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thierry billet

Écologiste annécien

Agroécologie vs néonicotinoïdes

Publié le 21 Août 2020 par Thierry BILLET

L'ami Marc DUFUMIER montre encore une fois l'impasse de l'agriculture productiviste que défendent la FNSEA et les gouvernements successifs; tandis que l'agroécologie permettrait, au prix d'un changement des pratiques culturales, de protéger la biodiversité et les cultures.

Pourquoi « réautoriser les néonicotinoïdes pour un système de culture betteravier désuet et dommageable » ?

L’agronome Marc Dufumier critique, dans une tribune au « Monde », la décision gouvernementale d’autoriser « provisoirement » l’usage de pesticides pour la culture de la betterave à sucre, alors que des alternatives techniques à l’emploi des néonicotinoïdes existent déjà.

LE MONDE 21 août 2020

Tribune. Sous la pression des lobbys sucriers, le gouvernement envisage de réautoriser provisoirement le recours aux néonicotinoïdes pour la culture de la betterave à sucre, alors même que la loi sur la biodiversité de 2018 en interdit aujourd’hui formellement l’emploi. Cette culture vient, il est vrai, d’être lourdement affectée par une maladie virale, la jaunisse de la betterave, transmise par un puceron qui a récemment pullulé dans les champs du fait des conditions climatiques particulières de cette année.

Mais les apiculteurs ont néanmoins des raisons de s’inquiéter d’une telle décision car on sait désormais comment l’exposition à ces insecticides déboussole les butineuses. Outre les abeilles mellifères, ce sont la plupart des pollinisateurs qui souffrent de surmortalité en la présence de ces insecticides, et c’est donc aussi la fécondation d’un très grand nombre de plantes cultivées (colza, tournesol, arbres fruitiers, etc.) qui risque de se retrouver lourdement handicapée.

La Confédération générale des producteurs de betteraves (CGB) n’a pas manqué de signaler que les racines de cette plante sucrière sont arrachées bien avant sa date de floraison et donc avant toute possibilité de voir leurs fleurs butinées. Mais les résidus insecticides peuvent être néanmoins absorbés par toutes les plantes à fleurs cultivées les années suivantes, et c’est en cherchant le pollen sur ces dernières que les insectes pollinisateurs se retrouvent de fait empoisonnés.

Une agroécologie scientifique

La CGB rétorque que s’il est pertinent de mettre fin à l’emploi des néonicotinoïdes, encore faudrait-il que l’on ait préalablement trouvé un ou des produits de substitution. En insistant sur le fait que les rendements à l’hectare vont très sensiblement diminuer cette année du fait de la jaunisse, et que cela va peser très lourdement sur l’équilibre de notre balance commerciale agricole.

Mais cela revient implicitement à dire qu’il n’existerait pas d’autres alternatives techniques que l’emploi de pesticides, et qu’améliorer le rendement à l’hectare consisterait toujours à l’accroître, indépendamment des coûts monétaires, sanitaires et environnementaux qui en résultent pour ce faire. C’est oublier aussi le fait que des alternatives techniques à l’emploi des néonicotinoïdes existent d’ores et déjà.

Ces pratiques, qui relèvent d’une agroécologie scientifique, n’ont pas pour objectif d’éradiquer les pucerons et autres insectes ravageurs, au risque d’ailleurs d’engendrer de graves déséquilibres écologiques, mais visent plutôt à pouvoir les côtoyer tout en minorant leur prolifération et leurs ravages.

Ces pratiques sont, entre autres, le choix de variétés tolérantes ou résistantes, l’allongement des rotations de cultures, la diversification des espèces cultivées au sein des mêmes terroirs, la plantation de haies vives, de bandes enherbées et d’autres infrastructures écologiques destinées à héberger des insectes auxiliaires tels que les coccinelles, syrphes et chrysopes, aptes à neutraliser les pucerons.

Faible compétitivité

Ces techniques agricoles sont, il est vrai, bien plus savantes et compliquées que celles encore trop souvent mises en œuvre dans le cadre des modes d’agricultures industrielles exagérément spécialisées. Elles sont plus exigeantes en travail et donc plus intensives en emplois, ce qui n’est pas en soi néfaste. Elles exigent aussi bien moins d’importations de pesticides et d’engrais azotés de synthèse, coûteux en énergie fossile, tout en présentant de moindres risques sanitaires et environnementaux.

La fermeture annoncée des sucreries en France n’a d’ailleurs pas attendu l’apparition de la jaunisse de la betterave ; elle résulte en fait de la faible compétitivité de nos systèmes betteraviers actuels face à la concurrence de la canne à sucre brésilienne. Pourquoi nous faudrait-il alors continuer de produire toujours davantage de betteraves pour des usines d’éthanol dont on sait qu’elles ne peuvent guère devenir rentables du fait de cette concurrence sur les marchés mondiaux ?

Ne conviendrait-il donc pas plutôt de diversifier les cultures au sein de nos assolements et d’y rétablir une bien plus grande biodiversité domestique et spontanée, en y intégrant surtout des plantes légumineuses (luzerne, trèfle, lupin, féverole, etc.), pour produire notamment les protéines végétales dont la France et l’Europe sont déficitaires pour près des deux tiers ?

Le président Macron nous a d’ailleurs promis, au lendemain du dernier G7, un plan visant à rétablir notre souveraineté protéinique, afin de ne plus dépendre des importations considérables de graines et de tourteaux de soja transgéniques en provenance des Amériques. Plutôt que de réautoriser les néonicotinoïdes pour un système de culture betteravier désuet et dommageable, le gouvernement ne devrait-il pas le mettre en œuvre au plus tôt ? Une façon de concilier les impératifs économiques, sociaux et environnementaux !

Marc Dufumier est l’auteur de « L’Agroécologie peut nous sauver » (entretiens avec le journaliste Olivier Le Naire, Actes Sud, 2019).

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Apartheid pulmonaire ?

Publié le 20 Août 2020 par Thierry BILLET

Lorsque je travaillais sur le projet de "zone de faible émission" du GRAND ANNECY, la question sociale de l'impact des mesures de restriction de la circulation nous préoccupait bigrement. Cet article de MEDIAPART sur l'instauration de zones protégées de la circulation automobile illustre le risque de discrimination entre les habitants à partir de l'exemple londonien. La recherche de l'amélioration de la qualité de l'air doit permettre à tout le monde de vivre mieux.

A Londres, les restrictions de circulation suscitent des accusations d’«apartheid pulmonaire»

Les municipalités du Grand Londres mettent en œuvre des mesures encourageant la marche et le vélo. La création de zones « à faible circulation automobile » fait polémique parmi les militants antipollution, sur fond d’épidémie de Covid-19 et de lutte antiraciste.L

  • Londres (Royaume-Uni).– Au sud de Brixton, un havre de paix a été créé début juillet à l’initiative de la municipalité de Lambeth, l’un des 33 boroughs du Grand Londres. En ce début du mois d’août, la température frôle les 30 degrés, mais le calme qui règne sur la chaussée, à l’ombre des petites maisons de ville, adoucit l’atmosphère. Les voitures semblent plus rares que les cyclistes et les piétons grâce à l’entrée en vigueur de restrictions limitant la circulation automobile. 

À plusieurs carrefours, de grands bacs de fleurs ont été installés pour délimiter les confins de ce Low Traffic Neighbourhood (LTN) et filtrer la circulation. Le quartier reste accessible à tous les véhicules, mais il ne peut pas être traversé de bout en bout comme auparavant. Des radars ont été installés par la mairie. 

Le LTN de Railton Road englobe une vingtaine de rues situées dans ce quartier historiquement noir et pauvre qui s’est embourgeoisé.  

Sarah Berry, 28 ans, nous fait visiter le voisinage en poussant son vélo. « Je l’ai acheté dès que la mairie a annoncé la création du Low Traffic Neighbourhood, nous explique-t-elle. Maintenant, je me sens beaucoup plus en sécurité sur un deux-roues dans mon quartier et je suis même allée jusqu’à Hyde Park ! »

Sarah est une défenseuse des Low Traffic Neighbourhoods (LTN). Pas seulement parce que sa rue n’est plus embouteillée, assure-t-elle. Cette bénévole de l’ONG Living Streets, qui milite pour que la marche redevienne le mode de transport dominant au Royaume-Uni, considère que la mise en œuvre des LTN, parce qu’ils allongent les trajets en voiture et donc les découragent, constitue « une véritable mesure de réduction de la circulation automobile ». 

C’est le cœur du débat qui agite les militants antipollution de la capitale. À l’heure où les Londoniens ont toujours pour consigne d’éviter les transports en commun pour cause de Covid-19, les Low Traffic Neighbourhoods qui fleurissent vont-ils entraîner une baisse ou un déplacement de la circulation ? 

David Smith, un militant antipollution noir du sud de Londres, juge absurde la création de ces quartiers protégés introduits au titre des « mesures d’urgence pour lutter contre le coronavirus ». 

« Ces restrictions de circulation n’aident en rien les Londoniens qui souffrent le plus de la pollution, déclare ce père de famille de 49 ans, joint par téléphone. Les personnes noires, asiatiques et issues des minorités ethniques sont davantage malades du cancer, souffrent plus de maladies respiratoires et du Covid-19. Ces Low Traffic Neighbourhoods, c’est un coup dur supplémentaire ! », s’indigne-t-il. 

La terminologie utilisée par les défenseurs des LTN l’exaspère tout particulièrement. « Ils font la distinction entre “les quartiers résidentiels” d’un côté et “les grandes artères” de l’autre, mais celles-ci sont densément peuplées ! », fait remarquer David Smith, connu sous le nom de Little Ninja sur Twitter. 

Rosamund Kissi-Debrah, l’une des activistes antipollution les plus célèbres de Londres, est du même avis. Elle a dénoncé l’« apartheid pulmonaire » créé par les quartiers à faible circulation automobile. 

Cette habitante de Hither Green West, dans le borough de Lewisham, en bordure du périphérique sud de Londres, a perdu sa fille de 9 ans, Ella, en 2013, à la suite d’une énième crise d’asthme. Depuis, elle se bat pour que la pollution de l’air soit officiellement reconnue comme cause du décès d’Ella. 

Ces temps-ci, cette militante consacre également une partie de son temps à dénoncer les effets pervers des LTN, à commencer par celui créé dans le quartier voisin du sien. 

Il suffit de se tenir cinq minutes en bordure de Hither Green Lane en milieu d’après-midi pour saisir le désarroi des riverains. En pleines vacances scolaires et alors que la plupart des Londoniens télétravaillent toujours, la deux-voies qui mène au périphérique sud de la capitale est saturée de voitures et de poids lourds. Le bruit et la pollution sont insupportables. 

« Je suis venu m’installer ici il y a sept ans, car le coin était tranquille. Aujourd’hui, je ne peux plus ouvrir les fenêtres de ma maison qui donnent sur la rue, nous confie un habitant du quartier, sous couvert d’anonymat. Toute cette circulation crée beaucoup d’anxiété et de stress, ajoute-t-il. Les gens sont sur les nerfs ! »

La municipalité de Lewisham prie les habitants de Hither Green West de faire preuve de patience, le temps que les habitudes des automobilistes évoluent. « Nous anticipons une réduction de la circulation qui devrait conduire à une amélioration de la qualité de l’air pour tous », a fait savoir, fin juillet, l’adjointe chargée de l’environnement.  

Cette intervention n’a pas apaisé la controverse à Hither Green West et, sur les réseaux sociaux, les échanges entre certains militants antipollution de la capitale ont viré à l’aigre. 

Les défenseurs des quartiers à faible circulation automobile semblent avoir du mal à comprendre l’anxiété qui étreint les militants noirs et les habitants des boulevards. 

Plusieurs études scientifiques ont pourtant fait le lien entre pollution et taux de mortalité élevé du Covid-19 parmi les Britanniques noirs, asiatiques et issus des minorités ethniques. De surcroît, ces derniers sont beaucoup plus susceptibles de mourir du coronavirus que les Blancs. Ils possèdent aussi moins de voitures que les Londoniens blancs. 

Le peu d’attention apportée aux craintes exprimées notamment par David Smith et Rosamund Kissi-Debrah creuse un fossé entre les deux camps et alimente les préjugés. Les activistes antipollution et anti-LTN assurent qu’une guerre de classes est à l’œuvre. 

Selon eux, les restrictions de circulation serviraient avant tout les intérêts des propriétaires de biens immobiliers des LTN susceptibles de capitaliser sur « l’atmosphère de village » des LTN. Pourtant, les statistiques montrent que le profil socio-économique des habitants des quartiers à faible circulation automobile n’est pas uniforme et varie d’un quartier à l’autre. 

L’expérience est censée durer dix-huit mois. Au terme de cette période d’essai, les restrictions de circulation pourraient être pérennisées, tout comme d’autres mesures similaires dont la mise en œuvre a été hâtée par la crise liée au Covid-19, sous l’impulsion du gouvernement de Boris Johnson, qui a débloqué des subventions. 

« Si les Low Traffic Neighbourhoods ne débouchent pas sur une baisse généralisée de la circulation automobile, assure Sarah Berry, la militante antipollution de Brixton, je ne défendrai pas leur maintien. » Rosamund Kissi-Debrah, elle, n’est pas prête à attendre plus longtemps. Elle réclame une réunion au plus vite avec les élus de sa municipalité. 

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"il faut tout changer pour que rien ne change"

Publié le 19 Août 2020 par Thierry BILLET

Le prince SALINA prononce cette phrase dans le livre de LAMPEDUSA "Le Guépard" : elle est devenue le symbole du cynisme de ceux qui promettent le changement pour n'en offrir au final que l'illusion évanescente. Interrogée par Marie-Luce PERDRIX - maire de GRUFFY - qui l'interrogeait sur son projet de politique générale pour le GRAND ANNECY, Mme LARDET a répondu qu'il était ... d'appliquer le projet de territoire issu du processus participatif "IMAGINE LE GRAND ANNECY" ... sans rappeler qu'il avait été élaboré par son prédécesseur.

La phrase de LAMPEDUSA prend ici tout son sens. Les électeurs écologistes et socialistes qui ont voté pour François ASTORG en sont pour leurs frais : ils ont permis l'élection d'une présidente d'agglomération plus à droite que JLR pour appliquer le projet de territoire qu'il a mis en musique. Tout changer pour que rien ne change...

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André GORZ

Publié le 17 Août 2020 par Thierry BILLET

Les éditions "La Découverte" publient une biographie de André GORZ sous la signature de Willy GIANINAZZI que j'ai lue en m'apercevant que je m'étais formé sur le plan économique en lisant tous les ouvrages de GORZ. Replacés dans leur contexte historique par l'exigeant travail de GIANINAZZI qui détaille les débats intellectuels de GORZ avec SARTRE, HABERMAS, NAVILLE, la CFDT, les décroissants, etc. à la fois sur le plan philosophique et politique. 

La question de l'aliénation est au coeur de la démarche intellectuelle de GORZ :"comment ne pas perdre sa vie à la gagner ?", comment échapper à la course au toujours plus qui éloigne du bonheur de vivre simplement ? On retrouve dans la biographie tous les débats sur les "dégâts du progrès" et les perspectives d'une émancipation collective et individuelle. Ecologiste avant l'heure, GORZ pensait la société qui n'utiliserait pas les avantages d'une productivité toujours croissante pour exclure, mais pour travailler moins et vivre mieux. Ce paradigme social humaniste demeure de la plus grande actualité.

Et puis, parce que parler du bonheur sans parler d'amour, le livre s'achève bien sûr sur "Lettre à D", Doreen l'épouse d'André, dans un texte testament préalable au suicide conjoint des deux amoureux à plus de 80 ans. Lisez "Lettre à D" juste pour vous dire que vous aimeriez pouvoir écrire une telle lettre d'amour à votre compagne ou à votre compagnon. Juste pour l'émotion et les larmes que vous ne pourrez pas retenir. 

Philosophe, militant et amoureux, la belle vie que voilà !

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Dupond-Moretti en caricature de sa propre exagération réactionnaire

Publié le 17 Août 2020 par Thierry BILLET

Chasseur « passionné », l’actuel ministre de la justice a rédigé ce texte - la préface d’un livre sur la chasse - avant son entrée au gouvernement. Il s’est défendu dimanche d’avoir « incriminé les écologistes » dans leur ensemble.

in LE MONDE du 16 août 2020

Le ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, revendique être un chasseur « passionné » et s’en prend aux « ayatollahs de l’écologie » dans la préface d’un livre du président de la Fédération nationale des chasseurs à paraître mardi.

« Ce livre, les ayatollahs de l’écologie s’en serviront pour allumer le barbecue où ils cuiront leurs steaks de soja », écrit l’ex-avocat dans la préface d’Un chasseur en campagne, de Willy Schraen. Eric Dupond-Moretti a rédigé ce texte, révélé dimanche 16 août par le JDD, avant son entrée au gouvernement.

Il y qualifie les défenseurs de la cause animale d’« illuminés » et d’« intégristes », selon les extraits cités par le journal. « Ils veulent que nous ayons honte d’être chasseur, (…) nous culpabiliser d’être ce que nous sommes, car nous sommes aussi notre passion. Et depuis trop longtemps nous refusons de nous défendre, convaincus sans doute que l’intolérance et l’absurde ne méritent pas de réponse », écrit-il.

« Je n’ai jamais incriminé les écologistes »

L’ex-ténor des barreaux explique qu’il n’a « pas honte » quand il « tue un perdreau » et quand il se « délecte de la chair de l’oiseau ». Il salue le livre, un « petit bijou », fait « pour que les chasseurs relèvent la tête ». Dans cet ouvrage, Willy Schraen se pose en défenseur de la ruralité et condamne les « terroristes de la cause animale » et autres « nouveaux combattants verts ».

Le garde des Sceaux a réagi dimanche sur Twitter aux nombreux commentaires suscités par sa préface.

« On peut être contre l’interdiction d’une certaine chasse et défenseur du climat et de la nature, comme je le suis et l’ai toujours été », écrit-il. « Je n’ai jamais incriminé les écologistes mais des ayatollahs de l’écologie. Les premiers sont pour moi bien différents des seconds », s’est-il expliqué.

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Tuer 3 millions de milliards d’abeilles

Publié le 16 Août 2020 par Thierry BILLET

Je suis né dans un département sucrier. L'automne, les routes y sont grasses de la terre qui tombent des tracteurs et des camions qui emmènent le légume aux sucreries. J'ai gardé la mémoire de l'odeur de la cuisson de la pulpe des betteraves à la sucrerie d'ABBEVILLE qui empestait la ville lorsque j'étais lycéen ou quand je contrôlais l'usine en tant qu'inspecteur du travail. A l'époque on ne parlait pas des néonicotinoïdes, ni des abeilles. Depuis quelques jours, les écologistes ne parlent que de cela. De l'impossibilité alléguée de se passer d'un pesticide contre un parasite et de l'accord du gouvernement pour une dérogation.

Mme POMPILI, ministre de l'environnement et députée d'AMIENS parachutée en 2017, connait la taille des tracteurs des betteraviers établis sur des centaines d'hectares et a préféré sans doute ne pas faire de zèle sur le sujet, vue l'épaisseur de la vitre de sa permanence parlementaire.

Le gouvernement a donc dit OUI en prétendant que le risque pour les abeilles était faible avec l'utilisation de graines enrobées et donc sans pulvérisation pendant la période de floraison et qu'il n'y avait pas de substitution biologique possible. Le problème est que c'est un mensonge.

Dans LE MONDE du 12 août 2020, Stéphane FOUCART cite des études précises : "Une part très importante de l’insecticide appliqué sur les semences, de 80 % à plus de 98 % (selon des données publiées en 2003 dans le Bulletin of Insectology), demeure en effet dans les sols. Des cultures mellifères ou attractives pour les abeilles, non traitées mais semées l’année suivante, peuvent ainsi être contaminées et présenter un risque élevé pour les pollinisateurs"

"D’autres travaux, conduits en Suisse et publiés en mars 2019 dans le Journal of Applied Ecology sont allés plus loin. Des chercheurs de l’université de Neuchâtel (Suisse) ont analysé plus de 700 échantillons de plantes et de sols, prélevés sur l’ensemble des régions agricoles helvétiques. Au total, les prélèvements ont été menés sur 169 parcelles issues de 62 exploitations agricoles conduites en agriculture conventionnelle ou biologique. Résultat : tous les échantillons prélevés sur des parcelles conventionnelles contenaient des résidus de néonics, tandis que 93 % des parcelles menées en « bio » – bien que toutes converties depuis plus de dix ans – étaient contaminées, à des concentrations cependant beaucoup plus faibles. Mais même à ces niveaux très bas, les chercheurs suisses identifiaient des risques pour une variété d’insectes non ciblés.

L’une des caractéristiques des néonicotinoïdes est en effet d’être toxiques à des doses d’exposition infimes. Par exemple, l’application de 60 grammes d’imidaclopride (le principal néonic) par hectare, sur les 423 000 hectares de betterave à sucre exploités en France, équivaut à environ 25 tonnes de produit, soit suffisamment pour tuer 3 millions de milliards d’abeilles (4 nanogrammes d’imidaclopride par abeille suffisent à tuer 50 % d’une population exposée, selon la synthèse de référence publiée en 2014 dans Environmental Science and Pollution Research). En comptant un centimètre par hyménoptère, cela représenterait une chaîne d’abeilles mortes d’environ 30 milliards de kilomètres, soit quelque 40 000 allers-retours de la Terre à la Lune."

Il est donc faux d'affirmer comme le fait le gouvernement que les abeilles ne risquent rien.

Quant à l'inexistence d'alternatives, les quelques agriculteurs produisant des betteraves à sucre "bio" ne souffrent pas de la maladie en question. Ils sont marginaux : les gros betteraviers préfèrent hurler auprès de leurs parlementaires et présidents de Région qu'ils soutiennent politiquement et dont ils savent qu'ils n'ont rien à leur refuser, plutôt que de remettre en cause leurs pratiques culturales en adoptant un modèle plus intensif en travail et moins en intrants chimiques.

Je n'ai d'ailleurs trouvé nulle part la moindre enquête sur les efforts réels des agriculteurs pour remplacer l'imidaclopride. Une fois de plus, on a cru les betteraviers sur parole. Et les abeilles mourront en attendant d'autres dérogations à la loi POMPILI sur la biodiversité.

 
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comment rester écolo dans devenir dépressif ?

Publié le 15 Août 2020 par Thierry BILLET

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Parc des sports, mise au point de Jean-Luc RIGAUT

Publié le 14 Août 2020 par Thierry BILLET

Objet: Parc des sports d’Annecy
Monsieur le Maire,
 
En lisant la presse du 12/08, je lis vos propos accusatoires  concernant l’état du parc des sports d’Annecy.
 
En effet vous dites : «Le parc des sports a été construit en 1963. Depuis rien a été fait en termes de travaux. Ce que nous vivons aujourd’hui est le résultat d’une mauvaise gestion des infrastructures depuis des dizaines d’années. »
 
Je tiens donc, par ce courrier ouvert, à faire le point sur la situation et l’état du parc des sports afin que chacun soit bien informé de la situation, et éviter qu’une décision de fermeture trop hâtive par manque de connaissance vienne priver les Annéciens et les associations sportives utilisatrices du stade et de ses installations.
 
Le parc des sports est un équipement vieillissant, identifié comme patrimoine architectural du XXe siècle par son type de construction en béton armé et béton précontraint, et qui mérite d’être progressivement modernisé et adapté aux besoins des associations sportives.
 
En 1996, suite au séisme qui a touché Annecy, une inspection complète de l’ouvrage a eu lieu, et il a été déclaré en bon état d’usage.
 
En 2001, l’étanchéité des deux auvents a été réalisé, afin de stopper la calcification progressive du béton.
Une vérification récente, en juillet dernier, a montré qu’elle est toujours en bon état.
 
En 2010, des travaux de rénovation des vestiaires et de différents locaux ont eu lieu pour accueillir l’ETG et permettre l’homologation du stade pour des matchs de foot de L2. Des reprises de béton ont été réalisées sur les bandes de rive des auvents. Le cabinet SOCOTEC a attesté du bon état de l’ouvrage.
 
En 2011, divers travaux complémentaires pour l’homologation du stade en L1 ont été réalisés pour améliorer le fonctionnement des installations.
 
En 2015, un projet global de réhabilitation et modernisation du parc des sports a été réalisé par la ville, en partenariat étroit avec les associations sportives utilisatrices, avec un objectif de mise en œuvre progressive sur plusieurs années.
Ce projet a été arrêté avec la création de la commune nouvelle, nécessitant des investissements plus urgents sur des équipements des différentes communes déléguées. Il est toujours d’actualité.
 
En juillet 2019, le cabinet SOCOTEC, mandaté par la ville, a établi le rapport de vétusté du parc des sports, obligatoire pour tous les équipements publics importants de plus de 10 ans.
Elle a alors classé le stade en catégorie C: établissement en état d’usage; et a recommandé des points de suivi complémentaires pour surveiller les traces de dégradations.
 
Au printemps 2020, la ville a saisi la commission d’homologation et de sécurité pour que le stade soit apte à accueillir le football club d’Annecy évoluant maintenant au niveau National.
 
Le 24 juin 2020 cette commission d’homologation s’est réunie et a donné un avis défavorable, demandant des diagnostics et études complémentaires.
La ville s’est immédiatement engagée à faire faire cela par le bureau d’études EGIS, spécialisé en structures bétons, et a demandé à ce que la commission puisse se réunir de nouveau avant la fin août.
 
Le 15 juillet 2020, le bureau d’études EGIS/Plantier a rendu son diagnostic dont les conclusions figurent en page 26 :
 
« le rapport « état de conservation » de Socotec préconise un suivi et un diagnostic de certains éléments. Ce présent rapport répond à cette préconisation en proposant un suivi par instrumentation automatique et un programme de diagnostic du béton.
Aucun élément n’a été coté D , c’est-à-dire dégradations apparentés nécessitant l’engagement de travaux de confortement.
Il est donc proposé de déclencher le programme de suivi et de diagnostic, avant de déterminer un programme de travaux de réparation ponctuel.
....A l’issue de la réalisation de ce programme, une réunion de restitution est proposée, envisagée à l’automne 2020 avec les parties prenantes. ».
 
Le 20 juillet 2020, le cabinet EGIS écrit un complément à son rapport du 15 juillet et précise :
« à ce jour les désordres ayant pu être observés lors de la visite, sur le matériau béton, sont superficiels et n’impliqueraient à court terme qu’un risque de chute de petits éléments de béton ( d’ordre centimétrique).
La partie de l’ouvrage en béton précontraint… devra être diagnostiquée comme indiqué dans le rapport…en vue d’une première vérification de leur bon comportement puis d’un éventuel recalcul si des anomalies apparaissaient (fissuration verticale notamment). ».
 
Enfin le 30 juillet 2020, le cabinet SOCOTEC donne son avis technique de l’examen du rapport EGIS du 15 juillet et conclu en page 3 de son rapport :
« les observations du rapport EGIS sont similaires aux observations du rapport de vétusté SOCOTEC du 26 juillet 2019.
....Le rapport EGIS du 15 juillet 2020....proposant une instrumentation des fissures et un diagnostic de pathologie de béton permet de confirmer la bonne prise en compte des avis concernant les éléments structurels faisant l’objet d’une cotation de vétusté C dans notre rapport du 26 juillet 2019. ».
 
Vous comprendrez donc qu’à la lecture de tous ces éléments, je vous demande de reconsidérer votre position de fermeture, prise probablement à la hâte par principe d’ultra précaution et manque de connaissance de la situation.
 
Je ne peux en effet accepter, en tant qu’ancien maire, encore responsable au nom des élus qui m’ont accompagné et du personnel municipal qui a fait son travail, de voir priver les Annéciens et les associations sportives de cet équipement indispensable à la vie de la ville, alors que la stabilité de la structure est bien garantie.
 
Je vous demande donc de bien vouloir solliciter Monsieur le préfet pour provoquer une réunion de la commission d’homologation de sécurité pour la semaine prochaine, afin d’obtenir son avis à la lecture de l’ensemble des rapports et diagnostics complémentaires effectués, (maintenant la cotation C de l’équipement), et permettant donc la reprise des activités sportives, et notamment un début serein du championnat de national pour le football club d’Annecy.
 
Toutefois, et par mesure de sécurité dans l’attente du résultat des mesures d’instrumentation des fissures des auvents, je vous suggère de maintenir interdit au public l’accès des tribunes couvertes, celui-ci pouvant très bien s’installer dans les virages, sur les sièges découverts.
 
Me tenant à votre disposition et en vous remerciant, veuillez recevoir Monsieur le maire l’expression de mes salutations.
 
Jean Luc RIGAUT
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L2132-5 du code général des collectivités

Publié le 13 Août 2020 par Thierry BILLET

Je viens d'adresser au Maire d'ANNECY un courrier sur le fondement de l'article L2132-5 du CGCT qui dispose : « Tout contribuable inscrit au rôle de la commune a le droit d'exercer, tant en demande qu'en défense, à ses frais et risques, avec l'autorisation du tribunal administratif, les actions qu'il croit appartenir à la commune, et que celle-ci, préalablement appelée à en délibérer, a refusé ou négligé d'exercer. »

En effet, le maire a été " informé par la protestation électorale de Monsieur Jean-Luc RIGAUT de l’utilisation par Monsieur * de la photocopieuse que la Ville d’ANNECY met à disposition de la MJC de MEYTHET et dont elle paie l’ensemble des frais de fonctionnement." pour imprimer un tract électoral appelant à voter pour RÉVEILLONS ANNECY sous l'intitulé "guide de survie à la réélection de Jean-Luc RIGAUT" à plusieurs milliers d'exemplaires.

Sur cette base juridique, j'ai demandé au Maire de bien vouloir "formaliser auprès de Monsieur * une demande de remboursement du coût de l’usage de la photocopieuse de la Ville qui a donné lieu à une convocation de ce dernier par la MJC et au dépôt d’une main courante."

Un rejet tacite ou explicite me conduirait à saisir le Tribunal administratif de GRENOBLE d’une contestation de cette décision ; ce qui conduirait à devoir réunir spécialement sur ce sujet le conseil municipal d’ANNECY en application de l’article L 2132-6 du code général des collectivités territoriales.

 

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Un pilote pour l'aéroport

Publié le 8 Août 2020 par Thierry BILLET

La question du transport aérien a mobilisé les écologistes quant à son impact carbone. On s'attendait donc à ce que RÉVEILLONS ANNECY prenne à bras le corps la question de l'aéroport de MEYTHET. Et bien ils l'ont fait en mandatant ... un pilote propriétaire d'un avion de tourisme au comité de suivi des nuisances de l'aéroport qui rassemble les associations et riverains en la personne de Monsieur TOE !

Comme pour l'interdiction de la chasse sur le SEMNOZ où ils ont mandaté la fille du Président des chasseurs; ils ont désigné un pilote et fervent défenseur de l'usage de l'aéroport pour limiter les nuisances de l'aviation...

Soit, c'est l'art du contrepied; soit c'est l'incohérence politique complète.

Le plus pertinent est sans doute à chercher dans la sociologie trentenaire et urbaine de centre-ville de la liste RÉVEILLONS ANNECY qui se laisse rouler dans la farine par méconnaissance du territoire et de ses enjeux par ANNECY RESPIRE.

Sombres perspectives pour l'écologie.

 

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