Silence, à ANNECY on "transitionne"...
Dans tous mes emplois, j'ai connu des personnes qui avaient compris que si elles ne répondaient pas aux sollicitations de leurs clients/assujettis/électeurs... ceux-ci se lasseraient avec le temps. Il y aurait bien entendu quelques acharnés qui ne le comprendraient qu'après moult relances. Certains même râleraient publiquement. Mais au final, ils finiraient par comprendre l'inutilité de leur obstination.
LARDET/ASTORG pratiquent cela à merveille. Leur mésalliance formidable a convaincu chacun que si un citoyen demande quelque chose, il est urgent de ne pas répondre.
J'ai attendu des semaines pour tenter d'obtenir qu'une moto volée soit retirée du trottoir devant chez moi. Elle l'a été, mais j'ignore si elle a été volée à nouveau ou si la Police municipale s'en est occupée.
Pour la communication descendante, là il n'y a pas de problèmes : répondez à notre questionnaire, engagez vous à soutenir notre politique environnementale et on vous donnera une subvention , répondez à notre appel à projets ! Le tout évidemment sous forme numérique pour que vous ne puissiez pas déborder du cadre choisi par l'équipe municipale et surtout que vous ne posiez pas de question "en dehors du cadre". Surtout pas de contact physique. Surtout pas de rendez-vous bugne à bugne...
Chers annéciens, qu'on vous réponde lorsque vous nous sollicitez, vous n'y pensez pas ! répondent ensemble les mésalliés au moins d'accord sur ce point.
Silence, ils transitionnent; mais eux-seuls savent vers où... En attendant, laissons les s'endormir sur leurs confortables indemnités.
Société fragmentée
Encore et toujours GRAMSCI : "le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres" . Dans la FRANCE de 2023, les monstres s'appellent C NEWS, BOLLORÉ ou le F-HAINE, surgissant de l'incapacité de notre société à effectuer la mue écologique qu'impose le nouveau régime climatique que par paresse et/ou par intérêt la fraction dominante de l'opinion arrive à retarder. Ces monstres, en cristallisant les débats sur les migrants ou sur l'insécurité, détournent l'attention de la crise climatique en cours.
Cet hiver, pas un seul oiseau sur mon balcon, malgré la graisse mise à leur disposition. Un hiver silencieux mais à la qualité de l'air dégradée par la chaleur trop intense. Voilà qui devrait nous occuper l'esprit et accélérer la nécessaire révolution environnementale.
Bien sûr, la guerre en UKRAINE a accéléré les choses en matière d'ambition pour les énergies renouvelables. Mais faut-il donc passer par de telles extrémités pour que le monde bouge ? Par la COVID-19 pour faire cesser le tabou du télétravail ?
Ce qui nous éloigne de l'action est du temps perdu pour nos enfants. Certains le ressentent violemment qui accusent les séniors d'être responsables de leur avenir incertain, ou qui se collent aux peintures célèbres, ou qui se détournent des entreprises cyniques ou polluantes. Une fracture générationnelle est peut-être à l'oeuvre nous dit LE MONDE. Mais cette fracture traverse toutes les générations y compris les jeunes dont une frange notable est attirée par le fasciste ZEMMOUR : chassez les immigrés, le climat sera meilleur...
C'est cette fragmentation sociale que combat aujourd'hui comme hier la société civile dans toutes ses composantes associatives ou syndicales. Et ce qui frappe ces jours-ci qu'elles viennent de la CGT ou de la CFDT, c'est la colère à l'égard du personnel politique sur la nullité des débats sur les retraites que nous venons de connaître : MACRON/MÉLENCHON, même combat, même mépris de la société civile. Les deux sont persuadés d'avoir raison et s'assoient sur les débats démocratiques créés par le mouvement social. Le premier comme le second sont des bonapartistes qui estiment que leur légitimité présidentialiste suffirait à leur donner un droit de décider de ce que doit être la Loi et ce que doivent être les débats parlementaires.
En étouffant les débats dans un calendrier restrictif sous couvert de loi de financement de la sécurité sociale, puis en étouffant ce temps restreint sous des amendements de circonstance et des prises de parole inconsidérées, MACRON/MÉLENCHON auront réussi à déconsidérer le système parlementaire, sans convaincre qui que ce soit. MACRON n'a pas convaincu les Français qui restent solidement opposés à cette réforme et MÉLENCHON s'est coupé du mouvement syndical massif et unitaire qui est seul à même de faire reculer le gouvernement. Bref, deux "monstres" pour une société fragmentée.
Le renouveau démocratique proposé par Dominique ROUSSEAU, constitutionnaliste, dans un entretien à ALTERNATIVES ÉCONOMIQUES, mérite d'être débattu : transformer les circonscriptions électorales en assemblées dont tous les électeurs seraient membres de droit et devant lesquelles les députés auraient l'obligation de soumettre tous les projets de loi avant qu'ils soient débattus à l'assemblée nationale.
Passer d'une démocratie de délégation à une démocratie délibérative pour associer les citoyens à la définition de leur avenir, un moyen sans doute incontournable pour restaurer la confiance dans la politique, dans les élus et dans la démocratie tout simplement.
Charte municipale anti corruption
J'ai relancé ces jours-ci François ASTORG et Benjamin MARIAS à propos de l'application de la charte municipale de l'association anti-corruption ANTICOR qu'ils ont signée en 2020 avec copie au référent ANTICOR de la HAUTE-SAVOIE. J'attends encore la réponse et je reproduis donc mon courrier de mars 2021 pour lequel je devais recevoir selon la cheffe de cabinet une réponse rapide qui est restée au fond du tiroir des promesses non tenues... Si vous arrivez à trouver les informations manquantes sur le site de la Ville , par exemple sur les emplois du cabinet du maire, je suis preneur...
JLR avait signé la charte municipale de l'association anti-corruption ANTICOR, de même que François ASTORG. J'ai consulté le site internet de la Ville pour vérifier que les engagements pris étaient bien mis en oeuvre. Ne trouvant pas les informations de transparence de la vie publique qu'il s'était engagé à mettre en ligne, je viens donc de demander au Maire :
"Monsieur le Maire,
Je suis intéressé par le suivi de votre signature de la charte municipale ANTICOR et notamment sur la Transparence de l’action publique :
• Rendre publique l’assiduité des conseillers municipaux aux séances plénières.
• Appliquer l’open data par défaut
• Suivre sans délai les avis de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA).
• Mettre en ligne le montant des indemnités perçues par chaque conseiller municipal = FAIT
• Mettre en ligne la liste des bénéficiaires de logement ou de voiture de fonctions.
• Mettre en ligne le nombre et la rémunération des collaborateurs de cabinet.
• Mettre en ligne les frais d’avocats engagés par la commune et les jugements rendus.
• Nommer un référent alerte éthique = je n'ai pas trouvé ses coordonnées sur le site
• Mettre en place des mécanismes de détection des conflits d’intérêts afin d’indiquer, avant chaque séance plénière, les élus qui doivent se déporter.
• Désigner un référent déontologue = la délibération du 5 février 2018 n°2018-42 est échue au 31/12/2020 et je n'ai pas trouvé de délibération prolongeant cette missions.
• Développer des formations déontologiques adaptées aux risques propres de chaque service municipal.
Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir me faire indiquer les liens sur le site internet de la Ville qui permettent d'accéder à ces informations."
Mme la cheffe de cabinet du Maire vient de me répondre que je serai tenu au courant. Autrement dit, ces informations anti-corruption ne sont toujours pas accessibles. J'attends notamment avec intérêt le coût du cabinet du Maire au regard de celui de JLR; d'autant que JLR n'avait pas de cabinet au GRAND ANNECY, alors que Mme LARDET a embauché deux personnes à plein temps.. Quant à la "détection des conflits d'intérêts", elle n'est toujours pas à l'ordre du jour avec le vote LAFARIE/OSTERNAUD en faveur de leur propre protection fonctionnelle au dernier conseil municipal.
Lancement réussi "pour annecy 2026"
Hier soir 16 février avait lieu la première réunion de préparation de la future liste municipale autour de Jean-Luc RIGAUT. Je craignais le pire en matière d'affluence en pleines vacances scolaires et sans publicité importante. Mais le résultat a dépassé toutes les attentes. La salle débordait et nombreux sont restés au dehors. Bon début donc avec cette participation importante motivée unanimement par le désarroi et pour certains par la colère de voir la Ville tombée en déshérence en si peu de temps du fait de l'accord électoral LARDET/ASTORG suivi de leur divorce public. "Comment la Ville et l'agglomération peuvent-elles tourner trois ans dans ces conditions ?" telle est la souffrance exprimée par les amoureux de la Ville présents hier soir.
Il faut écouter les déclarations publiques d'agents municipaux aujourd'hui en retraite et donc délivrés de leur devoir de réserve qui racontent la dégradation du service public que leur confient leurs collègues encore en poste, leurs regrets quand leurs collègues des autres villes les enviaient de travailler pour la Ville d'ANNECY et qu'aujourd'hui l'image de la ville est totalement démonétisée et ne fait plus rêver d'éventuelles nouvelles candidatures.
Mais aussi cette dirigeante sportive qui attend un document officiel de la Ville depuis deux ans et n'a aucune réponse à ses relances. Et tout est à l'avenant puisque personne ne reçoit de réponse lorsqu'il sollicite la Ville. Le découragement et le mal être sévissent partout; c'est ce que me confirmaient les syndicalistes municipaux rencontrés lors des manifestations sur les retraites quelle que soit leur organisation. Un sentiment d'une ville à vau l'eau sans pilote et sans réponse aux questions posées.
Personnellement je suis intervenu sur les deux aspects qui me touchent le plus : l'écologie où le bilan municipal est en-deçà de ce que nous aurions fait avec deux exemples : le déploiement solaire et l'auto-partage; mais aussi les conflits d'intérêts à répétition dont le dernier en date est sans doute celui du nouveau président de la SIBRA par ailleurs entrepreneur de transports... J'y reviendrai à propos de la charte municipale ANTICOR.
Retraite et désengagement au travail
En voulant repousser l'âge légal de départ à la retraite comme le marqueur de son dernier quinquennat, MACRON accélère une révision du rapport au travail des jeunes générations. Reporter l'âge légal c'est renforcer l'idée qu'il n'y aura tout simplement pas de retraite pour les trentenaires d'aujourd'hui et a fortiori pour les plus jeunes. Dès lors, puisque cet horizon s'éloigne à des dates auxquelles le nouveau régime climatique les frappera de plein fouet, le sens commun impose de prendre dès maintenant tout le temps libre qu'il est possible de prendre. Pourquoi attendre 64 ans et plus pour jouir de moments qu'on peut essayer de créer aujourd'hui.
Report de l'âge légal plus tard = désinvestissement au travail dès aujourd'hui.
Ne plus investir dans un travail pendant 42 ans pour jouir ensuite d'une retraite "bien méritée"; mais se consacrer pleinement à tout ce qui est accessible maintenant. Ce changement de paradigme est déjà à l'oeuvre. Discutez avec les trentenaires de leur investissement professionnel et vous verrez qu'ils ne se fixent aucune perspective au long cours.
Ils savent qu'ils ne finiront pas leur carrière professionnelle dans la même entreprise, qu'ils sont susceptibles d'un licenciement à tout moment (et encore plus puisque les coûts d'un licenciement abusif ont été réduits par le même MACRON et son barème), et ils savent parfaitement jouer de la rupture conventionnelle quand ils en ont envie ou besoin.
Le sens du travail et la qualité des conditions de travail expliquaient autrefois quand ils étaient mauvais, l'appétence des travailleurs pour une réduction de l'âge de la retraite. Et ils serraient les dents jusque là. Avec l'éloignement de cette perspective, jouir maintenant du temps libre est l'alpha et l'omega. Les employeurs se plaignent de ces salariés désinvestis, de ces intérimaires qui viennent un jour mais pas le lendemain, de ces jongleurs de CDD qui refusent le CDI, etc. Mais le salariat s'adapte aux nouvelles règles sociales qu'impose le macronisme.
En facilitant les licenciements et en reculant l'âge légal du départ à la retraite, MACRON favorise le "zapping" salarial au détriment d'une relation de travail stable et durable. Bien entendu, DUSSOPT ne dit rien de cette conséquence dolosive pour le modèle social. Mais les faits sont têtus.
La qualité de vie au travail est en cause qu'on la prenne du côté de la pénibilité de certaines professions, de la charge mentale dans d'autres, ou de l'accélération et de l'intensification liées à la communication numérique. Auparavant, quand on souffrait au travail, on allait voir le syndicat et il y donnait une dimension collective qui vous rassurait et vous donnait le sentiment d'être quelqu'un d'important aux yeux des autres. Aujourd'hui on va chez le psy et quand on a des sous, on fait de la méditation avec un coach. L'individualisation des relations de travail auxquelles MACRON a donné le coup d'accélérateur par son mépris des organisations syndicales (cf. la seule grève depuis longtemps à laquelle la CFDT est partie prenante de manière active) conduit à une démission collective du travail. Je l'abordais ici en octobre 2022. Le grand remplacement est une fadaise, la grande démission, elle, est à l'oeuvre.
Pour ANNECY 2026 rendez-vous le 16 février
Jean-Luc RIGAUT a annoncé à la presse la mise en place d’un collectif appelé « Pour Annecy 2026 » afin de rassembler toutes les bonnes volontés souhaitant remettre la Ville et l'agglomération en route et sortir de la cacophonie et de l'immobilisme actuels dûs à l'alliance LARDET/ASTORG. De ce collectif "Pour ANNECY 2026" émergera une équipe, de cette équipe sortira une liste, et dans cette liste sera choisie une tête de liste, le moment venu…
Une première rencontre est programmée le 16 février à 18h30 à La Mamma à Novel. Elle est ouverte à toutes celles et tous ceux que l'avenir d'ANNECY importe et que la situation actuelle inquiète ou désespère.
Alors que Mme LARDET se désolidarise une nouvelle fois publiquement de François ASTORG à propos de l'installation d'un centre d'hébergement, tout était écrit dès juin 2020 :
"On a bien vu que nos états d'esprit et nos méthodologies de travail étaient très proches et qu'il y avait possibilité de débattre sur des sujets qui pouvaient nous opposer. Et qui nous opposeront, il ne faut pas se mentir", reconnaît Frédérique Lardet.(...) "Je pense qu'on fait un bon alliage", affirme François Astorg, qui réfute la logique du "tout sauf Rigaut". "Moi ce n’est pas ça qui m’intéresse,ce qui me motive c'est le territoire", se défend le candidat avant de conclure : "si on fait alliance c'est pour gagner ce territoire".
Il n'y a rien à retirer à mon article du 1er juin 2020 (ici) qui dénonçait cette alliance de la carpe et du lapin. J'ai gardé le souvenir d'une vidéo où M. TATU minaudaient tout sourire avec Mme LARDET, sur le thème "comme on est différent, mais comme on est ouvert d'esprit et comme on va bien travailler ensemble"... Et maintenant, il accuse Macron de faire le jeu du F-HAINE tout en continuant de siéger dans la même majorité que Mme LARDE. Il faut dire que, lui comme tant d'autres, n'ont selon mes informations que leur indemnité d'élus comme revenu principal. Je le maintiens : le ciment de leur alliance de corneculs , c'est l'argent de leurs indemnités.
Ils ne s'entendent plus et devraient en tirer les conséquences politiques en démissionnant pour entraîner de nouvelles élections. Ils n'en font rien et vont laisser pourrir la situation pendant encore 3 ans pour garder leurs avantages. Pauvre ANNECY dont les habitants subissent chaque jour les conséquences de cette déshérence.
Nimby municipal à ANNECY
Les prix de l'immobilier baissent presque partout du fait de la montée des taux d'emprunt qui rendent le crédit plus cher, de la mise sur le marché des passoires thermiques que leurs propriétaires ne peuvent plus louer, etc. Sauf à ANNECY.
On connaît le phénomène NIMBY "Not in my backyard" : pas près de chez moi. A ANNECY, le Nimby est devenu la politique municipale quant à l'acte de bâtir. Les constructions lancées du temps de JLR arrivent maintenant à leur terme. Environ 1 000 logements étaient mis sur le marché annuellement, ce qui ne suffisait pas à répondre à la demande du fait notamment des divorces qui exigent du fait de la "décohabitation" plus de logements pour la même quantité de familles. Tout cela était parfaitement documenté par la Ville dans le cadre de son suivi statistique et lui avait été permis d'être tous les ans félicitée par la Fondation Abbé Pierre.
Et bien l'écolo-égoïsme pour les riches de LARDET/ASTORG a restreint le rythme de construction à 600 logements en 2021 et 450 en 2022. De quoi satisfaire leur base électorale de nantis heureux d'avoir eu les moyens de s'installer à ANNECY et désireux, uns fois établis, que d'autres ne viennent pas sur leurs plate-bandes. Sous couvert de charte de "bien construire", Mme SEGAUD-LABIDI et consorts, pourtant étiquetés de gauche et donc sociaux, ont tari l'offre de nouveaux logements contribuant mécaniquement à l'inaccessibilité de se loger.
D'un point de vue politique, l'alliance LARDET/ASTORG était possible parce qu'ils s'appuyaient sur les mêmes catégories socio-professionnelles très aisées nouvellement installées sur le bassin annécien et sensibles à un discours théorique sur une ville "apaisée". 3 ans après, à part quelques bandes de peinture verte pour les vélos, la circulation automobile bat de nouveaux records et la municipalité est en panne sèche.
En mémoire des personnes mortes sur le chemin de l'exil
Ce lundi 6 février, c’est la journée de Commémor’action, une journée de mobilisations dédiée chaque année à la mémoire des personnes mortes et disparues aux frontières sur le chemin de l’exil. La CIMADE propose à cette occasion un quiz pour tester vos connaissances en ce domaine.
Pour y accéder : https://form.typeform.com/to/fOnzAb2F
Pour rappel, le mercredi 8 février de 18h30 à 20h30, La Cimade propose en écho à cette journée un ciné-rencontre gratuit et en ligne, avec le documentaire Numéro 387 disparu en Méditerranée de Madeleine Leroyer. Pour s’inscrire, c’est ICI. Et la bande annonce ici
Sous-traitance anglaise à la France du mal traitement des migrants
A l’occasion du 20ème anniversaire de la signature des accords du Touquet relatif à la coopération franco-britannique autour de la gestion externalisée de la frontière de la Manche et de la Mer du Nord, 60 associations publient un manifeste commun pour demander une politique alternative, respectueuses des droits humains, à cette frontière.
Le 4 février 2003, les gouvernements français et britannique gravaient dans le marbre l’externalisation des contrôles frontaliers britanniques sur le sol français. Vingt ans plus tard, les accords du Touquet constituent toujours l’un des actes fondateurs, juridiques et médiatiques de la politique migratoire inhospitalière mise en œuvre sur le littoral de la Manche et de la Mer du Nord .
Depuis la signature de ce traité, près de 300 personnes sont décédées à la frontière. De nombreuses autres ont disparu, et des milliers ont été mutilées et blessées. Mais l’accumulation des traités bilatéraux visant à renforcer la frontière, les milliards d’euros dépensés, les chiens, les caméras thermiques, les capteurs de CO2, les détecteurs de battements de cœur, les drones, les avions et hélicoptères, les caméras de vidéo-surveillance, les policiers et gendarmes toujours plus nombreux, n’y changent rien.
Les personnes exilées sont là et continuent jour après jour, nuit après nuit, à prendre tous les risques pour pénétrer sur le territoire britannique.
De fait, nombre d’entre elles y parviennent après avoir subi des violences insupportables. Trop, beaucoup trop d’entre elles y ont perdu la vie.
Alors que faire? Poursuivre aveuglément dans cette voie, et continuer à tuer, blesser, atteindre les personnes dans leur corps et dans leur esprit sans que cela n’ait aucune prise sur les traversées, ou réfléchir à une politique alternative digne et respectueuse des droits humains ?
Lorsqu’une politique échoue systématiquement, qu’est-ce qui justifie donc de la poursuivre indéfiniment ?
Nos associations agissent auprès des personnes exilées bloquées à la frontière franco-britannique ou auprès de celles qui, après des jours ou des mois à Calais, Grande Synthe ou Ouistreham, ont réussi à passer en Grande Bretagne. Elles constatent quotidiennement l’impasse à laquelle ont mené les accords du Touquet. Il est temps d’y mettre fin.
Pour cela nous proposons la mise en place d’un espace de concertation pour concevoir au plus tôt une politique alternative à même d’accueillir les personnes exilées dans la dignité et le respect de leurs droits fondamentaux.
Cette politique se traduirait d’abord par un gel immédiat des expulsions de campements et de squats.
Elle s’attacherait à définir et financer des solutions d’accueil dignes dans tous les lieux où survivent des personnes exilées, de passage, en prenant en considération les spécificités locales et en s’engageant à soutenir les élus locaux hospitaliers.
Ces solutions d’accueil doivent apporter une réponse aux besoins fondamentaux des personnes exilées et faciliter l’accès aux soins physiques et mentaux. Elles doivent garantir l’accès à une information juste, complète et impartiale et un accompagnement individuel de qualité, pour permettre à chacun et chacune de faire des choix éclairés pour la suite de son parcours de vie.
Plutôt que d’externaliser et de militariser les frontières, la Grande-Bretagne, la France et l’Union européenne doivent coopérer pour mettre en œuvre des politiques migratoires plus humaines et ouvrir des voies d’accès sûres et légales.
Cette politique alternative impose que soit mis en œuvre un moratoire sur le règlement Dublin III qui condamne trop de personnes à l’errance et rend illusoire leur intégration en les empêchant de demander l’asile dans le pays de leur choix.
20 ans après leur signature, nous demandons la dénonciation, par les gouvernements français et britannique, des accords du Touquet et de l’ensemble des accords franco-britanniques sur la gestion de la frontière.
Contre les cours suprêmes
Ce qui se passe en Israël est ce que ZEMOUR proposait en FRANCE : le contrôle des cours suprêmes (en FRANCE le conseil constitutionnel) par le personnel politique. C'est ce que veut faire ORBAN en HONGRIE et ce que tentent partout les politiciens qui ne supportent pas qu'un Juge (fut-il issu de ses propres rangs puisque les juges constitutionnels sont nommés par le pouvoir politique) puisse leur "retoquer" des lois ou des décisions non conformes à la loi suprême : la Constitution. C'est ce que tente NETANYAOU en ISRAËL, furieux que son ministre d'extrême droite ait été démis par la Cour suprême du fait de ses multiples condamnations.
On voit bien au BRÉSIL avec l'attaque des bolsonaristes contre la Cour suprême à quel point il insupporte aux dirigeants "illibéraux" c'est à dire à tendance totalitaire après avoir été élus dans une démocratie (à la différence des coups d'état) d'être contrôlés par un pouvoir indépendant. Partout dans le monde, les apprentis dictateurs tentent de museler les deux autres pouvoirs que sont la presse et le judiciaire.
Car l'enjeu est là: celui d'une autorité qui tient le cap du cadre constitutionnel au travers des aléas des majorités politiques du pays. Un cadre constitutionnel qui fixe les valeurs du pays, ses règles intangibles lui permettant d'assurer la continuité de ses choix éthiques.
En France, depuis une décision du 23 août 1985, le conseil constitutionnel a exprimé cela avec force : "une loi votée n'exprime la volonté (du peuple) que dans le respect de la constitution". Il y a donc un garde-fou (le terme est adapté quand on parle de BOLSONARO ou de TRUMP). C'est ce garde-fou qu'ils veulent supprimer.
Si cette question peut apparaître purement juridique, elle est au contraire hautement politique.
Le vote des parlementaires sur l'entrée du droit à l'IVG dans la Constitution de manière à le "sanctuariser" face à d'éventuelles remises en cause par telle ou telle majorité réactionnaire permet déjà de positionner les parties. En HAUTE SAVOIE, Cyril PELLEVAT l'a voté au Sénat; alors que Mme NOEL dans la droite ligne de ses postures anti-vaccins ne l'a pas fait, et plus étonnant le centriste Loïc HERVE non plus. Alors que le texte a été amendé pour seulement rappeler la liberté de la femme de bénéficier d'un avortement, et non pour sanctuariser l'IVG, ces deux-là ne l'ont pas voté. Ce qui signifie qu'ils sont prêts à le remettre en cause si l'occasion se présentait.
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