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thierry billet

Écologiste annécien

CONVENTION CLIMAT, le détricotage

Publié le 24 Novembre 2020 par Thierry BILLET

J'ai écrit ici tous les espoirs que portait l'initiative de la convention climat voulue par Emmanuel MACRON qui avait écarté seulement 3 des 149 propositions des citoyens. Jour après jour, annonce après annonce, vote après vote, le gouvernement détricote les 146 restantes pour les vider le plus souvent de leur sens ou les enterrer. Dernier exemple en date, la taxation des véhicules thermique les plus lourds supérieurs à 1,8 tonnes, soit de l'ordre de seulement 2% des véhicules vendus; alors que la convention avait calculé à partir d'études techniques précises que la mesure était efficace pour les véhicules de plus de 1,4 tonnes, ces gros SUV inutiles et climaticides. 400 kilos qui font toute la différence ! Il faut lire à ce sujet l'excellente série d'articles du journal "LES JOURS" et je vous invite à signer la pétition de Cyril DION pour soutenir la Convention. Merci !

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Une conception républicaine du maintien de l’ordre ?

Publié le 21 Novembre 2020 par Thierry BILLET

Editorial du « Monde. » Des mauvaises lois, l’on peut redouter les dangers dans le futur, proche ou lointain, qui suivra leur promulgation. Leurs funestes effets ne se manifestent que très rarement avant même leur adoption par le Parlement. C’est pourtant le cas de la proposition de loi pour une « sécurité globale » déposée par deux députés La République en marche (LRM), avec le soutien du gouvernement. L’examen de ce texte vient à peine de commencer à l’Assemblée nationale que, déjà, les dérives qu’il permet, les arrière-pensées qu’il contient, se sont manifestées à ciel ouvert, dans les paroles et dans les actes, dans les rues de Paris et les déclarations d’un ministre.

Beaucoup d’observateurs, et notamment nombre de sociétés de journalistes – dont celle du Monde –, avaient alerté, ces derniers jours, sur les risques de censure que comporte son article 24, qui impose le floutage de l’image des policiers et gendarmes dans le but d’empêcher leur « usage malveillant ». « Rédigée comme une réponse clientéliste à la revendication d’anonymat des syndicats de policiers, cette proposition de loi contrevient grossièrement à un droit démocratique », celui d’informer librement, écrivions-nous dans l’éditorial du 7 novembre.

De fait, tous ces dangers se sont révélés au grand jour au cours de la seule soirée du mardi 17 novembre. En quelques heures, à l’occasion d’une manifestation de protestation contre ce texte, des journalistes ont été intimidés verbalement, empêchés de faire leur travail, placés en garde à vue pour l’un d’entre eux. A ce laisser-aller policier, de très mauvais augure, se sont ajoutées les paroles du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui a formulé le souhait que les reporters se rapprochent désormais des autorités avant de couvrir une manifestation.

Offensive pernicieuse

A l’évidence, de l’affaire Benalla aux violences commises à l’encontre des « gilets jaunes », de la faiblesse camouflée en autoritarisme de Christophe Castaner aux démonstrations de force non maîtrisées de Gérald Darmanin, le pouvoir en place éprouve une difficulté majeure à se tenir à l’intérieur d’une conception républicaine du maintien de l’ordre, pourtant seul moyen de protéger les policiers contre les violences, réelles, auxquelles ils sont exposés.

A l’évidence, de la loi inutile contre les fausses nouvelles aux menaces de poursuites contre les sources de journalistes, en passant par les convocations et les gardes à vue de certains d’entre eux, les gouvernements mis en place par Emmanuel Macron, et le président lui-même, ont le plus grand mal à respecter la liberté d’informer. Mais autant le premier constat, d’une surenchère sécuritaire toujours plus décomplexée, pouvait être également tiré de quinquennats passés, autant le second rompt avec les usages des décennies précédentes.

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, le travail de la presse fait l’objet de nombreuses remises en cause et d’attaques frontales. Cette offensive est d’autant plus pernicieuse qu’elle se cache souvent sous la bonne conscience d’élus, de ministres et de conseillers qui prétendent chercher à améliorer la « qualité » de l’information, en ces temps de défiance généralisée.

Or, il importe de le redire ici : la qualité de l’information ne s’accroîtra jamais si l’on restreint sa condition première, la liberté. La confiance des citoyens s’effritera encore davantage si les pouvoirs, quels qu’ils soient, se mêlent de la délimitation de notre profession, de la définition officielle de la vérité. La protection des journalistes ne servira à rien d’autre qu’à les discréditer si elle s’apparente à une forme d’encadrement et de contrôle de leur travail. Il ne saurait d’ailleurs être envisageable que des reporters du Monde se prêtent à la moindre démarche qui entraverait l’exercice libre de leur métier sur la voie publique.

Pour ces raisons, avant que l’irrémédiable ne soit voté, il apparaîtrait sage de suspendre l’examen de la proposition de loi pour une « sécurité globale », texte de circonstance, dont les multiples défauts, criants, exigent, à l’évidence, un vrai travail de concertation. Texte dont aucune réécriture ne peut plus justifier l’indéfendable article 24, dont la suppression pure et simple s’impose désormais.

Le Monde

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Décision historique du Conseil d'Etat sur le respect des engagements climatiques de la FRANCE

Publié le 19 Novembre 2020 par Thierry BILLET

Le gouvernement a trois mois pour prouver qu’il respecte ses engagements climatiques, une première en France

Le Conseil d’Etat a donné ce délai à l’exécutif pour « justifier que la trajectoire de réduction à horizon 2030 pourra être respectée ». Une décision « historique » pour les ONG.

Par et Publié 19 novembre 2020 LE MONDE

 

L’Etat va devoir rendre des comptes sur ses politiques de lutte contre le changement climatique et ses engagements en matière de réduction des gaz à effets de serre. Dans une décision inédite rendue jeudi 19 novembre, le Conseil d’Etat donne trois mois au gouvernement pour « justifier que la trajectoire de réduction à horizon 2030 pourra être respectée ». La France s’est engagée à réduire ses émissions de 40 % par rapport aux niveaux de 1990 et à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

En janvier 2019, la ville de Grande-Synthe (et son ancien maire, désormais député européen EELV, Damien Carême) avait saisi le Conseil d’Etat d’un recours visant « l’inaction climatique » de la France. Exposée notamment à des risques de submersion, la commune du Nord avait saisi le Conseil d’Etat après le refus opposé par le gouvernement à sa demande que soient prises des mesures supplémentaires pour respecter les objectifs issus de l’accord de Paris. La haute juridiction juge recevable la requête de Grande-Synthe, estimant la commune littorale « particulièrement exposée aux effets du changement climatique ».

Une décision « historique »

Sur le fond, le Conseil d’Etat relève que si la France s’est engagée à réduire ses émissions de 40 % d’ici à 2030, « elle a, au cours des dernières années, régulièrement dépassé les plafonds d’émissions qu’elle s’était fixés et que le décret du 21 avril 2020 a reporté l’essentiel des efforts de réduction après 2020 ». Aussi, avant de statuer définitivement sur la requête, la juridiction demande au gouvernement de « justifier, dans un délai de trois mois, que son refus de prendre des mesures complémentaires est compatible avec le respect de la trajectoire de réduction choisie pour atteindre les objectifs fixés pour 2030 ».

Très attendue, la décision du Conseil d’Etat est qualifiée d’« historique » par les associations de défense de l’environnement et leurs avocats. « La décision du Conseil d’Etat est historique dans la mesure où désormais, on passe à une obligation de résultats, et pas seulement de moyens, en matière de lutte contre le changement climatique », commente l’ancienne ministre de l’environnement, Corinne Lepage, l’avocate de Grande-Synthe.

« Cela transforme les lois programmatiques en lois d’objectifs obligatoires »

A l’issue de l’instruction supplémentaire de trois mois, le Conseil d’Etat demandera au gouvernement de se justifier à la barre sur l’efficacité de ses politiques publiques. Si la haute juridiction administrative n’est pas satisfaite des réponses, « elle pourra enjoindre à l’Etat de prendre des mesures pour rectifier la trajectoire, relevant du champ réglementaire, précise Guillaume Hannotin, avocat au Conseil d’Etat et conseil de l’Affaire du siècle. Pour la première fois, l’Etat va devoir rendre des comptes. Le juge considère que les objectifs fixés par les lois de programmation doivent être effectivement réalisés. »

« La décision du Conseil d’Etat marque un avant et un après en matière de contentieux climatique, confirme Marta Torre-Schaub, directrice de recherche (CNRS) à l’Institut des sciences juridiques et philosophiques de la Sorbonne et spécialiste du contentieux climatique. A partir de maintenant, le juge contrôle l’action de l’administration pour respecter ses objectifs et il lui demande de se justifier. »

A l’instar des villes de Paris et Grenoble, les associations de l’Affaire du siècle se sont jointes au recours. Après avoir lancé la pétition éponyme (plus de 2 millions de signatures en un mois), les ONG Notre affaire à tous, Greenpeace, Oxfam et la Fondation Nicolas Hulot avaient déposé en mars 2019 un recours devant le tribunal administratif de Paris pour « carence fautive » de l’Etat. « C’est une grande nouvelle pour la justice climatique dans le monde, mais aussi pour l’Affaire du siècle, car la décision du Conseil d’Etat obligera le tribunal administratif à nous donner raison sur un certain nombre de points », estime Cécilia Rinaudo, directrice générale de Notre affaire à tous. L’audience devant le tribunal administratif de Paris ne devrait pas avoir lieu avant le printemps ou l’été 2021, après la décision finale du Conseil d’Etat.

Baisses insuffisantes des émissions de gaz à effet de serre

« Cette décision reconnaît l’insuffisance et l’inefficacité des mesures prises par la France en matière climatique », se réjouit déjà Célia Gautier, responsable climat énergie de la Fondation Nicolas Hulot. Dans son rapport annuel de juillet, le Haut Conseil pour le climat (HCC) conclut que la France n’est toujours pas sur la bonne trajectoire pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, jugeant que « les actions climatiques [du pays] ne sont pas à la hauteur des enjeux ni de [ses] objectifs ».

Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé seulement de 0,9 % entre 2018 et 2019, alors que le rythme devrait être d’une diminution annuelle de 1,5 %, et de 3,2 % à partir de 2025. Et encore ces objectifs ont-ils été revus à la baisse par le gouvernement, contre l’avis du HCC, ce qui augmente l’effort à fournir dans les prochaines années. Selon la Commission européenne, au rythme actuel et avec mesures existantes, la France devrait manquer son objectif de réduction des émissions pour 2030.

Dans son arrêt, le Conseil d’Etat a également considéré que l’article 2 de l’accord de Paris sur le climat, qui limite notamment le réchauffement climatique bien en deçà de 2 °C et si possible 1,5 °C, n’a pas d’effet direct sur le droit français, mais qu’il doit être pris en considération dans l’interprétation de ce dernier. « Sur ce point, il s’agit également d’une décision historique », estime Marta Torre-Schaub.

Le Conseil d’Etat a toutefois rejeté une demande des requérants : il a estimé qu’il ne pouvait pas se prononcer sur l’obligation de priorité climatique. Autrement dit, il était demandé au juge de considérer que, compte tenu de l’urgence climatique, la lutte contre ses effets est une priorité devant primer sur d’autres intérêts. Il a refusé de répondre, la requête n’étant pas, selon lui, suffisamment précise.

Cette affaire s’inscrit dans un mouvement d’essor du contentieux climatique à travers le monde. En décembre 2019, l’Etat néerlandais a été définitivement contraint à réduire ses émissions de CO2 dans l’affaire qui l’opposait à Urgenda, une fondation soutenue par 900 citoyens. En février, la justice britannique a également rejeté le projet d’extension de l’aéroport d’Heathrow, faute de prise en compte des engagements climatiques du Royaume-Uni, tandis qu’en août, la Cour suprême irlandaise annulait le plan du gouvernement de lutte contre le réchauffement climatique, qu’elle a jugé pas assez détaillé.

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ANNECY : la TRANSPARENCE opaque, c'est maintenant !

Publié le 18 Novembre 2020 par Thierry BILLET

La tradition républicaine annécienne depuis Bernard BOSSON incluait la transparence des débats et des décisions des réunions du lundi après-midi de la municipalité (le maire, les adjoints et les directeurs généraux). Depuis 40 ans, tous les comptes-rendus étaient adressés à tous les conseillers municipaux, de la majorité comme de l'opposition, de manière à ce que tous soient tenus informés de la gestion municipale et des réponses apportées aux problèmes des annéciens.

Avec la commune nouvelle, JLR a poursuivi dans cette voie en continuant cette diffusion ouverte aux prés de 200 conseillers municipaux de cette période intermédiaire.

La nouvelle équipe municipale y a mis fin dès son entrée en fonctions : les comptes-rendus des réunions municipales ne sont plus diffusées à tous les conseillers.

Faire campagne électorale sur la transparence et adopter une gestion opaque, c'est MAINTENANT !

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Loi sur la sécurité globale

Publié le 17 Novembre 2020 par Thierry BILLET

La question de l'interdiction de filmer ou de photographier les forces de l'ordre en action est devenue un symbole des dérives sécuritaires que le gouvernement affirme par ailleurs vouloir combattre dans la lutte contre le terrorisme.  La loi sur la sécurité globale qui est en cours de discussion porte cette dérive qu'AMNESTY INTERNATIONAL dénonce dans le communiqué ci-dessous. Que la FRANCE soit maintenant régulièrement critiquée par les organisations de défense des droits de l'Homme est inquiétant. Que cette critique soit fondée, l'est encore plus.

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Infox, les stratégies numériques de la droite extrême

Publié le 16 Novembre 2020 par Thierry BILLET

Le site de l'INRER - institut de recherche sur les radicalités - démonte dans un article passionnant mais qui nécessite de l'attention la campagne sur les réseaux sociaux des partisans de TRUMP pour faire croire à une manipulation du scrutin. Autour de quelques militants déterminés et cyniques, capables d'utiliser les failles et les négligences des GAFA, des idéologies nauséabondes peuvent se développer comme l'analyse dans le détail cet article.

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SARKOZY et KADHAFI

Publié le 14 Novembre 2020 par Thierry BILLET

Derrière les infox, la réalité du financement de la campagne électorale de Nicolas SARKOZY par KADHAFI- dont certains avancent l'hypothèse que le déclenchement de la guerre en LIBYE n'avait d'autre raison que d'éliminer les preuves - est rappelée par le Parquet national financier. Il est regrettable que les medias n'aient pas repris in extenso le communiqué de presse que voici et qui rappelle que " Les mises en examen intervenues dans ce dossier s’appuient, conformément aux dispositions du code de procédure pénale, sur des indices graves ou concordants qui ne se limitent pas aux déclarations d’une seule personne."

« Les déclarations de M. Ziad Takieddine recueillies par les journalistes de BFM TV et de Paris Match et diffusées hier, appellent les précisions et rectifications suivantes :

- Avant d’être entendu par les magistrats instructeurs en charge du dossier “libyen”, M. Ziad Takieddine avait déjà effectué des déclarations sur le financement libyen de la campagne de M. Nicolas Sarkozy devant un juge d’instruction en charge d’un autre dossier ainsi que devant plusieurs journalistes, allant jusqu’à s’incriminer lui-même.

- Les dispositions du code de procédure pénale fixant le cadre des interrogatoires effectués par les juges d’instruction garantissent le respect des droits de la défense ainsi que l’intégrité du recueil des déclarations effectuées devant ces magistrats.

- Les interrogatoires de M. Ziad Takieddine dans le cadre de l’information judiciaire en cours ont été effectués par un ou plusieurs juges d’instruction en présence d’un greffier et de l’avocat de M. Takieddine.

- A chaque fois, M. Takieddine a disposé de tout le temps nécessaire pour relire ses procès-verbaux d’auditions avant de les signer. Il n’a jamais formulé la moindre observation sur le déroulement de ses interrogatoires.

-Interrogé à six reprises par différents juges d’instruction y compris après le départ de M. Serge Tournaire, M. Ziad Takieddine n’est jamais revenu sur ses premières déclarations.

-Les mises en examen intervenues dans ce dossier s’appuient, conformément aux dispositions du code de procédure pénale, sur des indices graves ou concordants qui ne se limitent pas aux déclarations d’une seule personne.

-Les magistrats instructeurs instruisent à charge et à décharge.

- Les accusations portées à l’encontre de M. Serge Tournaire , ayant procédé à des interrogatoires de M. Ziad Takieddine, sont dépourvues de tout fondement.

Le procureur de la République financier
Jean François Bohnert 

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Le saut d'espèce

Publié le 8 Novembre 2020 par Thierry BILLET

THE CONVERSATION publie un article sur le "saut d'espèce" que nous vivons aujourd'hui avec la COVID-19 : "D’origine animale, ce virus a déclenché une épidémie chez l’Homme, comme c'est le cas pour d’autres virus (virus grippaux et virus Ebola par exemple). Ce phénomène, qui permet à un virus animal d’infecter l’Homme et de s’y multiplier, est lié à un mécanisme appelé le « saut d’espèce »." Utile d'en savoir plus en ces moments d'infox généralisée sur les réseaux sociaux.

 
 
Le saut d’espèce : quand un virus animal engendre l’émergence d’une maladie humaine
Nous le savons tous en ce moment, la population mondiale est ébranlée par un nouveau virus responsable d’une pandémie : le SARS-CoV-2. Capable d’une transmission efficace, ce virus a rapidement saturé des systèmes de santé non préparés à une telle menace. Par son apparition soudaine, ce nouveau virus est qualifié « d’émergent ». En virologie, un virus émergent est un agent nouvellement observé dans une population donnée. D’origine animale, ce virus a déclenché une épidémie chez l’Homme, comme c'est le cas pour d’autres virus (virus grippaux et virus Ebola par exemple). Ce phénomène, qui permet à un virus animal d’infecter l’Homme et de s’y multiplier, est lié à un mécanisme appelé le « saut d’espèce ».

Qu’est-ce qu’un virus ? Comment fonctionne-t-il ?

Les virus sont des entités biologiques microscopiques largement répandues dans l’environnement qui jouent un rôle essentiel dans l’évolution et la régulation des populations d’organismes qu’ils infectent.

Un virus se compose d’un génome (son information génétique), d’une coque protéique appelée capside, qui protège ce génome, et parfois d’une enveloppe. Un virus n’est pas capable de se multiplier de façon autonome, il doit nécessairement infecter une cellule pour y détourner les matières premières et les machineries dont il a besoin pour fabriquer ses propres composants.

 
(A) Multiplication des virus dans la cellule « hôte ». (B) Structure simplifiée du coronavirus SARS-CoV-2 et représentation de la protéine S indispensable à l’entrée du virus dans la cellule. Author provided

Tropisme et spécificité d’espèce : des caractéristiques virales majeures

L’infection débute par la rencontre entre un virus et une cellule. Cette rencontre est initiée par des protéines de la surface du virus qui vont reconnaître une molécule cellulaire spécifique, appelée récepteur, exposée à la surface de la cellule. Cette reconnaissance, qui dépend de la quantité et du type de récepteurs présents sur la cellule, définit la sensibilité d’une cellule vis-à-vis d’un virus. Elle est indispensable à la fixation du virus, puis à sa pénétration dans la cellule. La multiplication du virus dépendra alors de la permissivité de la cellule, c’est-à-dire de sa capacité à permettre la fabrication de nouvelles particules virales.

Les deux paramètres, sensibilité et permissivité, définissent ainsi le tropisme cellulaire du virus, autrement dit sa capacité à pénétrer et à se multiplier préférentiellement dans un type particulier de cellules.

Les cellules d’un organisme ont une sensibilité et une permissivité vis-à-vis d’un virus qui leur sont propres, et qui diffèrent également d’une espèce à une autre. Le tropisme cellulaire du virus participe donc également au spectre d’hôte du virus, c’est-à-dire à la spécificité des espèces qu’il est capable d’infecter et dans lesquels il peut se multiplier. Ainsi, certains virus ont un spectre d’hôte large, tandis que d’autres ne sont capables d’infecter qu’une seule espèce hôte.

La spécificité d’espèce implique donc une barrière d’espèce qui empêche le passage des virus (et des pathogènes en général) d’une espèce à une autre et ainsi la transmission inter-espèces de maladies virales associées. Cette barrière est multifactorielle, à la fois physico-chimique, moléculaire, métabolique et immunologique.

Le franchissement d’une barrière d’espèce conduisant à l’émergence virale

L’émergence virale peut se manifester de différentes manières : il peut s’agir d’émergence dans un nouveau territoire, liée à un changement d’aire de répartition du virus ou de son hôte, ou d’émergence d’une maladie chez une nouvelle espèce hôte, liée à une modification structurale du virus lui permettant de l’infecter.

Un grand nombre d’émergences virales sont issues de la transmission de virus de l’animal à l’Homme : on parle alors de maladies zoonotiques ou zoonoses, comme ce fut le cas pour le SIDA résultant du passage de virus de singe à l’Homme, ou pour le SARS de 2003, consécutif à la transmission d’un coronavirus de chauve-souris à l’homme. Cette transmission inter-espèces, ou saut d’espèce implique que le virus soit capable de franchir la barrière d’espèce.

 
Les différentes voies de transmission de virus entre animaux et humains. Author provided

Ce saut d’espèce nécessite un contact rapproché entre une espèce animale infectée par un virus, alors qualifiée de réservoir, et l’homme. Le virus est généralement non pathogène pour le réservoir, et leur cohabitation est ancienne. La multiplication virale est ainsi maintenue dans le réservoir et de nombreuses particules virales peuvent être produites en toute innocuité pour lui.

La transmission du virus du réservoir à l’Homme se fait soit de manière directe, notamment par ingestion d’aliments crus contaminés ou par morsure, soit de manière indirecte par le biais de vecteurs. Ces derniers sont souvent des arthropodes, comme les moustiques, qui transportent les virus entre différents hôtes au cours de leurs repas sanguins.

Dans la mesure où la cohabitation entre le virus et la nouvelle espèce hôte est récente, le saut d’espèce peut-être à l’origine de l’émergence de maladies virales, comme c’est le cas actuellement avec la Covid-19.

Comment le saut d’espèce peut-il se produire ?

Pour qu’un saut d’espèce réussisse, le virus doit réaliser 4 étapes : être en contact avec la nouvelle espèce hôte (ici l’Homme), infecter ses cellules et s’y multiplier, échapper aux défenses de cet hôte et se transmettre dans la population de ce nouvel hôte.

Le contact est favorisé par la promiscuité accrue entre hommes et animaux, qui résulte notamment de l’extension des métropoles, de la destruction des écosystèmes (déforestation) et du commerce illégal d’espèces sauvages.

La proximité ne faisant pas tout, le virus se doit d’adopter quelques changements pour pouvoir perdurer à l’intérieur du nouvel hôte. En effet, le virus doit pouvoir adhérer aux récepteurs à la surface des cellules de son nouvel hôte pour y pénétrer, et s’y multiplier en détournant la machinerie cellulaire. Cette capacité d’adaptation est en partie permise par leur très fort taux de mutation. Le mécanisme de multiplication du matériel génétique viral commet en effet beaucoup d’erreurs qui ne sont pas réparées par des systèmes de « relecture » communs aux êtres vivants. Ces mutations peuvent entraîner des modifications structurales des protéines de surface du virus, lui permettant d’adhérer à de nouveaux types de cellules, et modifiant ainsi son tropisme cellulaire. Ces mutations peuvent également rendre le virus capable de se multiplier dans les cellules de la nouvelle espèce hôte.

Le virus, exposé aux défenses de l’hôte (son système immunitaire), devra également développer des stratégies d’échappement. Pour cela, certains virus attaquent directement les cellules de défense de l’hôte, comme le VIH, d’autres se « cachent » en infectant des cellules non accessibles au système immunitaire, ou encore brouillent les signaux de danger entre les cellules de l’organisme hôte.

Enfin, pour se disséminer dans la population du nouvel hôte, le virus devra se transmettre entre individus,via les gouttelettes respiratoires, le sang, par voie sexuelle ou encore par simple contact direct entre individus. La stratégie et l’efficacité du mode de transmission définiront alors la capacité du virus à disséminer et se maintenir dans la nouvelle espèce. Divers facteurs liés à l’hôte infecté peuvent également influencer l’efficacité de la transmission. Par exemple, une fois installé dans le nouvel hôte, le virus peut profiter de ses déplacements pour se disséminer. Par les mouvements de populations humaines liés à la mondialisation, au commerce et aux voyages, le virus peut alors infecter des individus dans une autre région et ainsi étendre son aire de répartition. Si la dissémination reste localisée, on parle d’épidémie, mais si elle s’étend mondialement, on parle alors de pandémie. Dans le cas où la transmission n’est pas possible entre les différents individus de l’espèce, on parle alors de transmission conduisant à une impasse épidémiologique.

Par son impact considérable sur l’environnement – déforestation, braconnage ou élevage intensif – couplé à une mondialisation en accroissement constant, l’Homme est devenu un acteur majeur de l’émergence de maladies virales, favorisant malgré lui les sauts d’espèces normalement accidentels.


Cet article a été rédigé par les étudiants du master 1 Interactions Microorganismes-Hôtes-Environnements de l’Université de Montpellier (promo 2019-2020), supervisés par Anne-Sophie Gosselin-Grenet et Jean‑Christophe Avarre.

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La tyrannie des bouffons

Publié le 8 Novembre 2020 par Thierry BILLET

"La tyrannie des bouffons", la note de lecture de Vanessa SCHNEIDER dans LE MONDE à propos du livre éponyme de Christian SALMON, au sujet moment politique où des clowns - de métier (Italie, Ukraine, ...) ou amateurs -  sont élus dans des démocraties et arrivent à s'y maintenir grâce à des mauvais génies des réseaux sociaux; chevilles ouvrières de ces victoires...

Dans « La Tyrannie des bouffons » (Les Liens qui libèrent), Christian Salmon analyse la dernière mue du politique qui ressemble plus aujourd’hui, selon lui, à un clown qu’à un homme d’Etat.

Par

Livre. Jamais les bouffons, les clowns et les pitres n’auront eu autant d’aura. C’est le constat de l’essayiste Christian Salmon qui décortique dans son nouvel essai l’inquiétant processus de décomposition politique auquel nous assistons. Partout où se porte le regard, le grotesque semble avoir pris le pouvoir : Donald Trump aux Etats-Unis, Jair Bolsonaro au Brésil, Boris Johnson en Grande-Bretagne, Matteo Salvini et Beppe Grillo en Italie, Narendra Modi en Inde, Volodymyr Zelensky qui se définit lui-même comme clown à la tête de l’Ukraine, Viktor Orban en Hongrie ou Jimmy Morales au Guatemala. Pour Christian Salmon, la crise du coronavirus met en lumière à l’échelle de la planète cette « tyrannie des bouffons » qui repose sur « le ressentiment des foules » et réveille « les vieux démons sexistes, racistes, antisémites ». « Des plates-formes comme Facebook, YouTube, Instagram et Twitter ont amplifié les théories complotistes », précise l’auteur.

Donald Trump est la première manifestation d’un phénomène qui s’est répandu, où « gesticulant au premier plan, usant de fake news et de provocations, le pouvoir grotesque incarne une nouvelle forme de pouvoir qui assure son emprise non pas par la rationalité, la tradition ou le charisme cher à Max Weber, mais par l’irrationalité, la transgression, la bouffonnerie ». Trump a beau dire et écrire n’importe quoi, annoncer à l’hiver que le virus disparaîtra avec le printemps, préconiser l’injection d’eau de javel pour se prémunir du Covid-19, Boris Johnson s’opposer au confinement au nom du « droit inaliénable du peuple anglais à aller au pub », Bolsonaro déclarer, alors que le nombre de contaminés s’envolait au Brésil, « Certains vont mourir ? Oui bien sûr, j’en suis désolé, mais c’est la vie », rien ne semble les ébranler. Et que dire d’un Narendra Modi, premier ministre indien, massivement suivi sur les réseaux sociaux, qui fit appel au chiffre magique 9 pour combattre le Covid, ou du président mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, lui aussi rétif aux mesures de confinement, qui brandit des amulettes protectrices − un trèfle à six feuilles et une image pieuse − en conférence de presse ?

« La pandémie de coronavirus, loin d’atténuer les outrances de ce pouvoir, en a été le théâtre grotesque, observe Christian Salmon. On a vu des chefs d’Etat rivaliser d’incompétence et d’irrationalité face à la gravité de la crise sanitaire. Le ridicule ne connut plus de limites, des postures viriles aux formes les plus archaïques de sorcellerie et de religiosité (…) Mais la gestion catastrophique de la crise par ces gouvernants ne les a en rien disqualifiés. Au contraire, elle a consolidé la base de leurs soutiens, et surtout leur a permis de manifester une forme d’impunité, la preuve qu’ils ne dépendaient d’aucun jugement politique, scientifique ni moral et pouvaient donc imposer inconditionnellement leur volonté. »

Sous le désordre, les algorithmes

Si le « bouffon » est si fort, c’est qu’il tire sa légitimité du discrédit de l’action politique : « Avec eux il ne s’agit plus de gouverner à l’intérieur du cadre démocratique, mais de spéculer à la baisse sur son discrédit (…) asseoir la crédibilité de leur discours sur le discrédit du système”. »

Ces « bouffons » ne pourraient accéder au sommet des Etats et s’y maintenir s’ils n’étaient pas aidés par une nouvelle sorte de conseillers, discrets et peu idéologisés : des informaticiens de choc maîtrisant données et algorithmes. Et c’est sans doute là que réside l’aspect le plus novateur du décryptage de Christian Salmon, qui appuie sa démonstration sur un travail méticuleux de recherches menées dans plusieurs pays et sur des exemples précis.

On découvre avec lui des personnages aussi inquiétants que leurs maîtres, peu connus du grand public, mais redoutablement efficaces : Dominic Cummings, le conseiller de Boris Johnson, Luca Morisi, celui de Salvini, ou Brad Parscale, celui de Donald Trump. Des geeks, des rois du big data « capables d’exploiter les potentialités politiques du Web et de canaliser vers les urnes la colère née sur les réseaux sociaux ». C’est cette alliance entre le clown débordant et l’informaticien virtuose qui permet à la tyrannie des bouffons de prospérer. « Sous le désordre apparent du carnaval, la rigueur des algorithmes », résume l’essayiste.

Cycle d’enquêtes

Christian Salmon poursuit avec La Tyrannie des bouffons un cycle d’enquêtes passionnantes sur la décomposition politique depuis les années 1990. Dans Storytelling. La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits (La Découverte, 2007), il analysait comment l’art de la mise en scène s’était substitué à l’art de gouverner. Avec La Cérémonie cannibale (Fayard, 2013) il disséquait le processus de dévoration de l’homme politique par les médias et le passage de l’incarnation présidentielle à l’exhibition de la personne.

Dans L’Ere du clash (Fayard, 2019), il se penchait sur la spirale du discrédit et sur l’apparition de nouvelles « vérités algorithmiques », imposées par les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft) aux délibérations démocratiques traditionnelles. Dans cette vision pessimiste, il apporte aujourd’hui une nouvelle pierre au cimetière des illusions démocratiques perdues puisque, selon lui, l’homo politicus connaît une dernière mue : « Il abandonne la majesté pour revêtir les habits du bouffon. » Peu réjouissant, mais qui donne à réfléchir.

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TUMBACH condamné

Publié le 7 Novembre 2020 par Thierry BILLET

C'est une décision précieuse que la condamnation de Richard TUMBACH à titre personnel et de TRIGENIUM à titre d'entreprise par le Tribunal correctionnel d' ANNECY à plusieurs centaines de milliers d'euros ce vendredi 6 novembre. Ce récidiviste des incendies d'usine et des infractions au code de l'environnement est enfin condamné après des années de retards apportés à répondre aux demandes de l'inspection des installations classées pour la protection de l'environnement et un mépris complet pour les injonctions de l’État pour que cette usine fonctionne en conformité avec l'arrêté préfectoral d'exploitation.

Elle est aussi à marquer d'une pierre blanche car la Ville a été reçue dans sa constitution de partie civile et c'est une première sur une infraction environnementale. J'aurais eu le plaisir et la responsabilité de mener ce combat à son terme avant l'élection de mars en préparant les conditions de cette recevabilité judiciaire et en ne cessant jamais d'alerter les services compétents et la population comme cet article de 2018 parmi tant d'autres avant et après.

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