléchir. Quand vous disposez comme en FRANCE d'un système de sécurité sociale remarquable, d'une qualité de vie enviée du monde entier, vous vous interrogez sur ce que sera cette même existence en 2050 pour un enfant né en 2022. Que  dira t'il à ses parents en 2050 sur l'égoïsme de leur génération qui n'a pas pris les décisions qu'il fallait alors qu'ils savaient dès aujourd'hui l'urgence climatique ? Je ne doute pas une minute que tous les jeunes parents de 2022 se posent cette question.

En CHINE ou en Europe de l'Est où les taux de natalité s'effondrent, les raisons sont d'abord économiques (le coût des études en CHINE, l'incertitude économique et le manque de perspectives sociales et politiques en Europe de l'Est...).

Mais qui ne connaît pas en FRANCE autour de lui des jeunes femmes et des jeunes hommes qui assument de refuser de faire des enfants au motif de la crise climatique ? Et contre cette inquiétude existentielle, les politiques natalistes sont vaines. C'est l'idée même de mettre au monde un enfant dans un monde invivable qui interdit moralement la procréation. La question n'est plus d'avoir les moyens de lui assurer confort et sécurité. C'est celle d'affronter son regard dans 25 ans... 

Et la seule exception à cette dégringolade se trouve dans la tranche d'âge des plus de 40 ans; celle où la biologie féminine pose un terme ultime à la procréation et où finalement le deuil de ne pas avoir d'enfant succombe à l'espoir d'un monde meilleur. 

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Barbaries des intégristes religieux

11 Octobre 2023 , Rédigé par Thierry BILLET

 

Je partage avec vous une partie de l'interview de François RUFFIN au MONDE ce matin. Je me retrouve dans sa volonté de condamner les actes terroristes du HAMAS sans dédouaner les extrêmistes religieux juifs de leurs responsabilités dans la société d'apartheid qu'ils veulent construire.


https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/10/10/francois-ruffin-depute-lfi-notre-parole-n-est-pas-a-la-hauteur-de-la-gravite-des-evenements_6193613_823448.html
 

Quelle est votre analyse de la situation en Israël ?

Avant la froideur de l’analyse, je veux dire mes sentiments avec chaleur : l’horreur devant des femmes, des enfants abattus à bout portant, des jeunes dansant assassinés, des massacres chaque jour découverts, par familles entières. Que d’atrocités, de cruautés, qu’on n’oserait même pas imaginer. Et maintenant, la violence qui s’abat à Gaza, ces 2,5 millions de personnes, auxquelles l’on conseille de partir, comme s’ils avaient une terre d’accueil. Je condamne sans réserve les actes du Hamas. C’est une organisation fanatique, terroriste, qui a toujours été l’adversaire des progressistes au Proche-Orient, hostile à tout compromis de paix, qui veut la fin de l’Etat d’Israël.

Il faut dire aussi le terreau du Hamas. Avoir fait de Gaza une prison à ciel ouvert, sans espoir pour la jeunesse, a nourri le pire. On a bel et bien un face-à-face entre « le fanatisme du Hamas » et « une politique israélienne imbécile » [selon les mots de l’historien israélien Elie Barnavi] venant du gouvernement d’extrême droite de Benyamin Nétanyahou. Sans un tiers qui s’interpose, une machine infernale est lancée. Or, depuis dix ans, la communauté internationale est aux abonnés absents. Avec les accords d’Abraham [en 2020], les Occidentaux ont voulu enjamber la question palestinienne. C’est un échec.

Le soutien aux victimes et à la société israélienne, c’est l’évidence, je m’y associe. Mais le soutien au gouvernement israélien ne doit pas être aveugle. Nous devons poser en permanence comme objectif le cessez-le-feu et la paix. Lundi, dans le communiqué des cinq pays, dont la France, il n’y a pas le mot paix : c’est un gros problème.
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Droit de l'environnement, droit de l'impossible ?

11 Octobre 2023 , Rédigé par Thierry BILLET

Une heure d'exposé devant des justiciables et des étudiants de l'UCLY en matière juridique sur la problématique du droit de l'environnement autour de la question de l'effectivité de ce droit mineur. Selon le récent rapport MOLLIN, ancien procureur général près la cour de cassation, c'est 1% des affaires pénales en France avec des condamnations quasi systématiquement en dessous des minima prévus par les textes : un fiasco alors qu'on n'a jamais autant parlé d'écologie !

Depuis Robert POUJADE en 1971, 32 ministres se sont succédés : quelques uns ont tenu quelques semaines comme Nicole BRICQ. Ce doit être le record de FRANCE de la mobilité ministérielle. A chaque fois ou presque un livre qui explique qu'ils n'ont pas pu faire ce qu'ils espéraient coincés entre les Ministères de finances, de l'Industrie qui protège le nucléaire et l'agriculture qui protège l'agriculture intensive. L'actuel n'écrira rien puisqu'il est transparent. Savez-vous seulement son nom ? Quand un tel ministère est marginalisé par son turn over ou par la faiblesse des ses titulaires (quel autre ministre qu'un ministre de l'environnement a démissionné en direct à la radio ?) ou par des arbitrages systématiquement perdus, quelle peut être la force des lois qu'il arrive par extraordinaire à publier ? 

Je me souviens du préfet CARENCO devenu récemment éphémère ministre de l'outre mer de MACRON s'exclamant dans son bureau annécien :  "un préfet n'a qu'un ministre, le ministre de l'intérieur".

La création d'un pôle spécialisé à ANNECY avec l'appui d'une assistante spécialisée permettra peut-être d'améliorer les choses localement. C'est en tous cas ce que l'on peut souhaiter.

Ce droit a la particularité de ne pas être porté par les services de contrôle de l'Etat la plupart du temps inexistants ou tenus en laisse par des préfets trop souvent complices des contrevenants mais par les associations de défense de l'environnement qui alertent puis développent une compétence judiciaire pour défendre l'intérêt général. 

C'est particulièrement vrai en matière administrative : qui a engagé les actions judiciaires pour faire respecter la loi LITTORAL sur notre lac à part l'association LAC D'ANNECY ENVIRONNEMENT ? Qui a fait avancer la jurisprudence avec l'affaire de BALMETTES et l'arrêt de la construction de l'immeuble ? Encore aujourd'hui qui sont les veilleurs quotidiens des permis de construire illégaux ou des constructions sans autorisation à TALLOIRES et ailleurs ? 

On imagine le rapport de force inégal qu'une telle situation génère. Au plan pénal, les fonctionnaires et/ou les élus mis en cause bénéficient de la protection fonctionnelle et ne paient pas pour leur défense. Et les entreprises ont des moyens sans commune mesure avec ceux des associations. Cette inégalité de moyens se double d'une "inégalité dans le cynisme".

Par exemple, quand l'Etat prend chaque année le même arrêté que l'année précédente malgré le fait que le Conseil d'Etat l'ait annulé comme pour les chasses "traditionnelles", il oblige les associations à dépenser les cotisations de leurs adhérents pour "rien", espérant qu'elles se lassent ou qu'elles n'aient pas les moyens cette année-là de saisir la juridiction. 

Quant aux relations incestueuses entre le Conseil d'Etat et les cabinets ministériels, où les conseillers d'Etat deviennent régulièrement directeur de cabinet de tel ou tel ministre pour revenir ensuite juger de la légalité des actes pris par le ministère qu'ils viennent de quitter.

J'ai gardé le souvenir typique d'un contentieux porté par la CRIIRAD contre la nomination d'un conseiller d'état pour diriger l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le gendarme du nucléaire... Le décret fixant les conditions requises pour être nommé était d'être compétent en radio protection. Cela coule de source. Mais alors, sans faire offense aux compétences des conseillers d'état, leurs connaissances en radio protection sont nulles et aucun ne devrait siéger à l'ASN. Sûre de son bon droit, la CRIIRAD demande au Conseil d'état d'annuler la nomination de l'un de ses membres. C'est en soi déjà un problème sur le plan de l'impartialité, non ?

Mais voilà qu'arrive un courrier du Conseil d'état soulevant quelques jours avant l'audience une question d'ordre public que le Premier Ministre qui défendait la nomination n'avait pas soulevée. Le conseiller d'état en charge du dossier soulevait l'irrecevabilité de la saisine de la CRIIRAD au motif de son absence d'intérêt à agir... Alors même que depuis que la CRIIRAD avait été créée en 1986 pour dénoncer que le nuage de TCHERNOBYL ne s'était pas arrêté aux frontières de la FRANCE, elle avait mené des dizaines de contentieux sur le nucléaire ! Le Conseil d'état ne l'ignorait évidemment pas... Le nom du conseiller d'état qui avait eu cette brillante idée m'était connu. Un rapide recherche sur google m'apprenait que c'était l'ancien directeur de cabinet de JOSPIN à MATIGNON. Un jour décideur, le lendemain censeur de décisions prises par son alter ego ... qu'il remplacera peut-être après-demain. Cette particularité officialisant une partialité de principe est symptomatique du régime judiciaire français.

C'est la raison pour laquelle plusieurs associations de protection de l'environnement ont saisi la Cour européenne de la conformité de la composition du Conseil constitutionnel au regard des exigences d'impartialité posés par la convention européenne des droits de l'Homme. Composé largement d'anciens ministres qui statuent sur la constitutionnalité de lois prises par leurs anciens ministères et/ou par leurs amis politiques, le Conseil constitutionnel se retrouve dans une posture par principe partiale.

La suite ces prochains jours, il y a tant à dire...

 

 

Droit de l'environnement, droit de l'impossible ?
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